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  • Claude Speranza, Auxonnais
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 08:50

BONNES VACANCES AU SAHARA, MONSIEUR HULOT ! - du 21 mai 2017 (J+3077 après le vote négatif fondateur)

Nous sommes en plein festival de Cannes et notre titre du jour s’en ressent quelque peu sans doute. Les cinéphiles avertis y verront peut-être l’influence de « Un thé au Sahara » de Bertolucci (1990), d’après Paul Bowles, mais plus assurément celle des « Vacances de Monsieur Hulot » de Jacques Tati (1953)

Dans un mode plus actuel, nous avons surtout retenu cette remarque d’Alexis Corbière, porte-parole de La France insoumise, à propos du casting gouvernemental de notre nouveau Président Emmanuel Macron : « Nicolas Hulot est dans ce gouvernement comme un ours polaire au milieu du Sahara, totalement perdu, il n’arrivera à rien » (déclaration du 17 mai sur franceinfo)

Confronté à cette appréciation sarcastique de la France insoumise, Nicolas pensera sans doute : « Les chiens aboient, la caravane passe ».

Il est vrai que le poste prestigieux de « Ministre d’État » que vient de se voir confier le très médiatique représentant du mouvement écologiste a de quoi impressionner. Reste tout de même à attendre un peu pour voir lequel de ces deux critères, médiatique ou écologiste, aura motivé au bout du compte le choix de Monsieur Hulot comme « Ministre d’État ».

En attendant, notre envoyé spécial Léon Dujardin a saisi l’évènement avec sa CHARMOY-BOX. Il nous envoie son témoignage argentique en exclusivité tout chaud du Sahara en espérant bien qu’il sera primé au concours !

Vous ne connaissez pas Léon Dujardin, quelle lacune ! Je l’ai chevauché dans ma petite enfance, du temps que Vincent Auriol était président et je suis heureux de lui rendre hommage aujourd’hui

« VOUS ÊTES MON LION SUPERBE ET GÉNÉREUX ! » - du 18 octobre 2013

Pour nos lecteurs que notre incursion au Sahara surprendrait, nous rappellerons que Chantecler ne dédaigne pas à l’occasion une petite méharée !

TROIS OASIS ET UN DÉSERT (1) - du 10 JUILLET 2015

Léon Dujardin de Charmoy-City, mirages argentiques

Léon Dujardin de Charmoy-City, mirages argentiques

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 21 mai 2017 (J+3077 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Côté cinéma

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Côté Cinéma
6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 07:49

LA REVUE CONTINUE SUR LE PONT DES ARTS (5) - du 06 AVRIL 2016 (J+2667 après le vote négatif fondateur)

La revue est depuis longtemps terminée dans la cour du quartier, mais sur le Pont des Arts, nos pioupious sont toujours mobilisés. Et le compteur tourne toujours aussi allègrement, en interne !!

VOUS ME FEREZ 5000 TOURS DE COMPTEUR ! - du 14 MARS 2016

Alors, avouez que ce serait bien injuste que nous n’ayons pas nous aussi une petite revue à faire looker à nos fidèles lecteurs/trices. Qui sait ? Il y a peut-être parmi nos lectrices des Duchesses de Gerolstein fana mili.

Oui d’accord, mais alors pas question de piquer la revue des copains pour se la péter et se faire mousser à bon compte. Ce genre de sport, on le laisse à d’autres !

UN HÉROS DERRIÈRE L’OBJECTIF- du 08 MARS 2016

Nous avons donc pêché sur youtube une revue dont nous sommes bien sûr qu’elle est de pure fiction et à laquelle il est impossible que nous ayons assisté en héros que rien n’arrête !

14-18 est à la mode, et l’encre coule à flot dans les tranchées de la presse. L’un des plus beaux romans pacifistes inspirés par cette époque est sans doute celui de l’écrivain allemand Erich Maria Remarque Im Westen nichts neues (À l’Ouest rien de nouveau). Écrit en 1929, ce roman fut brûlé en autodafé par les nazis le 10 mai 1933.

Côté cinéma, la première adaptation, la meilleure, est celle de Lewis Milestone en 1930. En 1979, Delbet Mann réalise une nouvelle version. Une dernière version de Roger Donaldson est actuellement attendue.

Nous avons choisi d’emprunter notre revue à la version de Delbet Mann de 1979, dont Juan Bautista Vazquez a mis opportunément un extrait germanophone sur youtube. Cette revue est d’ailleurs totalement absente du roman de Remarque qui ne cultivait pas le genre.

Mais avant le présentez armes, présentons la revue : un Kaiser clownesque vient passer en revue, dans la région de Verdun, le bataillon dans lequel combattent les héros du film. Sur les rangs, entre autres : Paul Baümer le narrateur, Kat le vétéran débrouillard qui ne s’en laisse pas conter, et l’affreux sous-off Himmelstoss et ses moustaches en croc, qui reçoit la Croix de fer.

Le roman est très réaliste et émouvant. La revue fantaisiste de Delbet Mann, regardée en contrepoint et au second degré, est néanmoins assez réjouissante. Rencontre surréaliste de motards et de uhlans, et visages juvéniles émouvants des recrues morituri. Le meilleur, toutefois, c’est la musique dans sa sobriété toute prussienne ! À la fin, on pourra toujours zapper le discours du Kaiser !

https://www.youtube.com/watch?v=iZ0QigxJ4XE

Très occupé en ce moment, Claudi a relooké et renforcé les effectifs de ses patrouilles très discrètes de uhlans de 2008-2009 au Charmoy. Patrouilles sans tambour, ni trompette bien entendu, mais qui furent suivies en mars 2009 d’un grand concert de pipeau !

P.S. : Un lecteur assidu m’envoie depuis quelque temps des messages. J’avais répondu publiquement en toute franchise au premier dans le cadre d’un article précédent.

RETRAIT DE PERMIS - du 11 MARS 2016

Depuis, trois autres messages se sont succédés, et il semble visiblement que notre interlocuteur ragaillardi ne souffre plus des pénibles céphalées que lui occasionnait, au début, la lecture de notre blog. À la bonne heure !

Ses dernières observations en matière de plaques minéralogiques, évoquées dans son message du 4 courant, nous ont paru du plus haut intérêt. Elles nous rappellent, en négatif, les travaux du docte rédacteur du P’tit Auxonnais Journal des Compagnons du Val de Saône qui, après ses prospections foncières uhlanesques de 2008-2009 au profit de Leclerc, s’était livré à des travaux statistiques du même genre sur les parkings des grandes surfaces doloises. (voir P’tit Auxonnais N°9 de 2010)

Nous sommes persuadé que notre assidu et sagace messager, au lieu de perdre un temps précieux à nous prodiguer des conseils, gagnerait grandement à publier ses passionnantes études. Pourquoi pas dans Inf’Auxonne, dont la rédaction devrait leur réserver le meilleur accueil ! Ou encore, dans Le Bien Public !!

Les uhlans discrets du Charmoy nouvelliste

Les uhlans discrets du Charmoy nouvelliste

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 06 avril 2016 (J+2667 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Côté Cinéma
24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 09:25

LE FEUILLETON D’ÉRIC - du 24 FÉVRIER 2016 (J+2625 après le vote négatif fondateur)

Aujourd’hui c’est la Saint Modeste. Ce n’est peut-être pas le meilleur jour pour évoquer en passant la mémoire d’Éric Von Stroheim, cette immense vedette qui savait si bien prendre la pose. Tous les amateurs de cinéma se souviennent de sa magnifique prestation dans La grande illusion.

Notre Éric à nous, plutôt bon enfant, est à mille lieues des poses guindées d’officier de uhlans du célèbre acteur, mais il ne dédaigne pas, comme la vedette, être sur la photo. Le press-book de ces derniers jours en témoigne à lui seul : Éric et son moule à gaufres, Éric montre ses camions, Éric soigne les piétons. Et chaque épisode mérite sa photo, prise par Robert qui n’est pas Doisneau, et qui n’est pas Modeste non plus, me souffle Claudi !

Dans Le Bien Public d’aujourd’hui, côté voirie, la photo nous montre Éric armé d’une pelle pour le plus grand bien des piétons. Il joint d’ailleurs la parole au geste comme le montre l’article : « Éric des services techniques, explique : « Il n’est pas impossible que des trottoirs soient mis en place en 2017 sur cette rue très empruntée par les piétons qui vont aux espaces commerciaux, route de Labergement. Le retrait de l’herbe leur permettra déjà de s’éloigner des voitures. »

Les piétons pourront donc aller visiter la collection exposée dans un des « espaces commerciaux, route de Labergement », en toute sécurité !

POMPIER COLLECTOR - du 21 FÉVRIER 2016

Un examen d’ensemble plus attentif de la page 14 du Bien Public d’aujourd’hui, me suggère en passant cette remarque.

Cette page, elle n’est pas très charitable pour Éric, tout seul dans un coin de page, avec sa pelle, alors qu’au dessus de lui « Ils apprennent à maîtriser un feu avec un extincteur ».

La mise en page vous a parfois de ces cuisantes cruautés !

ENCORE UNE FOIS, Y’A BON B.N.I.A. !! - du 1er FÉVRIER 2016

Charmoy-City Eric à l'affiche

Charmoy-City Eric à l'affiche

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 février 2016 (J+2625 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Côté Cinéma
16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 08:12

ACTUALITÉ DE « MONSIEUR VINCENT » - du 16 FÉVRIER 2016 (J+2617 après le vote négatif fondateur)

Une petite précision d’abord pour commencer : comme pourrait le suggérer notre titre, il ne sera cependant pas question dans cet article d’un sympathique patron de PMU que nous saluons au passage.

« Monsieur Vincent », est en effet le titre d’un film très ancien qui connut un immense succès à la fin des années 40 et dont le propos, malgré une certaine emphase, pourrait bien trouver quelques résonnances dans notre actualité. Ce film de Maurice Cloche, qui fut primé à la Mostra de Venise, je l’ai regardé dimanche soir en DVD. Passer une soirée de Saint Valentin en compagnie de Saint Vincent de Paul dans la peau d’un Pierre Fresnay, quelle drôle d’idée me direz-vous ! Union sacrée du courrier du cœur et du Sacré-Cœur !

Du film que j’avais vu enfant au Cinéma Familia (actuelle Salle L’Aiglon) dans les années 50, je ne gardais qu’un souvenir précis : les galères ! Mais on y trouve encore bien d’autres choses, et les dialogues d’Anouilh sont magnifiquement écrits. Les yeux du spectateur d’aujourd’hui y verront surtout comment une société s’arrange des misères engendrées par une pauvreté grandissante et les exodes provoqués par les guerres (Lorrains et Picards jetés sur les routes). La palette des réactions humaines face à cette situation, de l’égoïsme le plus cynique, à l’altruisme le plus fou est très bien rendue dans le film qui démontre, en outre, que faire le bien est un très ingrat et très dur métier.

C’est donc tout imprégné de ces réflexions qu’hier matin j’ouvrais Hebdo 39 N° 194 du 15 février 2016. Je devais bien vite y découvrir la confirmation que les problèmes de pauvreté et de personnes déplacées étaient toujours d’actualité à ma porte. Cette confirmation locale et moderne de la persistance d’une misère toujours présente, bien que présentable et aseptisée, je l’ai trouvée en page 8, sous la plume de Louis Lanni, dans les articles « Les migrants sur le départ » et « Les Restos du Cœur ne désemplissent pas ». Notre société, pourtant beaucoup plus riche et puissante que celle du dix-septième siècle, tente comme elle peut de porter remède à la misère, mais le bénévolat doit encore et toujours pallier la carence de nos institutions modernes, à vrai dire de plus en plus oublieuses de garantir une vraie solidarité face à la dictature universelle de la concurrence et du profit.

Me voyant parti dans ces considérations dépassant, il est vrai, mes forces et mes compétences ‒ qui ne sont pas celles d’un Monsieur Vincent ‒ Claudi m’interrompt : « Tu ne vas pas refaire le monde à ton âge ! »

Plus versé dans l’imagerie populaire que dans la soupe du même nom, il m’entraîne alors sur le terrain de l’art, me faisant remarquer tout d’abord que la misère aura formidablement inspiré les grands esprits de certaines époques, particulièrement au dix-neuvième siècle, le siècle des Misérables et des Mystères de Paris. Remarquons qu’aujourd’hui, elle n’inspire plus de grandes œuvres dans notre société fascinée par la compétitivité et le bling-bling, à part peut-être des œuvres caritatives.

Claudi ajoute que si l’image du pauvre est très rarement conservée et individualisée, celle de son bienfaiteur, en revanche, a toujours bénéficié d’un affichage et d’un traitement privilégiés. Comme si la pauvreté devait sévir jusque dans la représentation graphique.

Si l’on peut toujours contempler, avec nos petits lapins et grâce au talent de Van der Weyden, les portraits de Nicolas Rolin et Guigone de Salins aux Hospices de Beaune, qu’ils fondèrent, les visages des pauvres malades que l’on couchait à plusieurs dans les lits de la grande salle commune resteront à jamais invisibles.

Pour les amateurs de cinéma, deux autres articles à lire ou à relire sur notre blog

FELLINI AU CHARMOY - du 14 OCTOBRE 2014

« LES LURONS DE LA MARGUERITE »- du 19 JUILLET 2014

Bonnes oeuvres nouvellisme et tradition

Bonnes oeuvres nouvellisme et tradition

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 février 2016 (J+2617 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Côté cinéma

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Côté Cinéma
14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 00:00

FELLINI AU CHARMOY - du 14 OCTOBRE 2014 (J+2126 après le vote négatif fondateur)

      Que vient faire l’auteur de La dolce vita au Charmoy ? Voilà une question que plus d’un(e) d’entre vous, fidèles lecteurs/trices  ne va pas manquer de se poser. Fellini au Charmoy, c’est vrai qu’il faut oser, et nous osons, pourquoi faudrait-il priver notre blog d’un « espace culturel », la prédominance alimentaire de son sujet n’interdit en rien l’irruption d’un brin de fantaisie et de rêve !

    L’irruption d’un brin de fantaisie et de rêve, une petite chose toute simple mais tellement rare dans nos doctes assemblées locales et leurs indigestes productions. Il nous manque un maire-poète et un sous-préfet aux champs ! Tiens ! Je me demande parfois si je n’irais pas jusqu’à offrir ma plume pour agrémenter Inf’auxonne, notre journal à tous/toutes, cher(e)s concitoyen(ne)s, de petites fables espiègles et d’anecdotes libres et  piquantes. Ne serait-il pas opportun, en effet, que les caractères rendus par les tribunes, n’allant pas allonger de fastidieux bilans, mettent la fantaisie à la une !

    Et Fellini dans tout cela ? Le voilà ! L’autre lundi, 7 octobre, dans le courant de l’après-midi, je pédalais tranquillement sur le vieux chemin de Dole allant à la découverte du chantier de la zone du Charmoy. Je remarquai le calme qui y régnait, ne sachant pas encore que ce calme n’était pas dû seulement au hasard, mais à une décision de justice.

   Cette justice n’avait certes rien à voir avec la justice divine, mais pourtant, sur le petit chemin qui descendait, une étrange coïncidence, presque un petit miracle, se produisit. J’allais entamer la descente qui s’amorce après la dernière maison lorsque j’avisai au bord du fossé qui court au pied du grand remblai récemment créé, un couple d’un certain âge en arrêt. « Encore deux de ces badauds-gogos qui viennent examiner l’avancement des travaux ! » me dis-je. Mais j’étais dans l’erreur. En effet, arrivé à leur hauteur, je freinai pour ralentir, car étant d’une nature curieuse et avenante, je venais de voir que, m’ayant repéré, l’homme du couple commençait à prendre l’attitude du voyageur égaré qui va demander sa route.

    M’étant arrêté, je saluai l’homme qui me demanda naïvement, avec un fort accent transalpin, si l’on construisait ici… des immeubles. Pour sûr, il n’était pas Auxonnais, et il n’était pas non plus un badaud-gogo contemplateur de chantier, ses contemplations touchaient à d’autres horizons… En effet, la femme, dont je devais apprendre qu’elle était d’ailleurs la sienne, moins avenante que lui, avait poursuivi sa route et la voyant sonner au portail de la dernière maison, je compris dans l’instant que je venais de rencontrer deux témoins de Jéhovah. Une telle rencontre n’est pas toujours bienvenue quand elle survient sur le pas de votre porte, mais ici, sous le libre espace du ciel, elle n’avait rien de désagréable. Et Fellini dans tout cela ? Le voilà justement ! Il résonnait encore dans ma tête, car il faut dire que l’avant-veille j’avais regardé I Vitelloni  et la veille, La dolce vita.      

     L’accent italien de mon interlocuteur me fit, dans l’instant, retourner dans le film, et quand l’homme au front bronzé, que couronnaient des cheveux blancs, me dit qu’au seuil de l’âge adulte, il avait quitté la campagne romaine pour venir en France, nous y fûmes tout à fait et nous passâmes en version originale italienne avec de-ci de-là quelques sous-titres français. Je lui expliquai ma présence en ce lieu et lui parlai de mon blog, alors il sortit sa Bible qui s’ouvrit presque automatiquement sur une page cornée et froissée, manifestement maintes fois parcourue. En suivant du doigt, il commença sa lecture, m’énumérant tous les signes inquiétants qui marquaient notre temps et la fin qu’ils présageaient. En réponse, je lui montrai le décor bouleversé qui s’offrait à nous, ce décor comparable à celui des borgate romaines (banlieues) des années de la croissance, ce décor qui me révulsait, quand enfant puis adolescent je traversais, dans la voiture de mon père, la campagne milanaise rongée par le béton du « miracle italien ».

    Et nous fûmes alors en plein Fellini, dans un chaos moderne où les débris du vieux monde se mêlaient à un progrès sans espoir sur fond d’ennui incurable et d’horizon bouché. Il ne manquait, survolant le décor,  que cet hélicoptère transportant une statue du Christ qui ouvre La dolce vita !

     Cependant, malgré la perspective annoncée d’une apocalypse prochaine, et en dépit du paysage bouleversé, mon interlocuteur, avec ce sens pratique propre aux Italiens, ne perdait pas le nord. Il m’avait déjà glissé une revue en main, et très convaincant, faisait preuve d’excellentes qualités marketing. Comme il commençait déjà à s’enquérir de mon adresse pour renouveler et prolonger la conversation, je me remis en selle et, me retournant , lui lançai rieur : « Rimango nel centro cittá, ma il mio indirizzo, non ce l’avra ! » Et nous nous quittâmes avec le sourire, comme il convient entre gens de bonne compagnie.

     Redescendant vers la ville, je doublai, un peu plus loin, sa femme qui avait avancé dans sa prospection improbable.  Dans notre monde mû  par l’argent et la propagande matérialiste, je me suis dit alors qu’il subsisterait toujours des chemins de rencontre et qu’il valait mieux, au bout du compte, être le clown, pas forcément triste, des causes perdues qu’une marionnette docile du profit néolibéral !

N.B. : Cet article comporte 5600 caractères espaces compris.

 Fellini au Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 Octobre 2014  (J+2126 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Côté Cinéma
19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 00:00

« LES LURONS DE LA MARGUERITE »- du 19 JUILLET 2014 (J+2040 après le vote négatif fondateur)

En hommage à Jean-Pierre Mocky que je regrette d’avoir vraiment découvert un peu tard.

     Sur notre blog ou dans la presse locale, décidément, l’actualité est florale ! Le Bien Public du 14 juillet dernier, sous le titre « D’autres enjeux pour le label » publiait ainsi un long article relatant la visite de la commission départementale de valorisation paysagère. Dans cet article il était rappelé qu’« en 2012 [Auxonne] avait obtenu sa première fleur, label des villes et des villages fleuris ».

     Dans le cadre général de l’embellissement par les fleurs, les circuits de commercialisation des végétaux ne sont pas à négliger et, parmi eux, bien entendu, ceux qui sont mis en place par la grande distribution. Cette donnée socio-économique va nous permettre d’envisager la tenue d’un corso fleuri qui pourrait dans l’avenir animer nos rues, comme les anima, en juin 2010, le barnum pour la légendaire « consultation », fine fleur de la démocratie participatatative !

    Nous avons calqué le titre de notre article, « Les Lurons de la marguerite »,  sur celui d’un film de Jean-Pierre Mocky intitulé «« Les Compagnons de la marguerite ». Ce film déjà ancien (1967), délicieusement foutraque, offre un aperçu inhabituel et toujours actuel sur nos mœurs et nos institutions qu’il chahute quelque peu. Nous vous recommandons vivement ce film, d’autant plus qu’il nous a largement inspiré le présent article et que Claudi, lui-même, doit beaucoup à son affiche !

    Mocky excelle dans l’art de la fresque acidulée des notabilités de province que son trait inimitable anime en les dégageant de leur gangue habituelle d’ennui et d’autosatisfaction. On rêve d’un film intitulé « Le Charmoy discret d’un bourg choisi » réalisé par Mocky ! D’accord, le titre fait un peu Bunuel, mais quand même, ça pourrait être un vrai bonheur ! Vous imaginez les péripéties du Conseil du 17 décembre 2008 à Charmoy-City filmées par Mocky, sous l’œil imperturbable de Marianne ! Un vrai régal !

     Le présent article, modeste contribution au scénario-fiction plus large du film rêvé, « Le Charmoy discret d’un bourg choisi », vise à esquisser sommairement le cadre spatio-temporel du synopsis d’un chapitre encore non écrit de ce scénario qui pourrait s’intituler « Les Lurons de la marguerite »

     2020 : la crise sévit toujours, le bourg-centre est en apnée, et nonobstant ce fait, les commissions d’aménagement commercial viennent de refuser la création d’une hyper-jardinerie au Charmoy. L’émotion est grande à Charmoy-City, où l’on avait pourtant voté en conseil municipal, et à une écrasante majorité, « non » à cette hyper-jardinerie. J’ai bien écrit « non », il n’y a pas de coquille et si vous ne comprenez pas, c’est que vous n’êtes pas de Charmoy-City ! Un parfum d’indignation flotte sur le bourg, on signe des pétitions qu’on porte en mairie, une association pousse en une nuit, telle un champignon : « Les Lurons de la marguerite », amis déclarés de la fleur en promo. Mais les champignons, me direz-vous, ça ne fleurit pas ! Détrompez-vous ! En mémoire de leurs aînés de 2010, nos « Lurons de la marguerite », bien inspirés, ont cueilli leur fleur-insigne, une marguerite jaune-fluo, dans les parterres des affiches luronnes de 2010. Appuyés par les « Compagnons du Val fleuri », soutenus par les « Riverains grimpants » et les « Passionnés remontants » ils sillonnent nos rues et nos campagnes, à pied, à cheval et en voiture, en réclamant l’avènement d’un avenir fleuri. Fleuristes et horticulteurs indépendants locaux s’en inquiètent, on leur explique que l’hyper-jardinerie n’est pas, comme ils semblent le prétendre, une plante carnivore mais une nécessité évidente d’intérêt général pour développer l’emploi, augmenter les recettes fiscales de la commune, améliorer le confort du consommateur, réfréner l’évasion commerciale, et, last but not least, booster l’épanouissement floral de notre ville pour une deuxième (ou troisième) fleur au label.

   Un très beau bouquet garni en perspective, à dominante jaune-fluo bien entendu, et qui devrait plaire à un large public ! Une version en 3D et parfumée (hum !) est d’ores et déjà à l’étude !

      Sur cette note fleurie et parfumée, se clôt notre cycle d’articles horticoles de juillet dédié aux ours et aux amateurs de jardins ! Pour le bonheur et la joie de tous/tes, il nous reste encore plein d’articles en boutons. Le climat tropical qui règne actuellement stimule la pousse !

 Des fleurs pour le Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 19 juillet 2014  (J+2040 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Côté Cinéma