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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 00:00

INVESTISSEMENTS  D’HIER  ET  D’AUJOURD’HUI - du 16 AOÛT 2014 (J+2068 après le vote négatif fondateur)

   Comme chacun sait, Auxonne, place-forte jusqu’au décret de déclassement du 18 août 1895, fut investie à plusieurs reprises en 1478, 1586, 1814, 1815, 1871.

     En ce début de vingt-et-unième siècle, notre ville, qui a perdu son statut de place-forte et, en conséquence, une partie de ses remparts, n’est plus investie par des assiégeants en armes. Les investisseurs privés se contentent à présent de faire le siège de la mairie puis, avec l’aide discrète du premier magistrat, ils jettent leur dévolu sur quelques hectares de « glacis » bien placés. L’essentiel n’est-il pas en effet d’obtenir la « maîtrise foncière de la zone » ?

     C’est que la guerre des sièges a fait place à la guerre de la concurrence. Prussiens et coalisés en armes ont déserté la plaine, à présent ce sont les grandes enseignes qui, déployant leurs bannières, se disputent le territoire au nom d’idéaux relookés. Le mot d’ordre « Moins cher », slogan mobilisateur des masses consuméristes, a rencardé au musée drapeaux et vieilles devises guerrières.

  Un représentant du Groupe E. Leclerc déclarait ainsi : « Notre volonté, c’est de nous implanter à Auxonne pour y faire baisser les prix » (Le Bien Public du 13 janvier 2011 sous le titre « Oui à l’hyper, non au brico ! » Cahier local page 2).  « S’implanter à Auxonne pour y faire baisser les prix », comme ça, pour la beauté du geste et par philanthropie ? Ou pour y créer une nouvelle baronnie au profit d’un directeur à l’étroit dans son supermarché quelque part dans l’est ? Et le représentant d’ajouter : « On veut le conquérir [N.D.L.R.Chantecler : le marché local]  et aller titiller nos concurrents. Il y a tout de même une potentialité de 28 millions d’euros à prendre. »

    « On veut le conquérir » Tiens, tiens, l’investissement profitable des fonds privés rejoint ici l’investissement des places-fortes, car il a, lui aussi, un objectif de conquête : la conquête du marché : « 28 millions d’euros à prendre ». Passons, on entend cela tous les jours, on en a même les oreilles rebattues. Je préfère quant à moi La conquête du courage.  Mais laissons Stephen Crane et la Guerre de Sécession pour découvrir les héros intrépides et dévoués de cette nouvelle guerre des enseignes, les héros de notre temps, nos élus.

    Des héros, vous voulez rire ?! Que nenni, Monsieur ! Que nenni ! Dans  Le Bien Public du 12 octobre 2009 le même représentant du Groupe E. Leclerc ne déclarait-il pas à l’attention du maire d’Auxonne « audacieux de soutenir le projet » : « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu ». Ah ! « Grandeur et Servitude » de la fonction, « Grandeur et Servitude » mirlitaires (j’ai bien écrit mirlitaires comme mirliton) ! De l’audace, encore de l’audace mais surtout de la dis-cré-tion !  Pourquoi toute cette logomachie martiale quand le seul crépitement de la caisse enregistreuse a remplacé depuis belle lurette celui des mitrailleuses ?

     La première opération de l’ « investiture » d’une ville (on dit aujourd’hui investissement), consistait, selon Vauban, à « ouvrir la tranchée », opération qui devait permettre, par un long processus de terrassement, d’arriver, à couvert, jusqu’au pied des remparts. De nos jours,  le long cheminement du porteur du projet et de son promoteur-investisseur, armés de leurs dossiers, vers l’objectif du Charmoy, n’est pas sans rappeler la marche, nécessairement sinueuse de la tranchée d’approche.

       La comparaison est pertinente, à preuve, au Charmoy, sur le terrain, des travaux de terrassement ont commencé, on y voit même une tranchée de taille !

TRENCHY…CET ÉTÉ, DÉCOUVREZ LE CHARMOY COMME VOUS ÊTES-du 28 JUILLET 2014

      Youpiii !! Elles vont donc se concrétiser les promesses du représentant du Groupe E. Leclerc : « Désormais, il y aura la locomotive [N.D.L.R. : terme couramment utilisé dans le milieu pour désigner l’hyper « attrape-clients »] avec le gros supermarché et comme wagons, les boutiques de jouets de vêtements et de bazar » Le Bien Public du 13 janvier 2011, article « Oui à l’hyper, non au brico ! » cahier local page 2)  L’affaire est en marche !  On entend siffler le train !

   Mais trêve de plaisanterie ! Après tout, les métaphores conquérantes employées par le représentant du Groupe E. Leclerc, que nous avons cité à plusieurs reprises, ne sont peut être pas,  au bout du compte (compter en M€), si incongrues !

    Car tous ces travaux, tous ces investissements, sont sous-tendus par une véritable stratégie, financière, celle-là, il est vrai.

     La revue Au fait, dans son N° 6 de décembre 2013, intitulé « L’indécent système Leclerc », nous en offre un bon résumé dans son article « Des épiciers, non, des promoteurs immobiliers » :

     « Usines à cash aussi confortables que discrètes, les galeries commerciales représentent aussi un patrimoine considérable pour leurs propriétaires » « L’objectif est d’attirer, avec des prix au plus serré, un maximum de clients sur la zone. Cette fréquentation record justifie de réclamer des loyers élevés aux commerçants locataires ; là réside désormais la source de la prospérité du propriétaire. Au-delà des fournisseurs, sommés de pratiquer des prix-planchers, les commerçants du centre-ville sont les autres victimes collatérales de cette stratégie » (p. 36

 Investir hier aujourd'hui

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 Août 2014  (J+2068 après le vote négatif fondateur

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions