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  • Claude Speranza, Auxonnais
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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 07:11

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 5ème ÉPISODE - du 17 mars 2017 (J+3012 après le vote négatif fondateur)

Cet épisode, le cinquième, de notre feuilleton Un viaduc pour l’avenir, sera le dernier a être directement inspiré de l’ouvrage de José Herbert, intitulé Signé la grande faucheuse paru en 2009 aux éditions ATRIA. Non sans exprimer publiquement à José Herbert notre profonde gratitude nous le quitterons donc aujourd’hui à la fin du présent épisode. Mais, c’est promis, notre feuilleton se poursuivra vaille que vaille, comme celui de la campagne !

La raison de ce tournant ? C’est que le texte de José Herbert prend dans les pages suivantes une tonalité macabre, ce que pouvait laisser supposer son titre !

Or notre but déclaré, n’est pas de faire pleurer dans les chaumières, mais plutôt d’y provoquer un rire de bon ton. Tant pis pour ceux qui aiment les discours tire-larmes, nous les renvoyons pour cela à l’actualité et aux tirades matamoresques de François saint et martyr balafré, le Saint Sébastien moderne de la bastos qui « ne baisse pas la tête devant les balles de [ses] adversaires » !

https://www.youtube.com/watch?v=RbKNIww3MwA

Revenons à présent à nos moutons. Nous avions conclu notre précédent épisode sur ces mots : « Remis de la frayeur du premier saut, Roméo, d’un air matois, supputait déjà les vertus bienfaisantes du caoutchouc. Il admirait ravi son élasticité stupéfiante et ses capacités de rebond propres à faire pâlir d’envie le plus roué des politiques. Tout cela le laissait rêveur, mais Roméo ne soupçonnait pas encore les vertus bienfaisantes du caoutchouc en matière de microéconomie domestique ! »

José Herbert poursuit :

« Roméo, en bon gestionnaire, dit à Juliette : rentrons, ce soir nous récolterons. La société des sauts à l’élastique œuvra jusqu’à dix-huit heures. Ce jour-là Roméo bouda le rendez-vous quotidien qu’il s’octroyait habituellement avec les copains au bistrot. »

Quel pouvait bien être le motif de cette dérogation inhabituelle, de cet accroc imprévu dans le train-train immuable de la vie du paisible retraité ?

Toujours est-il qu’un véritable regain d’énergie mettait en branle le couple à présent fébrile au fond de sa petite vallée.

« Avec Juliette, il courut à la chasse au trésor dans son petit jardin, muni d’un panier en osier, comme les cueilleurs de champignons, ou les ramasseurs d’œufs de Pâques, ne négligea point les dessous des laitues, la toiture de son cabanon dans lequel il rangeait ses outils et ce qu’il trouva le remplit d’aise »

Et que trouvèrent nos deux héros dans cette cueillette impromptue sous l’arche du grand viaduc dont le soleil, déjà déclinant à cette heure, projetait l’ombre grandissante sur le fond de la petite vallée ?

« Des pièces de monnaie, des billets de banque, peu en fait, car le léger souffle de vent emmenait ces délicats papillons vers des destinations plus éloignées, des clés, des briquets, des portefeuilles et leurs mystères, des chaussures, des sous-vêtements, des perruques, des dentiers, des montres […] »

Cette manne tombée du ciel ravissait notre Roméo sans altérer pour autant le souci de probité qu’il portait chevillé au corps :

« Bien sûr, le vieil homme honnête, rendait les objets quand leurs propriétaires […]

descendaient la pente [pour demander] poliment si par hasard la petite culotte, la perruque ou le portefeuille, n’avaient point atterri dans les choux du jardin de l’heureux propriétaire. Roméo, avec diplomatie, faisait comprendre qu’une petite pièce serait la bienvenue en échange de la restitution de l’objet perdu et se faisait ainsi pendant la saison touristique, une petite fortune […] »

Toute peine mérite salaire bien entendu. Et c’est en authentique caddie des anges volants du latex que Roméo gagnait sa brioche du dessert à la sueur de son front. Les retombées en matière d’emploi, ainsi que leur caractère novateur, dépassaient donc toutes les prévisions et toutes les espérances ! Et du coup :

« [Roméo] se dit qu’après tout le viaduc avait du bon et qu’il avait eu tort de manifester contre sa construction. Pour rien au monde, il n’aurait maintenant donné sa place […] »

Voilà une bonne leçon d’optimisme et d’adaptabilité au nouveau marché, à destination de tous les grincheux conservateurs qui pleurent les marchés aux choux-fleurs et le temps du fil à couper le beurre chez la crémière du coin dans son petit magasin. Comme quoi, par les temps qui courent, en matière de développement, il est encore possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre : à la fois réaliser l’équipement et combler les mécontents !

Un viaduc pour l'avenir (5)

Un viaduc pour l'avenir (5)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 mars 2017 (J+3012 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 6
15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 08:03

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 4ème ÉPISODE - du 15 mars 2017 (J+3010 après le vote négatif fondateur)

Après une longue parenthèse, voilà enfin un nouvel épisode du « Viaduc » !

Cher lecteur, tu connais bien à présent José Herbert, « l’instituteur impertinent » auquel nous empruntons la base textuelle de ce feuilleton. Si tel n’est pas le cas, alors reporte-toi aux précédents épisodes.

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 3ème ÉPISODE - du 22 février 2017

Poursuivons à présent notre lecture des morceaux choisis de l’ouvrage de José Herbert intitulé Signé la grande faucheuse, paru en 2009 aux éditions ATRIA :

« On fit une demande à l’UNESCO pour un éventuel classement au patrimoine mondial. Une société de saut à l’élastique eut la permission, sollicitée auprès des pouvoirs publics, de proposer ses services payants à la clientèle de passage. Elle noua ses cordons caoutchoutés au parapet du pont devenu célèbre. »

À propos de « classement au patrimoine mondial », l’auteur nous laisse sur une ambiguïté. Qu’est-ce-qui sera classé ? Le viaduc, le village ? L’ensemble ? Et dans cette dernière éventualité, le label UNESCO concernera-t-il la « vieille bâtisse, bien conservée » de Roméo et Juliette « dans le fond d’une petite vallée », parant alors la propriété et ses heureux possesseurs d’un prestige enviable ? La question reste ouverte.

Ce qui est certain, c’est que le grand saut dynamisateur vers le développement, apporte avec lui son corollaire sportif le « saut à l’élastique ». Du sport, encore du sport, toujours du sport ! Notre feuilleton devrait ravir nos lecteurs, heureux habitants de Charmoy-City, ville dynamique et sportive entre toutes !

On imagine fort bien l’équipe municipale, maire en tête, plongeant la tête la première du viaduc sous la direction d’un coach avisé. C’est ainsi que l’on galvanise, que l’on dynamise et que l’on revitalise une équipe gagnante de managers retaillés et imaginatifs, une équipe à riper la Lune ! Et comme dirait mon quincailler : des managers galvanisés, ça résiste mieux à la rouille et surtout aux embrouilles !

En attendant, ce n’est pas à Monsieur le Maire, et à son équipe à riper la Lune que José Herbert, « l’instituteur impertinent », donne l’honneur d’inaugurer le plongeoir. Ils ont déjà leur compte, puisqu’ils ont inauguré le viaduc en grande pompe, c’est donc une « jeune demoiselle » qui inaugurera le plongeoir. Poursuivons notre lecture :

« C’est ainsi que Roméo et Juliette, avec une frayeur qui leur fit ouvrir la bouche sans qu’il en sorte un son, assistèrent au premier saut proposé par cette célèbre société de saut à l’élastique. […] une jeune demoiselle [plongea] du haut de la rambarde du viaduc, […] s’approcha dangereusement des tomates du jardin des retraités [et] rebondit vers les hauteurs »

Les tomates en rougirent-elles ? Le récit ne nous le dit pas. Toujours est-il que ce saut initial venait de marquer l’ouverture d’un feu vert et d’une nouvelle ère pour nos paisibles propriétaires « au fond d’une petite vallée ».

Remis de la frayeur du premier saut, Roméo, d’un air matois, supputait déjà les vertus bienfaisantes du caoutchouc. Il admirait ravi son élasticité stupéfiante et ses capacités de rebond propres à faire pâlir d’envie le plus roué des politiques. Tout cela le laissait rêveur, mais Roméo ne soupçonnait pas encore les vertus bienfaisantes du caoutchouc en matière de microéconomie domestique !

Au fait, avez-vous reconnu la « jeune demoiselle » que Claudi a choisi dans son casting de vedettes ? C’est notre Bécanine, la cycliste câline que nous avions découvert l’été dernier dans la fièvre pédaleuse aux p’tits oignons qui envahissait nos rues…

LE TOUR DES TOURS DE BÉCANINE - du 24 Août 2016

Précisons encore une fois que le texte de notre feuilleton est emprunté à José Herbert, « l’instituteur impertinent ». Cette dernière précision à destination de certains lecteurs qui nous disent avoir fait un rapprochement entre le présent feuilleton et un ouvrage cité dans l’un de nos précédents articles.

PARU À LA BIBLIOTHÈQUE IMAGINAIRE DE CHARMOY-CITY - du 13 janvier 2017

Libre à eux de faire les rapprochements qu’ils veulent ! Pas de lecture enrichissante sans liberté d’interprétation du lecteur ! Toute lecture n’est-elle pas un miroir qui nous renvoie l’image de nos intérêts et de nos préoccupations, et comme disait Nicolas Gogol : « Il ne faut pas s’en prendre au miroir quand on a la gueule de travers ! »

Patience ! Et à bientôt pour notre prochain épisode prévu initialement pour être le dernier (cris de déception dans la salle) ! Mais qui sait, on a vu souvent des feuilletons rebondir et se prolonger… De cela, l’actualité nous donne chaque jour l’exemple !

Lu dans la presse locale : Après « l’embrouille autour des boîtes de cassoulet », Le Bien public nous informe aujourd’hui que « la délinquance baisse à Auxonne ». À la bonne heure !

Un viaduc pour l'avenir (4)

Un viaduc pour l'avenir (4)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 mars 2017 (J+3010 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 6
22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:54

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 3ème ÉPISODE - du 22 février 2017 (J+2989 après le vote négatif fondateur)

Cher lecteur, je te sens impatient de poursuivre ta lecture de quelques morceaux choisis de l’ouvrage de José Herbert, l’« instituteur impertinent », ouvrage intitulé Signé la grande faucheuse et paru en 2009 aux éditions ATRIA.

Tu as peut-être acheté l’ouvrage entretemps, José Herbert va être content ! Mais dans ce cas je perds mon temps. Pas d’affolement, les gens sont tellement regardants, qu’il va me rester des clients !

Retrouvons maintenant Roméo et Juliette, les heureux acquéreurs d’« une vieille bâtisse, bien conservée » coulant des jours paisibles « dans le fond d’une petite vallée ». Dans le précédent épisode nous en étions restés au projet de viaduc au-dessus de la vallée…

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 2ème ÉPISODE - du 16 février 2017

Pour apprendre l’avis de nos deux tourtereaux sur le projet, donnons la parole à José Herbert :

« Roméo et Juliette et quelques autres furent résolument contre. »

C’est bien clair, nos gentils retraités sont contre le viaduc, et quelques autres avec. Voilà donc des rétrogrades qui n’ont aucune vision de l’ « intérêt général ». C’est que l’ « intérêt général » n’est parfois que l’intérêt du capital. Ah ! Ah ! Elle est bien bonne celle-là ! Et d’abord, ils sont contre pourquoi ?

« Le viaduc, ce serait assurément la fin de la tranquillité, les papiers gras, les odeurs d’essence, le bruit des moteurs, les plastiques dans les fourrés, l’odeur de frites dans la vallée. »

On devine la suite….

« Quand les manifestants des deux bords furent las de défiler avec des banderoles, les ingénieurs de l’Équipement et les géomètres prirent les mesures et les entreprises des travaux publics firent aussitôt basculer l’œuvre d’art d’un bord à l’autre du plateau […] »

Voilà un cas d’école que notre maire à nous, Monsieur Langlois, aurait pu étudier sans peine. C’est mon petit doigt qui me le dit. Si vous n’en étiez pas convaincu lisez son article qui a déjà de la bouteille : « Les pouvoirs et les contre-pouvoirs du développement local à l’épreuve d’une réalité : les crues de la Saône » publié dans un recueil dirigé par Paul Bachelard Les acteurs du développement local, Paris, L’Harmattan, 1993, réédité en 2010.

Boutique ! Encore un bouquin à acheter !

Je l’ai bien acheté moi en 2011, après en avoir découvert l’existence dans une bio-hagiographie édifiante du candidat au Conseil général diffusée et lue en présence de Monsieur Sauvadet par Monsieur Bourdon lors d’un super-meeting de soutien au candidat que je vous propose de revivre en ces temps électoraux…

GOLIATH ENCENSÉ – du 17 mars 2011

Mais revenons à notre affaire, un viaduc, ça va parfois plus vite qu’un hyper, si l’on en croit du moins la suite de l’histoire :

« Les choses allèrent vite, la belle saison approchait et peu de temps après, les majorettes levèrent la jambe au rythme de la fanfare municipale, les édiles lurent des discours, et le premier véhicule passa quarante mètre au dessus [de la vieille bâtisse bien conservée de] Roméo et Juliette, installé[e] au fond de la vallée, près de la petite rivière. »

Et des retombées économiques ne se firent pas attendre, certaines d’entre elles éminemment propices à un véritable développement durable, car comme nous l’apprend José Herbert :

« Naturellement, ce qu’avait prévu Monsieur le Maire et le conseil municipal se réalisa. Des entreprises, des commerces prirent position et prospérèrent au sortir de l’ouvrage d’art. Une usine de petits viaducs en plastique occupa la toute nouvelle zone industrielle et embaucha. »

Moralité ce viaduc, était un vrai viatique sur la route du plein emploi et de la protection de la Planète !

Et Roméo et Juliette dans tout cela, les plates-bandes de leurs parterres furent-elles engraissées par les chutes des débris de ces inutiles babioles ?

Détrompez-vous incurables pessimistes et suspendez vos odieux persiflages ! Des retombées inattendues autant que profitables étaient destinées à nos tourtereaux….

La suite au prochain numéro.

Dernière minute : en raison de l’épidémie de grippe aviaire, l’abattage prophylactique de centaines de milliers de canards vient d’être décidé. Les suivants seront confinés à défaut d’être enchaînés. Voilà des mesures prophylactiques qui vont réjouir tous ceux qui trouvent que les canards, y’en a marre !

UNE PRESSE SUBVERSIVE À CHARMOY-CITY ? - du 22 Septembre 2016

Un viaduc pour l'avenir (3)

Un viaduc pour l'avenir (3)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 février 2017 (J+2989 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 6
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 07:44

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 2ème ÉPISODE - du 16 février 2017 (J+2983 après le vote négatif fondateur)

Nous poursuivons aujourd’hui notre lecture de quelques morceaux choisis de l’ouvrage de José Herbert, cet « instituteur impertinent », intitulé Signé la grande faucheuse et paru en 2009 aux éditions ATRIA

Rappelons que Roméo et Juliette, « après moult recherches, [avaient trouvé] leur bonheur dans le fond d’une petite vallée. Une vieille bâtisse, bien conservée, s’adossant à la pente d’un côté, côtoyant la rivière de l’autre côté. »

Mais laissons José Herbert poursuivre son récit :

« Un jour, une rumeur, surgie de nulle part, comme toutes les rumeurs, s’infiltra furtivement, à petits coups de langue, d’abord au bistrot, sur la place publique, puis elle fila comme une traînée de poudre […]. Il paraîtrait que l’on construirait un viaduc au-dessus de la vallée. […] Cette rumeur fit le tour du village et alimenta les conversations, sur les [trottoirs du centre-bourg] et aux réunions du conseil municipal. »

Quand un projet est en route, c’est comme une bonne soupe qui mijote, il est difficile d’en cacher le fumet, même si l’on est d’un naturel très « discret ». Et le fumet d’une bonne soupe, ça excite les gros appétits, même s’il y a toujours quelques difficiles pour faire la fine bouche…. Et pourtant ce José Herbert il a l’art et la manière de vous mettre l’eau à la bouche

« Comme d’habitude en matière de polémique, les uns furent pour, disant que quelques emplois pourraient être créés à la sortie du viaduc, par exemple une auberge, à l’auberge du viaduc, pensa Monsieur le Maire, par exemple aussi un magasin de souvenirs, la supérette du viaduc, pensa derechef Monsieur le Maire, et il vit dans sa tête les étals garnis de petits fromages de chèvre, les cendriers, les pense-bêtes, les cadres, les poteries, les bracelets en bois ou en cuir, les pots de confiture, de miel, les bouteilles de rosé, tous ces produits estampillés par la représentation d’un viaduc miniature sur leur étiquette. Un artisanat local pourrait ainsi se développer. »

« Monsieur le Maire et le conseil municipal, lors de la séance mensuelle dans la salle des mariages, levèrent les yeux au ciel et virent en pensée Lourdes, Saint-Tropez, le Mont Saint-Michel, Rocamadour, le château de Versailles. La notoriété, la reconnaissance de milliers de touristes et l’argent s’accumulant dans les tiroirs de la mairie. »

Les paris sont ouverts, le développement est à l’ordre du jour et Monsieur le Maire voit déjà dans sa tête le viaduc (autrement dit, il a un viaduc entre les deux oreilles !), son auberge et sa supérette. De quoi attirer du monde et revitaliser le centre-bourg.

Quid à présent de Roméo et Juliette, les heureux acquéreurs d’« une vieille bâtisse, bien conservée » qui coulent des jours paisibles « dans le fond d’une petite vallée ».

Nous les retrouvons, promis juré, dans notre prochain épisode (À suivre)

 

Aujourd’hui, en supplément gratuit (notre rédaction ne fait pas de piges de luxe à la Revue du Beau Monde) :

Petit feuilleton de la campagne avec Guillaume Apollinaire : Le Bien Public publiait, hier 15 février, un article intitulé : « Alain Houpert appelle de nouveau au retrait de François Fillon ». À la fin de l’article on apprenait l’annulation d’un meeting de campagne prévu pour aujourd’hui à Saint-Apollinaire. Ce meeting devait être tenu par Thierry Solère, porte-parole de François Fillon.

Le Canard enchaîné (toujours lui) titrait hier, à propos de problèmes fiscaux supposés du héraut de Monsieur Fillon : « La justice lance un missile Solère sur la campagne de Fillon » et pour faire bonne mesure, le journal indiscret, rapportait la remarque faite par Nadine Morano le « 9 février à 11 heures » à la sortie de la « buvette de l’Assemblée nationale » aux deux Éric, Woerth et Ciotti : « Fillon, il est en train de transformer notre parti en secte du Temple solaire [N.D.L.R. secte suicidaire] »

Les mânes du poète Apollinaire, qui aimait le camembert et les calembours, et qui n’était pas un saint mais un courageux artilleur ont dû en être troublées. Il est vrai que Guillaume était dans l’artillerie de campagne et pas dans l’artillerie sol-air, les ceusses qu’on appelle les pisse-en-l’air. En 1915, dans la campagne de Champagne qu’il faisait au trop et au galop, il ne faisait pas de grands discours creux, mais de touchants poèmes :

« ... J’ai tant aimé les Arts que je suis artilleur

Il a bien fait mauvais aujourd’hui c’est meilleur

J’ai sur un grand cheval fait six heures de route

Genoux en sang mais que voulez-vous que ça foute

Tant d’hommes sur le front meurent en ce moment

Que c’est un vrai plaisir de saigner seulement

L’artillerie est l’art de mesurer les angles

Et l’équitation de bien serrer les sangles

L’art du canon est l’art de tout bien mesurer

Avec l’astronomie on le peut comparer

Voilà tout le secret de la guerre où nous sommes

Le reste est dans la joie et la vertu des hommes ... »

Guillaume Apollinaire, Poèmes épistolaires (1915)

Eh oui ! Mon brave Guillaume, comme tu dis « Le reste est dans la joie et la vertu des hommes ». Tu galopais alors, traînant ton canon dans le creux des sillons de la campagne. Guillaume, mon brave Guillaume, je crois qu’aujourd’hui, on est bien mal partis !

Un viaduc pour l'avenir (2)

Un viaduc pour l'avenir (2)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 février 2017 (J+2983 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 6
14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:07

UN VIADUC POUR L’AVENIR : 1er ÉPISODE - du 14 février 2017 (J+2981 après le vote négatif fondateur)

C’est aujourd’hui la Saint-Valentin, une journée du Cœur pour tous les amoureux, un jour idéal pour démarrer notre feuilleton. Sur le chapitre du Cœur, nous avions déjà évoqué, dans un précédent article, « Un moulin du Cœur au Canton de Saint-Amour », un titre à faire battre les cœurs.

https://www.youtube.com/watch?v=dozmiHL9bIs

PARU À LA BIBLIOTHÈQUE IMAGINAIRE DE CHARMOY-CITY - du 13 janvier 2017

« Un moulin du Cœur au Canton de Saint-Amour » un titre de roman rose mâtiné de dictionnaire des communes qui faisait s’interroger le quidam dubitatif : « Dis, Chantecler, c’est pas plutôt Delly qui l’aurait écrit ton inédit ? Ou un secrétaire de mairie ? »

Il ne croyait pas si bien dire ! En effet, coïncidence troublante, pour notre feuilleton d’aujourd’hui, c’est un secrétaire de mairie, que nous avons découvert depuis, qui nous inspirera et nous prêtera largement sa plume tout au long de passionnants épisodes !

Permettez-nous donc tout d’abord une petite présentation, de ce secrétaire de mairie très inspiré et très inspirant. Oui, ça existe, un secrétaire de mairie avec l’humour en prime ! Une prime ? Tiens donc ! Tonton, pourquoi tu tousses, manquerais-tu d’humour ?

C’est au fil de notre butinage littéraire, le seul que l’on puisse pratiquer en cette saison, que nous avons donc découvert L’instituteur impertinent. Un enseignant impertinent, c’est assez rare, mais ça existe, du moins se je me fie à mon parcours personnel.

Pas vrai, chère Marie-France, toi qui te plaignis, en un autre siècle, de ma lettre « irrévérencieuse » ? « Irrévérencieuse » ! Mazette ! Il est vrai qu’elle était mieux balancée (la lettre) et surtout mieux rédigée que la laborieuse copie de ton rapport d’inspection !

N’ayez pas peur, je ne vous raconterai pas ma vie, et vous dirai seulement deux mots de celle de L’instituteur impertinent.

José Herbert, c’est son nom, est un auteur original. Selon « Babélio », dans son livre L’instituteur impertinent, José Herbert « instituteur et secrétaire de mairie pendant presque trente ans, […] nous livre ses souvenirs sur un ton tout à la fois drôle et tendre, toujours sincère, souvent impertinent ».

Les grands esprits se rencontrent : enseignant je le fus, secrétaire de mairie, ne le suis-je pas en quelque sorte depuis quelques années dans ce blog, bien que sur un mode peu orthodoxe. Un secrétaire en négatif, en quelque sorte !

La prose volontiers impertinente de José Herbert a donc tout pour nous plaire… Surtout quand elle vient croiser les thèmes de notre blog, dans des coïncidences, fortuites il est vrai, mais qui touchent le Cœur et peuvent se révéler, à l’occasion, troublantes.

Au-delà de notre volonté de faire découvrir à nos lecteurs un auteur sympathique et qui ne manque pas d’imagination, voilà ce qui nous a incité à emprunter à notre collègue quelques passages tirés de son ouvrage Signé la grande faucheuse paru en 2009 aux éditions ATRIA.

De cet emprunt avoué, largement commenté et remis en perspective, nous avons tiré un petit feuilleton, illustré comme il se doit !

Pour aujourd’hui, nous nous en tiendrons aux prologues narrant l’histoire d’un couple d’heureux acquéreurs. Mais laissons la parole à José Herbert :

« Les amoureux, après moult recherches, trouvèrent enfin leur bonheur dans le fond d’une petite vallée. Une vieille bâtisse, bien conservée, s’adossant à la pente d’un côté, côtoyant la rivière de l’autre côté. Ce fut le coup de foudre pour ce havre de paix […]. Le notaire reçut peu de temps après, solennellement, les consentements et le couple s’installa avec ses pénates dans ce lieu enchanteur, à l’abri des turbulences, en communion avec la nature, si généreuse dans ce petit coin de paradis. »

« Les journées se passaient on ne peut plus simplement. Roméo cultivait son jardin ou pêchait dans le ruisseau qui jouxtait sa propriété. […]. Juliette assurait la bonne tenue du foyer, s’essayait à la cuisine locale, faisait des mots fléchés l’après-midi, papotait avec ses voisines ensuite. »

https://www.youtube.com/watch?v=xRjCDF0tUEg

Comme le ruisseau au fond de la petite vallée, les heureux occupants du « havre de paix » coulent des jours paisibles … mais la marche inexorable du progrès va faire irruption dans ce bonheur sans histoires. À suivre…

Dernière minute : Le Bien public titrait ce matin « AUXONNE ASSOCIATION L’année sera encore bien sportive ». Sur la photo, devant une équipe associative juvénile et affûtée, la preuve tangible et irréfutable du titre ‒ olympique ‒ de l’article : en bleu et blanc, le panneau « Ville Active & Sportive ».

Et si l’amour était un sport ? Et les amoureux que l’on fête aujourd’hui, des sportifs à part entière ? Alors à quand le panneau « Ville Amoureuse ». Imaginez donc : du sport, de l’amour et des fleurs !

Un viaduc pour l'avenir (1)

Un viaduc pour l'avenir (1)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 février 2017 (J+2981 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 6

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