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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:00

HONORÉ PAR BALZAC – du 18 juillet 2012 (J+183 après la CNAC)

  L'Art au Charmoy                           

Le kaléidoscope de nos points de vue sur la zone du Charmoy nous a finalement conduit à aborder le monde de l’art dans nos deux derniers articles. D’aucuns jugeront que nous nous sommes fourvoyé dans cette voie. Ils se trompent en cela lourdement. 

     En effet, Chantecler a  souhaité délibérément cette ouverture, reprenant à son compte et pour un temps la déclaration de MEL : « Je suis aujourd’hui convaincu que l’art peut nous sortir du marasme. C’est une fenêtre ouverte sur le ciel. Il redonne envie d’être curieux ! »        

     Sans une curiosité renouvelée par la pratique de l’ascèse de la « fenêtre ouverte sur le ciel » aurions-nous jamais  rencontré et découvert  « L’ère atomique » ?http://www.evene.fr/arts/actualite/michel-edouard-leclerc-dans-le-landerneau-de-l-art-

      Notre bénévole inspirateur déclarait cependant au JDD le 16 juin dernier : "C’est quand même un paradoxe. D’anciens épiciers soutiennent l’art sur le service public".  

      Nous l’assurons qu’il y a trop de retenue et de modestie à voir un paradoxe dans un penchant naturel nié seulement par un préjugé imbécile que le grand Balzac, déjà, condamnait en ces termes :

       « A mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. […] On crie : « Vous êtes des épiciers ! » pour dire une infinité d’injures. […] Il est temps d’en finir avec ces Dioclétiens de l’épicerie. Que blâme-t-on chez l’épicier ? […] Serait-ce qu’un épicier est censé ne pas penser le moins du monde, ignorer les arts, la littérature et la politique ? Et qui donc a engouffré les éditions de Voltaire et de Rousseau ? […] qui court voir et admirer le musée de Versailles ? […] L’épicier, l’épicier, toujours l’épicier ! » (Honoré de Balzac « L’épicier » dans Les Français peints par eux-mêmes)

 

L'Epicier de l'Ere atomique        Sur cette défense et illustration de l’épicier empruntée à Balzac, nous proposons à nos lecteurs de clore cette petite trilogie artistique, impromptu inspiré par l’ouverture récente d’une « fenêtre sur le ciel » aux Capucins de Landerneau.

       N.B. : L’œuvre illustrant cet article est inspirée par une réclame du Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie d’Albert Seigneurie (8ème édition, Paris, 1952)

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juillet 2012 (J+183  après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:00

                      

L’ÈRE ATOMIQUE - du 16 juillet 2012

 (J+181 après la CNAC)

 

   

 

  Dans notre précédent article, nous évoquions l’aube d’une ère culturelle à Landerneau et déplorions la destruction passée du couvent des Capucins d’Auxonne. La décision de le démolir à la fin de la Restauration apparaît comme une bévue en ce début de 21ème  siècle qui voit, en terre de Bretagne, le modeste séjour des moines mendiants accéder, par les bienfaits du mécénat, au statut nouveau de temple de l’art contemporain.

     Mais voilà la carence auxonnaise palliée comme par enchantement. Par l’intervention probable de Morgane et de Merlin, magiques bienfaiteurs bretons, une œuvre d’art vivante a surgi sur la zone du Charmoy, performance conjuguée de la luxuriance des maïs, de la permanence surplombante et minérale du Château d’eau des Granges Hautes et de la lumière ineffable de nos ciels auxonnais.

    Un regard d’artiste, dessillé par l’eau lustrale d’une perspective renouvelée sur le monde objectif, opère le miracle, faisant d’un humble espace cultural un espace culturel !

    A tous ses concitoyens Chantecler conseille vivement une montée cathartico-initiatique vers le Charmoy, pour la contemplation d’un tableau agrico-cosmique.

    Loin des expositions en vogue où le Tout Paris se bouscule, enfilez donc le Vieux Chemin de Dole jusqu’aux dernières habitations, arrivé là, tournez votre regard en direction de la RD 905 : l’œuvre se dévoilera pour vous, accrochée aux cimaises du ciel !

    Contemplez à présent « L’ère atomique »

L'Ere atomique

    En cet été boudeur et arrosé voilà bien, chers concitoyens, un but capable de concilier la promenade hygiénique et le plaisir esthétique, le tout sans bourse délier.

     La barde vahiné, Adélaïde Moruroa-Gauguin, arrière-petite-fille naturelle du grand peintre a bien voulu confier ses impressions à  Chantecler : « La force oppressante de l’œuvre d’une facture vigoureuse réside dans le contraste entre la silhouette totémique et muette du champignon et la luxuriance végétale bruissante du premier plan qui semble pressentir la menace du souffle destructeur qui l’anéantira à jamais. Ces maïs frémissants ne semblent-ils pas en effet murmurer à notre oreille nevermore ? »

 

      Hommage aux auteurs du N° 4 de 1954 de la collection « La Voix des Poètes » auquel nous avons emprunté sa couverture, remplaçant le dessin de Cocteau par la perspective sur le Charmoy et remerciements à la barbe vanillée !

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 juillet 2012 (J+181 après la CNAC)

 

 

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 00:00

    

  DANSONS LA CAPUCINE !– du 13 juillet 2012               

 (J+178 après la CNAC)

      Œuvre exposée aux Capucins virtuels d’Auxonne

                  « Dansons la capucine

                   Y’a pas de pain chez nous

                   Y’en a chez la voisine

                   Mais ce n’est pas pour nous »

 

       Cette petite comptine, quelque peu désabusée, mais néanmoins petit bijou d’art authentiquement populaire, de cet art léger qui fait contre mauvaise fortune bon cœur à défaut de faire de la thune dans les galeries, véritable liesse à défaut de liasses, cette petite comptine, disais-je, est remontée de ma mémoire alors que je lisais récemment une chronique culturelle du Finistère.

       L’ancien couvent des Capucins du XVIIe siècle de Landerneau « tour à tour école, fabrique de lin, brasserie, [puis] racheté par Édouard Leclerc au début des années 1960 pour y installer son premier hyper » est aujourd’hui devenu un haut lieu d’exposition consacré à l’art contemporain.

 http://www.lejdd.fr/Culture/Expo/Actualite/Michel-Edouard-Leclerc-ouvre-un-centre-culturel-a-Landerneau-519930

     Selon Le Télégramme du 26 novembre 2010 , c’est en août 2010, déjà, que la famille faisait un beau cadeau au maire de Landerneau, Patrick Leclerc, en annonçant la transformation du couvent des Capucins, premier centre Leclerc de l'histoire, en fondation culturelle, par la munificence du couple Édouard et Hélène Leclerc.

         Rappelons d’abord que les Capucins constituent un ordre mendiant, après cette précision, le lecteur comprendra mieux l’émouvant témoignage de Monsieur Michel-Édouard Leclerc rapporté dans le JDD du 16 juin dernier sous la plume alerte d’Eric Mandel, envoyé spécial à Landerneau dans le Finistère :

       "J’ai travaillé dans ce magasin quand j’étais môme", rappelle Michel-Édouard. Sa vocation "d’entrepreneur social" serait même née de ses premiers stages comme préposé aux fruits, légumes et à la gestion des… poubelles : "C’était un formidable observatoire de la société. On emmenait des produits invendables à la décharge où beaucoup de monde nous attendait. C’est là que j’ai vu qu’il existait des pauvres à Landerneau. En bon chrétien coupable, mon père a toujours rêvé de transformer son hyper en espace culturel. Avec les Capucins, nous ouvrons le troisième volet de la saga Leclerc dans le combat pour l’accès à la culture."  Éric Mandel, envoyé spécial à Landerneau dans le Finistère - Le Journal du Dimanche samedi 16 juin 2012.

        Notre bonne ville d’Auxonne, présente au moins deux points communs avec Landerneau : dans le passé, l’existence attestée, bien qu’hélas révolue aujourd’hui, d’un couvent de Capucins, dans le futur, l’existence escomptée, toutefois non encore advenue, d’un hyper Leclerc.

         Entre passé et futur, le présent semblerait toutefois moins florissant à Auxonne qu’à Landerneau si l’on en croit le témoignage du Télégramme du 26 novembre 2010 :

       «  Le neveu [Patrick Leclerc] n'a pas attendu la providence des liens du sang pour donner corps à sa volonté de «réveiller la belle endormie». Même certains électeurs de gauche le reconnaissent aujourd'hui, plus ou moins discrètement: «Depuis deux ans et demi, ça bouge à Landerneau». L'éclosion du festival Fête du Bruit, la renaissance du carnaval de la lune étoilée et les festivités autour des 500 ans du pont habité, même s'ils ont inspiré à un opposant le commentaire péjoratif de politique du grand spectacle, ont intensifié le rayonnement de Landerneau. »

       On espère, toutefois, que dans cette liesse généralisée, le pont n’est pas habité par-dessous ! Dans le cas contraire, faudrait-il en conclure – mais Dieu est-ce possible ! – qu’il y a encore des pauvres à Landerneau ? Quant à «réveiller la belle endormie», ce mot d’ordre qui décoiffe…bigouden n’est pas typiquement breton nous l’avons déjà lu quelque part, dans le numéro 9 d’une feuille conceptuelle auxonnaise, le P’tit Auxonnais de juin 2010 pour être précis. Il est vrai que le battage promotionnel de juin 2010 « Aux urnes citoyens » avait alors de quoi réveiller un mort et pouvait faire concurrence à la Fête du Bruit de Landerneau. Depuis, grands dieux, la fièvre est retombée.

          Dans un présent sans charme, dans un entre-deux cotonneux, notre ville oscille entre le regret et l’espoir : regret d’un péché de jeunesse, celui d’avoir démoli trop tôt son Couvent des Capucins, espoir, déjà rassis, de voir advenir l’hyper « locomotive ».

          Que faire ? Sinon entendre le message de  l’authentique mécène : « Je suis aujourd’hui convaincu que l’art peut nous sortir du marasme. C’est une fenêtre ouverte sur le ciel. Il redonne envie d’être curieux ! » www.evene.fr/arts/actualite/michel-edouard-leclerc-dans-le-landerneau-de-l-art-contemporain-1023167.php 

Pour sûr ! Le ciel est curieusement breton et très inspirant dans ce juillet en solde !

 

En attendant…..

        Dansons la capucine

        Y’a pas de pain chez nous

        Y’en a chez la voisine

        Mais ce n’est pas pour nous      

        Chou les petits caillouuuuuuuux !

    

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 13 juillet 2012 (J+178 après la CNAC)

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Revue de presse
7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 00:00

 Fusée vignetteLE MONDE DU SILENCE – du 7 juillet 2012

 (J+172 après la CNAC)

 

Que nos  lecteurs se rassurent, Chantecler  n’a pas l’intention d’interrompre son chant. Observer un tel silence serait déchoir à l’esprit d’Edmond Rostand auquel nous avons emprunté l’exergue de notre petit journal !

     Ce titre feutré, « le monde du silence », évoquera pour certains d’étranges poissons évoluant dans une lumière bleutée, pour d’autres, plus prosaïques, il se limitera à l’image sur prospectus d’un lot de  carpes en promotion atterries tout droit d’un élevage de Pologne sur les canapés de glace d’un hyper, et qui attendent, l’œil morne et bouche bée, l’heureux chaland itou qui les cuisinera au vin rouge.

     Mais quittons ce rayon marée pas marrant, car le silence auquel nous faisant référence n’est pas celui des poissons, il s’agirait bien plutôt du silence médiatique d’un « canard ».

      Inf’Auxonne N° 37 de Juillet 2012, récemment diffusé sur la toile, ne consacre en effet pas une ligne à la zone du Charmoy. Voilà donc plus d’un an qu’un sujet qui fit pourtant florès en son temps a déserté la presse municipale. Le lecteur curieux devra  remonter au N° 32 d’avril 2011 pour trouver une mention au « projet Leclerc » en page 7, et ce, même pas dans la chronique officielle, mais dans la tribune libre de l’opposition.

      Sur le mur nord de notre Hôtel-de-ville, le panneau d’affichage officiel est encore vierge à ce jour de tout avis de dépôt de permis de construire. Et puisque les questions médicales sont à la une, nous pourrions dire que si incubation il ya, celle-ci est longue et se fait à bas bruit : après la fièvre de la phase aiguë, nous voilà parvenus au stade chronique.       

        Le contraste est de taille avec la bruyante feria qu’avait connue Auxonne dans le courant de juin 2010 sur fond de battage médiatique en règle. L’oubli a fait son œuvre et l’enthousiasme « spontané » est largement retombé depuis. Auxonnais ! vous avez la mémoire courte !

      Le bruit court cependant qu’à l’approche du 14 juillet on s’activerait  pyrotechniquement autour de la fusée en vue d’un hypothétique décollage (voir pour plus amples informations notre article « COMPTE À REBOURS » du 21 février dernier).

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 7 juillet 2012

 (J+172 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Revue de presse
3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 00:00

 LABOURS COMTOIS – du 3 juillet 2012 (J+168 après la CNAC)

 

          Le blog du NPA du Pays dolois relatait récemment sur son site http://npa-paysdolois.blogspot.fr/2012/06/9-juin-champagnole-faites-labour-pas.html la poursuite des travaux des champs entamés à Champagnole au mois de mai dernier et dont nous avions déjà signalé l’ouverture dans notre précédent article du 25 mai 2012 intitulé « Préserver la ruralité ! » 

        Le lecteur auxonnais pourra lire avec profit  le texte de nos amis dolois, intitulé : « 9 juin à Champagnole : « Faites labour, pas Leclerc » ». Le jeu de mots est connoté, certes, mais l’article ne manque pas de santé et de générosité : 

     « Une partie du terrain a été labourée et plantée : pommes de terres, maïs, tournesol, potirons et ça pousse. Samedi [9 juin], un appel a été lancé pour butter les patates et les sarcler, une quinzaine de résistants ont répondu. Il y aura une grande fête pour la récolte qui sera donnée aux restos du coeur, dès que le temps le permettra, le reste de la prairie sera fauchée et le foin offert aussi à ceux qui en ont besoin »

        Aux portes de la Franche-Comté, notre zone du Charmoy, à défaut d’être animée par des actions aussi conviviales et généreuses, reste pour l’instant bien verte et c’est l’essentiel ! Souhaitons qu’elle le demeure encore longtemps.

       Et pour faire écho à l’humour inspiré de nos amis comtois, assurons-les que plus d’un Auxonnais préfèrera toujours « Le Charmoy discret de labours choisis » aux projets pharaoniques qu’on nous à promis là-haut avec l’arrivée de la « véritable locomotive qui précédera l’installation d’un important aménagement touristique, avec des hôtels et des restaurants. »  (citation de Raoul Langlois dans Le Bien public du 20 janvier 2012). Ho là ! Arrête ton char L… !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 3 juillet 2012 (J+168 après la CNAC)

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Revue de presse
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (3) – du 27 juin 2012 (J+162 après la CNAC)

 

       Nous livrons aujourd’hui au lecteur le troisième volet de notre réflexion sur la question : « La proximité, réalité ou illusion ? ».

      Ce troisième volet sera consacré au degré de réalité de la proximité temporelle supposée d’un évènement, et plus particulièrement au caractère contingent de toute prédiction relative à la survenue d’un fait dans un avenir déterminé. Ainsi, la sagesse populaire se joue-t-elle avec humour de la fragilité des promesses en vue du lendemain, et personne n’est dupe d’expressions telles que : « Demain on fera crédit » ou encore « Demain on rasera gratis ». L’avenir est toujours incertain et, selon l’adage politique, les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

        Certes, nous pouvons être sûrs que la consultation sur l’avenir de la zone du Charmoy a bien eu lieu il y a juste deux ans, le 27 juin 2010, mais dans ce cas nous envisageons le passé et dans le cas précis, un passé vraiment révolu (voir photo n° 1) !

       Au présent, nous constatons avec la même certitude que c’est bien aujourd’hui qu’ouvre le magasin LIDL, mais en  juin 2010  la banderole posée sur les bâtiments préexistants et proclamant : « Non aux monopoles commerciaux Oui au supermarché LIDL », ce calicot, d’ailleurs sans mention d’origine ni d’appartenance, apporté peut-être du paradis de la consommation par les anges de la concurrence, n’exprimait par son slogan qu’un souhait dont personne ne pouvait alors prévoir la réalisation certaine pour aujourd’hui (voir photo n° 2).

        Une chose est sûre, cet aujourd’hui des réalisations concrètes n’est pas encore advenu pour  le projet LECLERC au Charmoy,  et l’incertitude subsiste. Les fatalistes peuvent bien répéter depuis des mois : « Ça va s’faire », le doute subsiste et l’assertion impatiente ou désabusée du quidam n’a pas la force fatale de la devise de certains cadrans solaires rappelant au passant : « Mors certa, hora incerta » (« la mort est certaine, l’heure est incertaine »). Dans le cas du Charmoy, l’heure est incertaine et jusqu’à preuve du contraire, la réalisation l’est aussi. Nous sommes donc en pleine incertitude.

         Pour nous convaincre du caractère objectif de l’incertitude entourant l’avenir du Charmoy, il n’est que de reprendre les annonces et prophéties réitérées sur le sujet ;

        Il y a plus de trois ans maintenant, le 26 mars 2009,  Le Bien public annonçait : « LECLERC arrive avec 250 emplois d’ici 24 mois » et là-dessus  Inf’Auxonne N° 25 de Mai 2009 confirmait en page 4, sous une forme didactique :

« A quelle date est prévue l’ouverture ?

Dans environ 24 mois »

       Bilan : l’arrivée du  printemps 2011 sur les champs labourés du Charmoy  devait démentir ces prophéties.

    Le 17 janvier dernier, par une décision mémorable, la CNAC donnait enfin son aval au projet et, du coup, on repeignait de neuf les prophéties :

      Sur le site http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc d’abord :

          « Et maintenant ? « Le permis de construire sera prochainement déposé », répond Raoul Langlois, « Après, ce sera à nous, la municipalité, de vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Normalement, à l’horizon 2013, l’outil sera disponible. »

        Dans l’article du Bien public du 20 janvier 2012 ensuite :

           « Une fois le permis de construire déposé, nous aurons deux mois pour vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Je pense donc que tout va aller très vite et qu’en 2013 le projet verra le jour. »

       Le Bien Public du 23 janvier 2012 (cahier local p. 2) confirmait enfin « dur comme fer » :

    « Désormais la création d’un hypermarché Leclerc et d’une galerie marchande pour une surface totale de 4000 mètres carrés n’est plus hypothétique mais bel et bien prévue à l’horizon 2013 » Sylvain Clément.

     Un grand silence médiatique a fait suite depuis à ces annonces et, à la date d’hier 26 juin, aucune annonce de dépôt de permis de construire concernant notre affaire n’était encore affichée sur le panneau officiel de la mairie. On n’entend pas vraiment siffler  la « véritable locomotive qui précédera l’installation d’un important aménagement touristique, avec des hôtels et des restaurants. »  (citation de Raoul Langlois dans Le Bien public 20 janvier 2012). Et si locomotive il y a, alors ce n’est sans doute pas un TGV !

       On peut s’étonner que devant tant de lenteurs, qui ne peuvent être imputées cette fois aux Commissions d’aménagement, aucune réaction notable ne se soit manifestée « spontanément » au sein de la population, comme elle s’était manifestée à l’approche de la CDAC du 7 octobre 2009 par « 1252 consommateurs pour, [ayant signé une] pétition « spontanée » déposée mardi soir [6 octobre 2009] en mairie » (Le Bien public du 12 octobre 2012).

      Il semble que la grande ferveur de la consultation dont nous commémorons aujourd’hui le deuxième anniversaire soit franchement retombée. On peut parier sans risque qu’elle n’ira plus s’afficher crânement sur les panneaux de la RD 905 (photo n° 3), voie royale conduisant au Charmoy, ni d’ailleurs plus incongrûment jusque sur les poubelles du cimetière (photo n° 1), puisqu’il semble bien qu’elle ait rejoint définitivement les poubelles de l’histoire.

          Il faut bien l’admettre,  la seule consultation envisageable aujourd’hui à propos du Charmoy est sans doute le recours aux oracles. Mais comment trouver réponse à nos interrogations dans les entrailles absentes de poulets éviscérés en promo ? 

     Aussi lançons-nous cet appel : recherchons désespérément Pythie bénévole pour éclairer notre lanterne !    

C’est sur cet appel pressant que nous conclurons notre questionnement en trois épisodes.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 juin 2012 (J+162 après la CNAC)

 

  

 photo n° 1

 Photo n° 1 Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

photo n° 2

 Photo n° 2  Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

Photo n° 3Photo n° 3  Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (2) – du 22 juin 2012 (J+157 après la CNAC)

 

        Nous livrons aujourd’hui à la réflexion de nos amis lecteurs le deuxième épisode de notre feuilleton philosophique : « La proximité, réalité ou illusion ? »

      Dans cet épisode, nous envisagerons le volet spatial de la question, volet spatial déjà préfiguré par la fable des porcs-épics dont la morale nous engageait à garder une distance raisonnable à l’égard de nos semblables.

        Cependant, n’en déplaise à Schopenhauer, tout comme la proximité humaine, la proximité spatiale appartient aux idéaux revendiqués de notre temps. Citoyens du vingt-et-unième siècle, le monde entier est à votre porte et Mars, tout juste en banlieue ! Et la doxa ambiante s’évertue à entretenir l’illusion de cette proximité au moyen de prothèses et d’artefacts divers.     

     L’épicier du coin a disparu, qu’importe ! Par le miracle du drive vous n’aurez pas 100 mètres à faire à pied pour aller acheter votre quart de Brie ! Une fausse proximité spatiale vient donc brouiller encore la proximité humaine, par essence déjà problématique. Vos « amis » cybernétiques répandus aux quatre coins de l’Europe, voire du monde, sont tellement plus commodes à fréquenter que votre voisin immédiat, le plus souvent ignoré !

      Au-delà du critère objectif de la distance réelle, l’appréciation de la proximité spatiale est à présent modulée en fonction des ressources techniques permettant de « réduire » artificiellement les distances.  Il arrive cependant que l’infirmité, le dénuement ou l’âge prive l’homme de ses « tapis volants » et « miroirs magiques »  modernes. En l’absence de ces sortilèges technologiques, la réalité des distances se rappelle cruellement à lui avec son corollaire, l’isolement. Le masque des proximités artificielles tombe alors, révélant  la réalité physique de l’inaccessible.

        Plus de petits commerces dans les campagnes, au fond desquelles trouver un œuf pondu à la ferme est devenu presque une gageure. Il faut s’en convaincre, le village idéal plein de ressources du cru simplement accessibles n’appartient plus qu’à l’iconographie surfaite des clichés publicitaires ou nostalgiques, et le paysan, comme les autres, va chercher son lait en packs à l’hyper le plus proche.

      En matière de commerce alimentaire de première nécessité, les dernières décennies ont vu la concentration croissante des centres de distribution parallèlement à l’extinction presque totale des commerces de proximité, notamment dans les zones rurales. La taille même de ces centres de distributions géants a motivé leur implantation sur les terres agricoles des zones périurbaines. A voir la taille des parkings de ces hangars améliorés on mesure l’ampleur de la perte d’un patrimoine agricole, on comprend aussi immédiatement que le postulat de fréquentation standard des hypers est l’usage quasi-obligé de la voiture individuelle.

          Le temps des années 50 où ma mère m’envoyait le jeudi chez la Mère Blanchard au coin de la rue chercher un « étui Poulain » individuel au détail  à 10 francs (anciens, soit environ 30 centimes d’euro) pour préparer mon cacao des  quatre heures est définitivement révolu, et tout un confort de vie de proximité avec.

        A partir de citations tirées des décisions de la CNAC relatives au projet d’hyper  au Charmoy nous voudrions illustrer les références à la proximité prises en considération dans ce genre de décisions. Rappelons que la décision 317D du 20 janvier 2010 fut négative et que celle 917D du 17 janvier 2012 fut positive.

        La définition la plus vraisemblable de la zone supposée de proximité dans le cas de cet hyper doit être lue dans le premier attendu de 917D « zone de chalandise qui inclut les communes situées à vingt minutes de trajet en automobile du site d’implantation ». « Vingt minutes de trajet en automobile » voilà le critère limitant de la proximité. A la suite de la révolution économique de la grande distribution, un découpage commercial implicite du territoire est intervenu en termes de « zones de chalandise ». Les critères de proximité de ce découpage ne sont  pas sans rappeler le critère de proximité du découpage administratif de la France en départements qui, selon certaines sources, devait permettre au citoyen de se rendre à cheval au chef-lieu pour y traiter ses affaires dans le cadre d’une journée.

        Si l’on remplace le moteur à crottin par le moteur thermodynamique ou électrique, la « zone de chalandise », devient en quelque sorte  le « département » standard de la nouvelle république de la grande distribution.

        Outre cette définition générale qui inclut la plus grande part de la clientèle potentielle, le cas des voisins immédiats n’est cependant pas négligé : « le terrain d’implantation du projet se situe […] à proximité de zones d’habitat » (917D). On n’omet donc pas de mentionner cette proximité fortuite, concernant à vrai dire une bien faible part des « 33659 habitants en 2008 » de la « zone de chalandise ». Le cas des piétons et des cyclistes est envisagé « les aménagements sur la RD 905 permettront aux piétons et aux cyclistes d’accéder au site en toute sécurité » (917D). Gageons que la part de ces utilisateurs des « modes de déplacements doux » restera sans doute  très marginale dans la fréquentation générale et  constituera, pour ainsi dire, « la cerise (verte) sur le gâteau ».

      Il est instructif, toujours en terme de proximité, de reprendre les arguments contraires de la décision initiale 317D relativement à la même zone : « le projet […] est situé en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles, à l’écart du centre ville ». Rien, cette fois,  dans cet énoncé, ne fait naître un sentiment de proximité. Il s’agit pourtant bien de la même zone. Dans le même paragraphe, le sentiment de difficulté d’accès est encore souligné par la mention de l’absence de « [desserte] par les transports collectifs ». Absence de desserte dont il n’est pas fait mention dans la décision 917D, pas plus d’ailleurs que de sa présence.

       Laissant à notre lecteur le soin de conclure lui-même, nous lui rappellerons la question initiale : « La proximité (spatiale), réalité ou illusion ? ».

       Et pour illustrer en deux mots le thème de notre troisième volet (proximité temporelle) nous vous disons : « À bientôt ! »

 

P.S. : Alors que nous terminons cet article sur fond de flons-flons généralisé, nous voudrions rendre à César ce qui est à César. Si Jack Lang, récemment blackboulé à Saint-Dié, a bien inventé la Fête de la Musique un jour par an, c’est à la grande distribution qu’il faut attribuer la Fête de la Musique non-stop, orchestrée par une sono dégoulinante. Selon l’adage : la musique adoucit les mœurs, lave les cerveaux et remplit les (grosses) caisses !         

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 juin 2012 (J+157 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (1) – du 20 juin 2012 (J+155 après la CNAC)

   

    Nous fêtions, il y a deux jours, le deuxième anniversaire de Chantecler, nous voilà à présent installé dans la durée.  Mais le côté triste de la chose, c’est que le destin habituel de ce qui dure est la sclérose et l’obsolescence : on bouillonne d’abord, puis on feuilletonne, on commence à se répéter, on s’institutionnalise enfin, et on finit par radoter.

     Quelques jours après l’épreuve de philo du bac, nous allons donc tenter aujourd’hui de conjurer la menace en nous asseyant à la table d’examen du potache, suant sang et eau sur un sujet à développer. Nous implorons par avance l’indulgence de nos lecteurs qui seront peut-être aussi d’impitoyables censeurs.  

     Le sujet qui nous est imposé, tant par notre inspiration du jour que par les circonstances est le suivant : « La proximité, réalité ou illusion ? ». En effet, tant de choses devant prochainement advenir nous ont été annoncées qui n’arrivent jamais, telles la « sortie du tunnel » depuis la crise de 1973 ou, plus récemment, la solution de la crise grecque et puis tant de gens aussi nous assurent de leur proximité et de leur écoute et qu’on attend en vain quand le besoin s’en fait sentir, que le quidam finit par s’interroger.

 

     Plutôt que d’infliger à notre lecteur un discours bâti sur plan préfabriqué « thèse-antithèse-synthèse », nous avons pris la liberté d’éclairer sa réflexion par une série de variations sur le thème de la proximité que nous déclinerons selon trois axes : proximité humaine ou existentielle, proximité spatiale, proximité temporelle. Pour rester dans le cadre de notre blog, nous veillerons à puiser autant que possible nos exemples illustratifs dans la matière de celui-ci.

    Nous vous proposons aujourd’hui, d’esquisser une réponse au premier volet de notre sujet : « proximité humaine ou existentielle, réalité ou illusion ? » Nous traiterons les deux autres volets dans des épisodes ultérieurs.     

     Depuis que l’épreuve de culture générale a déserté l’épreuve d’entrée à Sciences-po, les citations ne sont plus de mise, pourtant, à citer Pouchkine, on ne peut être vieux jeu, alors tentons une citation  qui facilitera bien notre travail :

 

« Permettez : il vous plairait sans doute

D’apprendre de moi maintenant

Qui sont au juste des « proches ».

Nos proches voilà comme ils sont :

Proximité obligée

Mamours et franche estime

Et puis selon la coutume

Visite de rigueur à Noël

Ou vœux par la poste envoyés,

Afin qu’ils ne pensent plus à nous

Pour tout le reste de l’année…

Ainsi, Mon Dieu, donne leur longue vie ! »

 

Pouchkine

Eugène Oniéguine (Chant 4 Strophe 20) (traduction  C.S.)

          Avouons que tout est dit dans cette strophe, sans un gramme de graisse ou de complaisance. Nous ne prétendrons donc pas y ajouter quoi que ce soit, nous permettant cependant un parallèle.

        De la famille à la politique, il n’y a qu’un pas. Ne parle-t-on pas de « famille » politique et d’ « apparentés ». Et cette « proximité », souvent revendiquée par nos représentants politiques, ne s’apparente-t-elle pas elle-même à cette proximité à éclipses si bien décrite par Pouchkine ; il suffira pour s’en assurer de remplacer « visite de rigueur à Noël » par scrutin. Ainsi la proximité proclamée au sein de la famille ou de la cité se montre souvent cruellement illusoire. Elle peut même se révéler encombrante si l’on se réfère à certain tweet ayant récemment défrayé la chronique. La proximité d’une « pièce rapportée » qui ne se contente pas de jouer les « pièces jaunes » peut ainsi surgir inopinément et de façon incongrue dans un paysage de campagne. Et pour filer la métaphore facile, nous ajouterons : tout comme surgit l’hypermarché et son parking bétonné au milieu des blés. De proximité illusoire en proximité encombrante, la proximité humaine s’avère donc bien souvent décevante.

     Schopenhauer est un sage qui donne la bonne mesure avec sa fable des porcs-épics. Par un rude hiver, les piquantes bestioles, aspirant à se réchauffer par une proximité accrue, ne réussissaient qu’à s’entre-blesser. Il  leur fallut donc choisir le moyen terme entre geler ou saigner. Voilà bien de quoi inspirer des congrès futurs. Fable pessimiste surtout, qui remet chacun à sa place et au premier chef, les philanthropes déclarés agissant sous la bannière prétentieuse de l’intérêt général. Une proximité raisonnable, gardant poliment ses distances sans prosélytisme tapageur ni appétits de conquête, voilà la bonne mesure. Une seule règle donc en matière de proximité : garder lucidité et mesure. Et cette bonne mesure, ne fut-elle pas largement dépassée en juin 2010 dans notre cité, lors du grand racolage-encollage pour la zone du Charmoy ?

       Nous traiterons prochainement les deux autres volets de notre réflexion, promettant à nos fidèles lecteurs de centrer plus précisément nos réflexions sur la zone du Charmoy.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 juin 2012 (J+155 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 00:00

DEUX ANS DÉJÀ…– du 18 juin 2012 (J+153 après la CNAC)

 

     18 juin 2012, il ya deux ans, jour pour jour, paraissait le numéro 1 de Chantecler qui fête aujourd’hui son deuxième anniversaire.

      Rappelons en deux mots les raisons qui nous ont conduit à monter à cette tribune : le 27 juin 2010, devait se tenir une consultation relative à l’avenir de la zone du Charmoy, la campagne qui l’a précédé s’est révélé être un battage publicitaire univoque et omniprésent envahissant l’espace public au profit d’un investisseur privé. Devant cette forme plutôt mitigée de démocratie, il nous appartenait de réagir et d’opposer à l’enrégimentement des afficheurs sauvages, une parole alternative. Telle a été notre intention. L’enfer, comme on le dit est pavé de bonnes intentions, mais en juin 2010, c’est toute la ville d’Auxonne qui était encollée en « LURE impressions » !!!

       A partir de là, il nous appartenait, dans la mesure de nos moyens, d’apporter à nos concitoyens d’autres impressions plus élaborées sur la question dont nous sommes en quelque sorte devenu, au fil du temps, un expert bénévole. Nos lecteurs disposent à présent d’un dossier étoffé qui pour être assez souvent sérieux, voire ennuyeux, fait néanmoins une bonne place à la fantaisie et à la bonne humeur, s’interdisant les propos lénifiants, aseptisés ou xyloglossiques (du grec xylos : bois et glossa : langue) des professionnels patentés de la com.  Chantecler fait à présent partie du paysage de la zone du Charmoy dont nous avons récemment diffusé quelques images agrestes et verdoyantes.

     Pour ne pas déroger aux devoirs de l’actualité, saluons le vainqueur du scrutin législatif d’hier qui touché, nous l’espérons, par l’authentique beauté rurale de ces images, disposera à présent de 5 longues années pour nous aider à les préserver conformément à son mot d’ordre « préserver la ruralité ».

     Rappelons pour terminer que le candidat « DUCHARMOY » avait obtenu 1533 voix à AUXONNE  le 27 juin 2010 et interrogeons nous sur ce score qui surpasse celui du député élu hier (1352 voix). Faut-il en conclure que les promos en têtes de gondole passionnent davantage les électeurs auxonnais que leur représentation au Palais Bourbon ? Le déclin des « valeurs », qui ne sont pas forcément mobilières, serait-il, selon l’adage business is business, le ressort inéluctable des lois du marché ?

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juin 2012 (J+153 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl, S., Auxonnais - dans Brèves
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 00:00

 A Pierre-Louis Monteiro 

LES VOIX DU MARCHÉ – du 15 juin 2012 (J+150 après la CNAC)

  

     Si l’on excepte Paris et le massacre pompidolien « moderniste » des Halles de Baltard, la plupart des villes ont gardé dans leurs cœurs les halles et les marchés d’un autre temps. Ces lieux ont conservé leur destination première et, quelques jours par semaine, on les voit s’animer du spectacle millénaire et universel des petits commerces de détail. La clientèle, certes, a un peu vieilli, notamment dans les villes de province, mais les marchés vivent toujours comme autant de petits forums animés et hauts en couleurs rompant la grisaille ambiante.

       En période d’élections, les divers candidats ou leurs militants actifs n’omettent jamais de sacrifier au rite du « tractage sur le marché ». S’ils n’ont pas le savoir-faire inimitable des camelots qui n’ont pas fait Sciences-Po et vendent pourtant aux gogos les camelotes les plus insolites, du moins dispensent-ils à la sauvette, un peu contrits parfois, sourires et poignées de mains. Et si l’accueil n’est pas trop rêche, ils glissent au passage à la ménagère sympathique un tract sur papier glacé qu’elle ne lira jamais et qui rejoindra au mieux, plié en quatre, la botte de poireaux du cabas à roulettes. Mais qu’importe ! Pas plus qu’on ne répond à l’offre du camelot en raison d’un besoin, on ne choisit son vote en raison d’arguments écrits. Tous les marchands et tous les politiques connaissent cette règle élémentaire. Et tant qu’elle durera, on verra les uns et les autres sur les marchés.

       Ce commerce humain, ce microcosme désuet conservé au cœur des villes est touchant. Et le tract froissé qui en fin de matinée rejoint la cagette de pêches talées « Ça sent si bon la France ! ». Cependant, au-dessus des voix du marché, du petit aligoté et du poulet de la ferme, il y a le talon de fer, les lois d’airain du marché et tout autour des villes, les supers, les hypers et les gigamarchés qui regardent d’un air goguenard et calculateur ces survivances archaïques pour bobos, écolos et petites vieilles. Peanuts que tout cela ! L’avenir appartient aux drives !

       Gentils politiques, c’est notoire, nombreux sont parmi vous ceux qui choient la grande distribution. A ceux-ci, je demande aujourd’hui: « Quand les souks d’un autre âge qui survivent dans nos centres villes auront un beau jour disparu au nom des normes et de la concurrence, quand les mémés bancales, les retraités chenus, les joueurs d’accordéon et autres mendigots auront cessé leur déambulation improbable dans ces lieux pleins d’odeurs,  où irez-vous distribuer vos tracts ? »

      Sur les parkings des hypers peut-être ? Perdus dans le flux des caddies et des voitures, vous accosterez alors le chaland pressé qui, surpris de ne pas trouver la liste des promos sur votre prospectus, vous le renverra en boule au milieu de la figure. Ou bien encore, tel le mendiant au feu rouge, vous vous inclinerez à la vitre baissée du client du drive au risque de vous faire éconduire par les agents de sécurité ?

         Gentils politiques, vous qui choyez la grande distribution, je vous le dis :   « Vous aurez tant et tant servi les tenants des lois du marché, que vous aurez perdu votre charmant terrain de jeu et réussi à rendre aphones les voix du marché ! »

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 juin 2012 (J+ 150 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres