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  • Claude Speranza, Auxonnais
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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 10:28

LA CROIX DU CHARMOY, VISION D’HISTOIRE - du 18 décembre 2016 (J+2923 après le vote négatif fondateur)

Notre rédaction remercie le fidèle lecteur qui nous a communiqué les photos des décombres de la Ferme aux radis.

Pour ce touchant vestige, la question de la revitalisation semble à présent derrière nous. Dommage, car c’était la seule vraie maison de la désormais célèbre rue du Charmoy.

UNE NOUVELLE JEUNESSE POUR « LA FERME AUX RADIS » ? - du 31 octobre 2016

Conservée et devenant tout à la fois musée et maison des projets, cette ancienne ferme aurait pu accueillir opportunément les projets hôteliers, passés, présents et à venir de notre premier édile qui a pourtant négligé de la préempter, jetant son dévolu sur une autre parcelle.

PRÉEMPTEZ DÈS MAINTENANT VOTRE CHAMBRE À L’HÔTEL DU CHARMOY ! - du 12 décembre 2016

À l’intention des amateurs éclairés de brochures commémoratives sur papier glacé, Claudi a réalisé une composition digne de figurer dans notre album « Partir au feu ».

En 1916, vous le savez bien, nos aïeux étaient à Verdun. En 2016 se livrent de nouvelles batailles : place à la cote 198 et au héros glorieux qui partit au feu !

Chantecler, c’est de bonne guerre, ramène aussi ses souvenirs du front.

ALBUM-CHANTECLER AU FRONT

Campagne du Charmoy 2016,  la Croix du Charmoy

Campagne du Charmoy 2016, la Croix du Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 décembre 2016 (J+2923 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 00:00

 

CHAQUE HOMME DANS SA TRANCHÉE - du 13 NOVEMBRE 2014 (J+2156 après le vote négatif fondateur)
     Humidité, nuit, brouillards, la saison n’incline guère à la gaîté. Peu de fleurs en ces temps, sinon les chrysanthèmes sur les tombes et les bleuets de papier sur les poitrines. Outre-Manche, on préfère, aux bleuets, les coquelicots, du coup les douves de la Tour de Londres  en sont tout inondées. Nos lecteurs/trices s’étonneront sans doute de notre humeur vagabonde : avant-hier Barcelone, aujourd’hui Londres…
    Chantecler irait-t-il nous jouer la fille de l’air vers d’autres cieux, lui qui médite habituellement à l’ombre tutélaire du réservoir des Granges-Hautes, comme Bonaparte sous son chêne (pas mal celle-là ! Non ?!).
    À propos de méditation, la journée du 11 novembre aura été pour nous un sujet de réflexion. Beaucoup plus que de la cérémonie officielle du souvenir, drapée dans son apparat règlé, nous garderons mémoire d’un petit spectacle donné l’après-midi dans la salle de l’Ancien tribunal de commerce : « La courte vie de Georges Collin ». Ce spectacle, créé par Jean-Marc Pinté, et dédié à la mémoire de son grand-oncle Georges Collin, était organisé par l’association Caramel, Chocolat et Cie de Magny-Montarlot.
       Je n’étais pas en avance, et grimpant la spirale de l’escalier de pierre à 5 heures sonnantes, j’entendais monter la rumeur témoignant d’une assistance nombreuse. Là-haut, une petite foule bon-enfant, dont le caractère convivial compensait l’absence visible de personnalités officielles, était réunie pour assister à  une lecture théâtralisée des lettres de Georges Collin, jeune Poilu du 10ème de ligne, originaire de Magny-Montarlot et tué le 3 août 1916 à Fleury près de Verdun.
    Restitués avec une exactitude scrupuleuse, les propos de Georges n’ont rien de sensationnel, mais au-delà de la monotonie liée aux circonstances d’une guerre de position, monotonie lugubre de l’attente qui colle à l’âme du Poilu comme la boue à son corps, transparaissent sans cesse le courage et l’humour. Humour plein de courage, par exemple, dans cette « logique du Poilu », arborescence de suppositions de plus en plus calamiteuses sur le destin qui l’attend et dont, à chaque avancée vers le pire, il se réjouit toujours de l’alternative la moins mauvaise qui s’offre à lui, tout en rassurant ses proches ! Humour courageux dont la charge morale revit à travers le temps ! Georges, sans grands discours, tu nous donnes une leçon de vrai courage ! Et merci à Jean-Marc Pinté, et à ses compagnes de scène, de t’avoir ressuscité et évoqué sans chichis, sans flonflons et avec talent !
     Quittant l’atmosphère des tranchées et retournant à la monotonie auxonnaise, où le plus grand danger est de mourir frappé d’un gros éclat d’ennui, je n’oublierai pas la leçon d’humour de Georges. En un temps où la guerre, devenue économique, a changé de figure et où les promoteurs de grandes surfaces et les maires qui les soutiennent se parent à bon compte de vertus guerrières, je continuerai, fidèles lecteurs/trices, obscur Poilu solitaire,  à vous écrire de ma tranchée du Charmoy. Inspiré par le courage tenace et inusable de Georges, je tenterai de faire mienne sa  « logique du Poilu ».
   La Grande Guerre, la der des ders, a d’ailleurs déjà été évoquée dans notre blog, sur un mode fantaisiste certes, et que des grincheux n’ont sans doute pas manqué de réprouver. Qu’importe, c’était pour la bonne cause ! Et puis Georges nous a convaincu que la fantaisie n’était pas absente des tranchées, qu’elle y était même vitale pour ne pas s’enliser et sombrer !
   Les uhlans de sinistre mémoire, les Taube, la Grosse Bertha, tous ces gens et ces choses  auxquels Georges n’était sans doute pas étranger, vous pouvez les retrouver cent ans après, extraits par Claudi de la valise de souvenirs de son oncle Seppi de Rouffach près de Colmar et mis en scène librement sur la zone du Charmoy dans notre blog :

HYPER-CALIBRE - du 18 février 2014

La TranchéeC.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 13 novembre 2014  (J+2156 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 00:00

PARTIR AU FEU À AUXONNE, PASSIONNÉMENT ! - du 1er mars 2014 (J+1900 après le vote négatif fondateur)

 

      « Partir au feu », précisons tout d’abord que cette expression, dans le présent article du moins,  ne concerne en rien un capitaine de pompiers actuellement en campagne. Elle concerne en effet son principal concurrent, à qui elle fut appliquée par un connaisseur, et dont le discours martial résonnait il y a peu sous les poutres vénérables de l’arsenal de Vauban. Ce soir-là, selon le titre de combat de Cyril Kempfer, le candidat sortant « tir[ait] le premier ».

http://dole-auxonne.hebdo39.fr/article-auxonne-la-campagne-est-lancee,1950.htm  

   Nous avons rendu compte de la salve nourrie dans un précédent article agrémenté d’une illustration originale par Claudi Hoffnung.

MÉTAMORPHOSES  - du 26 février 2014

     L’art de la guerre ne s’improvise pas, l’art de la guerre cela s’apprend dans les académies militaires. Le jeune Buonaparte bien avant de devenir Napoléon, fréquenta comme on le sait,  l’École royale d’artillerie d’Auxonne et ses écoles à feu. Les temps ont changé depuis, les casernes commencent à se faire rares et le combat moderne est à présent celui de la compétitivité et de la concurrence. L’artillerie balistique du système Gribeauval a fait place à une autre artillerie, commerciale celle-là, l’artillerie lourde de la grande distribution. Si le jeune Buonaparte s’exerçait au tir au mortier  et à la pièce de 8 sur les prés du polygone de Tillenay, notre maire sortant s’est aguerri, quant à lui, au cours de son mandat, à faire advenir un hypermarché LECLERC de 3500 m² sur les champs du Charmoy.

     En effet, selon les termes rapportés dans l’article paru dans Le Bien Public du 12 octobre 2009 sous le titre  « Leclerc : le dossier sera porté plus haut »: « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu ». Cette injonction guerrière, c’est Monsieur Rodolphe Quinonero  qui la lançait « au maire [d’Auxonne] audacieux de soutenir le projet ». Cette audace n’a pas été démentie dans le discours martial du 19 février dernier sous les poutres vénérables de l’arsenal de Vauban ! « De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! ».

   Cette audace s’enracine dans la tradition locale. Il y a deux siècles déjà, à Auxonne, on savait « partir au feu ». Un témoin oculaire de l’époque décrit ainsi le départ des canonniers et bombardiers de l’École royale pour une école à feu nocturne au polygone : « La troupe, musique en tête quittait le quartier vers dix heures du soir, alors c’était pour toute la ville un mouvement de peuple, de canons, de caissons, d’hommes de femmes et d’enfants à encombrer les rues, un bruit à ne pas s’entendre, mais plein d’émotions, une joie délirante à remuer tout le monde, une fête à laquelle, non seulement la ville, mais encore les alentours prenaient part ; non seulement les invités, car il y en avait, mais les simples spectateurs se portaient au polygone et bientôt on entendait le canon tonner, on voyait les bombes [des mortiers] s’élancer en décrivant leur courbe de feu, en faisant entendre jusqu’à terre le sifflement qui retentissait dans les airs comme le cri d’un courlis » (Extrait du Courrier de l’Arsenal Numéro 12 du 8 mai 2005)

    Aujourd’hui, comme il y a deux siècles, à Auxonne, on sait encore partir au feu, passionnément. Notre « consultation » locale du 27 juin 2010, largement appuyée par la logistique de LURE,  ne reproduisait-elle pas, dans sa version moderne, la liesse populaire soulevée par le départ des artilleurs vers les écoles à feu ? Une population mobilisée dans « l’intérêt général » de la grande distribution s’était alors levée « en masse » et en écho à des mots d’ordres plus vibrants les uns que les autres : « Aux urnes citoyens ! » « Votez en masse !!! ». Le quidam enthousiasmé par une préparation médiatique musclée à défaut d’un débat éclairé, se précipitait, comme un seul homme, vers les urnes pour donner son avis sur un projet déjà ficelé. À cette fantasia, où les tracts pleuvaient comme des confettis, même les chevaux n’avaient pas manqué. Et lors de la proclamation solennelle des résultats du tir, l’organisateur de la fête avait déploré, avec des trémolos dans la voix, l’accident d’un train d’artillerie emballé qui avait perdu son caisson en route. Diantre ! C’étaient des temps glorieux !

Polygone OUI 

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 1er mars 2014  (J+1900 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:00

HYPER-HIT - du 20 février 2014 (J+1891 après le vote négatif fondateur)

       Claudi est têtu, c’est une Holzkopf ce Claudi ! Je lui avais bien dit : « Avec Bertha, basta ! Bertha, c’est la der des ders ! »

     Rien à faire, il est revenu à la charge avec ses « trésors » de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar ! Tout joyeux, il m’a proposé sa nouvelle « vision d’histoire » : « Gotferdami ! Carnaval approche, le masque est très vendeur, et du masque au masque à gaz, il n’y a qu’un pas, alors Gotferdami ! Faisons dans le masque à gaz ! ». Et le voilà qui exhibe,  sortie de ses cartons, sa dernière composition : « YPÉRITE ».

   « Remballe Claudi, on en a soupé Claudi, arrête de te prendre pour Otto Dix, tu fais pas le poids ! » Et voilà la moutarde qui me monte au nez… Et si c’était le gaz moutarde ?! Gaz moutarde, c’est l’autre nom de l’ypérite qui n’est pas de Dijon et qui tire son nom de la bataille d’Ypres en Belgique. Merde ! Ça y est ! La cloche des gaz ! Ouf ! C’était juste le carillon ! J’aime mieux ça ! »

Avec tes horreurs, tu nous en fais des frayeurs, Claudi ! Mais l’ypérite c’est DmoD, ça fout des cloques et j’en ai ma claque ! »

Et mon dessin, alors !

T’occupe, remballe, c’est naze ! C’est dépassé ton truc ! La nouvelle arme up to date, Claudi, c’est l’HYPÈRITE, avec une H ! Et celle-là, aucun masque ne t’en protègera, ça sert plus à rien de se voiler la face ! Et encore moins de sonner la cloche !  Et tous ceux qui te diront qu’on peut s’en protéger, ils me font penser à ces pauvres poilus qui, avant la dotation en masques et en désespoir de cause, faisaient pipi sur leur mouchoir et se le nouaient devant le nez faute de mieux. En 18 les braves ont fini par gagner, mais l’HYPÈRITE, aujourd’hui, c’est elle qui va gagner. Dans les rues des centres ville, les rideaux de fer tombent pour ne plus se relever. Des bourgs fantômes, des Perthes-lès-Hurlus commerciaux, y’en a au large dans tout le pays !

Je commence à piger, tu veux que j’te dessine une carte de France ! On avait connu « la France défigurée », place à la France hypèritée, c’est ça qu’tu veux ! Grandiose !

Mais non ! La France hypèritée, tout le monde en parle et personne ne fait rien ! Le sujet est rebattu : commerce de proximité gna-gna-gna, cœur de village gna-gna-gna, paroles, paroles, paroles !

Gotferdami ! Une fois ! Tu te prends pour Dalida ! Alors, qu’est-ce-que je fais ?

Fais-nous donc l’HYPER-HIT, c’est plus local, plus simple et sûr que ça va bien plaire !

D’abord kézaco l’HYPER-HIT ? Et ensuite, je vois que j’aurai bossé pour rien !

– Mais non ! Fifti-fifti ! Moitié YPÉRITE, moitié HYPER-HIT : l’alerte aux gaz et l’appel aux urnes, t’as pigé ? Le gaz moutarde et l’enfumage démocratique en jaune-fluo à la mode de LURE ! Le masque à gaz et le masque de la démocratie participatatatative !

Yo ! Je commence à comprendre ! Je conceptualise déjà ! Otto Dix et le discount va-t-en guerre qui « part au feu » ! Gotferdami, synthèse chéniale !

– Tu sais, Claudi, à propos de synthèse, j’étais hier soir au salon des Halles pour le bilan de la mandature. Beau bilan ! Assez discret sur le Charmoy pourtant…J’en étais même un peu étonné, le grand spectacle 2010 de l’HYPER-HIT c’est du passé ! Des scores pareils, ils n’en reverront  plus et je crois que ça fait bien des nostalgiques. Tu te rappelles… « Aux urnes citoyens ! »… et la calèche infernale !

– Alors dis-moi, Claude, t’as l’air déçu, on le fait quand même ton HYPER-HIT ?

– Sûr, ça fait partie de notre patrimoine culturel !

– LàGotferdami ! Tu charries Claude, un patrimoine comme ça, on s’en passerait ! Mais…pour en revenir à tes raouts au salon, si je t’ai bien compris c’était pépère hier soir, genre causerie au coin du feu ?

– Oui et non. En résumé ça a commencé comme une soirée diapo plutôt sympa : fleurs, ronds-points d’art, guirlandes et voyages idylliques de seniors  et ça a fini… Comment dire ? Ça a fini, oui ça me gêne de te le dire, je m’étais pourtant bien promis de sortir des vieilles histoires de la valise de l’oncle Seppi… Oui, pour tout dire, ça a fini…Excuse… Baïonnette au canon ! Carrément, Claudi !

Gotferdami ! Baïonnette au canon, carrément ! Là, c’est toi qui nous ramènes la valise de l’oncle Seppi, même qu’au fond de la valise de l’oncle Seppi, y’avait une baïonnette-scie !

– Arrête, tu m’fais mal ! J’te jure, j’étais scié, et j’étais pas le seul ! Et puis, y’a eu la mitraille : une volée de mitraille rhétorique qui sifflait méchamment dans les charpentes du vieil arsenal, t’imagines ? Ça tombait comme à Gravelotte !

– Là, Gotferdami ! J’aime pas ! Tu nous refais 1870 !

– Plutôt que 1870, c’était…la boucherie d’Eylau ! Le jeu de massacre ! Hit-the-baby comme disent les amerloques !

  Ypérite-HYPER-HIT       

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 février 2014  (J+1891 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 00:00

HYPER-CALIBRE - du 18 février 2014 (J+1889 après le vote négatif fondateur)

  C’est un hyper-calibre, un gros poisson que Claudi vient de pêcher dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Du lourd !

   Cet hyper-calibre, c’est la Grosse Bertha, « die dicke Bertha », du nom de Bertha Krupp (1886-1957). Le nom de cette maîtresse femme, pourtant jeune et jolie à l’époque (voir notre illustration) et qui n’avait rien d’un pesant mastodonte, passa ainsi à la postérité de façon bizarre. On  le doit à l’initiative du professeur Rausenberger, directeur de la section technique de la célèbre firme d’armement Krupp, qui, en l’honneur de sa patronne, marchande de canons, baptisa du nom de Bertha, un énorme mortier de 420 mm, engin tirant des obus de près d’une tonne et, lui-même, cent fois plus lourd.

     En matière de grande distribution d’obus,  ce canon se révélait être au canon de campagne, ce que l’hypermarché est à l’épicerie du coin. Il permit en particulier l’anéantissement des forts de Liège qui sautèrent comme des bouchons sous son feu redoutable. La Belgique fut envahie, on connaît la suite.

     La composition du jour de Claudi nous montre la mise en batterie du terrible engin. En ce temps d’épreuve, les inénarrables cheminées du centre ville en tremblaient déjà. Il est vrai que la voix du canon, par son terrible écho, était à elle seule capable d’en abattre plus d’une. Les déjections canines se faisaient rares car les chiens allaient la queue basse et pressentaient le cataclysme. Chacun préconisait des mesures pour préserver le centre ville et son parc d’artillerie légère. Un peu tard, sans doute… L’heure était grave…

   Voulant préserver le moral de nos lecteurs/trices nous avons prié Claudi d’interrompre ses investigations dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar et de fermer sur cette image son album du centenaire. Et pourtant Bertha, comme tu étais séduisante, avec ton beau sourire un tantinet commercial, comme tu as su les enjôler, même si la télé n’existait pas encore !  Mais ton hyper-artillerie lourde défiant toute concurrence, elle, ne rigolait pas !

   En mémoire des forts de Liège, qui sautèrent comme des bouchons, nous n’irons pas pendre notre linge sur la ligne Siegfried, mais, plus sagement, déguster un café-liégeois en promo à la cafet’ du Charmoy ! Ye ! very very nice !

 Grosse Bertha portrait          

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 février 2014  (J+1889 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 00:00

TERRITOIRE CONQUIS - du 16 février 2014 (J+1887 après le vote négatif fondateur)

     Claudi est toujours dans sa tranchée, et avec lui les uhlans sortis de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Ils sabraient naguère le Champagne envoyé par le Kronprinz de son Q.G. de Colmar, les voilà à présent les pieds dans l’eau, sur les caillebotis de la tranchée.  Les meilleurs d’entre eux planent dans les airs, non, rassurez-vous, ils ne sont pas morts, du moins pas encore, les voilà devenus aviateurs ! C’est le cas du Rittmeister Gustav von und zu LÜR dont on voit l’appareil sur notre illustration du jour. Malgré son long séjour dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar, le Rittmeister Gustav von und zu LÜR a réussi à décoller pour notre bonheur !

   Après le coup de maître des reconnaissances discrètes, la carte postale d’aujourd’hui résume la longue lutte d’usure où chacun campe sur ses positions, les années ponctuées d’offensives et de coups d’arrêt, les nouveaux plans  échafaudés par les traîneurs de sabre des états-majors. « Partir au feu », au bout du compte, ce n’est pas une mince affaire, et « la guerre fraîche et joyeuse » ne sera jamais qu’un bon mot du Kronprinz.

    En attendant, dans le ciel, le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR se la pète aux commandes de son Taube. Après les recos, il fait aujourd’hui dans la com : largage de tracts. À l’instant du cliché il était au-dessus des lignes.  Dans trois minutes il survolera les vieux toits et les inénarrables cheminées et c’est là qu’il balancera le gros paquet de sa cargaison jaune-fluo, égayant la bourgade grise et déprimée pataugeant dans les déjections canines ! Le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR est en verve, balancer des confettis jaune-fluo aux frais du  Kronprinz, c’est plus fun que de moisir dans la tranchée ! Alors, mâchonnant son bâton de réglisse, il fredonne une vieille marche. Rantanplan-ture-LÜR !

    Dans un coin du 2ème bureau, un colonel de la propagande a jugé qu’en rapport qualité-prix, le tract jaune-fluo était plus efficace que l’obus de 77 ! Et il a eu raison ! Sous l’averse colorée, vibrant sur la même longueur d’onde que les papiers tombés du ciel, voilà la population galvanisée et mobilisée EN MASSE, comme au printemps l’abeille vers le champ de colza en fleur ( le pot de miel n’est pas garanti et le billet de retour n’est pas compris dans le tarif du voyage) !

      Le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR exulte, il manque même avaler son bâton de réglisse. Rantanplan-ture-LÜR ! Au casino, ce soir, il va pouvoir faire la nique à Manfred, Manfred Von Richthofen, vous connaissez, le Baron rouge, le héros au grand cœur qui a peint son avion en rouge. Demain, avec l’aide de son mécano, Gustav tapissera son Taube en jaune-fluo avec le reliquat de l’opération !

     Au Q.G. de Colmar, loin de ces enfantillages on s’occupe de choses sérieuses. Le colonel de la propagande finit de tailler méticuleusement son crayon jaune-fluo. Sous le regard songeur du Kronprinz qui a d’autres chats à fouetter, méthodiquement, sur la grande carte, il hachure la zone : « Territoire conquis, Ihre Hoheit ! Je vous l’avais promis Ihre Hoheit, notre jaune-fluo a fait merveille ! »

 Taube au-dessus des lignes      

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 février 2014  (J+1887 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:00

RECONNAISSANCES DISCRÈTES - du 14 février 2014 (J+1885 après le vote négatif fondateur)

    Comme vous le savez, notre ami Claudi ne sort plus de sa tranchée depuis qu’il a ouvert la valise de son oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Il doit honorer ses commandes pour le centenaire et, pour le moment, c’est le coup de bourre ! Tout le monde voudrait bien pouvoir en dire autant.

    Cependant, notre Claudi étant très pris (non, contrairement à certaines rumeurs, il n’est pas sur la liste du Bürgermeister de Krähwinkel !), il va falloir faire avec et adapter notre plume aux images disponibles. Celles de l’invasion 14 !

    Comme vous le savez, toute maladie a ses symptômes, et l’invasion, maladie s’il en est, n’échappe pas à la règle. Une invasion, ça s’annonce d’abord par des reconnaissances discrètes, juste un rideau de cavalerie, loin devant les avant-gardes. Le uhlan est particulièrement adapté à cette tâche. Non, le uhlan n’est pas une espèce de hibou ou de vieille chouette ! C’est un lancier coiffé d’un casque à plateau carré très typique. Trop abstrait ! Vous voulez un exemple parlant. Eh bien, tenez, Eric Von Stroheim dans La grande illusion, c’en était un, de uhlan. Comme il était moderne, il a d’abord troqué son cheval contre un avion et comme il cassait souvent du bois et qu’en conséquence il était cassé de partout, il a renoncé à décoller. Adieu reconnaissances discrètes ! Bonjour  minerve et corset ! Pour finir on l’a envoyé dans une forteresse  planter des géraniums et surveiller Jean Gabin et Pierre Fresnay. Vous me direz, tout ça, c’est du cinéma ! N’empêche que les uhlans ça existe !

  Vous voulez des preuves, en voilà ! Claudi vient justement de sortir tout un peloton de uhlans de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar.

    Les uhlans, je le sais, vous n’en avez rien à cirer, même s’ils ont des bottes ! Vous avez tort pourtant, persifleurs, car ces uhlans-là, ils tombent à pic, même s’ils n’ont pas de casques à pointe !

     Idée de manœuvre  du Rittmeister Von Clausewitz : 1ère phase, j’envoie fissa mes uhlans en reconnaissance discrète au Charmoy ; 2ème phase, en moins de deux, ils s’assurent la maîtrise de la zone ; 3ème phase, la nouvelle remonte jusqu’au Corps d’Armée et le Kronprinz, de son Q.G. de Colmar, leur envoie une dépêche spéciale de félicitations, une caisse de Champagne, et une boîte à cigares remplie de croix de fer !

   Je sais, je sais, cette histoire, il vous semble déjà l’avoir entendue, elle vous dit vraiment quelque chose, mais l’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?

   Oui, un éternel recommencement, comme l’amour, et particulièrement l’amour à succursales multiples. Rejoignons le Kronprinz dans son Q.G. de Colmar. Avisant son aide de camp Rodolf qui range méticuleusement les croix de fer dans la grosse boîte de Kaisers Habana avec la grande étiquette dorée à moustaches, il triture nerveusement son stick et ordonne impérieux : « Rodolf, c’est la Saint-Valentin aujourd’hui, pensez plutôt aux réquisitions chez les fleuristes, nous avons d’autres conquêtes à soutenir et d’autres chats à fouetter ! » « Zu  Befehl ! Ihre Hoheit ! »

Patrouilles discrètes de uhlans

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 février 2014  (J+1885 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire