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  • Claude Speranza, Auxonnais
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 07:35

CHARMOY-CITY : PROJETS D’HYPER ET D’AUJOURD’HUI - du 9 décembre 2016 (J+2914 après le vote négatif fondateur)

      Un ouvrage illustré paru récemment et réalisé par une association locale porte le titre suivant : « AUXONNE VOYAGE DANS LE TEMPS Balade dans les rues commerçantes ». Une iconographie abondante y témoigne au passé de l’activité commerciale et artisanale intense de notre « centre-bourg ».

      C’est que notre « centre-bourg » vivait tout simplement du temps que l’on ne plantait pas encore des hypermarchés dans les champs, et point n’était besoin alors de le revitaliser.

CHARMOY : QUE SONT LES VERTS MAÏS DEVENUS ? - du 02 SEPTEMBRE 2014

      Petite parenthèse, notre « balade » dans les pages de l’ouvrage nous a conduit en page 63, rue d’Heidesheim, à faire cette curieuse découverte : « Le musée Bonaparte un temps installé dans ce bâtiment [N.D.L.R. l’actuel Trésor public] fut transféré dans les locaux du château en 2013 ». Nous ajoutons : avec le prestigieux chapeau sans doute !

« QUAND ON NE CHERCHE PAS LE CHAPEAU, ON  LIT LES JOURNAUX » - du 05  Septembre 2016

      Ne soyons pas injuste, pour n’être pas parfait, l’ouvrage n’en est pas moins utile et présente l’avantage, à la différence du musée, d’être un projet abouti, et de porter témoignage.

    Nous partageons d’ailleurs cette même ambition de témoigner pour la postérité et notre blog n’est jamais qu’un épilogue mélancolique à cette nostalgique « balade dans les rues commerçantes ».

    En effet, le présent article, « Charmoy-City : projets d’hyper et d’aujourd’hui » témoigne d’hier à aujourd’hui de l’évolution des projets à Charmoy-City : naguère projet d’hyper de notre maire au Charmoy et, à présent, projet de redynamisation du « centre-bourg » !

     « Voilà pour sûr, ce qui s’appelle mettre la charrue avant les bœufs ! » aurait jugé avec bon sens le maquignon le moins averti de nos vieilles foires du lundi ! Il est vrai que le brave homme n’était pas expert en développement et qu’il n’avait pas lu Schumpeter et sa « destruction créatrice » !

      Le plus récent des deux projets vient d’ouvrir sa maison au 22 de la rue Thiers. On y pendait récemment la crémaillère. Si l’ouvrage « AUXONNE VOYAGE DANS LE TEMPS Balade dans les rues commerçantes » s’ouvre sur la rue Thiers, le caractère trop récent de l’évènement ne permettra pas cependant à ses lecteurs nostalgiques d’y découvrir  « La maison du Projet », tout au plus ses prédécesseurs, boulangers et,  dernièrement, sympathique fleuriste.

https://www.youtube.com/watch?v=c_qI0wUbyDU

     Par bonheur, Le Bien Public du 18 novembre dernier a rendu compte de l’évènement sous le titre   « AUXONNE CENTRE-BOURG La revitalisation prend forme ».

      L’article précise en particulier : « Nathalie Roussel, adjointe à l’urbanisme et au développement, ajoute : « Pousser la porte d’une boutique est plus facile que de pousser la porte de la mairie [N.D.L.R. : pourquoi, elle est coincée ? Alors il faudrait voir les services techniques]. Nous avons choisi la rue Thiers pour lui donner un peu de dynamisme et relancer l’animation commerciale »

       Certes le 22 rue Thiers fut jadis une boulangerie qui fleurait bon le pain, mais de nos jours l’homme ne vit pas que de pain, il lui faut encore, surtout en période électorale, des projets croustillants et bien cuits !

    « Pousser la porte d’une boutique est plus facile que de pousser la porte de la mairie ». Est-ce bien évident pour tout le monde, et en premier lieu pour notre premier édile ?

       Il est vrai que l’un de ses écrits, et non des moindres, semblerait plaider en sa faveur :

     « Je vais, comme il se doit, remercier nos annonceurs. Grâce à eux, vous avez une nouvelle fois cet agenda entre les mains. Ils font un effort financier. Sachez les en remercier en prenant le temps de pousser la porte de ces commerces. Vous ne sortirez pas sans vous être allégé de quelques billets Vous contribuerez ainsi au dynamisme de la ville. Sans grand discours, vous aurez développé l’économie locale. Vos billets s’ajouteront à beaucoup d’autres et permettront à nos commerçants de vivre ».

        Voici, mot pour mot, ce que notre maire écrivait dans son édito ouvrant l’Agenda AUXONNE 2016 ! Pour peu que l’exemple vienne d’en haut et que la mise en acte suive la bonne intention, on est sûr que la redynamisation est en marche et que « la revitalisation prend forme » !

        Au fait, tout comme le musée, la Maison du Projet a changé de place. En 2010, elle était sur la place. Claudi vous en livre en exclusivité une vue inédite et introuvable même chez Delcampe…pour prolonger votre balade mélancolique dans les ex-rues commerçantes…

      Au cours de cette balade, peut-être aurez-vous la chance de rencontrer Monsieur le Maire poussant la porte d’un vrai  petit commerce indépendant new-look… au 22 rue Thiers par exemple, ou bien encore au numéro 1 de la même rue !!

    Dernière minute : Nous découvrons ce matin, en consultant le site officiel de la Ville d’Auxonne, ce titre du Bien Public d’aujourd’hui : « Auxonne : des ambitions à la présidence ». Au-dessous de ce titre, la photo bon enfant et souriante de l’actuel Président de la communauté de communes d’Auxonne Val de Saône, le Président déclaré de la fusion « en douceur ».

CHARMOY-CITY : L’ART DE FONDRE EN DOUCEUR - du 6 décembre 2016

     Nous prendrons connaissance ultérieurement de l’article sur l’exemplaire papier, mais en attendant, nous confessons être rassuré, car nous étions resté sur notre faim à la lecture  de l’article d’hier 8 décembre paru dans le même journal  et titré : « AUXONNE INTERCOMMUNALITÉ Déchets : redevance incitative à la baisse »

     Comme quoi la Comcom, ce n’est pas que la gestion des déchets, mais le lieu plutôt clos de luttes d’influence et de l’exercice d’une démocratie très indirecte à la mode des sénateurs !

      Si le tri des déchets est salutaire, pour le citoyen moyen, le tri des présidents de Comcom, surtout en période de fusion en douceur, cela semble être une autre affaire !

Charmoy-City, la maison du projet

Charmoy-City, la maison du projet

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 9 décembre 2016  (J+2914 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Recensions

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Recension
6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 00:00

DE HOUELLEBECQ  EN  CHARMOY (2) - du 6 FÉVRIER 2015 (J+2242 après le vote négatif fondateur)

     Le thème houellebecquien du supermarché comme métaphore du monde moderne nous avait conduit, il y a quelque temps avec l’auteur, jusque sur les hauteurs du Charmoy. Nous l’avions laissé là-haut en grande conversation avec l’une de ses admiratrices inattendues : notre petite lapine du Charmoy !

DE HOUELLEBECQ  EN CHARMOY (1) - du 31 JANVIER 2015

Avant de l’y retrouver, permettez-nous une petite digression philosophico-littéraire.

      Un observateur attentif a pu noter que le maître, s’adressant à la petite lapine, serrait sur son cœur un auteur qui lui est cher : le philosophe Arthur Schopenhauer (1788-1860). Paraphrasant le titre du grand livre du philosophe, Le Monde comme Volonté et comme Représentation, notre auteur en vogue avait  intitulé l’un de ses  textes parmi les plus courts  Le Monde comme Supermarché et comme Dérision. Il a d’ailleurs reçu en mars 2004 à Murcia (Espagne) le Prix Schopenhauer pour son œuvre.

    Et  voilà que même jusque dans nos profondes provinces, Schopenhauer semble à présent nourrir les réflexions les plus variées. À preuve, nous avions relevé récemment ce titre schopenhauerien dans un gratuit local : « Auxonne : le patrimoine comme atout et comme tracas »  (HEBDO 39 N° 136 du 24 novembre).

 

 LE CHARMOY COMME ATOUT ET COMME TRACAS - du 26 NOVEMBRE 2014

 

   Depuis un siècle et demi, ce vieil Arthur, tout comme son émule ombrageux Nietzsche,  a été mis à toutes les sauces. Si peu le lisent vraiment, il est toujours de bon ton de le citer. C’est Maupassant qui a lancé la mode, et Houellebecq la continue ! En 1888, déjà, Jean Lorrain, grand noceur « pédérastique » devant l’Éternel et auteur sulfureux s’insurgeait contre cette manie avec vigueur en fustigeant les « schopenhauerdeurs » dans L’Évènement du 20 septembre : voilà assez longtemps qu’on nous « enschopenhauerde » ! (Cf. J. Salem, La raison dévoilée : études schopenhaueriennes, Vrin, 2005, p. 176). Il ne pouvait pas mieux dire ! 

     Plutôt que d’ajouter une citation, je préfère à présent prendre quelques libertés avec ma ligne éditoriale pour vous conter en quelques mots ma rencontre avec Arthur. C’est mon professeur de philo au Lycée d’Auxonne (il aurait eu cent ans cette année) qui en parlait dans ses digressions, car Arthur n’était pas au programme. J’ai vite compris que comme Arthur, et comme mon professeur je n’avais pas une très grande foi dans les vertus du progrès matérialiste que je voyais flamber autour de moi, au grand feu des Trente glorieuses.

      J’adhérais donc déjà pleinement à cette phrase que m’écrivit un jour mon ancien maître il y a près de cinquante ans, quand nous luttions au coude à coude pour empêcher un autre maire « visionnaire » et « moderniste » de transformer l’Arsenal en cité HLM  : « Notre monde est une caricature d’Amérique où l’on prend la vie en dégoût ». Houellebecquienne avant l’heure, cette phrase… De mes conversations avec mes camarades sur le sujet, je ne retiens pourtant qu’une plaisanterie sur le nom du philosophe : « Tu nous les casse avec ton « Chopine à l’heure » ». Ils faisaient du Jean Lorrain sans le savoir !

     Fermons la parenthèse schopenhauerienne et revenons à Houellebecq et au Charmoy. Si un détail éditorial sépare les deux auteurs,  c’est bien la différence d’échelle de leurs succès en librairie. Arthur de son vivant, se vendait très mal, le pilon étant son meilleur client, tel n’est pas le cas de Michel…

      C’est ce que confirme du moins cet extrait d’un article du point daté du 25 février 2011 et intitulé       

« Houellebecq au supermarché dans le 13e arrondissement de Paris »

"C'est pas mal un supermarché, je m'y sens à l'aise. Et c'est bien d'acheter son escalope en même temps que le dernier Houellebecq !", sourit le Goncourt 2010, invité vendredi de l'hypermarché Casino qui figure dans son roman "La carte et le territoire".

L'hypermarché, situé boulevard Vincent Auriol dans le 13e arrondissement de Paris, accueille aussi une petite exposition photo, "Le 13e de Michel Houellebecq".

Dans son dernier roman, lauréat du prestigieux prix Goncourt en novembre, l'un des personnages principaux du livre, Jed Martin, qui habite cet arrondissement entre Seine et Place d'Italie, décrit ce supermarché comme "le seul centre d'énergie perceptible, la seule proposition sociale susceptible de provoquer le désir, le bonheur, la joie"...

"A chaque fois que je viens à Paris, je descends à l'hôtel dans le 13e. J'aime ce quartier. Et puis, je suis définitivement classe moyenne, je n'ai pas envie de loger à Saint-Germain-des-Prés", dit Michel Houellebecq, assis à une table sur un petit podium installé par la radio Le Mouv' (Radio France), derrière les caisses du supermarché.

Des dizaines de badauds passant par hasard et des clients curieux venus faire leurs courses se mêlent à une petite foule d'admirateurs qui sont là pour entendre l'écrivain […] »

    De ces propos enthousiastes, Claudi s’est efforcé de tirer quelques conclusions graphiques selon lesquelles, visiblement, ce n’est décidément pas Houellebecq qui nous aidera dans la question du Charmoy !

     Les OUIOUIstes de juin 2010 l’ont bien compris qui clament déjà à la cantonade (non,  pas à la cantonale voyons !) : « Ah ! Vivre enfin de biftecq et de Houellebecq ! » et pour lesquels « le seul centre d'énergie perceptible, la seule proposition sociale susceptible de provoquer le désir, le bonheur, la joie » c’est bien l’hyper que leur maire s’efforce, « dans l’intérêt général »,  de leur offrir depuis 2242 jours  au Charmoy !

      Oui, comme aurait dit Jean Lorrain qui n’était pas une quiche en promo : 2242 jours, ça fait déjà une paye, qu’en croyant nous charmer, on nous encharmoyrde sur tous les tons !

Shoppinghauer au Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 6 février 2015  (J+2242 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 00:00

DE HOUELLEBECQ  EN CHARMOY (1) - du 31 JANVIER 2015 (J+2236 après le vote négatif fondateur)

     Avant de disparaître dans la fusillade du 7 janvier dernier, le sympathique mais atypique économiste Bernard Maris (qui signait Oncle Bernard à Charlie Hebdo) publiait, dans le dernier numéro du Charlie « d’avant » (N° 1177 du 7 janvier 2015),  une critique  du roman de Houellebecq, intitulé Soumission. Sur la première page de ce numéro 1177 figurait d’ailleurs une caricature gratinée du « Mage Houellebecq » par Luz.

     La critique de Bernard Maris, publiée à la rubrique « Zarzélettres », et intitulée « La conversion de Michel » justifie dans une certaine mesure l’appellation de « Mage Houellebecq » légendant, à la une, la caricature du « Mage Houellebecq » par Luz.

. Bernard Maris voit dans le roman Soumission, sur fond de scénario politico-religieux visionnaire entrecoupé de digressions philosophico-littéraires pertinentes et bien documentées, le parcours d’un quadra intello universitaire flapi et désabusé, la libido dans les chaussettes. Après une longue errance dans une quête vaine, notre dix-neuvièmiste, spécialiste de Huysmans, atteint, pour finir, par une conversion raisonnée, la perspective crédible d’un bonheur raisonnable, en ménage polygame, et dans un monde apaisé.

    Nous ajouterons pour notre part que, dans le roman, les plaisirs de la chair mais encore ceux de la bonne chère ne sont pas oubliés, et qu’entre micro-ondes, barbecue et canapé, les détails érotico-culinaires abondent, croustillants ou triviaux mais souvent pleins d’humour et up to date.

    Up to date, nous devons pourtant confesser ne pas vraiment l’être, car c’est le seul roman de Houellebecq que nous ayons lu pour l’instant ! Nous dirons donc, en bref, que les aperçus sociologiques sont bien vus et amusants, que l’uchronie politico-religieuse est hardie, en concluant, sans grand risque d’erreur, que des considérations sexuelles sans fard, détaillées et très réalistes  tiennent une place appréciable dans ce texte, comme, semble-t-il dans la plupart des autres!

      Nous ne pensons pas, pour autant, que ce versant incontournable de l’œuvre, puisse à lui seul expliquer le succès d’un auteur, dont la palette est, par ailleurs, large et variée. Ce n’est en tout cas pas celui qui nous inciterait à nous taper l’intégrale d’une œuvre déjà impressionnante !

    Confessons-le franchement, si nous sommes entré dans Houellebecq, c’est très tardivement avec l’aide quelque peu frauduleuse du « Houellebecq non autorisé » de Denis Demonpion, mais surtout  par la  petite entrée du livreur ouverte récemment par Bernard Maris dans son Houellebecq économiste (Flammarion, 2014). L’annonce de Bernard Maris est en effet plus que prometteuse : « lisant cet aspect économique de Michel Houellebecq que je vais vous dévoiler, vous saurez – mais ne le savez-vous pas au fond ? – que la glu qui freine vos pas, vous amollit, vous empêche de bouger et vous rend si triste et si tristement minable, est de nature économique » (p. 23). Plus que l’audience médiatique de Houellebecq, c’est cette promesse qui nous a poussé à rechercher dans l’œuvre du romancier à succès, le talent que l’économiste disparu lui reconnaît dans l’expression des « horreurs économiques » de notre temps.    

    Ce qui fait, en effet, l’originalité de l’écrivain Michel Houellebecq, toujours selon Bernard Maris c’est que « personne n’a surpris [comme lui] cette petite musique économique, ce fond sonore de supermarché qui, de ses notes lancinantes et fades, pollue notre existence » (p. 21)

   Citant Houellebecq dans La carte et le territoire, Bernard Maris note : « Il avait quelquefois l’hypermarché pour lui tout seul – ce qui lui semblait une assez bonne approximation du bonheur » ((p. 75).

    Le bonheur dans l’hypermarché, n’est-ce-pas notre sujet et ce que l’on nous a promis pour Auxonne, chers concitoyen(ne)s ? Et voilà le contrat de notre titre rempli. Partant de Houellebecq, et après un bref aperçu du versant économique de son œuvre selon Bernard Maris, nous  sommes revenu à notre Charmoy, lieu potentiel d’érection d’un hypermarché, qui ne semble pas, pour l’heure du moins, devoir être une érection précoce !!

      Voulant terminer sur un mode littéraire, nous avons choisi de rapprocher opportunément, pour conclure, un titre de Huysmans, auteur de prédilection du héros du dernier roman de Michel Houellebecq, et un titre déjà ancien de ce dernier :

       Sur le terrain, au Charmoy, l’« approximation du bonheur » semble « En rade » et nous en restons, pour l’instant, au stade de « Plateforme ».     

 Schopenhauer au Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 31 Janvier 2015  (J+2236 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 00:00

NOTES DE LECTURE ALIMENTAIRES - du 12 SEPTEMBRE 2014 (J+2095 après le vote négatif fondateur)

  

     Il est souvent fécond de renouveler les perspectives et d’aborder une œuvre ou une question sous un angle inattendu. Ainsi, l’ouvrage Houellebecq économiste (Flammarion) de Bernard Maris, récemment évoqué dans ce blog, offre une clé de lecture originale de « la glu économique » selon Houellebecq. Encouragé par cette tentative, et pour rester dans l’actualité, nous avons tenté une « lecture alimentaire » de l’ouvrage dernièrement paru  de Valérie Trierweiler, intitulé Merci pour ce moment.

     Précisons en préambule, que notre objet d’étude présent est évidemment sans commune mesure avec l’œuvre de Houellebecq. L’ouvrage « tête de gondole » a d’ailleurs suscité tollé et indignations dans le Landerneau de la bien-pensance, et certains libraires « engagés » sont allés jusqu’à s’en interdire la vente : c’est vrai qu’il n’avait pas l’imprimatur ! Il faut cependant rendre justice à son auteure et reconnaître, qu’en marge de ses règlements de compte assez mesquins – qui ne constitueront pas l’objet de notre propos – elle paie tout de même son tribut à la corporation écrivante en avouant son goût des livres en des termes passablement littéraires : « Je reconnaîtrais entre mille l’odeur de la poussière des livres qui ne sont pas sortis des rayonnages depuis des lustres. Elle est là, ma madeleine de Proust, il est là, mon parfum d’enfance » (p. 41).

    C’est par cette remémoration touchante, bien que convenue,  que l’alimentaire fait sa première irruption dans l’ouvrage, sous la forme littéraire  de la célèbre et incontournable « madeleine ». Un peu chochotte, d’ailleurs, cette « madeleine » pour une auteure « qui vient de « Monplais’ » dans la ZUP Nord d’Angers » (p. 110) et se remémore le goûter de son enfance, « casse-croûte de confiture ou de faux Nutella » (p. 107), ou le dîner de sa mère « s’assey[ant] cinq minutes pour avaler trois fois rien directement dans un Tupperware » (p. 108). Qu’elle semble loin des casse-dalle de « Monplais’ »,  la subtile « madeleine de Proust » !

      Il est parfois réellement douloureux de concilier, dans un grand écart, « casse-croûte […] de faux Nutella » et « madeleine de Proust », et nous nous garderons donc bien de plaisanter sur la citation suivante que fait l’auteure d’un ouvrage de Chantal Jaquet, intituléTransclasses ou la non-reproduction : « Quand on monte, il faut savoir rester soi et on a souvent mal aux autres » (p. 227). Pour l’auteure, de son propre aveu, cela ne s’est pas fait sans douleur : « Je l’ai pourtant brisé mon plafond de verre, le jour où j’ai foulé le tapis rouge. Si bien brisé que des milliers d’éclats m’ont tailladée au passage. » (p. 231). En résumé, trop sensible pour arriver ! Valérie, il vous aura manqué la vertu anesthésiante du froid cynisme et une touche de vrai bon ton !  N’est pas Rastignac qui veut ! Pour être Rastignac, il ne s’agit pas d’être « sans dents » (p. 229), il faut au contraire les avoir longues, très longues !

    Mais fermons cette petite parenthèse sincèrement compatissante pour en revenir à nos considérations alimentaires. L’aliment, en tant que matière, est peu présent dans l’ouvrage, il n’y a pas vraiment grand-chose à se mettre sous la dent, même si, par ailleurs, l’alimentation, au sens de rite social, y abonde en termes de « dîners » et de « déjeuners ». Les goûts alimentaires de l’auteure apparaissent simples. Dans le cadre familial, ce sont « des crêpes ou des gaufres » (p. 86) et « la viande de Jean-Jacques [son] boucher favori » (p. 211). Dans le cadre associatif du « Secours populaire », elle termine la journée avec les bénévoles « autour d’un vin rouge-saucisson » avant de dévorer avec son « équipe de l’Élysée », visiblement affamée « un menu camembert chaud-frites-andouille » (p. 282). Nous n’apprendrons rien de plus sur les mets de prédilection de Valérie et de ses proches. Elle ne nous confie même pas une recette !

   Notre quête « alimentaire » se révèle décidément bien peu fructueuse en ce qui concerne les plaisirs de la table ! Reste à parcourir le vaste rayon du commerce alimentaire, par ailleurs largement exploré dans notre blog, ce qui justifie d’ailleurs la présence ici de cette petite étude. Nous avons recherché, au premier chef, les occurrences dans l’ouvrage des rois du commerce alimentaire : « Supermarché » et « hypermarché », rangés tous deux, rappelons-le, selon la norme INSEE, NAF rév. 2, 2008, dans la classe 47.11 des « commerces de détails en magasin non spécialisé à prédominance alimentaire ».

   À propos de « supermarché », nous avons relevé deux occurrences (pp. 39 et 174). Malheureusement, ces occurrences, ne nous apprennent rien sur ce type de commerces et nous n’en dirons pas plus, car le mot « supermarché » s’insère incidemment et de façon anecdotique dans des confidences attristantes ou franchement funèbres. L’ « hypermarché », commerce de détail en magasin non spécialisé à prédominance alimentaire de surface de vente supérieure à 2500 m², est présent lui aussi, mais, cette fois, de façon plus concrète et révélatrice. L’auteure nous y apprend que son ex-compagnon « est capable d’acheter ses chemises et ses chaussures dans les hypermarchés » (p. 185). En revanche, on pourrait être en droit de conclure qu’il ne prise pas le contenu « alimentaire », pourtant essentiel, du caddie standard, puisqu’aux dires de l’auteure : il « ne mange pas mes fraises si elles ne sont pas des « garriguettes », ne goûte pas aux pommes de terre si elles ne proviennent pas de « Noirmoutier » et met directement à la poubelle la viande si elle est sous vide » (p. 184).

   À la lecture de ces indiscrétions, on peut imaginer sans peine le réel plaisir que le compagnon dut prendre à son initiation au discount, relatée par l’auteure en ces termes : « Il met une casquette et des lunettes de soleil et entre avec moi dans ces magasins discount où l’on achète des produits entreposés sur des palettes et dont la date de péremption est proche » (p. 184).

   Après ces travaux pratiques de terrain et ce dur contact avec les réalités plébéiennes, on rejoint heureusement le bon ton et la bonne tradition : « il aime s’occuper du jardin, faire le marché le dimanche et nous faisons ensuite honneur à la viande de Jean-Jacques, mon boucher favori depuis des années. Il l’est d’ailleurs toujours ! » (p. 211). En conclusion : vive les marchés, les vrais, et le petit commerce du coin ! Et merci, Cendrillon, pour ce filet mignon !

       Et le Charmoy, le Charmoy, dans tout cela, où-est-il ? Accros du Charmoy, pardonnez-moi, le Charmoy, comme dirait l’autre, il n’est pas vraiment là, mais l’imagination de Claudi a tenté pour vous de remédier à cette carence…. à prédominance alimentaire bien entendu !

     Il a pensé que dans quelques mois, nous aurions une inauguration et, qui sait, un hôte de marque, repartant, selon la tradition (et le bon ton) chargé d’oignons !

    Aujourd’hui, Valérie clame au rayon des librairies : « Merci pour ce moment », dans quelques mois, les bons « consommoyens» clameront en chœur et la bouche en cœur : « Merci pour ce monument ». Le promoteur glissera au porteur : « Merci encore pour la discrétion ! ». Et là-bas, tout en bas le Centre-bourg, désert sous ses cheminées branlantes ajoutera : « Et merci pour la désertification ! »

      À propos d’oignons, le lecteur curieux pourra relire avec profit notre précédent article  

UN HÉRITAGE AUX P’TITS OIGNONS  – du 6 août 2012

 

Merci pour ce monument

 C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 12 septembre 2014  (J+2095 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 00:00

ÉCONOMIE ET LITTÉRATURE - du 09 SEPTEMBRE 2014 (J+2092 après le vote négatif fondateur)

   « Les bonnes lectures étant constamment rares à Auxonne, ne manquez pas,  très prochainement, nos « notes de lecture  alimentaires » de l’ouvrage-évènement de Valérie Trierweiler ! »

    C’est sur cette note alléchante que nous concluions notre dernier article. Patience ! Nous travaillons, Claudi et moi-même à nos « notes de lecture  alimentaires », leur parution n’est pas encore pour aujourd’hui, mais elle est imminente ! Elle remédiera à la carence constante de bonnes lectures à Auxonne. Il est vrai que même nos édiles ne donnent pas l’exemple en la matière, majorité comme opposition d’ailleurs ! Si vous en doutez, allez voir vous-mêmes sur les  « réseaux sociaux ».  Là, que trouverez-vous ?

  Vous trouverez tantôt des clins d’œil nostalgiques et mouillés à une Picardie en cartes-postales (Chantecler a découvert une autre Somme : de vrais paysans picards devant le Leclerc de Salouël http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/2013/02/16/action-coup-de-poing-des-agriculteurs-au-leclerc-de-salouel-201171.html), et tantôt – après l’épisode printanier : « cheminées branlantes et  crottes de chien » – la litanie déprimante des misères recensées dans nos « salles communes », inventaire dont la précision circonstanciée pourrait faire pâlir d’envie un adjudant de casernement chevronné.

    Mais rassurez-vous cependant, cher(e)s lecteurs/trices, personne ne parle en détail, que ce soit d’ailleurs en bien ou en mal, du bétonnage irréversible qui s’accomplit sur les champs du Charmoy ; ou alors, si l’on en parle, ce doit être à voix basse et à mots couverts ! Vous comprendrez bien que nos élus  ne peuvent toucher aux dogmes de la croissance et de la concurrence ! Tu écrivais, Édouard, il y a 40 ans : « […] Le cycle infernal « Consommer pour produire, produire pour occuper les hommes » semblait engagé pour l’éternité. […] » [Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973]. Mon pauvre Édouard, ça dure encore ! Et si ça ne croît plus vraiment, ça ne fait qu’embellir !

      Édouard, vraiment, tu nous auras manqué, toi qui n’avais pas de ces timidités et de ces « discrétions », toi qui en avais, et qui n’avais pas ta plume dans ta poche pour  stigmatiser en ces termes le maire bétonneur de Brest « il ne peut tricher avec le soleil, ni donc avec la vie et ses allées macadamisées et ses tristes zones de jeux gravillonnés sont bien incapables de photosynthèse… » [Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973]

   Mais quittons ce Cher Édouard pour en  venir enfin à notre sujet d’aujourd’hui : « Économie et littérature ». Notre intention n’est pas, comme d’aucuns pourraient le penser à la lecture du titre, de traiter aujourd’hui de la vente des livres en grande surface ni même sur Amazon, et c’est bien plutôt la sortie récente en librairie d’un ouvrage original, analysant l’œuvre d’un écrivain contemporain célèbre au prisme de l’économie, qui nous a inspiré cet article. Sortons donc, pour une fois, en cette rentrée littéraire, des sentiers battus, et depuis peu macadamisés, du Charmoy !

      Dans un ouvrage intitulé Houellebecq économiste (Flammarion), Bernard Maris, économiste agrégé, Conseiller Général de la Banque de France et journaliste très médiatique nous promet un décryptage de « la glu économique » selon Houellebecq, en ces termes :

   « De même que, lisant Kafka, vous comprenez que votre monde est une prison et, lisant Orwell, que la nourriture que l’on y sert est un mensonge, lisant cet aspect économique de Houellebecq que je vais vous dévoiler, vous saurez – mais ne le savez-vous pas au fond ? – que la glu qui freine vos pas, vous amollit, vous empêche de bouger et vous rend si triste et si tristement minable, est de nature économique ». […] « La Possibilité d’une île, par exemple, offre cette épouvantable vision malthusienne d’un monde dévasté, post-capitaliste, où seule une minorité de nantis a le droit de survivre dans la Fin de l’histoire… »

       Prometteur ! Mais je dois vous avouer toutefois que si, comme tout le monde, je connais les titres de Houellebecq, je n’ai jamais pénétré très avant dans son œuvre, pas plus d’ailleurs que dans une école de commerce !

     Pour autant, le concept de « glu économique » me parle, comme il parle aussi à beaucoup de gens en ces temps où l’encens des politiques et la fumée des holocaustes en tous genres monte du grand temple de l’Économie néo-libérale qu’est devenu notre monde ! Et par les temps qui courent, il se pourrait même que France la douce soit en passe de devenir la fille-modèle de cette nouvelle église ! Le look Merkel a sans doute tapé dans l’œil de notre Président !

    Mais nous voilà bien loin du Charmoy me direz vous ! Car je n’ignore pas toutefois, que même si j’en ai peu, j’ai quand même quelques ouailles et quelques fans ! Et pour ces ouailles et pour ces fans,  le Charmoy et ses héros, c’est leur Derrick attendu et fidèle ! Je sais bien qu’ils/elles ne me pardonneraient pas de m’écarter trop du format habituel !

    Alors revenons au format, restreignons notre point de vue et notre champ de vision, et pensons maintenant « Charmoy et littérature », le Charmoy, après tout, c’est de l’économie, il y a des « picaillons » dans l’air ! Et la littérature, me direz-vous, où se trouve-t-elle ? Vous êtes tout simplement en train de la lire ! À l’heure où des auteurs auxonnais publient des livres aux titres fracassants, pourquoi craindrions-nous de qualifier ainsi notre modeste ouvrage ? Le simple fait qu’il ne dorme pas sur le rayon d’une librairie ou encore d’une bibliothèque sans bibliothécaire, ne suffit pas à lui interdire le nom de littérature !

     Et si je dois être un jour imprimé, que l’édition de tête soit sur papier maïs, en mémoire des verts maïs du Charmoy !   

« Que sont les verts maïs devenus ? Si tu pouvais voir Édouard, mon pauvre Édouard, toi qui vitupérait les « allées macadamisées et [les] tristes zones de jeux gravillonnés » du maire de Brest.  Édouard, mon pauvre Édouard, si tu pouvais voir les méfaits qu’on commet sous ton nom ! »

     Mais trêve de plaisanterie, d’ailleurs si mon propos est plaisant, ce n’est pas pour autant que je plaisante, écrire est un travail, un travail qui n’est pas sans danger, l’histoire de la littérature le démontre : s’il est peut-être « économiste », Houellebecq est plus sûrement dépressif. À l’heure où l’on parle tant d’Ukraine et de Russie, le nom de Nicolas Gogol nous revient. La lecture de son œuvre est plaisante et même  réjouissante par la peinture incisive, et surréaliste avant l’heure, qu’il donne de la société russe de son temps. Souvenons-nous quand même que ce cher Nicolas devait engloutir sa vie et sa santé dans sa dernière œuvre Les âmes mortes qu’il laissa inachevée,  finissant même par brûler le manuscrit de la partie finale !

     Et pourtant quel tableau que la première partie de ces Âmes mortes qui nous est seule authentiquement parvenue ! Tchitchikof, anti-héros obscur, sillonne dans sa troïka  une contrée rurale à la rencontre des propriétaires terriens pour y traiter…. de discrètes affaires. Chaque rencontre, chaque négociation, offre  à Gogol l’occasion de brosser une série de portraits triviaux ou tragi-comiques, révélateurs de la société malade de la province russe de l’époque. Mais me direz-vous : « Où nous mènes-tu en troïka Chantecler et quel rapport avec notre Charmoy ? ». À vrai dire, je ne sais pas bien et je ne vous répondrai pas, mais je suis bien sûr que ce rapport, vous serez assez grand(e)s pour le trouver vous-mêmes !

  Comme dirait l’autre, c’ Chantecler d’quouai don qui nous cause teûjo c’beuzenô-lai aiveû son Chairmouay ? Ce Chantecler, décidément, on va finir par croire que c’est un vrai gogol !

Troïka au Charmoy

 C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 09 septembre 2014  (J+2092 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 00:00

CHARMOY : QUE SONT LES VERTS MAÏS DEVENUS ? - du 02 SEPTEMBRE 2014 (J+2085 après le vote négatif fondateur)

   « Que sont les verts maïs devenus ? » C’est sous ce titre nostalgique, d’aucuns diront passéiste, que nous poursuivrons notre lecture inédite du Soleil de l’Ouest.

     Ouvrons Le Soleil de l’Ouest N°2 de Mai 1973. En première page, l’éditorial signé Édouard Leclerc décrit la longue genèse historique du paysage de bocage breton et s’indigne contre sa destruction et « l’acharnement du Génie Rural à remembrer en arasant les talus et les haies ». En conclusion, il interroge : « Va-t-on rendre le Finistère inhabitable pour les quelques pourcentages que reçoit Génie Rural pour l’arasement des talus au cours des remembrements ? Il est vrai qu’il faudra d’autres pourcentages pour les reconstruire. »

    Dans l’une des pages suivantes, sous le titre « L’homme peut-il encore choisir ? » et sous le pseudonyme transparent de Jean Corrégou, il acquiesce sans illusion naïve à la prise de conscience, nouvelle encore, en ce début des années 1970, de la nécessité de protéger l’environnement :

« Il y a quelques années, il était presque malvenu de parler d’humanisme […] malvenu de parler du devenir de l’homme rebaptisé « consommateur », comme de parler de la protection de la nature et du monde paysan, malvenu, en résumé, d’avoir d’autre souci que la rentabilité »

« […] Le cycle infernal « Consommer pour produire, produire pour occuper les hommes » semblait engagé pour l’éternité. […] Il ne manquait pas de place pour cela, une fois chassés les paysans ! Le besoin que les citadins ont de la campagne, mais on y avait pensé voyons ! et l’on avait ménagé quelques parcs, aménagé, plutôt, car on n’avait pas oublié que ce serait des « consommateurs » qui s’y promèneraient. Les grandes entreprises agricoles menées par des milliardaires…entreprenants, guettaient la succession, toutes prêtes à produire à coups d’engrais super-actifs, sous la protection d’insectisides [sic] de plus en plus « efficaces », cette viande, ces légumes, ces fruits qui, ainsi que l’écrivait un savant, il y a quelque temps font cher du litre d’eau ! »

  [ N.D.L.R. Nos « consommateurs » locaux, dont une association fut créée ad hoc et ex nihilo (déclaration en préfecture le 18 janvier 2010) pour booster le projet Charmoy, et ses promoteurs en difficulté, jugeront eux-mêmes en quelle grande estime, notre Breton tenait alors le vocable de « consommateurs ». Et, à propos de « cette viande […] qui [fait] cher du litre d’eau », que dirait Édouard Leclerc, s’il vivait encore en 2014 de la récente polémique de « la dinde à l’eau » ?]

« […] Lorsqu’autour de nous, il nous arrivait d’aborder ce sujet, que de sourires amusés nous répondaient, que de thèses hâtivement construites sur l’impossibilité de renverser la vapeur ! Il est vrai que nos arguments naissaient du seul bon sens, de cette réflexion parfois lente, mais si féconde, mais si sûre, qui caractérise le monde rural et celui des marins »

[ N.D.L.R. Notre Breton aurait été bien déçu, s’il avait pu connaître les « thèses » de représentants supposés du « monde rural », dans notre Conseil municipal, sur la question ! Tel qui selon son biographe, trayait les vaches à douze ans, favorise aujourd’hui le bétonnage de terres agricoles après en avoir assuré discrètement la « maîtrise foncière » aux promoteurs.  Mais notre Breton, comme nous, n’était pas dupe du discours des élus comme la suite va nous le démontrer.]

« […] le Maire de Brest, par exemple, peut mentir à ses administrés et leur affirmer que leur ville est la plus verdoyante de toutes (mais sans doute parle-t-il du Bois d’Amour et de la jolie campagne de la Cavale Blanche qu’il s’apprête à détruire ?), il ne peut tricher avec le soleil, ni donc avec la vie et ses allées macadamisées et ses tristes zones de jeux gravillonnés sont bien incapables de photosynthèse…À ceux qui comme nous, connaissent Rotterdam ou Kiel, il ose pourtant parler de « politique audacieuse des jardins et des espaces verts  [ N.D.L.R. : Combien de fleurs ?]. Nous aurons donc à nous méfier de ceux qui, méprisant l’homme en général, croient encore possible de lui mentir, de l’étourdir de bonnes paroles. »

    Vraiment ce Soleil de l’Ouest, il savait éclairer là où ça faisait mal ! Nous adhérons sans réserve à son héliothérapie prophylactique ! En cet été pourri, ses rayons nous réchauffent !

     Il y a quelques jours, dans cette fin de mois d’août diluvienne, je passais sur le Vieux Chemin de Dole au pied du chantier. La sombre plate-forme encaillassée  qui a remplacé le vert coteau de terre arable dégorgeait son eau boueuse dans les fossés alentour. Contemplant le triste spectacle – que des gogos et des badauds à courte vue « étourdis de bonnes paroles » viennent admirer je me suis alors dit :

    « Que sont les verts maïs devenus ? Si tu pouvais voir Édouard, mon pauvre Édouard, toi qui vitupérait les « allées macadamisées et [les] tristes zones de jeux gravillonnés » du maire de Brest.  Édouard, mon pauvre Édouard, si tu pouvais voir les méfaits qu’on commet sous ton nom ! »

Rappelons, pour finir, à nos fidèles lecteurs/trices l’un de nos précédents articles qui n’aurait pas fait tache dans Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973

NETTOYONS LA PUB DE LURE (3) – du 17 janvier 2014

 Que sont les verts maïs devenus

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 02 Septembre 2014  (J+2085 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 00:00

CELUI QUI AURAIT PU NOUS AIDER… - du 30 AOÛT 2014 (J+2082 après le vote négatif fondateur)

    Cher(e)s lecteurs/trices, comme elle a dû vous ennuyer ma « rhétorique alimentaire » du dernier article… pour peu que vous m’ayez lu jusqu’au bout, ce dont je doute ! Je dois cependant vous avouer que  j’aurais encore à y ajouter ! J’imagine votre moue ! D’accord, de cela nous reparlerons plus tard, si vous le voulez bien ! J’aurais trop peur de vous lasser, bien qu’en vérité je pense que le mal soit déjà fait et que, depuis longtemps, vous baillez à vous décrocher la mâchoire en me lisant – si tant est que vous ayez le courage de me lire encore – presqu’autant qu’en lisant Inf’Auxonne !   

     Je dois vous avouer que, devant le silence méprisant (ou gêné ?) des « cibles » de ma plume, devant l’écho trop confidentiel de mes travaux d’investigation, devant l’indolence désarmante de mes concitoyens, je me prends parfois à penser que je gâche mon encre. Mais cela ne dure jamais longtemps, car je trouve toujours mon réconfort dans la lecture de prédécesseurs illustres. Imaginez que, depuis peu,  j’ai même découvert un frère de plume inattendu, sinon à Auxonne, du moins en Bretagne ! En effet, une lecture attentive de quelques numéros du Soleil de l’Ouest, feuille polémique et décapante d’Édouard Leclerc, a suffi à me redonner du cœur à l’ouvrage.

      Merci Édouard !! (N.B. : dans tout cet article, et dans quelques suivants, il sera précisément question des textes écrits jadis dans Le Soleil de l’Ouest, sous sa signature ou sous un pseudonyme, par feu Édouard Leclerc, fondateur du mouvement éponyme, et en aucun cas des représentants actuels de ce mouvement).

    Quelques mots, tout d’abord, à propos du Soleil de l’Ouest. Il en est fait mention dans Wikipédia ainsi que dans la notice nécrologique « officielle » d’Édouard Leclerc en ces termes : « il lance, en 1973, un magazine, le Soleil de l’Ouest, diffusé dans la région brestoise ». Des journalistes ayant écrit sur le mouvement Leclerc qualifient ce magazine de « feuille de chou » (L. Chavane  dans Le phénomène Leclerc p. 31 ; F. Carluer-Lossouarn dans Leclerc : Enquête sur un système p. 122). Nous  avons consulté avec beaucoup d’intérêt la collection incomplète du dépôt légal de ce magazine conservée à la Bibliothèque de Rennes. Il s’agit certes d’une presse atypique et originale avec un caractère pamphlétaire marqué mais, à l’occasion, très roborative, une presse à laquelle le qualificatif de « feuille de chou » ne nous semble vraiment pas adapté ! Des « feuilles de chou » il y en a de pires, y compris de professionnelles !

        Qu’Édouard Leclerc ait été un précurseur original, de cela nous n’avons jamais douté et nous en témoignions déjà dans l’un de nos anciens articles, « Small is beautiful » du 28 février 2011, en ces termes : « […] J’étais écrivain bénévole et je me sens devenir commerçant improvisé, comme Papa, qu’enfant, je voyais en tablier bleu, le crayon sur l’oreille [ jusqu’au début des années 60, mon père était employé dans un commerce d’alimentation auxonnais]. Je dois avouer qu’il me revient maintenant qu’il admirait certain épicier de Landerneau. C’était dans les années 50, nous sortions à peine des tickets de rationnement et ce qui était une expérience novatrice n’était pas encore devenu un empire tutélaire ».

     Contre toute attente, et toutes proportions gardées, nous avons trouvé dans Le Soleil de l’Ouest un aîné inattendu de Chantecler, car Édouard Leclerc, avec quarante ans d’avance, aborde déjà précisément certains problèmes auxquels nous avons été confrontés dans notre Chantecler et il ne dédaigne pas, non plus, à l’occasion, d’illustrer ses propos acerbes de quelques croquis bien sentis et même de quelques vers !

  

   Ce sont les numéros 8 et 9, datés respectivement de novembre et décembre 1973, qui retiendrons aujourd’hui notre attention. Dans ces deux numéros, il est précisément question de Conseil Municipal, de délibération, de transcription de délibération, et d’interprétation de délibération…En Bretagne, bien entendu, dans la commune du RELECQ-KERHUON plus précisément.

     Dans le numéro 8 de son Soleil de l’Ouest, Édouard Leclerc s’interroge donc sur la présence alternative des termes « rénovation » ou « restructuration » dans divers documents émanant de la même mairie et relatifs à la même délibération du 17 mars 1972 (Tiens, tiens !! ça tombait aussi justement un 17, comme c’est bizarre !), documents dont il publie par ailleurs un large panel de photocopies.

   Il note : « Une erreur matérielle était excusable pour le commun des mortels, mais le Maire du Relecq-Kerhuon est aussi Président de l’Université de Brest et une telle erreur nous apparaît curieuse ». Monsieur  Édouard Leclerc ajoute : « Ces faits nous semblent d’une extrême gravité parce qu’à tout moment n’importe qui peut changer n’importe quoi ». C’est que les termes rénovation et restructuration n’impliquent pas du tout les mêmes suites administratives.

    Il s’interroge : « si les mots de rénovation  ou  restructuration n’avaient aucune importance, pourquoi les a-t-on substitués ? » et, portant des accusations plus graves, il note  que « la population ne pouvait découvrir une telle supercherie ». Décidément, feu Monsieur  Édouard Leclerc, sauf votre respect, comme cet horrible Chantecler, vous étiez un fieffé  pinailleur !

        Dans le numéro 9, l’importun persiste et signe, et fait même intervenir un huissier pour  constater. Toujours dans ce même numéro, Édouard Leclerc pulvérise aussi l’accusation rocambolesque qu’on lui a faite d’avoir été l’instigateur d’un plasticage de la Mairie de Brest survenu dans la nuit du 23 au 24 avril 1969. Le Soleil de l’Ouest, voilà du bon western ! Un western dont l’auteur se vit attribuer, dans Le Journal du dimanche du 3 février 1985, le qualificatif de « cow-boy mystique » (cité par Laurence Chavane dans Le phénomène Leclerc, Plon, 1986, p. 11).  Chapeau (de cow-boy) Monsieur Édouard Leclerc, en comparaison de votre Soleil de l’Ouest, notre Chantecler fait vraiment figure d’amateur timide et de père tranquille !

     Monsieur Édouard Leclerc, il est regrettable que vous nous ayez quitté trop tôt, car votre aide nous aura manqué, vous qui déclariez dans votre Soleil de l’Ouest : « Nos colonnes sont ouvertes à tous ceux qui auraient des problèmes avec l’Administration et nos politiciens ». Cette aide aurait pu nous être précieuse car le genre de questions qui, jadis, firent du bruit dans votre Landerneau, n’ont recueilli à présent dans notre Auxonne, que d’aucuns qualifièrent de « belle endormie », mais qui n’est au bout du compte qu’une « triste anesthésiée », aucun écho digne de ce nom !

 Soleil de l'Ouest sur le Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 Août 2014  (J+2082 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 00:00

HYPERS COMTOIS, NENNI, MA FOY ! - du 1er JUILLET 2014 (J+2022 après le vote négatif fondateur)

     La zone du Charmoy n’est pas la seule à bénéficier d’une clôture métallique, l’esplanade de la gare de Dole s’enclot dans le même genre d’écrin, dont la perle est un chaos désolant !

   C’est dans ce décor, sur fond de ciel plombé, lâchant à travers la pluie battante quelques méchantes rafales de grêle, que votre serviteur débarquait samedi dernier en fin d’après-midi. J’allais y faire l’emplette de l’opuscule de nos amis jurassiens, ceci, afin de tenir la promesse de recension annoncée dans un précédent article

 « TENDANCE JURA » - du 26 JUIN 2014 

      Esprits libres, c’est à vous que je m’adresse, vous qui préférez les réflexions alternatives aux entreprises de communication concertées et concoctées par les tandems promoteurs/porteurs. Vous n’avez pas compris de quoi je parle ? Alors relisez  Inf’auxonne N° 25 de mai 2009 (consultable sur http://www.auxonne.fr/telechargements ) qui  restera, avec la « consultation » du 27 juin 2010, ses cavalcades, et ses affiches luronnes, un modèle du genre.

       Pour mieux  mettre à nu les grosses ficelles de ce genre d’entreprises, il est bien entendu possible de puiser dans les archives de Chantecler mais, comme il est toujours préférable d’élargir son point de vue, je vous conseille plutôt la lecture de l’opuscule « Grandes surfaces – La folie des hypers gagne, le Jura y perd ! » par Stéphane Leng et Jean-Philippe Huelin, publié aux Éditions du Belvédère dans le cadre des travaux de la coopérative politique jurassienne « Tendance Jura » http://www.tendancejura.fr/ (en vente en librairie et dans les points-presse du Jura au prix de 6 €)    

      Entre deux averses et entre deux trains, je l’ai trouvé sans peine samedi dernier en fin d’après-midi à la Librairie de la Passerelle, rue de la Sous-Préfecture (03 84 72 88 53).

      L’intérêt de cet ouvrage pour un lecteur/trice auxonnais(e) non inconditionel(le) des hypers (ça existe ???) est d’offrir deux études critiques de cas concrets jurassiens comparables à notre affaire auxonnaise du Charmoy.  Se partageant également la cinquantaine de pages de l’opuscule, deux rédacteurs exposent, l’un le cas champagnolais, l’autre le cas lédonien. Dans les deux cas, on retrouve l’implantation d’un hypermarché LECLERC, effective depuis avril dernier à Champagnole et projetée sur la Zone du Rocher à Montmorot près de Lons-le Saunier. Logés à la même enseigne qu’Auxonne, Champagnole et Lons, offrent donc à l’observateur auxonnais des points de réflexion et de comparaison très précieux.

     Sous le titre « Champagnole, champion de France du mètre carré de grandes surfaces par habitant », Stéphane Leng, conseiller municipal d’opposition à Champagnole et membre du Collectif Citoyens expose le cas champagnolais. Nous avons déjà longuement évoqué et illustré divers aspects de ce cas dans notre blog, c’est pourquoi afin d’éviter d’inutiles redites, nous y renvoyons le lecteur/trice qui pourra aussi consulter utilement le blog du Collectif Citoyens dont Stéphane Leng est le président   collectifcitoyens.tumblr.com        

    Retenons au passage, dans le texte de Stéphane Leng, quelques sous-titres capables de stimuler la réflexion : « La loi moins forte que la grande distribution » ; « Le maire de Champagnole ou « le maire des grandes surfaces » ? » ; et pour finir « le combat continue… », note d’espoir qui diffère grandement de l’atmosphère capitularde et timorée, sans doute liée à l’usure, qui semblerait devoir investir Auxonne après l’échec des luttes actives du début.

     Par contraste, le cas lédonien exposé par Jean-Philippe Huelin sous le titre « Critique et contre-proposition pour le projet du Rocher dit « Ecoparc » nous est apparu plus enthousiasmant dans son caractère de commencement où rien n’est encore joué. Dès l’ouverture, l’auteur s’interroge sur l’opportunité du projet dont « il apparaît que la fonction commerciale est au cœur de celui-ci ». Traduisez donc Ecoparc par zone économique plutôt que par Parc écologique ! Derrière le projet, un nom d’enseigne s’avance  discrètement  qui « n’est jamais dévoilé publiquement ». Capito ? Comme par hasard un patron de deux établissements de cette enseigne à « Bourg-en-Bresse (Ain) et à Mézieux (Rhône) manifeste sa volonté, déjà ancienne, de s’installer à Montmorot ». Nos  lecteurs/trices auxonnais(es), en remplaçant d’eux/elles-mêmes  quelques noms,  auront la forte impression d’avoir déjà vu le film !

   Le décor est posé, reste au rédacteur à en entreprendre une critique objective. Les sous-titres des étapes de celle-ci suffiront à retrouver les arguments avancés dans le cas auxonnais, en premier lieu lors du fameux conseil municipal du 17 décembre 2008 jour du « vote négatif fondateur », puis dans le ronflant Inf’auxonne N° 25 de mai 2009, et pour finir lors de la consultation participatatatative (non il n’y a pas de coquille mon cher !) de juin 2010.

    Voici les premiers de ces sous titres : « Fausse urgence à agir », « Densité commerciale et concurrence », « Évasion commerciale, un argument qui fait pschitt… », « Réelles créations d’emploi ou bonneteau politicien ? », « Du flou sur la superficie, le coût et la maîtrise du projet », « Habillage vert »…

   La voie est tracée,  et pour saisir le caractère stéréotypé de la gamme d’arguments mis en avant par les porteurs de ce genre de projets (emploi, concurrence, évasion commerciale, intérêt du consommateur, respect de l’environnement) il suffit de relire en parallèle, crayon en main, le dossier auxonnais (mais qui l’a jamais lu attentivement ?) et tout s’éclaire.

      Dévoiler le caractère illusoire de ces miroirs aux alouettes  que les chasseurs de profits actionnent avec la complicité dévouée d’élus locaux, voilà une tâche ingrate sans doute, mais digne d’éventuels postulants à des fonctions électives futures, pour un avenir vraiment renouvelé, loin des schémas de développement éculés de la France pompidolienne ! Mais peut-être nous manque-t-il encore à Auxonne de dignes émules des auteurs comtois de cet opuscule intelligent et courageux, qui donne des raisons d’espérer dans le marasme ambiant du prêt à penser dicté par de prétendues lois de l’hypermarché ?

Aventures de Bleuette

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 1er juillet 2014  (J+2022 après le vote négatif fondateur)

 

 

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 00:00

LE CHARMOY SUR UN STRAPONTIN ? - du 25 avril 2014 (J+1955 après le vote négatif fondateur)

   L’ordre du jour de la convocation au Conseil municipal du 23 avril 2014 à 20h00 comportait le point particulier suivant qui a retenu mon attention :

« 24. Autorisation donnée au Maire de défendre les intérêts de la Ville devant toute juridiction dans l’affaire Gilles ROCHE c/ commune d’AUXONNE »

    Ce libellé un peu abscons sans doute pour le commun des mortels, était au contraire lumineux pour l’œil exercé d’un spécialiste du Charmoy et en tant que spécialiste autoproclamé du Charmoy,  nous ne pouvions nous permettre de manquer la séance du Conseil en question. Et ce ne sont pas les strapontins qui nous auraient fait changer d’avis !

   Pour les non initiés, les strapontins réservés au public dans l’allée latérale de la salle du conseil sont tout, sauf confortables, et hormis quelques géants aux tibias suffisamment longs, on s’y retrouve mal assis(e) le dos au mur et jambes ballantes à contempler les élu(e)s bien calé(e)s dans d’ergonomiques fauteuils.

    Ces strapontins, sans en avoir l’air, sont de petits engins de torture,  ils vous contraignent à glisser périodiquement vos fesses vers le bord du siège pour enfin toucher le sol du bout des pieds, mais c’est alors le coccyx qui pâtit et vous voilà entraîné, tout au long de la séance, dans un cycle d’alternances propre à accroître, non la démocratie, mais la clientèle des ostéopathes et autres chiropracteurs.

  Par bonheur, l’un des deux fauteuils charitablement destinés au public était encore libre et, échappant aux strapontins, j’ai pu, tout en suivant les débats, observer cliniquement, de profil  et avec compassion les tourments d’un « puni » des strapontins.

   Le journaliste du Bien Public, arrivé en cours de séance, n’a pas eu le loisir, quant à lui, de tester les strapontins. En effet, le président de séance lui a fait ostensiblement signe de pénétrer dans le « carré » des élus. Ce qu’il a fait prestement pour venir s’installer devant le « magnifique mur en pierre découvert par hasard », derrière le président, et  sous le regard tutélaire de Marianne enrubannée. Qui sait ? Il vaut peut-être mieux être bien assis pour écrire un bon article ? En tout cas la lecture du précédent article du même Nicolas Rouillard relatif au conseil communautaire de Villers, publié le 19 courant, était particulièrement instructive, j’attends donc son compte-rendu avec impatience, le mien n’étant tout au plus qu’un strapontin pour amateurs !   

    Quittons à présent les sièges pour la tribune.

    Le budget constituait le thème essentiel de la soirée et mes lecteurs comprendront bien que, relativement à ce chapitre, je leur conseille modestement de se reporter au procès-verbal de la séance ainsi qu’à leur quotidien habituel.

      Passons donc au point 24 de l’ordre du jour qui avait motivé notre visite. Si j’ai bien compris les explications données par notre premier magistrat, opportunément sollicité d’ailleurs par Monsieur Fabrice Vauchey à ce propos, nous sommes dans le cas de figure suivant :

      Un particulier, nommé dans l’intitulé, et riverain du chantier projeté, a exercé un recours contre le permis de construire délivré par la Mairie d’Auxonne le 23 décembre dernier à la Société BOUXDIS pour  la « construction d’un Hypermarché LECLERC et sa galerie marchande avec une partie drive et clôture ». À notre connaissance, cette information donnée par le Maire d’Auxonne, quatre mois jour pour jour après la signature du permis, constitue la première annonce publique de l’existence de ce recours.

    À travers les propos de notre premier magistrat dont nous rapportons le contenu en substance, ce recours porte sur des questions de forme (PLU…) sans exclure toutefois certaines questions de fond (nuisances induites par le chantier et/ou le projet). Il n’est pas suspensif, c’est-à-dire qu’il ne peut empêcher le promoteur de commencer les travaux. Cependant, toujours aux dires du maire, il semblerait que la Société BOUXDIS ait choisi d’attendre le règlement de ce problème juridique avant de donner le premier coup de pioche. Il est donc probable que le dossier du recours soit solide et qu’il « tienne debout ».  Il est permis encore de supposer que, pour diverses raisons conjoncturelles, la Société BOUXDIS ne soit pas particulièrement pressée d’ouvrir le chantier. En clair, le démarrage de ce chantier est suspendu pour un temps non précisé.

      Une autre rumeur court en ville selon laquelle LECLERC s’installerait à Dole dans un établissement déjà existant qui serait racheté. Cette rumeur nous semble peu fondée.

     On comprend mieux à présent la discrétion autour du projet lors de la campagne du mois dernier. Il est vrai que le montage initial du projet avait lui aussi commencé dans une discrétion remarquable et remarquée à tel point, que le promoteur, en avril 2009, s’était ainsi exprimé dans un courrier adressé au maire d’Auxonne : « A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet ». Cette « discrétion » fut certes éphémère, car, dans la suite, le projet devait connaître une publicité fracassante (voir Le Bien Public  du 26 mars 2009 titrant « Leclerc arrive avec 250 emplois d’ici 24 mois » et inf’Auxonne N° 25 de mai 2009). Et voilà qu’à présent, soit tout juste cinq ans après, il aborde une nouvelle phase de discrétion ! Sic transit…

      Pour en revenir à l’actualité et à notre conseil,  « autorisation [a été] donnée au Maire de défendre les intérêts de la Ville devant toute juridiction dans l’affaire Gilles ROCHE c/ commune d’AUXONNE » par un vote unanime des membres présents de la majorité. Les six membres de l’opposition se sont, quant à eux, judicieusement abstenus.

    En dépit de cette prudente réserve, on peut dire  qu’ils se sont montrés plus bienveillants à l’égard du projet que les membres de la majorité lors du vote négatif fondateur du 17 décembre 2008. En effet à la question « Etes vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? » la majorité, seule votante, avait clairement répondu NON. Il est vrai qu’une exégèse a posteriori et ex cathedra du premier magistrat sur le sens profond de ce vote avait changé prestement ce NON en OUI, sorti comme un lapin d’un chapeau ! (voir Le Bien Public  du 2 mars 2009)

    Quant aux abonnés des strapontins, oscillant entre coccyx talé ou jambes ballantes, gageons que plutôt que pour un Hyper, c’est pour un Conforama qu’ils voteraient des deux mains…si la parole leur était donnée !

   À quoi peut tenir un vote !

   Refusé en décembre 2008 lors du « vote négatif fondateur », élu dans un fauteuil (comme Bouteflika) lors de la consultation de juin 2010, le projet du Charmoy se retrouve donc aujourd’hui à la peine sur le strapontin des procédures, à moins, comme le prétendent déjà certains, que ce ne soit sur un siège éjectable ?      

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 25 avril 2014  (J+1955 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:00

LE SCOOP DU 26 MARS (BIS) - du 27 mars 2014 (J+1926 après le vote négatif fondateur)

     Le scoop du 26 mars 2014 s’est produit ce soir à la Colombière, en la Salle du Vannois. J’écris pour vous dans la nuit tranquille auxonnaise. Demain sera un autre jour, même si ce n’est pas encore le grand jour. Non ! Ne tremblez pas bonnes gens, je n’ai pas parlé du grand soir !

   En guise de grand soir, je me contenterai de vous relater, en bref, la soirée du 26 au Vannois. Elle fut grande, en son genre, cette soirée ! Les acteurs : la tribune d’abord  avec la liste « Auxonne-passionnément » sous la houlette de monsieur Raoul Langlois, l’assistance ensuite : une bonne centaine de personnes d’âge respectable en général, et peu suspectes d’animosité envers la tribune.

     Au premier rang, venu en famille, notre Docteur ; à leur droite, un ancien maire de droite. Le docteur n’a pas coiffé son casque de chantier, bien qu’au dos du trombinoscope de sa liste, à présent dissoute, on puisse lire : « Savez-vous que les plafonds de la salle Vannois (sic) risquent de s’écrouler ? ». Et pourtant, le docteur n’a pas de casque, le Docteur est un intrépide et un patriote !   

   Quand je lui fais remarquer le caractère imprudent autant qu’héroïque de sa visite sous ces lambris branlants, il tente vainement de me clouer le bec. À ses yeux je ne suis sans doute qu’un fâcheux et dangereux addict de ses discours (il emploie pour de bon le mot « addict ») lol j’en raffole ! Si je ne fais pas monter son score, je fais au moins monter son adrénaline, un fan s’en inquiète et me tacle « Ça a été professeur » ! On ne touche pas au bon Docteur !

    Malgré la présence de l’odieux trublion, le Docteur passera tout de même une bonne soirée. On le choie, on se congratule, on le cajole comme un enfant retrouvé après une fugue en mauvaise compagnie. C’est que le Docteur, digne et droit comme un I s’est attaché au mât de ses valeurs restant sourd au chant des sirènes gauchistes et transfuges. Ah ! le grand homme a écrit l’une de ses infirmières ! On fête Ulysse, revenu de sa périlleuse odyssée,on compte sur lui pour la suite ! N’est-ce-pas mon bon Docteur vous vous occuperez de nous, vos pilules nous redonnerons de la voix, pas besoin de vous faire une ordonnance !

   Lui qui a déclaré, solennel, n’être plus que le « spectateur de ce théâtre » s’en fait largement l’acteur en montant à la tribune pour expliquer son choix du refus de la fusion. C’est bien son droit ! Le choix d’un grand homme droit ! Dommage, qu’en dépit de l’urgence, il ait fait durer l’affaire jusqu’à plomber ses partenaires des deux autres listes en les mettant en position très délicate en raison des délais ! Après cette valse hésitation il peut crier au rapt et au kidnapping de sa liste et de ses voix tout à son aise !

    Les prétendus kidnappeurs restés bredouille sans le précieux bambin vont morfler ! Ils sont traités sans ménagement par le président de séance : socialistes (quelle horreur !), « transfuges,  supplétifs ambitieux à la recherche d’une place », ils ont scellé « l’alliance perdante du pauvre et du pauvre,  le mariage de la carpe et du lapin », le ménage contre-nature est « une Cour des miracles » !

   C’est cela ton scoop ! Tout juste un stéthoscoop ! Tu nous gruges Chantecler ! 

   Patience, mes braves ! J’y viens ! Alors qu’une adjointe vient juste de déclarer que les enfants des écoles ne payent que les crayons, l’assistance se lève comme une classe bien sage. Debout les crayons et les crayonnes ! Non ce n’est pas la  fin. Un évènement vient de se produire : Zorro est arrivé ! ou plus chic, pour ceux qui ont des lettres, venu de Dijon entre, superbe, Deus ex  machina ! Le généralissime est venu galvaniser ses troupes. Il ne tarit pas d’éloges sur les bienfaits du Conseil général en ces temps difficiles où planent tant de menaces sur la vie tranquille des bourgs bourguignons ! Pour taquiner un peu l’orateur, je lui fais remarquer lourdement l’absence du représentant local de la départementale institution. Il apprécie moyennement à vrai dire, j’ai alors droit au tutoiement et au « mon vieux ». Je lui fais remarquer que je ne suis pas son vieux. Décidément, j’emm… ! Anecdote pour finir, s’adressant au Docteur,  Monsieur le Ministre dit « qu’il préfère le voir dans la rue plutôt qu’à son chevet ». Petite phrase polysémique – non, je n’ai pas dit poliomyélite – qui signe l’humour et l’habileté de l’orateur !

     On l’a donc eu notre scoop, j’étais au bon endroit pour voir repasser le film  « Il faut sauvader le soldat Raoul ». Version allégée cette fois ! Si avec tout cela il n’est pas sauvé ! Quoiqu’en 2011…. Un détail pour les superstitieux, au cours de la réunion une affiche félone se détache et glisse mollement à terre dans un frou-frou. Mauvais présage ?

     Le grand tribun vient de partir, Les interventions des adjoints reprennent, on tente de nous démontrer que le maintien du 511 RT pourrait être menacé en terre socialiste : Rebsamen coupe les ailes de la BA 102 et, de concert, son émule fait le reste aux rives du Port Royal. Diantre ! Les socialistes ne sont pas parfaits, il s’en faut ! Mais l’écrémage de l’armée n’est tout de même pas leur apanage ! Pas vrai, Monsieur Chirac ?  Il est temps de quitter la salle, dehors l’air est vif, petite marche rapide vers le centre-ville. J’arrive à la salle des fêtes, la grand’messe (noire dirait-on au Vannois !) est terminée. Belle assistance paraît-il deux, trois cents…

 Greffe du coeur

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 mars 2014  (J+1926 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension