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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 07:46

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (5) - du 03 Août 2016 (J+2786 après le vote négatif fondateur)

Résumé des précédents épisodes : Intriguée par l’intérêt soudain porté par le premier magistrat d’Auxonne à Villers-lès-pots et à son maire, Philomène, la sainte de Villers décide de se rendre dans la cité napoléonienne. Au cours d’un long entretien avec notre correspondant Jean-Marie Vianney, Philomène lui fait part de son intention de créer son entreprise pour relancer la vente des statuettes à son effigie. Le projet prend forme puis se concrétise, mais le sort habituel des statuettes, rapporté par la tradition, ne cesse de susciter chez Philomène de sombres inquiétudes sur l’avenir de sa main droite. Une poignée de main échangée lors de l’inauguration du projet réalisé viendra confirmer ses craintes.

Le présent épisode se déroule dans l’infirmerie de l’entreprise PHILOMÉNAL du Groupe Sainte-Russule. Au mur, un portrait du martyre de saint Sébastien.

Jean-Marie : « Eh bien, dites donc, il ne vous a pas loupée !»

Philomène : « À vrai dire, je m’y attendais, mais quand ça vous tombe dessus, ça surprend quand même ! Aïe, aïe, aïe ! Me voilà complètement et définitivement HS !»

Jean-Marie : « HS, n’exagérons rien ! Tôt ou tard, vous verrez, on reviendra vous serrer très mollement la main, pensant que vous êtes remise de l’incident, et solliciter de nouveau et très gentiment vos services. Patronne et conceptrice du projet PHILOMÉNAL, c’est une référence qui compte !»

Philomène : « Référence ! Référence ! Vous me la baillez belle, Jean-Marie, avec vos références. De nos jours, ce ne sont plus les références qui comptent, ce sont les copinages et les ambitions !»

Jean-Marie : « Je vous sens désabusée Philomène. Votre expérience de martyre ne vous a-t-elle donc pas définitivement prémunie contre les petites misères et les déceptions de cette vie ? »

Philomène : « Sachez Jean-Marie que lorsqu’on vous conduit au martyre, une chose au moins est sûre et il arrive que cette certitude vous galvanise et vous rassure !»

Jean-Marie : « Ce n’est pas toujours aussi sûr ! Tenez Dostoïevski, le 22 décembre 1849, on le conduisit avec ses camarades sur la Place Semenovski jusqu’aux poteaux d’exécution, on fit rouler les tambours, avant de leur annoncer la grâce et la peine de mort commuée en déportation en Sibérie ! »

Philomène : « D’accord, mais le Tsar Nicolas Ier était un tyran compliqué, secret et retors. Chez les Romains qui n’avaient pas l’âme slave, c’était plus clair ! Là au moins, chez les Romains, vous ne risquiez pas d’échapper au martyre et de vous retrouver reléguée au congélateur ! »

Jean-Marie : « Oublions, Philomène, toutes ces horreurs et ces coups tordus ! Dieu soit loué, nous sommes à présent en démocratie ! »

Philomène : « Démocratie ! Des mots ! Paroles, paroles, paroles ! Démocratie ! Il n’y a plus de parole et le Prince est toujours le Prince ! Hors de sa cour, point de salut !»

Jean-Marie : « Quel pessimisme Philomène ! Auriez-vous cessé d’espérer ? »

Philomène : « Non, mon âme est en paix. Mon projet PHILOMÉNAL est réalisé, il sera là, le moment venu, pour témoigner de mon passage ! »

Jean-Marie : « À la bonne heure, vous voilà rassurée ! Sachez, que sans ce contretemps imprévisible autant que désagréable survenu juste au moment d’accueillir votre œuvre, tout aurait été parfait ! »

Philomène : « Pour être désagréable, il l’aura été ce contretemps, et je ne suis pas près de l’oublier. Et maintenant, je vais vous faire une confidence : à la réflexion, il me semble bien qu’il n’était pas si imprévisible que vous croyez, ce contretemps, et je vais vous dire pourquoi. Il y a tout juste deux ans de cela j’avais déjà eu à affronter une poignée de main plutôt brusque et assez peu chevaleresque. Alors, je saisis à présent, comme le dit si bien Victor Hugo que « déjà Napoléon perçait sous Bonaparte » »

Jean-Marie : « Permettez-moi de vous rappeler encore une fois que mon homonyme n’aimait guère les marches impériales. Enrôlé en 1809 dans l’armée de l’Empereur pour la guerre d’Espagne, il finit par déserter ! »

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (2) - du 24 JUILLET 2016

Philomène : « Votre homonyme, avec tout le respect que je lui dois, s’il avait mieux su son latin, il n’aurait pas été enrôlé, et n’aurait pas eu la peine de déserter ! »

Jean-Marie : « Philomène, ce ton professoral, comme il manque de charité. Je sens que cette dureté surprenante cache quelque part dans votre cœur une sympathie secrète pour le Petit Caporal. Avouez ! Vous ne pouvez le nier ! »

Philomène : « Et aussi, je le confesse, un béguin pour son petit chapeau. Pour être une sainte, on n’en a pas moins ses faiblesses. Hélas ! Pour l’instant le glorieux bibi est toujours sous le boisseau. Et comme aurait dit la Mamma Letizia : ié crains qué ça doure !»

Jean-Marie : « Les faiblesses d’une blessée sont choses naturelles et ces craintes vous honorent. »

Philomène : « Merci Jean-Marie, la surprise douloureuse de la blessure passera, mais sachez bien que je garderai pour toujours ma compassion pour tous les éclopés de la Grande Armée et leurs chers souvenirs oubliés. »

La douleur de Philomène s’apaisait déjà, son visage juvénile reprit de belles couleurs, elle plissa même un œil malin, de sa seule main gauche valide elle sortit de son giron la page glacée et pliée en quatre de « Côte-d’Or magazine » N° 163 de juillet-août 2016, la déplia maladroitement et se mit à lire à haute voix en y mettant le ton du conteur :

« Dans l’une des tours du château, Auxonne conserve précieusement et fièrement […] le chapeau du célèbre Corse. De quoi exciter l’imagination sur le chemin du retour. »

Jean-Marie : « Comme aurait dit le « célèbre Corse » : « Se non è veru è bè truvatu » ! Son chapeau, et sous le chapeau, peut-être aussi le cerveau ? »

Philomène : « En attendant, bonnes vacances Jean-Marie. Et n’oubliez pas : « Sous les pavés, la plage ! » »

FIN

Bonne fête aux Lydie et surtout, bon anniversaire à une personne qui m’est chère !

Invalides

Invalides

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 03 août 2016 (J+2786 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 5

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 5
2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 08:16

CHARIVARI SUR LE QUAI OUEST - du 02 Août 2016 (J+2785 après le vote négatif fondateur)

Cet article au titre énigmatique ne constitue pas la suite de notre feuilleton « Conversations avec Philomène ». Que nos fidèles lecteurs/trices patientent (quelle que soit d’ailleurs la cause de leur impatience !), ils découvriront incessamment le cinquième et dernier épisode !

En attendant, le titre du présent article nous a été inspiré par le « Charivari à la Cour des Miracles » qui s’est tenu dans la cour du Château Louis XI le week-end dernier et qui a connu un succès bien mérité, succès relaté dans Le Bien Public d’hier sous le titre « une cour des miracles pleine de vie ». Cette « vie » était indéniable autant qu’inhabituelle. Avouons-le, le Moyen Âge, c’est quand même plus marrant que le troisième âge !

Dans un article plus docte et moins fleuri, Le Bien Public d’aujourd’hui nous propose à nouveau, sous le titre « Plongée dans un glorieux passé », un bain moussant médiéval. Ne riez pas incrédules ! Dans son ouvrage intitulé « Pour en finir avec le Moyen Âge » Régine Pernoud nous confirme, contre les idées reçues, qu’on aimait se laver et se baigner au Moyen Âge !

Pour en revenir au moins sérieux « Charivari à la Cour des Miracles » Claudi, qui aime rêver devant les images hautes en couleurs, m’a confié s’être régalé de la richesse et de la truculence du spectacle. Il a ajouté :

« Mon plaisir aurait été parfait, si un groupe d’Anglais brandissant « Côte-d’Or magazine » N° 163 de juillet-août 2016, n’avait cessé de m’interroger à propos d’un passage qu’ils y avaient lu : « Dans l’une des tours du château, Auxonne conserve précieusement et fièrement […] le chapeau du célèbre Corse. ». T’as compris, mon compte était bon, ils cherchaient la fameuse tour, et ne me lâchaient pas les basketts ! »

– Et alors, Claudi, rassure-moi, tu les as au moins informés avec tact ces braves touristes britanniques ?

– Avec tact ! T’en as de bonnes toi ! D’abord, tu sais très bien que cette affaire est déjà compliquée, alors, avec la barrière linguistique et le brexit en plus, chapeau ! Et puis, je ne voulais pas gâcher mon plaisir ! À la fin, excédé, je leur ai tout bonnement répondu de s’adresser à la Tour de Londres ! Et, alors, j’ai pu profiter pleinement du « Charivari à la Cour des Miracles » !

– Toi, tu ne changeras jamais, Claudi ! Comment veux-tu t’attirer la faveur des Anglois !

– Mais, dis-moi, qu’est-ce-que c’est que cette histoire de « Charivari sur le Quai Ouest » ?

– C’est bien simple, tu vas vite comprendre : géographiquement tous les quais de notre bonne ville sont à l’Ouest et les ports aussi.

– J’ai compris ! Le Quai Ouest, c’est donc en haut des gradins du Vieux Port ! Tout simple ! Me voilà rassuré ! Rien à voir, donc, avec la pièce de théâtre éponyme de Bernard-Marie Koltès ? Je te voyais déjà venir, on sait jamais avec toi !

– Aussi simple que cela, Claudi ! Pour une fois, pas de finasserie littéraire à l’usage des bobos ! Le Quai Ouest, c’est pas à New-York, c’est tout bonnement en haut des gradins du Vieux Port ! Comme tu l’as dit, bouffi !

– Mais là-haut, c’est le marché nocturne, pas le marché médiéval, et surtout pas le charivari !

– C’est le marché nocturne, quand le temps le permet. Or, le 22 juillet le temps était à l’orage et le marché a été officiellement annulé…

– Alors, il n’y a plus rien à dire !

– Je te répète, ce soir-là, il y avait de l’orage dans l’air ! Du coup, c’est vrai, il n’y a pas eu de marché nocturne ! Mais il paraîtrait quand même qu’il y aurait eu comme du charivari sur le Quai Ouest ! C’est qu’il y avait beaucoup d’électricité dans l’air, et semble-t-il, même, quelques étincelles. Si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à te renseigner et demander au Savant Cosinus et à son électroscope ! Il fallait le voir, ce soir-là, faire le grand écart avec ses feuilles d’or ! Un vrai petit rat de l’Opéra !

– Le Savant Cosinus ?

– Non ! L’électroscope !

Charivari sur le Quai Ouest

Charivari sur le Quai Ouest

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 02 août 2016 (J+2785 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Revue de presse

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Revue de presse
30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 07:55

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (4) - du 30 JUILLET 2016 (J+2782 après le vote négatif fondateur)

Résumé des précédents épisodes : Intriguée par l’intérêt soudain porté par le premier magistrat d’Auxonne à Villers-lès-pots et à son maire, Philomène, la sainte de Villers décide de se rendre dans la cité napoléonienne. Au cours d’un long entretien avec notre correspondant Jean-Marie Vianney, Philomène, consciente des dures lois du marché lui fait part de son intention de créer son entreprise pour relancer la vente des statuettes à son effigie. Le projet prend forme, mais la tradition votive liée à ces statuettes va éveiller les inquiétudes de Philomène.

Jean-Marie : « Vous, Philomène, maîtresse femme dans une frêle enveloppe, inquiète ? »

Philomène : « C’est le caractère votif de ma statuette qui m’inquiète. Vous savez, les gens n’ont de cesse de faire un vœu et de casser la main droite de la statuette pour qu’il se réalise. C’est du moins ce qui se dit et se répète. Et le plus inquiétant, c’est que l’habitude semble bien prise et la tradition bien installée ! »

Jean-Marie : « Rassurez-vous, tout ceci n’est après tout qu’une rumeur. Et vous savez ce qu’il en est souvent des rumeurs ! »

Philomène : « Pas de fumée sans feu ! D’ailleurs il suffit de regarder les catalogues de ventes spécialisées. Elles sont toutes manchotes ces pauvres petites Philomène ! Elles ont toutes perdu leur main droite ! Et les exceptions à la règle sont très rares. »

Jean-Marie : « Et alors, Philomène, cette épidémie de vœux n’est-ce-pas la prospérité assurée pour votre petite entreprise ? Nous sommes dans un cas rêvé d’obsolescence programmée ! Aussitôt achetée, aussitôt cassée ! Voilà de quoi stimuler le cycle de la production ! Votre céramiste ne risque pas de chômer ! »

Philomène : « Oui tout cela est fort juste et fort bien dit ! Le cours du fagot va même s’envoler car il n’est de vraie sainte Philomène que cuite au bois et nos ressources forestières seront enfin valorisées ad majorem Dei gloriam ! De quoi inverser la courbe du chômage et ravir François ! »

Jean-Marie : « François ? Vous m’étonnez, votre confrère d’Assises était tout autre qu’un productiviste. Il aurait blâmé, je pense, votre projet consumériste, outre que narcissique ! »

Philomène : « Vous batifolez Jean-Marie. Laissez ce bon François à ses Fioretti. Je parlais bien entendu d’un François d’une autre importance, d’un François pour qui le murmure des sondages importe beaucoup plus que le chant des oiseaux ! »

Jean-Marie : « Je reconnais là votre pragmatisme ! Alors, de nouveau, pourquoi cette irrationnelle inquiétude à propos du caractère votif de votre statuette ? »

Philomène : « Pas plus que la religion, hélas, le pragmatisme n’exclut pas la superstition ! Cette statuette est à mon image Jean-Marie, et je frémis à l’idée de partager le même sort. Il me vient même, à cette seule pensée, de douloureux élancements dans le poignet droit. Ne trouvez-vous pas, d’ailleurs, qu’il est un peu enflé ? »

Jean-Marie : « Vous somatisez trop Philomène ! Croyez-moi, ça peut devenir gênant, surtout dans le cas d’une martyre ! »

Philomène : « Je dois vous faire un aveu Jean-Marie. Mon projet d’entreprise va m’imposer de rencontrer des gens qui comptent. Je ne suis pas timide, mais je frémis pourtant à l’idée de devoir serrer les mains de toutes ces autorités. »

Jean-Marie : « Faites preuve d’un peu de réalisme Philomène ! Imaginez-vous pouvoir ouvrir une porte sans tourner la poignée ! Alors, la poignée de main, c’est tout simple, c’est comme la poignée de porte ! »

Philomène : « Oui, mais les poignées de portes ne font pas de vœux ! Je frémis à l’idée de devoir serrer les mains de ces autorités dont les têtes sont toutes pleines de vœux à l’approche d’échéances électorales. Ils vont me voir venir et profiter de la bonne occasion. Un vœu est si vite arrivé, et avec lui un bleu ! À ces messieurs l’écharpe, et du coup, à Philomène le bras en écharpe ! »

À suivre…

En attendant, bonne fête à toutes les Juliette, et pour faire bonne mesure, à tous les Roméo !

N.B. : La métaphorique poignée de porte évoquée dans cet épisode n’a bien entendu qu’une fonction mécanique banale. Elle ne prétend, en aucun cas, se substituer à « la poignée de la porte de la connaissance » découverte dans un précédent article !

LE NOUVELLISME DU CHARMOY : QUEL CHANTIER ! (2)- du 06 DÉCEMBRE 2015

Lien pudique Philoménal

Lien pudique Philoménal

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 juillet 2016 (J+2782 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 5
27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 06:58

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (3) - du 27 JUILLET 2016 (J+2779 après le vote négatif fondateur)

Avertissement : Invoquer les circonstances tragiques qui frappent l’Église catholique pour interrompre la publication de cette fiction aurait été comme mettre à l’index le Don Camillo de Giovannino Guareschi et l’humour en garde-à-vue.

Résumé des deux premiers épisodes : Intriguée par l’intérêt soudain porté par le premier magistrat d’Auxonne à Villers-lès-pots et à son maire, Philomène, la sainte de Villers décide de se rendre dans la cité napoléonienne. Un soir de marché, sur les gradins du Vieux port, elle a un long entretien avec notre correspondant Jean-Marie Vianney. Consciente des dures lois du marché, elle décide de relancer la vente des statuettes à son effigie et à cette fin, de créer son entreprise. Il lui sera facile de trouver une vendeuse, mais il lui manque encore l’essentiel : un céramiste…

Jean-Marie : « J’en connais un, de par chez nous, qui devrait pouvoir vous dépanner. De ses œuvres, il me semble avoir admiré une statuette de…. de sainte Russule ! »

Philomène : « Sainte Russule ! On aura tout vu ! Vous voulez dire plutôt sainte Ursule !»

Jean-Marie : « Non, j’ai bien dit de sainte Russule ! Et peut-être aussi, attendez… de sainte Coulemelle ! Ces saints ne sont peut-être pas au calendrier, pas plus que vous d’ailleurs, chère Philomène qui n’y êtes plus, mais ça n’empêche que le travail de notre céramiste a été remarqué à l’international ! »

Philomène : « À l’international ! Sainte Russule ! Sainte Coulemelle ! N’en jetez plus, j’en ai déjà plein le panier ! C’est de sainte Philomène qu’il s’agit et non de cryptogames ! En attendant, topons-la Jean-Marie ! Je compte sur vous… et bien entendu sur votre céramiste pour la renaissance de mes statuettes votives ! »

Jean-Marie : « Sans vouloir vous conseiller, Philomène, il faudrait peut-être penser à relooker le modèle de votre statuette quelque peu rustique et désuet. Notre céramiste, j’en suis certain, pourrait s’en charger de bon cœur et y mettre, disons… un peu moins de cette profusion de vêture et de sévérité trop drapée. »

Philomène : « Alors là, vous m’en bouchez un coin, Jean-Marie, vous cachez bien votre jeu ! Ceci est hors de question ! Où comptez-vous m’entraîner ? Les gens ne reconnaîtraient plus leur Philomène, et vos incartades vestimentaires iraient bloquer définitivement mon dossier en haut lieu ! Il est bien clair que la copie doit rester conforme à l’original !»

Jean-Marie : « Une question toute protocolaire se pose encore. Êtes-vous bien assurée que les autorités de cette ville, à l’occasion sourcilleuses, vous réserveront le meilleur accueil et surtout une large publicité ? »

Philomène : « Décidément Jean-Marie, en regard de mon expérience multiséculaire, vous me semblez terriblement naïf. Croyez-vous vraiment que j’aie accosté tout à l’heure comme la touriste moyenne qui débarque une soirée pour se vider la tête ? J’ai travaillé mes dossiers mon cher ! Je ne me suis pas embarquée sans ma provision de biscuits ! »

Jean-Marie : « À force de trimbaler votre ancre, vous voilà qui parlez maintenant comme un vieux loup de mer ! Prenez garde de ne pas finir par ressembler au Capitaine Crochet !»

Philomène : « Cessez vos plaisanteries indigentes moussaillon ! C’est vrai qu’il est de notoriété publique que mes statuettes sont souvent manchotes, mais je sais faire le point et garder un cap ! Et pour autant je ne lis pas que les éphémérides et le journal de bord ! Je m’informe. Ne vous ai-je pas déjà dit que j’avais lu le dernier « Côte-d’Or magazine » N° 163 de juillet-août, mais encore, avec le plus grand intérêt, le dernier numéro d’ Inf’Auxonne

Jean-Marie : « Alors vous n’aurez pas manqué d’y découvrir le fameux « porte-plume » de saint Raoul ! Philomène a son ancre et Raoul son « porte-plume » ! »

PLUS FORT QU’UN PORTE-AVIONS, LE PORTE-PLUME - du 13 JUILLET 2016

Philomène : « Certes, je l’ai découvert ce « porte-plume » et je l’ai trouvé égal à lui-même sans « surprise » et sans « compassion » pour reprendre les termes du titre d’un article en réaction diffusé sur la toile : « Surprise et compassion » ! À propos de ce dernier article, le titre viscontien m’en a d’abord séduite, mais…

Jean-Marie : « Je vous coupe Philomène, cet article était tout de même nécessaire, ne serait-ce que pour combler un vide laissé dans la tribune libre d’Inf’Auxonne »

Philomène : « Je sais, la tribune a horreur du vide ! L’article était nécessaire sans doute, je vous l’accorde, mais il n’est pas pour autant suffisant. Je trouve que l’on y confond peut-être un peu légèrement ancrage à la mairie et ancrage dans le passé. Si le premier est condamnable surtout quand il se prolonge, le second, qui en revanche ne peut être assimilé à la situation de la moule accrochée au rocher, est une condition de sagesse et de clairvoyance. Et croyez-moi, en matière d’ancre, je suis experte ! »

Jean-Marie : « Philomène, vous êtes proprement une visionnaire !»

Philomène : « J’ai du métier mon cher ! Pour faire bref, dans Inf’Auxonne N° 53 j’ai surtout découvert pour mon compte que Villers-les-Pots et son maire faisaient l’objet de la plus grande attention du rédacteur ! Comprenez-vous, à présent, c’est à Villers que j’ai mon pied-à-terre, mes adeptes, mon ancienne chapelle et peut-être encore quelques reliques. Alors, c’est bien clair, pour Philomène de Villers, à Auxonne, l’avenir s’éclaire !»

Jean-Marie : « On dirait presque un slogan de Leclaire ! Philomène, vous avez l’étoffe d’une communicante et pourquoi pas, bientôt d’une vice-présidente de comcom ! »

Philomène : « Certes, tout cela est bel et bon, mais un point de détail m’inquiète encore »

À suivre…

Voyant mon attention toujours exclusive pour sainte Philomène, Claudi me conseille à nouveau de ne pas oublier les autres saint(e)s. Il me précise gentiment que le/la saint(e) du jour est sainte Nathalie. Bonne fête, donc, à toutes les Nathalie !

https://www.youtube.com/watch?v=TilQ8BIHisw

Au charmoy, la céramique rapplique avec Philoménal

Au charmoy, la céramique rapplique avec Philoménal

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 juillet 2016 (J+2779 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 5

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 5
24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 07:09

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (2) - du 24 JUILLET 2016 (J+2776 après le vote négatif fondateur)

Résumé du premier épisode : Intriguée par l’intérêt soudain porté par le premier magistrat d’Auxonne à Villers-lès-pots et à son maire, Philomène, la sainte de Villers décide de se rendre dans la cité napoléonienne. En grand équipage, elle débarque donc un soir de marché aux gradins du Vieux port pour s’y entretenir avec notre correspondant Jean-Marie Vianney, homonyme du Curé d’Ars. Surpris, ce dernier apprendra au bout du compte que Philomène est venue « pour affaires ».

Jean-Marie : « C’est vrai que de nos jours, le marché est roi et, sous peine de mort sociale, la meilleure âme, fût-elle celle d’une sainte, ne peut rester indifférente à ses lois ! Avant de faire l’aumône et le bien autour de soi, ne faut-il pas d’abord penser à s’enrichir soi-même pour le bien de la communauté ? »

Philomène : « C’est hélas, mon ami, la réalité crue, et quand pour moi les carottes sont cuites, je ne peux me résoudre à me voiler la face. La Providence est en panne, hors du marché point de salut, en désespoir de cause il me faut donc envisager de monter ma petite entreprise. Apprenez maintenant que j’ai conçu le projet d’établir là-haut, non pas au Ciel comme vous pourriez le penser, mais plus près de nous, en haut de ces gradins, sur le marché artisanal d’où nous parviennent rumeurs et odeurs, mon petit stand et ma boutique.»

Jean-Marie : « Ne craignez vous pas de déchoir Philomène en tenant boutique ? »

Philomène : « Cette frilosité surannée vous honore Jean-Marie ! Au bout du compte vous partagez les scrupules du bon Curé d’Ars votre homonyme, mais sachez d’abord que je ne tiendrai pas le stand en personne. Elles ne manquent, pas de nos jours, les jeunes filles qui cherchent un emploi ! Les places de caissières, dit-on, se font rares !»

Jean-Marie : « Et les jeunes filles aussi hélas ! »

Philomène : « Comme vous y allez Jean-Marie, regardez le monde et arrêtez de lire la Vie des Saints ! Et surtout, je vous en prie, arrêtez de rougir ainsi Jean-Marie ! Sachez que je compte sur vous qui êtes du coin pour me dégotter une fille délurée et qui n’ait pas sa langue dans sa poche ! »

Jean-Marie : « C’est que je fais habituellement les reportages et autres articles de fond, mais pas les petites annonces ! »

Philomène : « Vous n’êtes pas comme Claudel, alors ! »

Jean-Marie : « Philomène, votre truculence m’inquiète ! »

Philomène : « Inquiétez vous surtout de me trouver rapidement une vendeuse. Une vendeuse, et une gagneuse ! Tenez, Jean-Marie, je viens de lire le dernier « Côte-d’Or magazine » N° 163 de juillet-août et j’y ai trouvé une idée force de vente pour notre vendeuse, nous la coifferons du célèbre « Petit Chapeau » pour attirer le touriste ! »

Une surprise de plus en plus grande se lisait sur le visage de Jean-Marie dont les traits fins d’intellectuel s’estompaient pourtant dans le crépuscule. Alors, joignant le geste à la parole, Philomène sortit de son giron une page glacée et pliée en quatre du magazine intitulée « LA MARCHE DE L’EMPEREUR ». Tandis qu’elle la dépliait, tout en se penchant vers Jean-Marie, le faisceau de sa lampe de poche vint tomber à pic sur le paragraphe inspirateur, comme le doigt de l’Empereur sur une carte. On pouvait y lire ces mots : « Dans l’une des tours du château, Auxonne conserve précieusement et fièrement […] le chapeau du célèbre Corse. De quoi exciter l’imagination sur le chemin du retour. »

http://fr.calameo.com/read/000256001b37529b10992

Philomène : « Excitant, Jean-Marie, pas vrai ! Se non è vero, è bene trovato ! »

Jean-Marie : « Mon homonyme n’aimait guère les marches impériales. Enrôlé en 1809 dans l’armée de l’Empereur pour la guerre d’Espagne, il finit par déserter ! Sans vouloir vous décevoir, je crois que votre idée force de vente lui aurait carrément déplu ! Mais au fait, quelle marchandise vendra cette jeune fille ? »

Philomène : « De la céramique mon cher, et pas des sandwichs ! Il est temps de ressusciter le marché des statuettes de sainte Philomène. Plus précisément de la statuette de sainte Philomène, dans sa version locale de Villers-les-Pots, réputée votive ! »

Jean-Marie : « Fautive ! Je vous trouve bien sévère ! »

Philomène : « Votive, avec un V comme Villers ! L’achat de cette statue donne l’occasion de faire un vœu, et croyez-moi, de nos jours, les gens ne manquent pas qui font des vœux ! Tout comme ne manquent pas ceux qui font des promesses ! Les loteries ont le vent en poupe ! Voilà les conclusions de mon étude de marché ! »

Jean-Marie : « Je vous sens amère Philomène, amère mais avisée ! »

Philomène : « À visée lucrative pendant que vous y êtes ! Avisée, oui peut-être mais démunie, car il me manque encore pour ce projet l’essentiel, la cheville ouvrière : un céramiste ! »

À suivre…

Voyant mon attention un peu exclusive pour sainte Philomène, Claudi me conseille de ne pas oublier les autres saint(e)s. Il me précise gentiment que le/la saint(e) du jour est sainte Christine. Bonne fête, donc, à toutes les Christine !

Sainte et entrepreneure

Sainte et entrepreneure

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 juillet 2016 (J+2776 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 5

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 5
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 08:25

CONVERSATIONS AVEC PHILOMÈNE (1) - du 21 JUILLET 2016 (J+2773 après le vote négatif fondateur)

Claudi sent déjà qu’il va avoir du pain sur la planche, il m’interroge sur le choix de ce nouveau feuilleton d’été « Conversations avec Philomène ». Je lui réponds, ainsi qu’aux lecteurs/trices qui se poseraient la même question. Villers-lès-Pots est à la une dans nos médias municipaux, on s’intéresse à son maire… Alors, emboîtant le pas vers les pots, pourquoi ne pas s’intéresser à sa sainte.

Voici donc le reportage exclusif de notre correspondant Jean-Marie Vianney contacté par la sainte après que celle-ci ait lu le dernier Inf’Auxonne

C’est au pied des gradins de notre Vieux-Port, dans la soirée du vendredi 15 juillet dernier que Jean-Marie a rencontré Philomène qui souhaitait s’exprimer.

Un crépuscule rosissant se mirait encore dans le glacis paisible de la Saône lorsqu’une forme blanche s’approcha du rivage dans un bruit d’ailes battant l’onde. C’était la nef de Philomène tirée par quatre cygnes. La nef accosta, une jeune fille en descendit vêtue d’azur et de lin blanc et portant à grand peine une ancre très lourde.

Philomène : « Ne vous étonnez pas de ce fardeau que je traîne, Jean-Marie, ne vous donnez pas la peine, je me débrouille ! »

Et ce-disant, déposant dans un tintement métallique le lourd objet sur le premier gradin, elle poursuivit soulagée : « Cette ancre est mon enseigne, on dit que je fus un temps patronne des mariniers de la Saône, quand les gradins de ce port étaient dans leur jeunesse…Mais dites-moi, Jean-Marie, ne seriez-vous pas un parent du Curé d’Ars ? »

Jean-Marie : « À vrai dire, pas du tout, ce n’est que simple homonymie ! »

Philomène : « C’est que je dois une fière chandelle à ce saint homme, sans lui je ne serais pas là. C’est à lui que je dois la dévotion qu’on me porte. Les bienfaits et les grâces qu’il dispensait, dans sa grande humilité, il les a attribués à moi seule. »

Jean-Marie : « Mon homonyme le Curé d’Ars était donc un homme plein de modestie et d’humilité ! »

Philomène : « Oui ! D’une humilité sans bornes ! Toutes proportions gardées, il paraît que c’est aussi le cas du premier magistrat de ce lieu qui « ne cherche pas à être mis en avant », c’est du moins ce qu’il déclare dans le dernier inf’Auxonne »

Jean-Marie : « Mais à propos, Philomène, vous a-t-on fait bon accueil dans notre cité ? »

Philomène : « À vrai dire, on n’en a pas eu l’occasion, car je suis là incognito, d’ailleurs je suis descendue à Villers-les-Pots, où j’eus jadis un pèlerinage et une chapelle. J’y’ai encore quelques adeptes et un petit pied-à-terre. »

Jean-Marie : « Un pied-à-terre au pays de la terre cuite, voilà qui n’est pas mal !»

Philomène : « Vous avez de l’esprit Jean-Marie, mais plus que la terre, ce sont les carottes qui sont cuites. Vous me voyez à présent dans la gêne et presque dans l’oubli. Les fours qui cuisaient à Villers des centaines de petites statuettes à mon image sont depuis longtemps éteints. Et puis avec l’aggiornamento, je n’ai même plus mon nom au calendrier, n’étant plus en franche odeur de sainteté depuis 1961.»

Le soir tombait, l’instant était mélancolique et pour comble de détresse un souffle de vent soudain rabattit sur les gradins un puissant relent de frites mêlé au brouhaha d’une foule en liesse, rythmé par le son des tambourins. Jean-Marie s’empressa de consoler Philomène.

Jean-Marie : « Ce sont des choses qui arrivent. Pendant un temps on a son petit royaume, sa petite cour et puis, sans trop savoir pourquoi, on se retrouve… tout nu… comment dire plus décemment… comme un évêque in partibus ! »

Mais Jean-Marie faisait fausse route car, contre toute attente, cette présence humaine bien tangible en haut des gradins semblait en fait réjouir Philomène.

Philomène : « Laissez tomber Jean-Marie avec vos partibus ! Et pourquoi pas le minibus pendant que vous y êtes, et aussi le frontibus et le nasibus ! Je ne suis pas ici pour entendre vos jérémiades, je suis venue pour affaires ! »

À suivre…

Ste Philomène accoste aux gradins du Vieux port

Ste Philomène accoste aux gradins du Vieux port

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 21 juillet 2016 (J+2773 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 5
18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 07:15

CE QUE TCHEKHOV ÉCRIVIT À NICE N’A PAS VIEILLI - du 18 JUILLET 2016 (J+2770 après le vote négatif fondateur)

Chacun(e) s’interroge aujourd’hui sur le terrible évènement du 14 juillet dernier à Nice. L’écrivain russe Anton Tchekhov (1860-1904) séjourna à plusieurs reprises à Nice, en raison notamment de la tuberculose dont il était atteint, et qui devait l’emporter. Au-delà des propos attrape-tout dont l’actualité présente est riche, cet écrivain-médecin, grand clinicien de l’âme humaine, pourrait peut-être aider notre réflexion sur les racines profondes du mal qui travaille nos sociétés.

En septembre 1897, crachant le sang, il arriva à la Pension russe de Nice pour y passer l’hiver. Il y écrivit en particulier une courte nouvelle « Le Pétchénègue », c’est-à-dire, le barbare. Les thèmes évoqués dans cette nouvelle – que nous venons de découvrir – nous semblent entrer en résonance avec une certaine barbarie de notre présent. Au-delà des slogans en prêt-à-porter et des indignations de circonstance, nous proposons donc à nos fidèles lecteurs/trices de la découvrir.

Lire le Pétchénègue de Tchekhov après Nice

Lire le Pétchénègue de Tchekhov après Nice

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juillet 2016 (J+2770 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Hommage
13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 07:06

PLUS FORT QU’UN PORTE-AVIONS, LE PORTE-PLUME - du 13 JUILLET 2016 (J+2765 après le vote négatif fondateur)

Inf’Auxonne N° 53 de juillet 2016 vient de paraître et selon notre bonne habitude, nous n’en avons pas manqué la lecture.

Comme le numéro 32 d’avril 2011, ce dernier numéro du journal de tous(tes) les Auxonnais(es) fait sa une sur la visite d’un ministre. Une question reste en suspens à ce propos : avant son départ, Monsieur le Ministre Jean-Yves Le Driant a-t-il bénéficié ou non comme ses prédécesseurs, Monsieur François Fillon et Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, de l’hommage d’un sac d’oignons ?

http://www.dailymotion.com/video/xhwfkq_visite-de-francois-fillon_news

Comme vous l’aurez constaté dans la vidéo, il est possible de penser que c’est autour d’un oignon qu’ « Auxonne prend le virage du XXIe siècle », pour reprendre l’expression de notre premier magistrat dans son éditorial.

À propos de cet éditorial, il peut être permis de penser que la visite du Ministre de la Défense n’est pas étrangère au ton martial qui transparaît, çà-et-là, dans quelques passages. On a même droit à la « marche forcée », manœuvre chère au chef de la Grande Armée, dont le glorieux couvre-chef craint de languir encore bien des années avant de retrouver son public.

Ce ton martial sera d’ailleurs repris plus loin, et sur un mode offensif, dans la prose du dévoué « porte-plume » de notre premier magistrat, « porte-plume » qui donne libre cours à son ire indignée dans la « Tribune libre ». Comme me soufflait Claudi en lisant cette prose filandreuse : « Scrongneugneu ! Je ne veux voir qu’une tête ! On n’en sort pas de Courteline ! »

C’est que visiblement, il y a de la joute dans l’air. De la joute politique. Nous voilà embarqués en campagne ! Les Auxonnais(es) sont ainsi avertis que l’équipe municipale majoritaire est « une équipe représentative de la population Auxonnaise, pas une équipe de bobos… » (page 2). Cela, les Auxonnais(es), qui ne sont pas tous des gogos, le savaient déjà, surtout ceux qui ont lus les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot, pas toujours tendres pour les bobos, mais qui reconnaissent quand même à ces bobos d’être « une population plutôt jeune, diplômée, travaillant dans les secteurs créatifs ». Y’a pas photo !

On apprend plus loin que le « porte-plume » de Monsieur le maire est « exaspéré des propos de membres de l’opposition » et que notre premier magistrat « lui a laissé le loisir de s’exprimer » (page 3), car tel est mon bon plaisir ! Contre les renégats, le premier d’entre les Auxonnais va donc lâcher… son irascible « porte-plume », tout comme Luther lança son encrier contre le mur du château de la Wartbourg un jour que le diable le tourmentait. La tache se visite encore de nos jours ! Un musée de la colère en quelque sorte ! C’est qu’on a les musées qu’on peut, mon bon Monsieur !

Arrivons-en à la « Tribune libre » (page 11), négligeant au passage le fourrage gentillet et plutôt lénifiant de la brochure. C’est au paragraphe « Auxonne-Passionnément » que le « porte-plume » entre en scène. Son encre est des plus noires. C’est d’abord la presse locale (Le Bien Public dans son édition du 19 mai 2016) qui est tancée vertement « de donner la parole à l’opposition au sein du conseil municipal », plutôt que de « se préoccuper de nos projets, de nos réalisations ». Heureusement qu’il y a Inf’Auxonne pour ça ! Viennent ensuite quelques qualificatifs peu amènes caractérisant la démarche des deux opposants outrecuidants qui ont osé commettre l’article. Et tout cela vous est servi dans un vieux relent recuit de campagne de 2014 ! Bravo l’ouverture !

Dans cette arène verrouillée, bien gardée par notre premier magistrat et son « porte-plume » acéré, avouons qu’il faut aux opposants éventuels une âme bien trempée pour oser la ramener !

Visiblement, cette fois, on ne s’est pas bousculé au portillon, car monter sur le parapet de la tranchée n’est pas de tout repos, une bastos est vite attrapée ! Seul le groupe « Auxonne territoire d’Avenir » s’y est risqué. Reconnaissons que son allusion pleine d’onction à Monseigneur Gaillot est franchement délicieuse. Il y manque juste une petite pointe de latin. Plus précisément, Monseigneur Gaillot est évêque in partibus de Parténia et un évêque in partibus, c’est un évêque sans diocèse !

Voilà encore de quoi irriter le « porte-plume » inquisiteur ! Ce qui nous laisse préjuger de nouvelles joutes écrites pour demain.

Notre « porte-plume », pour finir, tacle l’un des opposants en soulignant la faiblesse de son argumentation selon laquelle « il aurait fallu développer l’emploi (tarte à la crème de toute opposition) ». Cette « tarte à la crème » de l’emploi n’a-t-elle pas été pourtant, et des années durant, en tête de gondole, non de l’opposition, mais de la majorité soucieuse de caser son hypermarché au Charmoy. Depuis, la Chantilly semble bien retombée et, sur le sujet, la « discrétion » est devenue la règle pour notre premier magistrat ainsi que pour son dévoué « porte-plume » !

Pour conclure, le bruit court dans les milieux autorisés que l’un des buts inavoués de la visite de notre ministre aurait été la découverte, non de l’oignon, qui n’est somme toute qu’un agent incapacitant léger, et encore, seulement à l’épluchage, mais bien du fameux « porte-plume », arme de guerre médiatique du XXIe siècle, doté d’une efficacité redoutable grâce à ses capacités rhétoriques imparables.

La vedette d'Eurosatory 2016 est de la revue

La vedette d'Eurosatory 2016 est de la revue

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 13 juillet 2016 (J+2765 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Revue de presse
10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 06:29

SUPPORTERS D’AUJOURD’HUI ET D’HIER - du 10 JUILLET 2016 (J+2762 après le vote négatif fondateur)

Voici venu le temps des supporters ! Klaxons et pétards dans la nuit chaude, drapeaux aux portières de voitures. Comme en prélude au 14 juillet officiel, voici venu le temps des nuits en tricolore !

Que le bon citoyen se rassure cependant, si quelques dégâts ne sont pas à écarter, aucune Bastille n’est menacée, surtout pas celle de la finance, et José Manuel Barroso, ce petit monsieur très propre sur lui, cet européen convaincu, veillera aux intérêts de Goldman Sachs ! Que le bon citoyen se rassure encore, aucune nuit du 4 août n’est à craindre, aucune abolition des privilèges n’est à redouter, dormez tranquilles contrats juteux, pantouflages lucratifs et parachutes dorés, indemnités de complaisance ! Tout le monde y trouvera son compte, et notre Président en premier ! Panem et circenses !

D’ailleurs d’ici là, les drapeaux auront été remisés, à part pour quelques incorrigibles qui ont pris désormais l’habitude de s’en draper à bon compte et à longueur d’année !

Le Bien Public d’hier 9 juillet titrait en page 3 : «Vous étiez tous derrière les Bleus ». Après un titre aussi unanimiste et racoleur, qui oserait avouer qu’il n’y était pas, « derrière les Bleus », qu’il avait mieux à faire dans une compagnie plus choisie, plus intime et moins grégaire, celle d’une personne chère, d’un bon livre, ou simplement de son chat. Oser avouer cela, pourrait bien vous conduire à la vindicte publique, voire à l’ostracisme !

C’est que la ferveur populaire, orchestrée qu’elle est par la PQL et autres médias, semble unanime et qu’elle s’impose ! La légende d’une photo, toujours en page 3 dans Le Bien Public d’hier 9 juillet, annonce ainsi « près de 1000 personnes en effervescence » au rond-point de la Poste à Auxonne. « 1000 personnes en effervescence » ! Selon la police ou les syndicats ? « 1000 personnes en effervescence » ! Avouez que ça fait tout de même du monde au mètre carré !

Il est vrai que le rond-point de la Poste à Auxonne, c’est quèqu’chose ! Dali avait immortalisé la gare de Perpignan, il fallait, à Auxonne, un artiste pour immortaliser le rond-point de la Poste. Les curieux(ses) trouveront un échantillon du monument littéraire érigé à la gloire architecturale du rond-point de la Poste dans un de nos précédents articles :

FIGARO CI, FIGARO LÀ ! - du 08 FÉVRIER 2016

Poursuivons la lecture de notre BP d’hier. En page 15, une photo nocturne montre des supporters enthousiastes. Sur le flanc de leur voiture on peut lire : « ALLER LES BLEU EN FINAL [sic]». Pas mal ! La légende de la photo précise : « Le rond-point de la Poste à Auxonne a été envahi par des supporters déchaînés ».

Comme le précise l’article « le petit pont en bois du décor des lavandières » était au centre de la liesse. Liesse et fraternisation car, toujours selon l’article, « les Auxonnais sont descendus dans la rue pour laisser éclater leur joie, vite rejoints par des groupes de Portugais ». Ce soir sans doute, sur « le petit pont en bois du décor des lavandières » on lavera le linge sale en famille.

https://www.youtube.com/watch?v=a6xW_houRpY

Au fait, fidèles lecteurs/trices, je viens de vous présenter les supporters d’aujourd’hui et leur talentueux thuriféraire local, mais je sens maintenant que vous allez me dire : « Où sont passés les supporters d’hier ? ».

Nous y arrivons, rassurez-vous, je ferai court. Le 27 septembre 2009, les tee-shirts verts de l’UCIAA, réunis au rond-point de la Poste disaient « NON à LECLERC ». Le magazine NOTIN N°2 de décembre 2009 en rendit compte en page 65. Il semble bien cependant, que du côté de la rédaction du dit magazine, les supporters, mous du genou, ne se soient pas franchement bousculés ! Ce n’était pas « Allez les Verts ! ». On pensait sans doute déjà à une autre campagne de pub !

DIGNE HÉRITIÈRE DU BLOC NOTE, VOICI L’HYPER PUB À BLOC ET EN BLOC - du 14 JANVIER 2016

Supporters au rond-point de la poste 2009-2016

Supporters au rond-point de la poste 2009-2016

Extrait de NOTIN N°2 décembre 2009 p. 65

Extrait de NOTIN N°2 décembre 2009 p. 65

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 10 juillet 2016 (J+2762 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Revue de presse
8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:19

AU VIEUX PORT, ARLETTE A BIEN DESCENDU LES GRADINS - du 08 JUILLET 2016 (J+2760 après le vote négatif fondateur)

J’aime les gradins de notre vieux port, au bas desquels jadis j’appris à nager sous la férule d’Henri Berger. Apprendre à nager, c’est vital et je dois une reconnaissance éternelle à mon maître-nageur et aux gradins.

C’est pourquoi je m’attache à placer ces gradins dans la perspective mondiale qu’ils méritent. Globalisation oblige ! L’un de nos précédents articles les faisait ainsi rencontrer le célèbre escalier Richelieu d’Odessa, immortalisé par le film d’Eisenstein Le Cuirassé Potemkine.

UN (HYPER)MARCHÉ PLEIN DE PROMESSES - du 27 JUIN 2016

Aujourd’hui, quittant l’année révolutionnaire 1905 (1905, tiens c’est la date que porte aussi le petit pont de pierre sur le bief de la Vigne, entre le Port royal et les Puits !) et les mutins de la Mer Noire, c’est dans le Paris de 1933 que nous nous rendrons pour la promotion de nos gradins.

Comme nous l’avons déjà précisé, nos gradins nés en 1852 sont au nombre 18. 18, c’était aussi le nombre de ceux du célèbre grand escalier Dorian du Casino de Paris qu’immortalisa la « descente » de Cécile Sorel en 1933. Un évènement plus réjouissant que ce qui se passait dans le même temps à Berlin !

Lors de la première de la revue Vive Paris, dans laquelle elle interprétait Célimène, la célèbre actrice, qui n’avait plus alors 18 ans, mais 60, descendit malgré tout avec brio les 18 gradins. Ce soir-là, la célèbre Mistinguett, « gloire du Music-hall », était à l'avant scène Arrivée en bas sans encombre et visiblement ravie de sa belle descente, Cécile Sorel lança à l’adresse de la Miss son fameux : « L'ai-je bien descendu ? ».

https://www.youtube.com/watch?v=wmQ_DY3aV9U

Réunissant aujourd’hui, dans un grand écart, l’escalier Richelieu d’Odessa et le grand escalier Dorian du Casino de Paris Claudi revient à nos non moins célèbres gradins pour y mettre en scène la descente de nos deux impayables héros OUIOUIstes, Arlette et Gaston…

Après la montée au Charmoy, descente des gradins pour Arlette et Gaston

Après la montée au Charmoy, descente des gradins pour Arlette et Gaston

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 08 juillet 2016 (J+2760 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Figures libres