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  • Claude Speranza, Auxonnais
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25 septembre 2021 6 25 /09 /septembre /2021 05:00

13 NOVEMBRE 1870 : QUAND LES FUSILIERS POMÉRANIENS MARCHAIENT SUR AUXONNE (2) - du 25 septembre 2021 (J+4665 après le vote négatif fondateur)

      En écho à la conférence que Monsieur Patrick Serre fera demain, dimanche 26 septembre, au Salon d’honneur des Halles à 17h00 sur le thème « Le Général Camille Crémer, victorieux en Côte d'Or durant l'hiver 1870-71 » nous reprenons notre chronique auxonnaise de la guerre franco-allemande de 1870-71.

    Dans notre précédent article, nous relations brièvement la marche du 34ème Régiment de Fusiliers poméraniens en direction d’Auxonne.

13 NOVEMBRE 1870 : QUAND LES FUSILIERS POMÉRANIENS MARCHAIENT SUR AUXONNE - du 23 septembre 2021

   Avant d’aborder en détail le déroulement de l’opération, un petit mot sur une particularité de ce régiment dont les collections du Musée Bonaparte fermé depuis 2012 et, depuis lors, « en caisses » renferment justement un casque à pointe modèle 1860 en service lors de la guerre franco-allemande de 1870-71.

    L’illustration de notre précédent article représentait une plaque du casque à pointe modèle 1860 de ce régiment. Nos lecteurs pourront la consulter à loisir tout en lisant les quelques précisions qui suivent à propos des particularités de ce régiment.

   Comme tous les régiments d’infanterie prussienne, la plaque du casque est l’aigle héraldique prussienne portant une banderole avec la devise : « Mit Gott, für König, und Vaterland » (« Avec Dieu, pour le Roi, et la Patrie ») et les lettres « FR » « Fredericus Rex » (Frédéric Roi). La particularité de cette plaque est l’ajout d’une seconde banderole inférieure plus large et qui lui est propre.

   Le texte de cette banderole « Für Auszeichnung d. vormalig Königl. Schwedischen Leib. Regt. Königin » (pour la distinction de l’ancien régiment royal suédois des gardes du corps de la reine)  marque la distinction du régiment ainsi que son origine suédoise. Le traité de Vienne de 1815 devait en effet annexer la Poméranie suédoise à la Prusse.

   Quand pourrons-nous, hélas, admirer à nouveau cette belle pièce dans un musée enfin rouvert ?!?

   Et quand verrons-nous, hélas, la réouverture de notre précieuse bibliothèque du centre-ville ?!?

    Qui vivra verra !

    Foin des regrets et place à l’histoire !

    Le texte en PDF ci-dessous, que je vous invite à lire, décrit de source sûre la marche des troupes allemandes de Werder sur Auxonne le 13 novembre 1870. En tête de celles-ci, une brigade prussienne engerbant le 34ème Régiment de Fusiliers poméraniens. Le bilan des pertes de ce dernier, s’élèvera ce jour-là à 4 blessés comme le précise en annexe l’ouvrage cité dans le PDF ci-dessous

     Les Prussiens n’entreront donc pas à Auxonne qui restera un point d’appui contre l’envahisseur.

     Dans son ouvrage L’armée de l’Est (Paris, Garnier, 1895), Genest cite à de nombreuses reprises le rôle d’Auxonne comme refuge, lieu de mise sur pied, d’équipement et d’acheminement ferroviaire de troupes.

     On peut lire ainsi page 238 : « Alors commence pour le 1er bataillon de l’Yonne une odyssée commune à presque toutes les troupes de Pontailler. Il se replie sur Auxonne, par les terres labourées et sous la pluie, comptant s’embarquer en chemin de fer pour gagner Dijon que menacent les Allemands. Les wagons manquent. Auxonne est bondé de troupes, on va coucher le 28 [novembre] à Soirans. »

   Bien gardé, le pont d’Auxonne ne contribuera donc pas à la progression des Allemands vers Dijon !

   Ceux-ci tiennent hélas Gray et ses deux ponts, et gagneront Dijon par la route de Mirebeau, tout simplement !

   Malgré cela, Grenest note avec humour que « le commandant en chef de l’armée de la Côte-d’Or [le Colonel Lavalle] est hanté par l’idée que les Prussiens, maîtres de Gray, vont essayer de passer la Saône entre Gray et Auxonne »

     Toujours selon Grenest, cette hantise entraînera la destruction préventive inutile du « magnifique pont » de Pontailler.

     Soucieux d’observer les mouvements de troupes sur la rive gauche de la Saône, le Colonel Lavalle utilisera comme poste d’observation la ligne de chemin de fer dominant la vallée entre Talmay et Essertenne et la mettra à profit pour des « reconnaissances ferroviaires ».

      Claudi emprunte aujourd’hui son illustration à Bombled. Cette reconnaissance ferroviaire de Talmay à Essertenne,  avouez qu’elle a vraiment un petit air de Guerre de Sécession !

https://www.benzinemag.net/2020/03/23/cine-classiques-le-mecano-de-la-general-le-genie-comique-de-buster-keaton/    

Novembre 1870, reconnaissances ferroviaires en Vallée de Saône.jpg

Novembre 1870, reconnaissances ferroviaires en Vallée de Saône.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 25 septembre 2021 (J+4665 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 13:32

13 NOVEMBRE 1870 : QUAND LES FUSILIERS POMÉRANIENS MARCHAIENT SUR AUXONNE - du 23 septembre 2021 (J+4663 après le vote négatif fondateur)

   Dans un précédent article, nous avions déjà évoqué la guerre franco-allemande de 1870-71, ainsi que l’une de ses premières conséquences : la chute du Second Empire

CHARMOY-CITY : CONSÉQUENCES LOCALES ET ANECDOTIQUES DU 4 SEPTEMBRE  1870 - du 23 septembre 2021

   Aujourd’hui, notre rédaction apporte une modeste contribution à l’histoire complexe et mal connue de cette guerre, éclipsée par celle de la Grande Guerre de 1914-18.

   Une contribution dans l’urgence, et une simple contribution par l’image concernant l’histoire de notre bonne ville. Une contribution de circonstance.

   Une conférence se tiendra en effet dimanche prochain 26 septembre au Salon d’honneur des Halles à 17h00. Le conférencier Patrick Serre nous y entretiendra du « Général Camille Crémer, victorieux en Côte d'Or durant l'hiver 1870-71 »

   Nous en dirons plus loin d’ici là à propos de notre bonne ville en 1870,  sachant que le Général Cremer, à notre connaissance du moins, ne s’est pas illustré à Auxonne mais dans la côte de Nuits.

   Nous apporterons aussi de plus amples informations à propos de la plaque prussienne représentée sur l’illustration de Claudi, celle du 34ème Régiment de Fusiliers poméraniens. La même que celle que porte un casque prussien de 1870 conservé dans les réserves du Musée Bonaparte « en caisses ».

  

13 novembre 1870, les fusiliers poméraniens marchent sur Auxonne.jpg

13 novembre 1870, les fusiliers poméraniens marchent sur Auxonne.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 23 septembre 2021 (J+4663 après le vote négatif fondateur)

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C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 23 septembre 2021 (J+4663 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 05:00

UCHRONIE ET STATUAIRE NAPOLÉONIENNE- du 19 septembre 2021 (J+4659 après le vote négatif fondateur)

     Votre serviteur était présent hier après-midi au concert-lecture « Napoléon Empereur » sous les halles. Ce sympathique spectacle mené dans la bonne humeur et l’enjouement a replongé son public dans l’univers musical de l’époque. Il était entrecoupé par quelques proclamations impériales, alternant avec de bons moments de poésie.

    Ce spectacle vivant et chaleureux m’a changé agréablement de la froideur minérale de la statuaire, objet de mes précédents articles.

CHARMOY-CITY : LE PREMIER CONSUL, SON BUSTE ET LE COMMISSAIRE (2) - du 17 septembre 2021     

  Il est vrai qu’en matière de statuaire, celle représentant Napoléon Bonaparte constitue à elle seule un véritable univers !

  Dans un ouvrage paru en 1837, et disponible sur Gallica, on peut lire ainsi :

     « En même temps s’élevaient sur tous les points du globe des monuments napoléoniens, qui portaient au ciel les gigantesques témoignages de l’admiration des peuples.

      Paris surtout, devenue ville de marbre et de bronze, était rempli de colonnes, d’obélisques, d’arcs de triomphe sans nombre, et comme cette reine des capitales voulait dépasser toutes les manifestations des autres villes de la terre, elle éleva, sur la place de la Concorde, la colonne Napoléonienne. »

   Fabuleux !

        Sauf que l’ouvrage sans nom d’auteur en question, intitulé Napoléon et la conquête du monde, 1812 à 1832. Histoire de la monarchie universelle, et attribué à L. Geoffroy-Château, est un livre d’histoire-fiction, une uchronie  accordant  une « prolongation » à Napoléon en reportant sa mort en 1832.

    Tout le monde sait pourtant que Napoléon est mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821 et même que certains ajoutent : « son fils Léon lui a crevé le bidon » !

    Qu’importe pour clore en beauté cette série napoléonienne, Claudi vous fait découvrir aujourd’hui la colonne Napoléonienne de la place de la Concorde, « qui fut érigée le 18 août 1831 » !

colonne impériale de la concorde.jpg

colonne impériale de la concorde.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 19  septembre 2021 (J+4659 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 05:00

CHARMOY-CITY : LE PREMIER CONSUL, SON BUSTE ET LE COMMISSAIRE (2) - du 17 septembre 2021 (J+4657 après le vote négatif fondateur)

    Dans notre précédent épisode nous avions évoqué le passage du Premier Consul dans notre région à l’occasion de la deuxième campagne d’Italie qui devait se conclure victorieusement par la bataille de Marengo et ouvrir un épisode de paix.

    Nous avions vu aussi que le buste, autour duquel tourne notre propos du moment, fut réalisé à l’occasion des brefs séjours du Premier Consul à Dijon, par le sculpteur dijonnais Larmier.

   Nous avions vu enfin que la Ville d’Auxonne fit, auprès du sculpteur, l’acquisition d’une copie destinée à honorer l’ex-lieutenant d’artillerie de 1790 devenu général et parvenu au sommet de l’État.

CHARMOY-CITY : LE PREMIER CONSUL, SON BUSTE ET LE COMMISSAIRE (1) - du 14 septembre 2021

    Il nous reste aujourd’hui à évoquer l’heure de gloire de ce buste lors de son inauguration à Auxonne, le 18 brumaire an X (9 novembre 1801) et sa triste fin survenue en 1815 après le désastre de Waterloo.

  Il existe par bonheur un document providentiel sur les fastes de l’inauguration, écrit par les acteurs de l’évènement en charge de notre ville en 1801, en tête desquels Claude-Xavier Girault, maire d’Auxonne, et nous ne sommes sans doute  pas le premier à l’avoir rencontré !

     Il s’agit de « Sans nom d’auteur, Procès-verbaux des fêtes des 17 et 18 Brumaire An 10, et de l’inauguration du buste de Bonaparte…, Dijon, Frantin, An 10 »

      Ce document, d’une grande fiabilité compte-tenu de sa date et de son origine, est disponible en ligne. Il permettra à tout un chacun de suivre « l’inauguration du buste de Bonaparte, en la grande salle de la Mairie ».

    Il  nous évitera surtout de paraphraser l’original, toujours meilleur que la copie !     

    Volées de cloches, salves de canon, défilé, musiques militaires, banquet, toasts et couplets à la gloire du Premier Consul, revivez, chers lecteurs, la fête comme si vous y étiez !

    Le document « Sans nom d’auteur, Procès-verbaux des fêtes des 17 et 18 Brumaire An 10, et de l’inauguration du buste de Bonaparte…, Dijon, Frantin, An 10 » est à votre disposition en ligne sur Gallica !

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6269653b

    À présent, quelques remarques à propos de la relation de l’inauguration donnée dans ce document. Elle permet, sans l’ombre d’un doute d’affirmer qu’en 1801 la mairie, se situait effectivement dans le bâtiment historique de la mairie actuelle, même si elle en différait encore, intérieurement et extérieurement, sur bien des points

    Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à l’itinéraire du cortège « sorti de la Mairie » puis « rentré à la Mairie ». Cet itinéraire était le suivant : « rues de la Paix, Jean-Jacques Rousseau [actuellement Antoine Masson], de Saône [actuellement Lafayette], Jean-Jacques Rousseau [actuellement Antoine Masson], de la Constitution [actuellement Marin], place  de la Liberté [actuellement Place d’Armes].

   Dans notre précédent article, nous n’avions pas encore cette certitude, nous étant référé a deux classiques : Le Vieil Auxonne de Pidoux de la Maduère, qui situe, sans autre précision, au « début du XIXième siècle », l’affectation du bâtiment à cet usage, et le Guide illustré d’Auxonne de Pierre Camp qui déclare que le bâtiment fut « acquis par la ville en 1811 pour y transférer la mairie ».

     Les recueils manuscrits Giroux/Pichard (BM Auxonne) indiquent par ailleurs que « le logis du Roi [ou logis du Gouverneur, actuelle partie historique de la Mairie] a été cédé par l’État à la ville, en exécution du décret du 9 avril 1811]. On peut donc admettre que le transfert dont fait mention  Pierre Camp est en fait un transfert de propriété.

      Cette information ainsi qu’une  lecture plus attentive des  Procès-verbaux des fêtes des 17 et 18 Brumaire An 10, et de l’inauguration du buste de Bonaparte… nous a amené à conclure qu’en 1801, la mairie se trouvait bien au même emplacement qu’aujourd’hui et à rectifier quelques dates dans notre premier article.

    Reste la question de l’emplacement exact occupé par le buste, à l’intérieur de l’Hôtel de Ville.

     Nous y avions apporté la réponse suivante dans notre précédent article : dans la « niche décorative  encadrée de pilastres sur le mur nord de la salle de réunion » au premier étage où se trouvait encore en 2013 un buste de Marianne.

    Diverses investigations nous permettent d’affirmer qu’il s’agit là d’une simple hypothèse et non d’une certitude.

     Seule la disparition du buste est certaine. Il ne survécut pas à  Waterloo,  et à la chute de l’Aigle. Louis XVIII remonta sur le trône et le buste finit fracassé par un commissaire de police de la nouvelle administration royale. (C’était sans doute, comme l’original dijonnais, un modelage en plâtre)

     Nous avons réservé à l’intention des plus fans de nos lecteurs (ils ne sont pas légion !), quelques réflexions supplémentaires sur l’hypothèse de la « niche » ainsi qu’une bibliographie sommaire en PDF

Claudi, pour finir, a tenté de résumer l’histoire en image.

Post scriptum

  Signalons pour terminer que le Musée Bonaparte ( inaccessible au public et « en caisses » depuis 2012) renferme dans ses réserves « un buste en marbre de Bonaparte Premier Consul exécuté en 1842 par Jouffroy », l’auteur de la statue de bronze monumentale de la Place d’Armes.

La courte vie auxonnaise d'un buste du premier consul.jpg

La courte vie auxonnaise d'un buste du premier consul.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17  septembre 2021 (J+4657 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
14 septembre 2021 2 14 /09 /septembre /2021 05:00

CHARMOY-CITY : LE PREMIER CONSUL, SON BUSTE ET LE COMMISSAIRE (1) - du 14 septembre 2021 (J+4654 après le vote négatif fondateur)

   Avec ce nouvel article, dont nous publions aujourd’hui la première partie, notre rédaction continue, sans désemparer, à creuser son sillon napoléonien.

   Mais une petite précision s’impose d’abord à l’adresse de nouveaux lecteurs éventuels : Charmoy-City est la  désignation que nous avons choisie, dans ce blog, pour notre bonne ville d’Auxonne depuis le « vote négatif fondateur » du 17 décembre 2008. Pour de plus amples détails, on consultera l’article en lien ci-dessous.

CHARMOY-CITY : UN DIPLÔME D’HONNEUR POUR LES ANCIENS DU 17 DÉCEMBRE  2008 - du 17 DÉCEMBRE  2019

    J’entends déjà quelques grincheux marmonner :

— Mais quel rapport entre le buste du Premier Consul et ce fameux vote du Conseil municipal ? Ce Chantecler, quel esprit tordu ! 

     Je leur réponds :

  — Moins tordu sans doute que ce vote à tirer dans les coins ! Et puis d’abord, il y a un rapport, et ce rapport le voici : le vote se déroula dans l’ancienne salle du conseil au premier étage de notre Hôtel de Ville ! 

—  Et alors ?

— Alors ? Alors, cet espace solennel – à présent divisé en divers bureaux et salle de réunion –   où les conseils municipaux successifs se tinrent de 1811 à 2013, s’il ne conserve plus le buste, en conserve du moins la trace.

—  À part la Marianne, jamais vu de buste !

— Évidemment ! L’oiseau s’est envolé du nid depuis 1815 ! Mais le nid est toujours là, cette niche décorative  encadrée de pilastres sur le mur nord de la salle de réunion !

  C’est justement dans cette niche, destinée à le recevoir, que le buste en question trôna de 1811 à 1815, bien avant que ne l’y remplace un buste de Marianne.

   Il nous reste maintenant à tenter de conter l’histoire de ce buste, prédécesseur modeste et malheureux de la monumentale statue de bronze de Bonaparte érigée en 1857, sortie presque sans encombres du processus de « dénapoléonisation » entamé après le 4 septembre 1870 et toujours présente  sur notre Place d’Armes.

CHARMOY-CITY : CONSÉQUENCES LOCALES ET ANECDOTIQUES DU 4 SEPTEMBRE  1870 - du 11 septembre 2021

    Le malheureux buste du consul fut en revanche moins chanceux car, comme nous le verrons, il ne survécut pas au premier processus de « dénapoléonisation »  de 1815.

   L’histoire de ce buste commence en 1800 à Dijon.

    En partance pour la deuxième campagne d’Italie le premier consul Bonaparte prend alors la tête de l’armée de réserve rassemblée à Dijon où il s’arrête   le 7 mai (17 floréal an VIII).                  

      Il en repart dans la matinée du 8 (18 floréal an VIII), faisant une halte de deux heures à Auxonne,  puis reprend la route en direction de Genève qu’il rejoindra dès le lendemain.  

     Lors de son retour triomphal de campagne, le vainqueur de Marengo (14 juin 1814), est à nouveau reçu à Dijon le 30 juin.

  Le sculpteur dijonnais Larmier met à profit ces brefs séjours dijonnais du Premier Consul pour le  rencontrer et modeler un  buste à son effigie (actuellement déposé au musée des Beaux-Arts de Dijon).

    On imagine l’urgence dans laquelle a pu travailler le sculpteur pour représenter un modèle qui vivait « à cent à l’heure ». Ces conditions auxquelles étaient soumises les artistes du temps, peintres et sculpteurs permettent de justifier, dans une certaine mesure, le peu de ressemblance que peuvent présenter entre elles certaines des représentations d’un même personnage à la même époque.

 

    De ce buste, la Ville d’Auxonne fera, auprès du sculpteur l’acquisition d’une copie, destinée à honorer l’ex-lieutenant d’artillerie de 1790 devenu général et parvenu au sommet de l’État.

  La suite au prochain numéro…

  En attendant, dans notre prochain épisode, de dévoiler le buste, et à l’approche du  220ième  anniversaire de son inauguration à Auxonne, le 18 brumaire an X (9 novembre 1801), Claudi a mis en image les traces écrites attestant le passage du Premier Consul dans notre région les 7 et 8 mai 1800.

POSTSCRIPTUM

   Très mobilisé dans notre « marche avec l’Empereur », nous n’en oublions pas pour autant la Croix des Sarrasins évoquée dans un précédent article.

CHARMOY-CITY : UNE CROIX ET DES SARRASINS (1) - du 05 septembre 2021

   Cet article connaîtra, dès que possible, une suite documentée.

   Pour l’heure, c’est une autre croix côte-d’orienne qui fait la une de la presse locale et nationale !

https://www.bienpublic.com/faits-divers-justice/2021/09/11/en-faisant-du-sport-il-detruit-la-croix-de-charlemagne-et-perd-un-testicule

https://www.lefigaro.fr/culture/en-pleine-seance-d-exercice-un-homme-detruit-la-croix-de-charlemagne-d-aloxe-corton-et-perd-un-testicule-20210914

      Espérons seulement que dans notre dynamique vivier sportif auxonnais présent le 5 septembre dernier « aux Sarrasins » nous n’ayons pas un tel acharné de la grimpette !!

Dijon et Auxonne, étapes du Premier Consul vers Marengo.jpg

Dijon et Auxonne, étapes du Premier Consul vers Marengo.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14  septembre 2021 (J+4654 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

 

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 05:00

CHARMOY-CITY : CONSÉQUENCES LOCALES ET ANECDOTIQUES DU 4 SEPTEMBRE 1870 - du 11 septembre 2021 (J+4651 après le vote négatif fondateur)

    Dans notre précédent article, nous avions évoqué le 4 septembre 1870

CHARMOY-CITY : D’UN 4 SEPTEMBRE  L’AUTRE - du 08 septembre 2021

     Le 4 septembre 1870, la République était proclamée sur les cendres fumantes du Second Empire défait par la Prusse de Guillaume.

    Un tel changement ne va jamais sans conséquences sur les signes du pouvoir déchu, inscrits dans les rues et sur les places d’un pays. Il arrive parfois aussi que  l’« épuration » épargne quelques-uns de ces signes.

   Ainsi de la statue de Napoléon Bonaparte érigée en 1857 sur notre place d’Armes sous le règne de son neveu Louis-Napoléon Bonaparte, le futur vaincu de Sedan.

    Par bonheur, on se contenta, en guise de « dénapoléonisation »  d’envoyer symboliquement à la fonte les quatre aigles de bronze qui en ornaient à l’origine le piédestal.

CHARMOY-CITY : BONAPARTE    MENACÉ PAR LES DÈBOULONNEURS ? (1) - du 15 juin 2020

   L’actuelle rue Carnot, qui n’échappa pas à la « dénapoléonisation »,  est un modèle « caméléonesque » de désignation au gré des régimes. Nommée rue d’Artois (le roi Charles X était Comte d’Artois) sous la restauration, elle devint rue d’Orléans après la révolution de 1830 quand Louis-Philippe Ier d’Orléans monta sur le trône. Après la chute de ce dernier en 1848, et  un court épisode républicain clos par le coup d’état du 2 décembre 1851, puis l’avènement du Second Empire en 1852, elle prit le nom de rue Louis Napoléon.

       Après la chute de Napoléon III (Louis-Napoléon Bonaparte) elle devint rue des Casernes, puis rue Carnot dans la dernière décennie du siècle à la suite de l’assassinat du Président de la République Sadi Carnot par l’anarchiste italien Caserio.

   À propos de Casernes, l’actuel Quartier Bonaparte, occupant les bâtiments de l’ancienne École Royale d’Artillerie, se nommait avant 1870, Caserne Napoléon.

    Il  prit le nom de Caserne Chambure après la chute du Second Empire. C’est sans doute l’arrivée dans ses murs, entre les deux guerres, du 1er  Régiment d’Artillerie Divisionnaire, héritier des traditions du Régiment de La Fère qui motiva, en 1935, la désignation de Quartier Bonaparte qu’il conserve aujourd’hui.

    Pour passer au monde de l’enseignement et de l’éducation nous citerons le cas de l’actuel Lycée Prieur.

   Durant un court épisode,  et par décret impérial du 18 mai 1863, suite à la demande du Conseil municipal d’Auxonne, Claude Phal-Blando étant maire, il prit le nom de Collège Bonaparte.

.  L’établissement connaît ainsi, lors des années 1863-64 un essor particulier concrétisé par la réalisation d’importants travaux : aménagements intérieurs et installation de  dortoirs dans les combles. Un fronton est construit, portant les armes de la Ville d’Auxonne et, en lettres d’or, l’inscription prestigieuse : Collège Bonaparte.

   Les élèves portent un uniforme à boutons dorés. Sur ces boutons figurent l’aigle impériale et l’inscription « Collège Bonaparte Auxonne ».

   Dans le même temps, on restaure la « Chambre Bonaparte » à l’extrémité nord du premier étage Un chambre qui  n’abrita jamais le sommeil du Lieutenant Bonaparte  comme le démontrera plus tard l’article suivant : A. Cornereau, Une supercherie de l’histoire d’Auxonne, La chambre de Bonaparte, M émoires de la Societé Bourguignonne de Géographie et d’Histoire,  Dijon, 1904.

   . Cette pièce, un salon sans doute, faisait en réalité partie de  l’appartement de Jean-Louis Lombard professeur de mathématiques aux Ecoles Royales d’Artillerie. Si Bonaparte n’y dormit jamais, de nombreux témoignages attestent cependant qu’il y rendit de fréquentes visites à son professeur.

   Les forts en maths pourront découvrir dans l’un de nos anciens articles, une vision assez libre, mais très proche de la réalité, de la dite « Chambre de Bonaparte ».

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (6) - du 25 septembre 2017

     Claudi vous fait découvrir dans son illustration du jour la plaque en lettres d’or au fronton du Collège Bonaparte, reconstituée fidèlement d’après un cliché de ses fragments (conservés actuellement dans les réserves du Musée) et le fameux bouton doré de l’uniforme des collégiens d’avant la chute du Second Empire (coll. part.).

   Pour terminer, ajoutons que le Collège Bonaparte devint après la défaite de 1870 Collège municipal d’Auxonne, et ce, jusqu’en 1895, date à laquelle, à la demande du Conseil municipal, confirmée par décret du président de la République, le Collège municipal devint Collège Prieur de la Côte d’Or. Une nouvelle plaque fut donc posée pour remplacer la précédente, elle subsiste encore aujourd’hui au-dessus du porche d’entrée.

    Elle a pour vis-à-vis une autre plaque sur la maison natale de Prieur. On en apprendra plus sur Prieur en consultant l’article en lien ci-dessous.

CHARMOY-CITY : LA MAISON NATALE DE CLAUDE-ANTOINE PRIEUR À LA UNE - du 28 NOVEMBRE  2019

 POST-SCRIPTUM

   Les thèmes napoléoniens étant d’une brûlante actualité nous avons dû abandonner momentanément la Croix des Sarrasins. Que nos lecteurs se rassurent cependant, la suite de l’article en lien ci-dessous est toujours au programme.

CHARMOY-CITY : UNE CROIX ET DES SARRASINS (1) - du 05 septembre 2021

 

Quand le nom de Bonaparte ornait le fronton du collège d'Auxonne.jpg

Quand le nom de Bonaparte ornait le fronton du collège d'Auxonne.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 11 septembre 2021 (J+4651 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 05:00

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (6) - du 29 août 2021 (J+4638 après le vote négatif fondateur)

    Nous avons interrompu dernièrement notre très studieuse série « cahiers de vacances » par un petit intermède relatif à la santé du jeune Bonaparte et à  sa volonté de s’adresser à l’un des plus célèbres médecins se son temps.

QUAND LE JEUNE BONAPARTE CONSULTAIT LE DOCTEUR TISSOT DE GENÈVE- du 26 août 2021

   Pour le bonheur de notre classe fidèle de lecteurs studieux, nous la reprenons aujourd’hui par un sixième et dernier cahier.

    Dernier cahier, comme c’est dommage !

    Eh oui les amis ! Avec la rentrée, finis les cahiers de vacances ! Au feu les cahiers, et le maître au milieu !

    Car la rentrée arrive à grands pas, et pour l’enseignant retraité, voici venir le temps du CRPRC !

   Du CRPRC ??

   Oui un syndrome encore trop ignoré qui touche nombre d’enseignants retraités et pour lequel il n’existe pas de vaccin !

   Vous voulez en savoir plus ?

    Alors reportez-vous à notre article de rentrée de l’an dernier et vous saurez tout, tout, tout sur le CRPRC…et autres curiosités de la dernière  rentrée…

CHARMOY-CITY : ICI COMME AILLEURS, DEMAIN C’EST LA RENTRÉE !  - du 31 août 2020

   Avant que nous évoquions la prochaine et son lot de curiosités !

   Pour l’heure, revenons à nos « cahiers de vacances ».

   Le précédent nous avait conduit à Cambrai en 1820 auprès du médecin-poète Anthelme Peysson partisan convaincu autant que convaincant de la Vaccine.

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (5) - du 25 août 2021

   Des pièces liminaires de son opuscule littéraire (Anthelme Peysson, La Vaccine, poëme, Paris, 1820), nous avions examiné, dans notre cinquième cahier, l’exergue et la dédicace. Nous consacrerons le présent cahier, le sixième et dernier, à l’examen de l’excellent avant-propos.

  Nos lecteurs assidus pourront en lire à loisir la copie en PDF

    Dans son avant-propos, Anthelme Peysson médecin de formation très classique, se réfère à Hippocrate pour justifier son recours à l’éloquence dans le but de faire triompher la vérité.

   C’est par la plume qu’il combattra donc « les erreurs et les préjugés » qui s’opposent à la propagation de la Vaccine, en en célébrant « les bienfaits ».

    Bon citoyen, il déclare en cela, « pouvoir seconder les vues philanthropiques du gouvernement » qui soutient « la merveilleuse découverte de Jenner ». Il déplore en effet que « notre belle patrie ne soit pas entièrement affranchie de la petite vérole [la variole] malgré la protection que le ministère de l’intérieur accorde à la Vaccine ».

    À travers deux siècles, ce discours résonne avec notre actualité, mais la partie la plus surprenante en la conclusion féministe avant la lettre que nous citons :

   « les femmes qui font toujours ce qu’elles veulent faire, ne consentiront jamais à perdre l’empire de la beauté ; la Vaccine triomphera donc de l’ignorance et du charlatanisme »

    L’argument, s’il surprend, est néanmoins pertinent puisque la variole occasionnait des cicatrices sur les visages « grêlés » de ses  victimes. Mirabeau reste le plus célèbre de ces visages « grêlés ». Par ce dernier argument qui lui assurait d’emblée le soutien du »beau sexe », Anthelme Peysson se révélait un excellent communicant !

   Claudi a mis en image le superbe argument en mettant en scène la belle Madame Récamier, cousine par alliance du pionnier de la gynécologie, Joseph-Claude-Anthelme Récamier (1774-1852).

    Encore un Anthelme ! Oui, le docteur Récamier, tout comme Anthelme Peysson et son père Joseph était natif du Bugey, plus précisément de Rochefort à une quinzaine de kilomètres en aval de Seyssel sur le Rhône.

   Et rien n’interdit de penser que ces notables, contemporains, et originaires du Bugey aient pu se connaître !

   Fin de nos « cahiers de vacances » ! Ouf !!

 

 

Vaccine, une beauté convaincue par le Docteur Peysson.jpg

Vaccine, une beauté convaincue par le Docteur Peysson.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 29 août 2021 (J+4638 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 10:52

QUAND LE JEUNE BONAPARTE CONSULTAIT LE DOCTEUR TISSOT DE GENÈVE- du 26 août 2021 (J+4635 après le vote négatif fondateur)

    À suivre les réseaux sociaux, nos fidèles lecteurs auront pu constater qu’il y a du Bonaparte dans l’air.

    La rédaction de Chantecler, qui suit l’air du temps,  et qui ne voudrait pas  être en reste, interrompt donc la publication de ses « cahiers de vacances » pour offrir à ses lecteurs, dans la tonalité de ses « cahiers de vacances »,  un petit intermède sur le jeune Bonaparte, la médecine et la santé.

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (5) - du 25 août 2021

     De l’air auxonnais, de nos jours encore réputé humide, et qui l’était encore beaucoup plus il y a quelques siècles, lorsque la ville était cernée de zones marécageuses, le futur empereur se plaignait des miasmes.

     Dans une lettre à sa mère, datée du 12 janvier 1789, il écrit ainsi :

     « Ma santé, qui est enfin rétablie, me permet de vous écrire longuement. Ce pays-ci est très malsain, à cause des marais qui l’entourent et de fréquents débordements de la rivière qui remplissent tous les fossés d’eau exhalant des vapeurs empestées. J’ai eu une fièvre continue pendant certains intervalles de temps et qui me laissait ensuite quatre jours de repos, venait m’assiéger de nouveau pendant tout autant de temps [N.D.L.R. : sans doute une des nombreuses formes de « fièvre intermittente » en honneur dans les nosographies de l’époque]. Cela m’a affaibli, m’a donné de longs délires et m’a fait souffrir une longue convalescence. […] »

    (Cité par  le Commandant Maurice Bois dans Napoléon Bonaparte  lieutenant d’artillerie à Auxonne, Paris, Flammarion, 1898, pp. 47-48. Le commandant Bois signale en note à ce propos que la situation perdure à son époque et qu’il espère beaucoup du comblement prochain des fossés !).

      Le jeune Bonaparte, sans être hypocondriaque, était  donc très soucieux de sa santé et de son hygiène, c’est ainsi que depuis « les montagnes de Corse où l'on se sert peu de médecin », il n’hésite pas à consulter, par lettre envoyée sur le continent, l’un des plus célèbres médecins de l’époque.

     Ce médecin suisse, le Docteur Samuel Auguste Tissot (1728-1797), ami et médecin de Jean-Jacques Rousseau et de têtes couronnées, connaît une grande notoriété. Ses ouvrages (Avis au Peuple sur sa santé, L’Onanisme, De la santé des gens de lettres) connaissent un grand succès. Ils sont lus et traduits dans toute l’Europe.

     C’est donc un an environ avant de découvrir Auxonne que Bonaparte écrit d’Ajaccio, le 1er avril 1787, une longue lettre au Docteur Tissot au sujet… de la goutte dont souffre son grand-oncle Lucien Bonaparte, archidiacre d’Ajaccio.

       Dans cette lettre, Bonaparte n’omet pas de conclure en passant sur sa propre santé et se dit « tourmenté d’une fièvre tierce » dont les accès justifieraient le peu de lisibilité de son « griffonnage » ! En Corse, comme à Auxonne, si l’on en croit du moins ses écrits, la santé du jeune Bonaparte n’était pas vraiment florissante !

     C’est à la moitié du premier séjour en Corse de Bonaparte (Septembre 1786-septembre 1787) que la lettre fut envoyée. Ce premier séjour concluait huit longues années passées sur le continent, dans les écoles militaires, d’Autun à Paris en passant par Brienne, et pour finir au régiment de la Fère à Valence.

    La lettre fut conservée, mais Tissot n’y répondit pas, se contentant de l’archiver avec la mention « Lettre non répondue, peu intéressante ».

     Il ne faut pourtant jamais désespérer. Un demi-siècle plus tard, Charles Eynard publiera la lettre de Bonaparte dans son ouvrage Essai sur la vie de Tissot, Lausanne, 1839.

     Les curieux ne manqueront pas de prendre connaissance de la dizaine de pages que consacre Eynard à cet épisode médical de la vie du jeune Bonaparte.

    N.B. : C’est à Paoli que fait référence Bonaparte en écrivant au début de sa lettre : « il est vrai que l’éloge court et glorieux que vous avez fait des leur aimé général ». Paoli est « l’aimé général » des Corses.

     Les curieux ne manqueront pas de prendre connaissance de la dizaine de pages que consacre Eynard à cet épisode médical de la vie du jeune Bonaparte.      N.B. : C’est à Paoli que fait référence Bonaparte en écrivant au début de sa lettre : « il est vrai que l’éloge court et glorieux que vous avez fait des leur aimé général ». Paoli est « l’aimé général » des Corses.

Les curieux ne manqueront pas de prendre connaissance de la dizaine de pages que consacre Eynard à cet épisode médical de la vie du jeune Bonaparte. N.B. : C’est à Paoli que fait référence Bonaparte en écrivant au début de sa lettre : « il est vrai que l’éloge court et glorieux que vous avez fait des leur aimé général ». Paoli est « l’aimé général » des Corses.

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 août 2021 (J+4635 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
19 août 2021 4 19 /08 /août /2021 08:30

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (4) - du 19 août 2021 (J+4628 après le vote négatif fondateur)

    Notre précédent « cahier de vacances », le troisième, avait mis en lumière l’estime et l’attachement que Napoléon portait à sa sœur cadette, la princesse Elisa.

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (3) - du 16 août 2021

    Le second avait révélé l’œuvre de la princesse en matière de vaccination

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (2) - du 12 août 2021

    En ce qui concerne la suite, nos furetages autour de l’histoire de la vaccine et de l’épopée napoléonienne nous ont conduit à la rencontre d’un médecin militaire : Jean-Claude-Anthelme Peysson, plus souvent désigné sous le nom d’Anthelme Peysson dont les écrits et les actes nous ont semblé dignes d’examen.

   Anthelme Peysson (1786-1848) naît à Seyssel (Ain) d’un père médecin. C’est un contemporain du médecin auxonnais Jean-Baptiste Bolut (1798-1873), et comme lui un ardent partisan de la vaccine, comme nous le verrons dans le prochain et dernier « cahier de vacances »

ALBUM « J.-B. BOLUT (1798-1873), le vaccinateur auxonnais aux trois médailles »

        Pour l’heure consacrons le présent « cahier de vacances » à suivre les premiers pas du jeune médecin Anthelme Peysson dans la carrière. Il soutient sa thèse en 1806, à Montpellier, comme l’avait fait avant lui son père Joseph Peysson.

     Le 25 mars 1807, à l’âge de 21 ans, Anthelme prend du service dans la Grande Armée au titre de médecin adjoint et rejoint l’armée de Pologne dans les hôpitaux de Thorn.

   Moins d’un an plus tard, le 27 janvier 1808 c’est l’armée d’Espagne qu’il rejoint au titre de médecin ordinaire. À propos de cette période, nous avons tiré de sa nécrologie (Journal de médecine de Lyon, 2ième série Tome III n° 13 -janvier 1848)  quelques éléments intéressants.

     Le médecin ordinaire Anthelme Peysson sert dans les hôpitaux de Madrid, Séville, Tolède et Grenade. En 1812, lors de la retraite d’Andalousie il est nommé, par le Maréchal Soult, président d’une commission chargée de combattre une épidémie de fièvre jaune sévissant dans la région de Murcie, plus précisément à  Ziégar, Kumilia et Jéclan [ N.D.L.R. : Cieza Jumilla et Yecla dans la nomenclature actuelle]. Si l’on en croit l’article nécrologique cité, il parvient à juguler  l’épidémie en six semaines, ce qui lui vaut d’être félicité publiquement par l’Inspecteur-Général de Santé Coste (1741-1819).

      À la suite de son  expérience espagnole, Anthelme Peysson publiera en 1818 un mémoire intitulé : Histoire de la fièvre jaune qui fut observée parmi les troupes françaises en Espagne en 1812. Le Nouveau journal de médecine, pharmacie et chirurgie de janvier 1819 rendra compte de la publication en mentionnant que « M. Peysson croit à la contagion de la fièvre jaune ».

    En fait, la fièvre jaune, maladie virale comme la variole ou la COVID, n’est pas à proprement parler contagieuse car elle ne peut être transmise d’homme à homme sans l’entremise d’un moustique, hôte intermédiaire et vecteur  du virus.

      Des vaccins contre la fièvre jaune ne seront mis au point que dans la première moitié du siècle dernier.

     En ce qui concerne la variole, d’étiologie beaucoup moins énigmatique vers 1800 que la fièvre jaune, le vaccin existait dès la fin du XVIIIième  siècle, et nous verrons dans notre prochain « cahier de vacances » le zèle qu’Anthelme Peysson, mit, à la suite de son père, à en promouvoir l’usage et la diffusion.

       Toujours dans le cadre des guerres napoléoniennes, empruntons à l’historien de la médecine Jean Théodoridès cette remarque, rien moins qu’anecdotique à propos de la fièvre jaune : « l’épidémie de Saint-Domingue (Haïti) […] décima le corps expéditionnaire français envoyé par Napoléon pour la reconquête de l’île en faisant 29 000 morts parmi les 33 000 soldats et marins le composant. C’est cet échec qui détermina la France à vendre la Louisiane aux États-Unis » ( Jean Théodoridès Des miasmes aux virus, Paris, Pariente)

    En attendant, Claudi s’est mis en quatre pour vous offrir  aujourd’hui une illustration inédite de l’action du médecin ordinaire Anthelme Peysson lors de l’épidémie de fièvre jaune dans le secteur de Murcie en 1812.

Retraite d'Andalousie 1812, le Docteur Peysson et la fièvre jaune .jpg

Retraite d'Andalousie 1812, le Docteur Peysson et la fièvre jaune .jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 19 août 2021 (J+4628 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire
16 août 2021 1 16 /08 /août /2021 10:56

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (3) - du 16 août 2021 (J+4625 après le vote négatif fondateur)

    C’était hier le 252ième  anniversaire de la naissance de Napoléon Bonaparte et en plein après-midi, comme pour venir saluer cet anniversaire d’un foudre de guerre, le tonnerre de l’orage a éclaté sur notre bonne ville déclenchant une mitraille de grêlons épars tambourinant sur les vieux toits.  Plus pacifiquement,  nous dédions à la  mémoire  du « Petit Caporal » ce 3ième « cahier de vacances ».

   Un cahier dans lequel les amateurs studieux pourront entrer à défaut d’entrer au Musée pour y suivre un guide avisé…

CHARMOY-CITY, EN SUIVANT LE GUIDE - du 14 août 2021

    Notre  précédent cahier était consacré à Elisa Bonaparte, sœur cadette préférée de Napoléon et administratrice avisée, notamment en matière de vaccination

CAHIERS DE VACANCES À CHARMOY-CITY : VACCINATION ET HISTOIRE (2) - du 12 août 2021  

    Le présent cahier fera d’abord un point rapide sur Napoléon et la vaccination, thème largement repris dans les médias, et les médias corses tout particulièrement…

https://www.corsematin.com/articles/storia-nostra-1811-quand-napoleon-ordonnait-de-vacciner-le-roi-de-rome-lempereur-decrete-la-mobilisation-contre-la-variole-115134

   Il est clair que sur ce point, il n’y a plus grand-chose à inventer !

   Reprenant le thème rebattu de Napoléon et de la vaccine, nous dirons en résumé que Napoléon fut toujours un fervent partisan de la vaccination dont il vanta les mérites et assura la promotion. En mai 1811, il fit vacciner son fils Napoléon-François, Roi de Rome (l’Aiglon) à l’âge d’un mois.

    La large publicité qu’il donna à l’évènement constitua, n’en doutons pas, une forte incitation pour tous les parents à faire de même. Notons toutefois qu’en dépit de fortes et nombreuses incitations, l’Empereur, à la différence de sa sœur Elisa, ne décréta jamais l’obligation vaccinale. Pourquoi ?  En raison sans doute des difficultés d’application d’une telle mesure sur toute l’étendue de l’Empire….

   C’est donc un siècle plus tard que la vaccination contre la variole fut imposée par un décret d’application de la loi du 15 février 1902 en ces termes :

« La vaccination antivariolique est obligatoire au cours de la première année de la vie, ainsi que la revaccination au cours de la onzième et de la vingt-et-unième année »

    Sans sortir totalement du domaine de la médecine nous terminerons cet article par un témoignage du médecin François Antomarchi qui, à partir de septembre 1819 assista l’Empereur malade jusqu’à sa mort le 5 mai 1821.

  En 1825, il publie à Bruxelles les Derniers moments de Napoléon, ou complément du Mémorial de Ste-Hélène. Cet ouvrage constitue avec Napoléon dans l’exil,  témoignage de  O’Meara, précédent médecin de l’Empereur à Sainte-Hélène expulsé par l’autorité anglaise en juillet 1818, un complément intéressant du très  célèbre Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases.

 

    Dans le cadre restreint de cet article nous évoquerons seulement le témoignage d’Antomarchi relatif aux relations privilégiées entre Napoléon et sa sœur Elisa.

   À la date du 26 décembre 1820 ( page 793, tome 2, de l’édition illustrée du  Mémorial, suivi de Napoléon dans l’exil et de Derniers moments de Napoléon Paris, Bourdin, 1842 ) Antomarchi note :

     « L’Empereur a passé une meilleure nuit. Il lit avec avidité les journaux venus d’Europe ; il apprend la mort de sa sœur, la princesse Elisa. Cette nouvelle le plonge dans la stupeur. Il était dans son fauteuil, la tête penchée, immobile, en proie au plus profond chagrin. »

    Cette triste nouvelle avait mis plus de quatre mois pour parvenir à l’exilé, puisque la princesse, alors âgée de 33 ans était morte prématurément au début d’août 1820, près de Trieste, dans la Vénétie alors autrichienne.

    À la page 795, Antomarchi rapporte les paroles de l’Empereur à propos de cette sœur aimée. Nous en donnons ici un long passage :   

       « Elle était devenue extrêmement délicate. Elle m’assurait qu’elle eût été obligé [sic] de garder constamment le lit, si elle eût voulu s’écouter, qu’il n’y avait que la grande activité qui pût la faire vivre.

     Je suis de son avis, je pense qu’une vie active est toujours favorable à la santé ; j’en ai fait l’expérience sur moi-même et vous pouvez observer aujourd’hui les conséquences du régime contraire.

    Dès son enfance Elisa fut fière et indépendante, elle nous tenait tête à tous. Elle avait de l’esprit, une activité prodigieuse, et connaissait les affaires de son cabinet, de ses États, aussi bien qu’eût pu le faire le plus habile diplomate.

  C’était elle qui s’occupait des affaires extérieures […] et quelquefois même me forçait de me mêler des discussions.

   Vive, sensible, elle était facilement émue. La moindre contrariété suffisait à la mettre en colère, mais cette colère s’évanouissait presque aussitôt car Elisa avait un cœur excellent, élevé, généreux. »

   Ce témoignage montre que dans l’aventure impériale de Napoléon, les relations avec sa fratrie constituent un important volet.

   En ce 16 août de l’année 2021, année de commémoration de la mort, le 5 mai 1821, de l’Empereur en exil à Sainte-Hélène, Claudi emprunte à Antomarchi son témoignage, et à l’illustrateur des Derniers moments de Napoléon son image du jour…

Au seuil de l'année 1821, triste nouvelle pour l'Empereur.jpg

Au seuil de l'année 1821, triste nouvelle pour l'Empereur.jpg

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 août 2021 (J+4625 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Visions d’histoire

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Visions d'histoire