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  • Claude Speranza, Auxonnais
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 09:48

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (5) - du 17 septembre 2017 (J+3196 après le vote négatif fondateur)

    Nous sentons que nos lecteurs fanas-bonapartiens s’impatientent de nouveaux épisodes Revenons donc aux choses sérieuses en ce dimanche consacré au patrimoine et  cessons un instant de fustiger l’embrigadement de la jeunesse.

    Plus précisément d’une opération d’embrigadement rendue possible par la complicité de municipalités qui y trouvent leur compte et celle, parfois naïve, de certains enseignants.

    Affublée d’une livrée publicitaire, la jeunesse des écoles s’y trouve embarquée dans une opération de communication d’une utilité écologique improbable dont les principaux effets  seront de donner bonne conscience à ses promoteurs locaux et à ses acteurs grégaires, large audience à ses munificents sponsors, et de la copie à la PQL qui annoncera triomphalement, sous la photo édifiante, et presque au gramme près, le poids des déchets collectés !

     Voilà un concept de l’écocitoyenneté proprement affligeant !

CHARMOY-CITY : IL REVITALISE LE CENTRE-BOURG ET NOUS « NETTOYONS  LA NATURE » - du 14 septembre 2017

     Mais revenons aux choses sérieuses !

    Comme les « promenades » des Rêveries du promeneur solitaire de ce cher Jean-Jacques qui se promenait, lui, dans une vraie nature qu’il ne prétendait pas « nettoyer » avec un plumeau publicitaire, les épisodes de notre Promeneur Solitaire Corse seront au nombre de dix. Nous vous offrons aujourd’hui le cinquième.   

     Dans l’épisode précédent nous avions découvert un Bonaparte lecteur et travailleur intellectuel acharné. Il ne semble pourtant pas que l’on doive attribuer à l’air auxonnais cette soif d’apprendre, mais bien plutôt aux qualités personnelles du jeune Napoléon.

     De l’air auxonnais, de nos jours encore réputé humide, et qui l’était encore beaucoup plus il y a quelques siècles, lorsque la ville était cernée de zones marécageuses, le futur empereur se plaignait des miasmes.

     Dans une lettre à sa mère, datée du 12 janvier 1789, il écrit ainsi : *

     « Ma santé, qui est enfin rétablie, me permet de vous écrire longuement. Ce pays-ci est très malsain, à cause des marais qui l’entourent et de fréquents débordements de la rivière qui remplissent tous les fossés d’eau exhalant des vapeurs empestées. J’ai eu une fièvre continue pendant certains intervalles de temps et qui me laissait ensuite quatre jours de repos, venait m’assiéger de nouveau pendant tout autant de temps [N.D.L.R. : sans doute une des nombreuses formes de « fièvre intermittente » en honneur dans les nosographies de l’époque]. Cela m’a affaibli, m’a donné de longs délires et m’a fait souffrir une longue convalescence. […] »

    (Cité par  le Commandant Maurice Bois dans Napoléon Bonaparte  lieutenant d’artillerie à Auxonne, Paris, Flammarion, 1898, pp. 47-48. Le commandant Bois signale en note à ce propos que la situation perdure à son époque et qu’il espère beaucoup du comblement prochain des fossés !). Oui mais à présent tout va aller mieux puisqu’on va nettoyer la nature !

      Bonaparte, sans être hypocondriaque, était  donc très soucieux de sa santé et de son hygiène !

      S’il revenait parmi nous, il ne manquerait pas de militer pour l’ouverture d’une maison médicale.

     CHARMOY-CITY : UN DON AU MUSÉE DE LA MÉDICALE MAISON - du 25 août 2017

      Anachronisme médical diront les méchantes langues chargées !

       Anachronique ! Pas tant que ça ! Nous accuser d’anachronisme à ce propos serait injuste puisque le jeune Bonaparte lui-même, depuis « les montagnes de Corse où l'on se sert peu de médecin », donc «désert médical avant l’heure », n’hésite pas à consulter, par lettre envoyée sur le continent, l’un des plus célèbres médecins de l’époque.

     Ce médecin suisse, le Docteur Samuel Auguste Tissot (1728-1797), ami et médecin de Jean-Jacques Rousseau et de têtes couronnées, connaît une grande notoriété. Ses ouvrages (Avis au Peuple sur sa santé, L’Onanisme, De la santé des gens de lettres) connaissent un grand succès. Ils sont lus et traduits dans toute l’Europe.

     Un an environ avant de découvrir Auxonne, le 1er avril 1787, Bonaparte écrit donc d’Ajaccio une longue lettre au Docteur Tissot au sujet… de la goutte dont souffre son grand-oncle Lucien Bonaparte, archidiacre d’Ajaccio.

       Dans cette lettre, Bonaparte n’omet pas de conclure en passant sur sa propre santé et se dit « tourmenté d’une fièvre tierce » dont les accès justifieraient le peu de lisibilité de son « griffonnage » ! En Corse, comme à Auxonne, si l’on en croit du moins ses écrits, la santé du jeune Bonaparte n’était pas vraiment florissante !

     C’est à la moitié du premier séjour en Corse de Bonaparte (Septembre 1786-septembre 1787) que la lettre fut envoyée. Ce premier séjour concluait huit longues années passées sur le continent, dans les écoles militaires, d’Autun à Paris en passant par Brienne, et pour finir au régiment de la Fère à Valence.

    La lettre fut conservée, mais Tissot n’y répondit pas, se contentant de l’archiver avec la mention « Lettre non répondue, peu intéressante ».

     Une autre lettre, beaucoup plus actuelle cette dernière, semble récemment avoir connu le même sort…

LETTRE OUVERTE M.SPERANZA-MAIRE D’AUXONNE 25 JUIN 2017

     Il ne faut pourtant jamais désespérer. Un demi-siècle plus tard, Charles Eynard publiera la lettre de Bonaparte dans son ouvrage Essai sur la vie de Tissot, Lausanne, 1839.

Les curieux ne manqueront pas de prendre connaissance de la dizaine de pages que consacre Eynard à cet épisode médical de la vie du jeune Bonaparte. En  attendant d’en découvrir un autre plus tard !

 Flash dernière : Sous le titre « Une vue imprenable sur les toits de la ville d’Auxonne » Le Bien public d’aujourd’hui nous emmène encore une fois dans la spirale « incontournable » d’une montée à la Tour de l’église d’Auxonne.

       Le célèbre chapeau étant invisible depuis plus d’un lustre, on fait contre mauvaise fortune bon cœur, et on se console donc en admirant « les toits du centre-bourg [toujours] aussi pentus ». Comme disait André Gide : « Il faut suivre sa pente pourvu que ce soit en montant ».

CHARMOY-CITY, UN TOURISTE DANS NOTRE CIEL - du 30 juillet 2017

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 5 Pour la Santé des Corses

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 5 Pour la Santé des Corses

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 septembre 2017 (J+3196 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7
6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 09:05

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (4) - du 06 septembre 2017 (J+3185 après le vote négatif fondateur)

     Après une interruption due à une actualité locale captivante, nous reprenons notre série « BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse ».

     C’est un jeune Bonaparte studieux – rentrée oblige – que nous vous présenterons aujourd’hui.

     Dans notre siècle où la lecture et l’écriture de bonne tenue ont perdu beaucoup de leur prestige, la rage d’écrire et la soif de lecture du jeune Bonaparte paraîtront à nos lecteurs, et surtout aux siens, encore plus formidable !

      Mais attention ! Prétendre, de notre part, démontrer ce fait serait comme défoncer une porte depuis longtemps largement ouverte.

      Il y a plus d’un siècle, Frédéric Masson (Frédéric Masson et Guido Biagi, Napoléon manuscrits inédits (1786-1791), Paris, Ollendorf, 1914 [1ère édition Paris, Ollendorf, 1895]),  cité et repris par le Baron Joseph du Teil (Napoléon Bonaparte et les généraux du Teil, Paris, Picard, 1897 pp. 75 et 76) et le commandant Maurice Bois (Napoléon Bonaparte  lieutenant d’artillerie à Auxonne, Paris, Flammarion, 1898, pp. 45-47), publiait les manuscrits de jeunesse de Bonaparte.

     C’est environ 500 pages d’inédits du jeune Bonaparte, écrits essentiellement à Auxonne, que Frédéric Masson livrait ainsi au public dans son ouvrage.

     La lecture de ces notes manuscrites, dont la plupart sont des notes de lecture, permet au curieux de faire un bilan des nombreux ouvrages lus ou consultés par Bonaparte. Elle nous renseigne aussi sur les réflexions personnelles qu’il en tire. Le cadre de notre article est malheureusement trop étroit pour entrer dans le détail.

    On ne sera pas étonné de trouver dans ces manuscrits, des notes sur l’artillerie (40 pages), des notes et des écrits personnels sur la Corse (80 pages). De ces sujets spécifiques nous traiterons dans de prochains articles.

      Pour le reste, une majorité de notes sur des ouvrages et sujets historiques divers, dont près de 80 pages consacrées à l’Histoire nouvelle et impartiale d’Angleterre de Barrow, Paris, Costard, 1771-1773 (traduction française en 10 volumes) ainsi qu’à l’ébauche d’une nouvelle intitulée Le Comte d’Essex et inspirée à Bonaparte par le dernier volume de l’ouvrage.

     Frédéric Masson a le grand mérite de relier les notes aux ouvrages dont elles ont pu être  tirées, car Bonaparte cite rarement ses sources. À propos des Notes tirées de l’histoire du roi Frédéric II datées de décembre 1788, Masson écrit en note (Op.cit. p. 228) : « Je n’ai point retrouvé de quel ouvrage Napoléon avait pris ces notes ».

    En hommage à Masson nous nous permettrons d’indiquer qu’elles ont été très vraisemblablement tirées de Jean Charles Thibault de LAVAUX, Vie de Frédéric II Roi de Prusse, Strasbourg, Treuttel, 1787 (4 vol. in-12). Un passage du manuscrit que nous avons retrouvé identique dans l’ouvrage de Lavaux,  nous permet de l’affirmer : « son père lui avait laissé une population de 2.240.000 hommes, un revenu de 48.000.000 livres, un trésor de 80.000.000 l., une armée de 80.000 hommes » (Op.cit. p. 229) 

      Nous interromprons là, une énumération qui pourrait être fastidieuse, préférant relater en bref le destin rocambolesque des manuscrits de jeunesse de Bonaparte aujourd’hui conservés à  la Bibliothèque laurentienne de Florence en Italie. C’est encore Frédéric Masson qui nous inspirera ici (Op.cit. Introduction pp. I à X). 

    Après les Cent-Jours, en 1815, les manuscrits furent emportés à Rome, dans un carton scellé, par le Cardinal Fesch, oncle de Bonaparte, à qui celui-ci les avait confiés expressément. Souvenez-vous, c’est à ce même oncle que Bonaparte racontait en 1788 ses exploits au Polygone.

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (2) - du 30 août 2017

     Et le carton resta ainsi ficelé et scellé jusqu’à la mort du cardinal en 1839. Après ce décès, Masson rapporte que « son grand vicaire et futur biographe, l’abbé Lyonnet, s’empara du carton, ainsi que de quantité d’autres papiers, et rapporta son butin à Lyon ».

     En 1840, le prince Charles-Lucien Bonaparte se trouvant passer par Lyon, l’abbé Lyonnet « pris de tardifs scrupules », procéda à l’ouverture du carton en présence du prince. Ce dernier ne vit apparemment pas l’intérêt de ces papiers et notre abbé en garda la disposition.

    C’est alors que le bien-nommé Comte Libri, collectionneur célèbre et prédateur notoire, en fit l’acquisition auprès de l’abbé, au bénéfice  des pauvres.

      Par la suite, le Comte Libri  fera part de sa trouvaille, tout en en donnant des extraits, en 1842 dans la Revue des Deux-Mondes,  puis en 1843 dans l’Illustration.

     Masson écrit sans indulgence que par cette publicité notre Comte « visait à amorcer quelque amateur généreux auquel il vendît le plus cher possible les autographes ». Les curieux pourront lire aussi la version des faits du Comte Libri en page 38 du numéro 2 de 1843 de l’Illustration.

   Par la suite, le Comte vendit quelques cahiers originaux à divers acheteurs semble-t-il, mais pour l’essentiel en 1847 au comte d’Ashburnham, célèbre collectionneur et bibliophile anglais.

       Précisons que dans cette vente, les papiers de jeunesse de Bonaparte ne constituaient qu’une infime partie d’un ensemble prestigieux de manuscrits plus anciens, dérobés pour la plupart dans les bibliothèques françaises et italiennes par le Comte Libri.

     En 1884, le fils du comte d’Ashburnham vendait à l’Italie cette importante collection de manuscrits précieux. Dans cette vente pour 675.000 francs-or, les papiers de jeunesse de Bonaparte ne constituaient que le lot n° 1873 parmi près de 2000.

     Frédéric Masson avait suivi toute l’affaire. Pour finir, après avoir longuement étudié ces manuscrits en collaboration avec l’érudit italien Guido Biagi, il les publiait en 1895.

     Claudi a illustré le « versant anglais » de la passion studieuse du jeune Bonaparte. Rappelons qu’avant de devenir l’ennemi juré de « la perfide Albion » qui le lui rendit bien, Bonaparte  avait été d’abord l’admirateur de ses institutions et de sa littérature.

    Permettez-nous de penser que si Frédéric Masson vivait encore, ce curieux, dans le bon sens du terme, n’aurait sans doute pas dédaigné de jeter un œil sur une autre péripétie – actuelle cette dernière – de l’histoire de la mémoire de Napoléon Bonaparte. L’Histoire jugera !

ALBUM UN PSC POUR BONAPARTE- du 14 août 2017    

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 4   Parcours Studieux à la Caserne

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 4 Parcours Studieux à la Caserne

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 06 septembre 2017 (J+3185 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7
1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 07:13

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (3)  - du 1er septembre 2017 (J+3180 après le vote négatif fondateur)

       Nous avions laissé le lieutenant Bonaparte à ses ouvrages et expériences d’artillerie au polygone de Tillenay.

      Un petit mot d’abord sur ces « expériences d’artillerie » qui méritaient bien leur nom car il s’agissait d’y expérimenter un usage bien particulier des pièces : canons d’une part, destinés au tir direct, mortiers d’autre part, destinés au tir courbe indirect sur des objectifs masqués.

     Cet usage particulier, mentionné d’abord par Lombard dans ses Tables du tir des canons et des obusiers (1787), puis par Bonaparte dans un mémoire manuscrit de mars 1789, est décrit la même année dans la première édition de l’Aide-mémoire à l’usage des officiers d’artillerie de Gassendi, la « bible » de l’arme.

     Il s’agissait en résumé d’utiliser les canons comme mortiers en dressant leurs tubes, en les calant sur des chantiers et en fichant leur culasse en terre. Cet usage inhabituel du canon était expérimenté depuis plusieurs années dans les écoles d’artillerie en vue de pallier un manque de mortiers en campagne, lors d’un siège. Un tube de canon, ainsi installé, pouvait tirer en tir indirect de bombardement une bombe de calibre double ou presque du sien.

      Et comme vous allez le voir, très simplement ! Lombard relate ainsi, à propos de la campagne d’expériences de 1786 : « Pour fixer la bombe sur la bouche du canon […] une simple ficelle est tout ce qu’il faut. […] Deux bouts de ficelle attachée, d’une part, aux anses de la bombe, et de l’autre à une ceinture de corde arrêtée par la saillie de la moulure la plus proche, ont suffi pour assujettir la bombe sur la bouche du canon qu’elle bouchait exactement » (Lombard, Tables du tir des canons et des obusiers (1787), p. 164).

       C’était, vous l’avouerez, tout de même moins compliqué que de faire « aboutir » un PSC !

ALBUM UN PSC POUR BONAPARTE

     Il s’agissait encore de tirer des bombes de 8 pouces (21,6 cm) dans des mortiers de 10 ou 12 pouces (27 ou 32,5 cm), donc de calibres nettement supérieurs en calant ces bombes par des éclisses de bois ou de la terre. L’artillerie qu’expérimentait Bonaparte au polygone de Tillenay était donc une arme éminemment rustique et adaptable.    

      Ce polygone pentagonal était construit en bordure de la route inondable joignant Auxonne à Tillenay et qui longe la Saône. Il en subsiste aujourd’hui le pavillon des officiers, modifié au 19ème siècle, actuellement propriété privée, et qui a gardé l’appellation Le Polygone.

     Les feux des pièces, établies sur un seul des cotés du  polygone, étaient dirigés dans une direction générale ouest au-dessus de prairies inondables. Les projectiles allaient se perdre cinq à six cent mètres plus loin dans une butte naturelle en contrebas de la route non inondable joignant Tillenay à l’actuelle D905.

    Au voisinage du croisement de ces deux routes, à un kilomètre à vol d’oiseau du Polygone, se trouve la Chapelle de la Levée. Cette chapelle était l’un des lieux de promenade favori de Bonaparte. D’Auxonne on y accède, comme devait déjà le faire Bonaparte, en empruntant la grande route de Dijon non inondable de La Levée (actuelle D 905 ombragée de platanes séculaires) passant sur ses huit ponts au-dessus d’une zone humide.

     Sur l’un des bas-reliefs ornant le socle de la statue de Bonaparte, le sculpteur Jouffroy, pour les besoins  de sa composition, a figuré arbitrairement la Chapelle de la Levée au voisinage du fameux chêne de La Cour, en réalité éloigné de 5 à 6 kilomètres.

     Aujourd’hui, Bonaparte n’est pas de tir au Polygone, la campagne d’expériences du mois d’août est terminée.

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (2) - du 30 août 2017

    Claudi nous emmène à sa rencontre dans une « Promenade Solitaire à la Chapelle ».

     L’été touche à sa fin. Dans un champ non loin de là, Gustave et Rosalie, un couple de paysans bien connu des Auxonnais, ont interrompu leur travail d’arrachage des pommes de terre pour la prière de l’Angélus du soir.

Dernière minute : Le Bien Public de ce matin titre « CÔTE D’OR SANTÉ AUXONNE : un module pour en finir avec les troubles du sommeil ».

    Sous ce titre, on peut lire : « La rentrée arrive et charrie comme chaque année son lot de nouveautés. Le Centre communal d’action sociale (CCAS) d’Auxonne n’échappe pas à la règle et s’apprête à donner le départ d’un nouveau cycle consacré au sommeil. […] Le module s’intitule « Bien dormir, bien vieillir, bien vivre » ».

     L’ « heureux Léthé, ce fleuve enchanté, qui coule ici parmi les fleurs », pour reprendre les paroles du célèbre opéra Castor et Pollux (1754) du Dijonnais Rameau, va donc « charrier » son lot d’heureux dormeurs !

    Faut pas  « charrier » ! On n’en finit pas de nous endormir !

    Moralité : Vive le PSC ! (Profond Sommeil Communal !)

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 3   Promenade Solitaire à la Chapelle

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 3 Promenade Solitaire à la Chapelle

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 1er septembre 2017 (J+3180 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7
30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 07:48

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (2) - du 30 août 2017 (J+3178 après le vote négatif fondateur)

       Après quelques atermoiements dus à une actualité chargée, nous reprenons, comme promis, notre série « BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse »

     Avant d’entrer dans le vif du sujet du deuxième épisode  de la série, justifions de façon un peu plus approfondie le choix de ce titre rousseauiste.

        Le rapprochement entre Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) et Napoléon Bonaparte (1769-1821) n’est pas purement gratuit de notre part.

       Certes, les deux hommes, que séparait plus d’un demi-siècle, ne se sont jamais rencontrés physiquement, cependant, tous deux, à un moment ou à un autre de leur vie auront nourri leur pensée politique de réflexions sur la Corse et son destin.

      On peut lire ainsi dans le Contrat social, œuvre politique majeure de Rousseau publiée en 1762 :                                

       « Il est encore en Europe un pays capable de législation ; c'est l'île de Corse. La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté mériterait bien que quelque homme sage lui apprît à la conserver. J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite île étonnera l'Europe. » (Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, 1762, chapitre 10, livre II)

      Cette réflexion pour le moins prémonitoire, a dû enthousiasmer le jeune Bonaparte qui avait découvert et apprécié les écrits de Rousseau bien avant son arrivée à Auxonne.

    Nous découvrirons plus loin les « écrits corses » du jeune Bonaparte, en particulier la fameuse « Lettre à Buttafuoco », écrite plus de trente ans après les lettres de Rousseau au même, mais sur un ton moins amène !

    Pour l’heure, à peine arrivé à AUXONNE, le jeune Bonaparte, féru d’histoire, de politique et de littérature, apprend surtout son métier d’artilleur. Il dispose pour cela, outre des cours de théorie et la pratique à l’arsenal d’Auxonne et au polygone de Tillenay de la bibliothèque bien fournie de l’École formée après 1781 par le général du Teil, son commandant.

    Arrivé en juin 1788 pour un premier séjour, c’est dès le mois d’août que Bonaparte sera mis à contribution sur le terrain 1ors d’une campagne d’expériences d’artillerie.

    Il en témoigne dans une lettre du 28 août à son oncle Fesch : « …Je suis indisposé ; les grands travaux que j’ai dirigés ces jours derniers en sont cause. Vous saurez, mon cher oncle, que le général d’ici m’a pris en grande considération, au point de me charger de construire au polygone plusieurs ouvrages qui exigeaient de grands calculs et, pendant dix jours, à la tête de deux cents hommes, j’ai été occupé. Cette marque inouïe de faveur a un peu irrité contre moi les capitaines qui prétendent que c’est leur faire tort que de charger un lieutenant d’une besogne si essentielle et que, lorsqu’il y a plus de trente travailleurs, il doit y avoir un d’eux. Mes camarades aussi montrent un peu de jalousie ; mais tout cela se dissipe…. »

     Comme nous le verrons dans notre prochain épisode, la distance des pas de tir à la butte de tir du polygone était un peu courte (de l’ordre de 500 mètres). Il en résultait que certains exercices de tir à des distances plus longues imposaient, pour prendre du recul, de sortir les pièces du polygone pour les établir dans la prairie (Baron Joseph du Teil, Bonaparte et les généraux du Teil, Paris, 1897, pp. 76 à 79). Il est possible que les travaux de Bonaparte «qui exigeaient de grands calculs et, pendant dix jours, à la tête de deux cents hommes » aient été imposés par cette nécessité de déplacer des pièces hors du polygone. 

      Indéniablement, Bonaparte devait se montrer, à Auxonne, un artilleur de talent, même s’il n’a probablement jamais réalisé l’exploit que nous lui avons facétieusement prêté dans un précédent article !

CHARMOY-CITY, UN TOURISTE DANS NOTRE CIEL - du 30 juillet 2017

     Facétie indigne autant que sacrilège, maugréeront certains ! Nous leur rétorquerons que les pages du Mémorial de Sainte-Hélène rapportent elles-mêmes quelques facéties – à vrai dire assez peu crédibles selon le Baron Joseph du Teil – dont aurait été victime ou acteur le jeune Bonaparte au Polygone :

     Canons encloués, donc mis hors d’état de tirer, la veille d’une inspection lors de laquelle Bonaparte devait commander le tir du polygone.

     Tirs avec boulets escamotés et non chargés dans la pièce destinés à tromper le Commandant de l’École observant les résultats (Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, M. Dunant édit., Paris, Flammarion, 1983, Tome 1, pp. 103-104)

     Trêve de plaisanterie !

     Avec Claudi, découvrons à présent le très sérieux : « Polygone au Son du Canon », seconde image de notre fantaisie en épisodes : « BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse »

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 2  Polygone au Son du Canon

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 2 Polygone au Son du Canon

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 août 2017 (J+3178 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 7

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7
21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 07:34

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (1) - du 21 août 2017 (J+3169 après le vote négatif fondateur)

    Une bonne partie de nos publications du mois de juillet dernier et du début de ce mois ont été consacrées aux vicissitudes de notre ancien Musée Bonaparte, fermé en 2012,  et plus particulièrement aux avatars du PSC (Projet Scientifique et Culturel) conditionnant sa restructuration en vue de l’ouverture d’un nouveau musée dans un nouveau local.

ALBUM UN PSC POUR BONAPARTE

    L’attrait touristique du Musée Bonaparte – actuellement fermé pour une durée indéterminée, rappelons-le – tenait essentiellement à la présence matérielle de souvenirs personnels de Napoléon Bonaparte dans les collections du musée.

      Côte-d’Or magazine  N° 163 de juillet-août 2016 ne s’y trompait pas – actualisation mise à part – qui écrivait l’été dernier : « Dans l’une des tours du château, Auxonne conserve précieusement et fièrement […] le chapeau du célèbre Corse. De quoi exciter l’imagination sur le chemin du retour. »

    Après 5 ans de fermeture du musée, nous ne pouvons donc que souhaiter sa prompte réouverture !

    À ce propos, Le Bien Public du 17 juin dernier publiait un article sous le titre « AUXONNE  CULTURE Combien coûtera la musée ? ». Dans cet article, notre premier édile, rassurant, déclarait : « Ne croyez surtout pas que parce que rien n’est visible au public, le dossier n’avance pas. Au contraire, à l’heure où l’on se parle, le dossier est sur mon bureau ».

     Depuis, une lettre ouverte du 25 juin dernier, concernant les tribulations du PSC (Projet Scientifique et Culturel) et de son auteur, est arrivée sur le « bureau », où elle attend toujours une réponse.

Peu importe que la réponse tarde à venir ! L’histoire du dossier du premier PSC « non abouti » est à présent contée !  Merci en passant aux élus courageux qui ont contribué à sa diffusion.

    En attendant la suite de l’histoire, et afin que le temps passe plus vite dans la salle d’attente de la réouverture du musée, notre blog entame aujourd’hui la publication d’une nouvelle série illustrée inédite consacrée à la geste du jeune Bonaparte dans notre bonne ville.

     Nous l’avons intitulée : « BONAPARTE à AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse ».    

    La consultation des biographes ayant écrit sur le séjour de Bonaparte à Auxonne montre que tous  s’accordent, ou se copient, pour attribuer les mêmes traits de caractère au jeune lieutenant en second : sa propension à la solitude, son goût de l’étude et de la promenade, sa fréquentation des œuvres de Rousseau. Il conviendrait encore d’ajouter à cela ses talents mathématiques et bien sûr, un inimitable génie !

   Comme Rousseau, son mentor de jeunesse, qui écrivit les Rêveries du promeneur solitaire, Bonaparte était donc un promeneur solitaire, et qui plus est, un Promeneur Solitaire Corse. Autrement dit un PSC !

    C’est donc encore et toujours sous le signe des trois initiales  PSC que sera placée notre évocation illustrée du séjour de Bonaparte dans nos murs.

    Cette série ne prétend pas faire œuvre d’histoire, elle vise seulement  à  revivifier, dans un libre registre, la mémoire quelque peu empaillée, de notre Promeneur Solitaire Corse !

     Le fameux « Chêne Napoléon », à l’orée de la Forêt des Crochères,  au hameau de La Cour, est l’un des piliers du Panthéon des promenades de Bonaparte à Auxonne. L’image est consacrée et immortalisée dans le bronze de l’un des bas-reliefs ornant le socle de la statue de Bonaparte sur la place. 

       Aujourd’hui, Claudi la reprend et la rafraîchit pour vous, chers lecteurs, sous le titre : « Pensées Sous le Chêne ». Toujours sous le signe des trois initiales  PSC !

    Voici donc, en exclusivité, la première image inédite de notre nouvelle fantaisie en épisodes : « BONAPARTE à AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse » !

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 1  Pensées Sous le Chêne

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 1 Pensées Sous le Chêne

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 21 août 2017 (J+3169 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 7

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7