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  • Claude Speranza, Auxonnais
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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 00:00

FLOUS ET FLONFLONS  DÉMOCRATIQUES À CHARMOY-CITY - du 23 SEPTEMBRE 2014 (J+2106 après le vote négatif fondateur)

     Après les vieilles « coupures » d’hier, revenons aux vieux débats, et au « fameux vote négatif fondateur », Jour 0 de la nouvelle « Ère de l’Esbroufe alimentaire». Nous pensons avoir à présent assez clairement souligné les ambiguïtés  de ce vote du 17 décembre 2008 ainsi que celles des  interprétations et lectures qui en furent faites a posteriori par un exégète expert qui révéla ex-cathedra, à son auditoire subjugué (ou somnolent ?), le « sens » profond de ce vote.

   Le comble est que tout se joua, semble-t-il, au nez et à la barbe de l’opposition. Le soir du vote du 17 décembre 2008 cette opposition, ayant quitté la salle, ne prit pas part au vote. Elle était d’ailleurs déjà physiquement absente lors de la lecture de la question mise aux voix, qui fut formulée en présence de la seule majorité rentrée en séance après une interruption. L’opposition n’entendit donc jamais prononcer cette question ! (voir PV p. 25). Et la réponse ? Quelle idée d’ailleurs de démarrer un projet sur une réponse négative ! Enfumage que tout cela ! Fait troublant, ces détails et circonstances pourtant insolites ne semblent pas avoir particulièrement renforcé la vigilance de l’opposition lors des approbations ou signatures ultérieures relatives à cette délibération. Dans le cas contraire, elle aurait sans doute réagi aux transcriptions « fluctuantes » et aux interprétations abusives qu’on donna par la suite de cette question et de son étrange réponse négative. Pourtant, les actes du conseil municipal ne font pas visiblement état, à une exception près, de protestations significatives et bien argumentées.

      On sait la suite qui fut donnée à ce NON du 17 décembre annoncé pourtant officiellement dans la presse.  Dès le 19 décembre, Le Bien Public, quotidien réputé digne de foi, titrait : « UNE NOUVELLE GRANDE SURFACE LE CONSEIL MUNICIPAL DIT « NON » »

Voilà qui pourrait sembler clair !

   Tel n’est pas le cas ! En fait de NON, dès après le vote, au début de 2009 et sans doute même avant la fin de 2008, commença, dans la foulée, le ballet foncier et feutré de quelques élus « de poids » sur la zone du Charmoy. Cette entreprise silencieuse et diligente d’entremise et de démarchage discrets, au profit d’un seul promoteur privé, visait à obtenir la « maîtrise foncière de la zone ». Quand cette « maîtrise » fut assurée, le commis diligent fut remercié et le silence « discret » rompu. Les annonces à tout casser qui s’ensuivirent dans la presse locale fin mars, puis en mai dans Inf’Auxonne N° 25, ne suscitèrent pas, en dépit de leur caractère tapageur, de réaction ferme et appropriée de l’opposition au sein du conseil, hormis la protestation courageuse et solennelle de Madame Nathalie Rochet le 18 mai 2009 (nous vous en conseillons la relecture en pages 7 et 8 du PV de la séance du 15 mai 2009). 

     Cerise sur le gâteau, et comme pour couronner l’ouvrage, l’opposition (hormis Madame Nathalie Rochet) approuva ultérieurement, le 15 avril 2010, dans un vote unanime avec la majorité, le principe d’une « consultation » pour juin 2010.  On conçoit déjà difficilement la nécessité de cette consultation trop tardive et « arrivant après la bataille » en raison de la mainmise foncière obtenue dès le début 2009 sur la zone par une seule enseigne avec le concours occulte de la municipalité, mais ce qui est proprement inconcevable, c’est que cette opposition omit par la suite de s’inscrire et de s’engager de façon officielle dans la campagne.

    Cette attitude bizarre, consistant à décider une consultation, puis à en déserter inopinément la campagne officielle, devait laisser ainsi le champ libre au OUI univoque d’une majorité remontée et résolue, à ses associations satellites, à ses supporters galvanisés et à ses sponsors imprimeurs ! Bel exercice de démocratie « participatatatative » ! Le résultat de telles carences ne se fit pas attendre !

     Ce résultat, les séides du promoteur ne manquèrent pas, au surplus, de le déclarer formidable, mais au bout du compte, c’est moins d’un tiers des électeurs inscrits qui répondit oui (1533 OUI pour 5061 inscrits soit 30,29 %) et ce, malgré un battage hors-pair et les centaines d’affiches imprimées à LURE.

     Incertitudes, imprécisions, approximations, cachoteries, extrapolations, lapsus, amphigouris, naïvetés, négligences, somnolences (?), lâchages et accommodements divers. Au vu de tout cela, n’y aurait-il pas quelques bonnes raisons de conclure que du OUI au NON (et vice-versa), de la démocratie à la démagogie, et de l’information sincère à l’enfumage, il n’y aurait à Charmoy-City, la « triste anesthésiée »,  que l’épaisseur d’un cheveu ! S’il est une chose à « revitaliser » dans notre bonne ville, c’est bien déjà la réflexion citoyenne et le courage d’une critique d’opposition,  pas tant « constructive », que rigoureuse, tenace et solidement documentée ! Une critique qui cesse enfin de se laisser surprendre et abuser à tout bout de champ (du Charmoy !) par la politique feutrée et opaque d’un « cavalier seul » !

Votation citoyenne

 C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 23 septembre 2014  (J+2106 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 00:00

QUAND LA COMCOM « MONTAIT AU CRÉNEAU » - du 22 septembre 2014 (J+2105 après le vote négatif fondateur)

   Non, en dépit de l’actualité du jour, créneau ne rime pas nécessairement pour nous  avec château, notre titre reprend seulement des termes d’un article du Bien public du 08 avril 2009 titré  « La communauté de Communes se sent trahie ».

  Dans le sillage des journées du patrimoine qui n’est pas seulement architectural, il peut être intéressant de consacrer quelques minutes à la relecture d’un document important du patrimoine écrit de la presse locale concernant la « geste » du Charmoy. L’actualité des dossiers pourrait nous laisser croire que, sous la bannière « Aujourd’hui, tournons-nous vers demain », la Communauté de communes et la Commune d’Auxonne marchent à présent d’un même pas, boussole en main, et la main dans la main, pour une « revitalisation » qui devrait conduire notre « centre-bourg » vers des lendemains qui chantent. Faut-il pour autant oublier le passé ? Nous ne le pensons pas, car celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre. C’est pourquoi, remède contre l’amnésie et l’illusion, nous vous offrons de relire la chronique d’un passé apparemment moins consensuel que le présent (mais le présent l’est-il vraiment ?).

  Avant que d’en revenir à des papiers sans doute déjà jaunis et oubliés, nous voudrions signaler à nos lecteurs courageux qu’ils peuvent consulter le volumineux dossier d’« Appel à Manifestation d’Intérêt (A.M.I.) « Centres-bourgs » » sur le site officiel de notre ville. Nous essaierons d’ailleurs d’en faire un commentaire succinct, du moins pour la partie qui concerne notre « rayon », dans un de nos  prochains  articles. D’ores et déjà, nous livrons la première impression tirée d’une lecture rapide du dossier : il semble bien, que dans une aporie acrobatique, les diverses autorités intervenantes aient tenté d’y ménager le « chou » du « centre-bourg » et la « chèvre » du Charmoy.

   Ce « chou » du « centre-bourg », c’est le commerce de proximité dont le « Schéma d’orientation de la  Communauté de communes d’Auxonne et du Val de Saône » de février 2013 entend favoriser le maintien (voir FICHE-PROJET N°5 p. 18 « Favoriser un maintien des services et des commerces de proximité » OBJECTIFS : Maintien et développement des services et commerces de proximité en milieu rural). Dès 2009, d’ailleurs, et l’article du Bien public du 08 avril 2009 que nous republions en témoigne, le déjà Président de la Comcom défendait avec pugnacité cet objectif en ces termes : « On se bat pour maintenir des commerces de proximité dans les communes rurales, on redoute que ce projet de centre commercial les mette encore plus à mal ». On redoutait alors, à la tête de la Comcom, l’irruption de la « chèvre » gourmande du Charmoy dans un paysage commercial de proximité déjà bien fragilisé. Cette attitude n’a rien d’original, elle est de pur bon sens et d’une prudence avisée, les doctes membres de la CNAC ne l’avaient-ils pas eux-mêmes exprimée le 20 janvier 2010 en des termes explicites dans leur décision 317 D en affirmant que le projet « aura un impact significatif sur l’activité des commerces et services traditionnels situés en centre ville ; qu’ainsi ce projet ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne ; […] le projet, qui n’est pas desservi par les transports collectifs, est situé en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles, à l’écart du centre ville ; […] il contribuera à développer un nouveau pôle périphérique et […] ne participera pas, ainsi, à un aménagement harmonieux de l’agglomération d’Auxonne ». Mais nous savons depuis que si « femme varie », la CNAC aussi peut varier ! Elle n’est d’ailleurs pas la seule !

   Le Dossier d’Appel à Manifestation d’Intérêt (A.M.I.) « Centres-bourgs » souligne dans sa page 5 que« la Ville [d’Auxonne] et la CCAVS travaillent de concert depuis presque dix ans ». À la bonne heure ! Mais ce point de vue, selon nous, est quelque peu édulcoré,  car chacun sait que la vérité est moins rose ! La « prise en traître » du Charmoy par un « cavalier seul » suscita, par exemple, quelques remous dans l’année 2009, et l’archive que nous présentons aujourd’hui en témoigne ! Bonjour la concertation !

      Pourtant, autour de cette affaire, il semblerait que l’atmosphère soit aujourd’hui « apaisée », c’est du moins le sens de l’avis recueilli par le commissaire-enquêteur qui déclare dans son rapport : « à présent, M. VADOT juge que l’ambiance autour du projet [N.D.L.R. : projet du Charmoy] est apaisée. Il estime par ailleurs que si le projet [N.D.L.R. : projet du Charmoy]  vient à son terme ce sera bénéfique pour les entreprises du secteur et qu’il y aura des retombées fiscales à partager. Dans ce domaine, la communauté de communes fonctionne sous le régime de la fiscalité additionnelle ce qui signifie que la commune du lieu d’implantation perçoit la part la plus importante des recettes fiscales ». [page 85 du rapport de l’enquête publique de fin 2013 sur le projet] 

    Le bon ton voudrait-il que tout le monde suive à présent l’exemple de  l’HYPER-conciliant (et « HYPER-compatible » !) Monsieur VADOT, Président réélu de la Communauté de Communes, qui s’est à présent rangé, après quelques velléités, à l’avis du « cavalier seul » ayant agi à la hussarde ? Nous ne le pensons pas

    « Si le projet [N.D.L.R. : projet du Charmoy]  vient à son terme ce sera bénéfique pour les entreprises du secteur », nous ajoutons : et sans doute aussi pour le commerce de proximité, « chouchou » du Dossier d’Appel à Manifestation d’Intérêt (A.M.I.) « Centres-bourgs » et que notre toujours Président de la Comcom défendait jadis en des termes assez clairs : « On se bat pour maintenir des commerces de proximité dans les communes rurales, on redoute que ce projet de centre commercial les mette encore plus à mal ». Oui, quand la « chèvre » HYPER-gourmande,  objet de toutes les attentions « discrètes » du « cavalier seul » ayant agi à la hussarde, sera là,« ce sera bénéfique pour les entreprises du secteur [N.D.L.R. à voir !] », mais que deviendra alors le vieux « chou » d’automne de l’épicier de proximité, bien entamé déjà par les chenilles de la conjoncture et autres limaces de la paupérisation de la clientèle.

       On en gardera peut-être une feuille en souvenir, ça fera un emplâtre excellent sur la jambe d’une ville hyper-rhumatisante qui risque de manquer de médecins, mais qui, pour le moment, ne manque pas de copieux dossiers passionnants, et sans doute pleins d’avenir !

BP 08-04-2009 BC.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 septembre 2014  (J+2105 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 00:00

LES FANTÔMES DU PATRIMOINE - du 20 septembre 2014 (J+2103 après le vote négatif fondateur)

     « C’est un vieux château du Moyen-Âge, Avec un fantôme à chaque étage…. »

    Comme son autre nom, « revenant », l’indique, le fantôme ne se lasse pas de revenir et toute période iconoclaste faisant « table rase » de son passé est bien souvent suivie d’une période de retour de ce passé. Ainsi, la Révolution qui ne laissa pas pierre sur pierre de la Bastille fut suivie, dans le siècle suivant, d’un retour en force de l’engouement pour les vieux châteaux et autres armures de ferblanterie. Passées entre les mains de Viollet-le-Duc et de ses émules, des ruines « gothiques », dédaignées par les siècles précédents, retrouvèrent, avec une nouvelle jeunesse, un succès de plus en plus populaire. Ce succès est confirmé et relayé aujourd’hui par celui des Journées du Patrimoine.

     La deuxième moitié du siècle dernier aura vu se conjuguer deux processus en apparence opposés : une « défiguration » généralisée de la France par l’avènement de « non-lieux » périurbains accompagnée d’une « patrimonialisation » généralisée de témoins du passé dépossédés, par le « progrès », de leur usage initial, et dont le lavoir de village sans eau mais rempli de géraniums est devenu désormais le symbole consacré le plus répandu. Un « développement » destructeur fait ainsi bon ménage avec une nostalgie organisée, ripolinée et disneylandisée.

     Cimetière fleuri, mais cimetière tout de même, ainsi va la France rurale dont l’image champêtre traditionnelle toute peuplée et animée de bêtes et de gens ne subsiste plus guère que sur les étiquettes kitsch de camembert et autres produits agro-alimentaires.  Le temps où l’on pouvait trouver son lait fumant à la ferme est déjà bien loin, et ce n’est pas la ferme usine de 1000 vaches dans la Somme qui renversera la tendance ! Perrine et son pot au lait et la chèvre de Monsieur Seguin sont parties à jamais pour le Musée Grévin !

      C’est que notre campagne de plus en plus désertée par les vrais paysans est à présent peuplée de machines et bientôt de robots, et le faux-tocsin d’août dernier à fait fuir les fantômes des moissonneurs et des glaneuses qui ne se hasardaient déjà plus guère sur des champs sans oiseaux. Le fantôme a pourtant le vent en poupe et le dernier Journal du Dimanche annonçait un « Château aux dix fantômes » au programme des Journées du Patrimoine en Poitou. Les fantômes de Marie Stuart et de la « Dame de fer », rôdant autour des urnes écossaises, n’ont-ils pas contribué fortement à faire monter le score de participation ? Un score à faire pâlir d’envie les organisateurs futés de consultations-bidon alimentaires hantées par « l’Esprit de LURE » grimaçant en jaune sur tous les murs !

  Le fantôme a le vent en poupe et par l’effet de la force centrifuge du Charmoy nous serons sous peu dans le vent, car nous aurons bientôt un « Centre bourg fantôme ». Ne tentons pas alors, comme le projette notre ville-sœur portuaire (je n’ai pas dit mortuaire), Saint-Jean-de-Losne, de revitaliser les vitrines mortes en les transformant en étalages de brocantes diverses.   BOUTIQUES EN TOC - du 27 avril 2014

     Saisissons plutôt l’opportunité d’un créneau « Centre bourg fantôme »  pour les Journées du Patrimoine à venir. Un « Château aux dix fantômes », un château hanté, attire, le « Train fantôme » ça marche, la visite du « Centre bourg fantôme » et de ses rideaux baissés attirera (non pas les rats !) ! On pourra prévoir aussi pour l’occasion un Fliegender Holländer  tout noir (Vaisseau Fantôme) dans le port.

     À ce décor spectral et trop silencieux, un marketing habile ne manquera pas d’ajouter l’incontournable sonorisation. Dans l’imaginaire collectif, fantômes et chauve-souris font habituellement bon ménage, à titre d’avant-goût, je vous propose donc, pour terminer, de redécouvrir notre triste goualante qui pourrait constituer le fond sonore approprié des futures  Journées du Patrimoine à venir dans notre « Centre bourg fantôme ». Une goualante triste, à faire trembler les cheminées branlantes ! 

Bonne chance amis touristes d’un jour ! Visitez, plaisir garanti, Auxonne, la nouvelle Pompéi !

LES NOCTURNES – en avant-première le 16 janvier 2012

Sortie à PARIS le 17 janvier

Patrimoine 2020   

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 septembre 2014  (J+2103 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 00:00

QUAND FLEURIRA L’ « EAU DE MILLEFLEURS »… - du 18 septembre 2014 (J+2101 après le vote négatif fondateur)

    Le Bien Public d’hier 17 septembre marquait, par un grand article, la rentrée municipale auxonnaise. Ouvrez donc votre journal et vous saurez tout, tout, « TOUT SUR LES NOUVEAUX PROJETS ». Si la vue aérienne de la première page n’est pas vraiment up to date,  puisque divers détails permettent au premier coup d’œil de  la dater de la mandature Sanz (2001-2008), le catalogue de la page 2 est, en revanche,  très prometteur !

     Selon les termes de l’article, « les habitants devraient voir fleurir plusieurs réalisations dans les mois qui viennent », au premier chef, et par ordre d’entrée en scène « la construction d’un centre commercial Leclerc [qui] a démarré en juin dernier ». Comme dirait l’épicier du coin, pour une fleur, ça c’est une fleur, c’est même une fleur carnivore. Nous ajouterons que le « pot » de cette fleur aura englouti et stérilisé quelques milliers de mètres cubes de terre arable.

   Mais, à en croire l’article : « le principal projet qui tient en haleine la municipalité d’Auxonne reste sa participation à l’appel de projets lancé par le gouvernement pour la revitalisation des centres-bourgs ». N’entendez-vous pas, cher(e)s lecteurs/trices,  nos responsables haleter et ahaner sur les dossiers, vous qui n’êtes pas sans ignorer que le processus de « revitalisation du centre-bourg » a démarré dès 2009. Oui, c’est en effet dès 2009 que le processus de « revitalisation » a été entamé avec le lancement  discret du projet du Charmoy, dont la CNAC du 20 janvier 2010 prévoyait déjà qu’il « aura un impact significatif sur l’activité des commerces et services traditionnels situés en centre ville ; qu’ainsi ce projet ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne ; […] le projet, qui n’est pas desservi par les transports collectifs, est situé en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles, à l’écart du centre ville ; […] il contribuera à développer un nouveau pôle périphérique et […] ne participera pas, ainsi, à un aménagement harmonieux de l’agglomération d’Auxonne ». Certes, ces observations concernaient une première mouture du projet, mais notons que l’Hypermarché, cœur et « locomotive » de ce projet initial, se construit aujourd’hui, à peu de choses près, dans le même secteur du Charmoy, car, Dieu soit loué, bien inspirée, la CNAC finit par entendre raison et, le 17 janvier 2012, elle renversa carrément la vapeur en faveur de la « locomotive ». Depuis, tout est rentré dans l’ordre, et la justice a définitivement triomphé, ce que souligne d’ailleurs l’article d’hier en ces termes apaisants : « l’été 2014 a définitivement mis fin à des années de déboires judiciaires entre la municipalité et les commerçants au sujet de la construction d’un centre commercial Leclerc ».  

    Si « l’été 2014 a définitivement mis fin à des années de déboires judiciaires », il n’a pas pour autant effacé l’histoire rocambolesque de toute cette affaire que notre blog décline sur tous les tons depuis quelques années. Rappelons tout de même, que c’est d’abord la municipalité elle-même qui avait dit NON au projet le 17 décembre 2008 avant de se livrer par la suite à divers retournements et emberlificotages obscurs autant que discrets. Pourtant, en cette fin de décembre 2008 les choses semblaient apparemment claires ; à preuve, dès le surlendemain du vote, le 19 décembre, Le Bien Public, quotidien réputé digne de foi, titrait : « UNE NOUVELLE GRANDE SURFACE LE CONSEIL MUNICIPAL DIT « NON » »

 Mais c’était sans compter sur les talents d’exégète de notre premier magistrat réinterprétant les écritures : les voies des décideurs sont impénétrables et, par la vertu du verbe, du « NON » unanime d’une assemblée peut surgir le « OUI » d’un seul ! Nous avons déjà conté tout cela !

    Pour en revenir à l’article d’hier intitulé « Tout sur les nouveaux projets », outre l’arrivée d’un Centre Leclerc, les Auxonnais(e)s devraient voir, entre autres, comme le précise le titre d’un petit encadré, l’« arrivée de nouveaux médecins ». Mais plus qu’une trousse d’urgence médicale, cet encadré semble un véritable fourre-tout. À juger par son contenu, on pourrait prévoir l’arrivée de médecins du sport, puisqu’il traite aussi de « pistes cyclables »,  de médecins scolaires, puisqu’il y est encore question d’« écoliers », de médecins de l’âme enfin, car « l’église Notre-Dame » et son clocher, grâce à Dieu, ne sont pas oubliés. À en croire le contenu éclectique de ce petit encadré,  nous pourrions donc avoir bientôt, dans « l’ancienne maison du colonel »,  toute une polyclinique en somme !

    À propos de Somme, et pour passer duBien Public au Courrier Picard, nous supposons que notre premier magistrat n’est pas sans ignorer le projet grandiose qui vient, en Picardie, de triompher enfin « des années de déboires judiciaires » avec des cultos rétrogrades et des riverains trop délicats, vérifiant ainsi les propos visionnaires d’un Édouard Leclerc écologiste avant l’heure dans Le Soleil de l’Ouest N°2 de Mai 1973 « […] Le cycle infernal « Consommer pour produire, produire pour occuper les hommes » semblait engagé pour l’éternité. […] Il ne manquait pas de place pour cela, une fois chassés les paysans ! […] Les grandes entreprises agricoles menées par des milliardaires…entreprenants, guettaient la succession… »

    Nous avons nommé « la ferme-usine des 1000 vaches » du Groupe de BTP Ramery fondé par Michel Ramery. Dans un article de Libération du 16 novembre 2013, titré « Michel Ramery, l'entrepreneur en BTP derrière la ferme aux mille vaches » le lecteur apprend que :

   « Philippe Beauchamps, président du directoire du groupe Ramery, s’insurge contre le «portrait» fait de son patron, une connaissance de trente ans. « On dit que c’est un financier, mais il vient du monde agricole. Il a travaillé dès ses 14 ans chez ses parents, qui étaient agriculteurs à Erquinghem-Lys (Nord). Il dort encore aujourd’hui dans la chambre où il a grandi enfant.» A l’en croire, Michel Ramery n’hésite pas à mouiller la chemise. «L’été, c’est lui qui fait la moisson. Il se couche à cinq heures du matin et se lève à huit heures pour reprendre.»

      Voilà une bio-hagiographie à faire pleurer dans les chaumières picardes et qui nous en rappelle diablement une autre diffusée en 2011 par certain « Comité de Soutien » : « Très vite il participe aux travaux des champs pendant les vacances. Le démariage des betteraves, les foins, la moisson, la traite (à la main) n’ont plus de secret pour lui…. » 

       Comme dirait l’autre « la terre ne ment pas » et, conséquemment, ses enfants non plus, sans doute…. Une « ferme aux mille vaches », ce beau projet picard de Monsieur Ramery qui « vient du monde agricole », pourrait être digne de séduire les meilleurs de nos élus !

     Alors, après l’hyper de 3500 m² des millionnaires de Haute-Saône, chiche ! Pourquoi pas une « ferme aux mille vaches » au Charmoy ? Avec cette « ferme aux mille vaches », « les habitants devraient voir fleurir » un pôle  de production européen majeur de lait, ainsi d’ailleurs que d’« Eau de Millefleurs », remède figurant au Codex de Paris de 1748, et dont le curieux de médecines alternatives découvrira la nature et la composition exactesdans G. BACHELARD, La formation de l’esprit scientifique, Paris, Vrin, 1993, p. 179.

     De l’« Eau de Millefleurs » au Charmoy en tête de gondole, voilà bien un projet que l’on voudrait« voir fleurir », un vrai projet moderne capable de « revitaliser notre centre-bourg » !

http://www.courrier-picard.fr/region/drucat-les-opposants-aux-mille-vaches-deboutes-ia174b0n331529

 http://www.bfmtv.com/planete/video-riverains-ecolos-sopposent-a-ferme-mille-vaches-784843.html

http://www.reporterre.net/spip.php?article5221

http://www.reporterre.net/spip.php?article6293

 Après 3500 m², 1000 vaches

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 septembre 2014  (J+2101 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Revue de presse
16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:00

LES GRANDS MAUX ET LES GRANDS REMÈDES - du 16 SEPTEMBRE 2014 (J+2099 après le vote négatif fondateur)

       Si l’on se réfère au timing précisé dans le procès-verbal du Conseil municipal du 10 juillet dernier, le dossier correspondant à l’ « Appel à Manifestation d’intérêt (AMI) » concernant la « revitalisation des centres-bourgs » devrait à présent avoir été constitué, et d’ores et déjà, déposé depuis quelques jours en Préfecture.

     Espérons donc que« le nécessaire [aura été] fait pour rendre un dossier complet comprenant un diagnostic sur les difficultés du territoire et les stratégies et actions à mener pour son développement, en sachant que ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité. » [p. 3 du PV du CM du 10/07/14  §4 « Informations de Monsieur le Maire »]

     C’est qu’un bon « diagnostic » s’impose, si l’on veut sauver le « patient ». En effet la santé du centre-bourg, déjà très précaire, pourrait bien être irrémédiablement compromise par les nouvelles structures excentrées et excroissances diverses qui se préparent au Charmoy.

     De doctes experts parisiens en la matière s’étaient déjà prononcés sur la question et leur pronostic avait été sombre en ce qui concernait le retentissement prévisible de ces néoplasies.  Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à leurs conclusions exprimées dans la décision 317 D de la CNAC du 20 janvier 2010. Voilà un extrait de ces conclusions selon lesquelles, le projet « aura un impact significatif sur l’activité des commerces et services traditionnels situés en centre ville ; qu’ainsi ce projet ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne ; […] le projet, qui n’est pas desservi par les transports collectifs, est situé en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles, à l’écart du centre ville ; […] il contribuera à développer un nouveau pôle périphérique et […] ne participera pas, ainsi, à un aménagement harmonieux de l’agglomération d’Auxonne »

    Certes, cette décision concernait une première mouture du projet, mais notons que l’Hypermarché, cœur et « locomotive » de ce projet initial, subsiste aujourd’hui, à peu de choses près, dans le même secteur du Charmoy et que des «extensions- métastases » ultérieures sont toujours possibles. L’avertissement était alors bien clair et ses arguments pertinents. Ils le sont encore aujourd’hui, même si par la suite, comme on le sait, un coup de vent inopiné les  retourna en janvier 2012….Changement climatique ?

    En matière de curation, chacun sait que le moral, tout comme le climat d’ailleurs, joue un grand rôle. Il n’est pas sûr que le moral soit très bon quand le malade ne peut ignorer que « les élus », réputés se pencher à son chevet pour améliorer son sort, sont les mêmes que ceux qui ont battu la campagne et se sont démenés sans compter pour faire advenir à tout prix « ce projet [à l’écart du centre ville  qui] ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne [et ne participera pas, ainsi, à un aménagement harmonieux de l’agglomération d’Auxonne] ».

    Il se pourrait donc bien que le traitement préconisé dans le dossier de « revitalisation » soit homéopathique, donc à forte dilution, dans ce cas, il est vrai, que « ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité » ou encore qu’il consiste en la panacée habituelle du catalogue des bonnes intentions.

   Les tenants d’une origine cardio-vasculaire des malaises du centre-bourg pourront aussi relire :

    PRESSE DU CŒUR – du 21 décembre 2013

 

N.B. : Afin de ne pas décevoir les curieuses, précisons que, malgré son titre, cet article ne traite pas des peines de cœur de Valérie !      

Remède de cheval 

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 septembre 2014  (J+2099 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Chronique médicale
12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 00:00

NOTES DE LECTURE ALIMENTAIRES - du 12 SEPTEMBRE 2014 (J+2095 après le vote négatif fondateur)

  

     Il est souvent fécond de renouveler les perspectives et d’aborder une œuvre ou une question sous un angle inattendu. Ainsi, l’ouvrage Houellebecq économiste (Flammarion) de Bernard Maris, récemment évoqué dans ce blog, offre une clé de lecture originale de « la glu économique » selon Houellebecq. Encouragé par cette tentative, et pour rester dans l’actualité, nous avons tenté une « lecture alimentaire » de l’ouvrage dernièrement paru  de Valérie Trierweiler, intitulé Merci pour ce moment.

     Précisons en préambule, que notre objet d’étude présent est évidemment sans commune mesure avec l’œuvre de Houellebecq. L’ouvrage « tête de gondole » a d’ailleurs suscité tollé et indignations dans le Landerneau de la bien-pensance, et certains libraires « engagés » sont allés jusqu’à s’en interdire la vente : c’est vrai qu’il n’avait pas l’imprimatur ! Il faut cependant rendre justice à son auteure et reconnaître, qu’en marge de ses règlements de compte assez mesquins – qui ne constitueront pas l’objet de notre propos – elle paie tout de même son tribut à la corporation écrivante en avouant son goût des livres en des termes passablement littéraires : « Je reconnaîtrais entre mille l’odeur de la poussière des livres qui ne sont pas sortis des rayonnages depuis des lustres. Elle est là, ma madeleine de Proust, il est là, mon parfum d’enfance » (p. 41).

    C’est par cette remémoration touchante, bien que convenue,  que l’alimentaire fait sa première irruption dans l’ouvrage, sous la forme littéraire  de la célèbre et incontournable « madeleine ». Un peu chochotte, d’ailleurs, cette « madeleine » pour une auteure « qui vient de « Monplais’ » dans la ZUP Nord d’Angers » (p. 110) et se remémore le goûter de son enfance, « casse-croûte de confiture ou de faux Nutella » (p. 107), ou le dîner de sa mère « s’assey[ant] cinq minutes pour avaler trois fois rien directement dans un Tupperware » (p. 108). Qu’elle semble loin des casse-dalle de « Monplais’ »,  la subtile « madeleine de Proust » !

      Il est parfois réellement douloureux de concilier, dans un grand écart, « casse-croûte […] de faux Nutella » et « madeleine de Proust », et nous nous garderons donc bien de plaisanter sur la citation suivante que fait l’auteure d’un ouvrage de Chantal Jaquet, intituléTransclasses ou la non-reproduction : « Quand on monte, il faut savoir rester soi et on a souvent mal aux autres » (p. 227). Pour l’auteure, de son propre aveu, cela ne s’est pas fait sans douleur : « Je l’ai pourtant brisé mon plafond de verre, le jour où j’ai foulé le tapis rouge. Si bien brisé que des milliers d’éclats m’ont tailladée au passage. » (p. 231). En résumé, trop sensible pour arriver ! Valérie, il vous aura manqué la vertu anesthésiante du froid cynisme et une touche de vrai bon ton !  N’est pas Rastignac qui veut ! Pour être Rastignac, il ne s’agit pas d’être « sans dents » (p. 229), il faut au contraire les avoir longues, très longues !

    Mais fermons cette petite parenthèse sincèrement compatissante pour en revenir à nos considérations alimentaires. L’aliment, en tant que matière, est peu présent dans l’ouvrage, il n’y a pas vraiment grand-chose à se mettre sous la dent, même si, par ailleurs, l’alimentation, au sens de rite social, y abonde en termes de « dîners » et de « déjeuners ». Les goûts alimentaires de l’auteure apparaissent simples. Dans le cadre familial, ce sont « des crêpes ou des gaufres » (p. 86) et « la viande de Jean-Jacques [son] boucher favori » (p. 211). Dans le cadre associatif du « Secours populaire », elle termine la journée avec les bénévoles « autour d’un vin rouge-saucisson » avant de dévorer avec son « équipe de l’Élysée », visiblement affamée « un menu camembert chaud-frites-andouille » (p. 282). Nous n’apprendrons rien de plus sur les mets de prédilection de Valérie et de ses proches. Elle ne nous confie même pas une recette !

   Notre quête « alimentaire » se révèle décidément bien peu fructueuse en ce qui concerne les plaisirs de la table ! Reste à parcourir le vaste rayon du commerce alimentaire, par ailleurs largement exploré dans notre blog, ce qui justifie d’ailleurs la présence ici de cette petite étude. Nous avons recherché, au premier chef, les occurrences dans l’ouvrage des rois du commerce alimentaire : « Supermarché » et « hypermarché », rangés tous deux, rappelons-le, selon la norme INSEE, NAF rév. 2, 2008, dans la classe 47.11 des « commerces de détails en magasin non spécialisé à prédominance alimentaire ».

   À propos de « supermarché », nous avons relevé deux occurrences (pp. 39 et 174). Malheureusement, ces occurrences, ne nous apprennent rien sur ce type de commerces et nous n’en dirons pas plus, car le mot « supermarché » s’insère incidemment et de façon anecdotique dans des confidences attristantes ou franchement funèbres. L’ « hypermarché », commerce de détail en magasin non spécialisé à prédominance alimentaire de surface de vente supérieure à 2500 m², est présent lui aussi, mais, cette fois, de façon plus concrète et révélatrice. L’auteure nous y apprend que son ex-compagnon « est capable d’acheter ses chemises et ses chaussures dans les hypermarchés » (p. 185). En revanche, on pourrait être en droit de conclure qu’il ne prise pas le contenu « alimentaire », pourtant essentiel, du caddie standard, puisqu’aux dires de l’auteure : il « ne mange pas mes fraises si elles ne sont pas des « garriguettes », ne goûte pas aux pommes de terre si elles ne proviennent pas de « Noirmoutier » et met directement à la poubelle la viande si elle est sous vide » (p. 184).

   À la lecture de ces indiscrétions, on peut imaginer sans peine le réel plaisir que le compagnon dut prendre à son initiation au discount, relatée par l’auteure en ces termes : « Il met une casquette et des lunettes de soleil et entre avec moi dans ces magasins discount où l’on achète des produits entreposés sur des palettes et dont la date de péremption est proche » (p. 184).

   Après ces travaux pratiques de terrain et ce dur contact avec les réalités plébéiennes, on rejoint heureusement le bon ton et la bonne tradition : « il aime s’occuper du jardin, faire le marché le dimanche et nous faisons ensuite honneur à la viande de Jean-Jacques, mon boucher favori depuis des années. Il l’est d’ailleurs toujours ! » (p. 211). En conclusion : vive les marchés, les vrais, et le petit commerce du coin ! Et merci, Cendrillon, pour ce filet mignon !

       Et le Charmoy, le Charmoy, dans tout cela, où-est-il ? Accros du Charmoy, pardonnez-moi, le Charmoy, comme dirait l’autre, il n’est pas vraiment là, mais l’imagination de Claudi a tenté pour vous de remédier à cette carence…. à prédominance alimentaire bien entendu !

     Il a pensé que dans quelques mois, nous aurions une inauguration et, qui sait, un hôte de marque, repartant, selon la tradition (et le bon ton) chargé d’oignons !

    Aujourd’hui, Valérie clame au rayon des librairies : « Merci pour ce moment », dans quelques mois, les bons « consommoyens» clameront en chœur et la bouche en cœur : « Merci pour ce monument ». Le promoteur glissera au porteur : « Merci encore pour la discrétion ! ». Et là-bas, tout en bas le Centre-bourg, désert sous ses cheminées branlantes ajoutera : « Et merci pour la désertification ! »

      À propos d’oignons, le lecteur curieux pourra relire avec profit notre précédent article  

UN HÉRITAGE AUX P’TITS OIGNONS  – du 6 août 2012

 

Merci pour ce monument

 C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 12 septembre 2014  (J+2095 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 00:00

ÉCONOMIE ET LITTÉRATURE - du 09 SEPTEMBRE 2014 (J+2092 après le vote négatif fondateur)

   « Les bonnes lectures étant constamment rares à Auxonne, ne manquez pas,  très prochainement, nos « notes de lecture  alimentaires » de l’ouvrage-évènement de Valérie Trierweiler ! »

    C’est sur cette note alléchante que nous concluions notre dernier article. Patience ! Nous travaillons, Claudi et moi-même à nos « notes de lecture  alimentaires », leur parution n’est pas encore pour aujourd’hui, mais elle est imminente ! Elle remédiera à la carence constante de bonnes lectures à Auxonne. Il est vrai que même nos édiles ne donnent pas l’exemple en la matière, majorité comme opposition d’ailleurs ! Si vous en doutez, allez voir vous-mêmes sur les  « réseaux sociaux ».  Là, que trouverez-vous ?

  Vous trouverez tantôt des clins d’œil nostalgiques et mouillés à une Picardie en cartes-postales (Chantecler a découvert une autre Somme : de vrais paysans picards devant le Leclerc de Salouël http://france3-regions.francetvinfo.fr/picardie/2013/02/16/action-coup-de-poing-des-agriculteurs-au-leclerc-de-salouel-201171.html), et tantôt – après l’épisode printanier : « cheminées branlantes et  crottes de chien » – la litanie déprimante des misères recensées dans nos « salles communes », inventaire dont la précision circonstanciée pourrait faire pâlir d’envie un adjudant de casernement chevronné.

    Mais rassurez-vous cependant, cher(e)s lecteurs/trices, personne ne parle en détail, que ce soit d’ailleurs en bien ou en mal, du bétonnage irréversible qui s’accomplit sur les champs du Charmoy ; ou alors, si l’on en parle, ce doit être à voix basse et à mots couverts ! Vous comprendrez bien que nos élus  ne peuvent toucher aux dogmes de la croissance et de la concurrence ! Tu écrivais, Édouard, il y a 40 ans : « […] Le cycle infernal « Consommer pour produire, produire pour occuper les hommes » semblait engagé pour l’éternité. […] » [Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973]. Mon pauvre Édouard, ça dure encore ! Et si ça ne croît plus vraiment, ça ne fait qu’embellir !

      Édouard, vraiment, tu nous auras manqué, toi qui n’avais pas de ces timidités et de ces « discrétions », toi qui en avais, et qui n’avais pas ta plume dans ta poche pour  stigmatiser en ces termes le maire bétonneur de Brest « il ne peut tricher avec le soleil, ni donc avec la vie et ses allées macadamisées et ses tristes zones de jeux gravillonnés sont bien incapables de photosynthèse… » [Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973]

   Mais quittons ce Cher Édouard pour en  venir enfin à notre sujet d’aujourd’hui : « Économie et littérature ». Notre intention n’est pas, comme d’aucuns pourraient le penser à la lecture du titre, de traiter aujourd’hui de la vente des livres en grande surface ni même sur Amazon, et c’est bien plutôt la sortie récente en librairie d’un ouvrage original, analysant l’œuvre d’un écrivain contemporain célèbre au prisme de l’économie, qui nous a inspiré cet article. Sortons donc, pour une fois, en cette rentrée littéraire, des sentiers battus, et depuis peu macadamisés, du Charmoy !

      Dans un ouvrage intitulé Houellebecq économiste (Flammarion), Bernard Maris, économiste agrégé, Conseiller Général de la Banque de France et journaliste très médiatique nous promet un décryptage de « la glu économique » selon Houellebecq, en ces termes :

   « De même que, lisant Kafka, vous comprenez que votre monde est une prison et, lisant Orwell, que la nourriture que l’on y sert est un mensonge, lisant cet aspect économique de Houellebecq que je vais vous dévoiler, vous saurez – mais ne le savez-vous pas au fond ? – que la glu qui freine vos pas, vous amollit, vous empêche de bouger et vous rend si triste et si tristement minable, est de nature économique ». […] « La Possibilité d’une île, par exemple, offre cette épouvantable vision malthusienne d’un monde dévasté, post-capitaliste, où seule une minorité de nantis a le droit de survivre dans la Fin de l’histoire… »

       Prometteur ! Mais je dois vous avouer toutefois que si, comme tout le monde, je connais les titres de Houellebecq, je n’ai jamais pénétré très avant dans son œuvre, pas plus d’ailleurs que dans une école de commerce !

     Pour autant, le concept de « glu économique » me parle, comme il parle aussi à beaucoup de gens en ces temps où l’encens des politiques et la fumée des holocaustes en tous genres monte du grand temple de l’Économie néo-libérale qu’est devenu notre monde ! Et par les temps qui courent, il se pourrait même que France la douce soit en passe de devenir la fille-modèle de cette nouvelle église ! Le look Merkel a sans doute tapé dans l’œil de notre Président !

    Mais nous voilà bien loin du Charmoy me direz vous ! Car je n’ignore pas toutefois, que même si j’en ai peu, j’ai quand même quelques ouailles et quelques fans ! Et pour ces ouailles et pour ces fans,  le Charmoy et ses héros, c’est leur Derrick attendu et fidèle ! Je sais bien qu’ils/elles ne me pardonneraient pas de m’écarter trop du format habituel !

    Alors revenons au format, restreignons notre point de vue et notre champ de vision, et pensons maintenant « Charmoy et littérature », le Charmoy, après tout, c’est de l’économie, il y a des « picaillons » dans l’air ! Et la littérature, me direz-vous, où se trouve-t-elle ? Vous êtes tout simplement en train de la lire ! À l’heure où des auteurs auxonnais publient des livres aux titres fracassants, pourquoi craindrions-nous de qualifier ainsi notre modeste ouvrage ? Le simple fait qu’il ne dorme pas sur le rayon d’une librairie ou encore d’une bibliothèque sans bibliothécaire, ne suffit pas à lui interdire le nom de littérature !

     Et si je dois être un jour imprimé, que l’édition de tête soit sur papier maïs, en mémoire des verts maïs du Charmoy !   

« Que sont les verts maïs devenus ? Si tu pouvais voir Édouard, mon pauvre Édouard, toi qui vitupérait les « allées macadamisées et [les] tristes zones de jeux gravillonnés » du maire de Brest.  Édouard, mon pauvre Édouard, si tu pouvais voir les méfaits qu’on commet sous ton nom ! »

     Mais trêve de plaisanterie, d’ailleurs si mon propos est plaisant, ce n’est pas pour autant que je plaisante, écrire est un travail, un travail qui n’est pas sans danger, l’histoire de la littérature le démontre : s’il est peut-être « économiste », Houellebecq est plus sûrement dépressif. À l’heure où l’on parle tant d’Ukraine et de Russie, le nom de Nicolas Gogol nous revient. La lecture de son œuvre est plaisante et même  réjouissante par la peinture incisive, et surréaliste avant l’heure, qu’il donne de la société russe de son temps. Souvenons-nous quand même que ce cher Nicolas devait engloutir sa vie et sa santé dans sa dernière œuvre Les âmes mortes qu’il laissa inachevée,  finissant même par brûler le manuscrit de la partie finale !

     Et pourtant quel tableau que la première partie de ces Âmes mortes qui nous est seule authentiquement parvenue ! Tchitchikof, anti-héros obscur, sillonne dans sa troïka  une contrée rurale à la rencontre des propriétaires terriens pour y traiter…. de discrètes affaires. Chaque rencontre, chaque négociation, offre  à Gogol l’occasion de brosser une série de portraits triviaux ou tragi-comiques, révélateurs de la société malade de la province russe de l’époque. Mais me direz-vous : « Où nous mènes-tu en troïka Chantecler et quel rapport avec notre Charmoy ? ». À vrai dire, je ne sais pas bien et je ne vous répondrai pas, mais je suis bien sûr que ce rapport, vous serez assez grand(e)s pour le trouver vous-mêmes !

  Comme dirait l’autre, c’ Chantecler d’quouai don qui nous cause teûjo c’beuzenô-lai aiveû son Chairmouay ? Ce Chantecler, décidément, on va finir par croire que c’est un vrai gogol !

Troïka au Charmoy

 C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 09 septembre 2014  (J+2092 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 00:00

RHETORIQUE ALIMENTAIRE (SUITE ET FIN) - du 06 SEPTEMBRE 2014 (J+2089 après le vote négatif fondateur)

  Le 17 décembre 2008 le Conseil municipal refusa textuellement un hypermarché au Charmoy en répondant NON à la question : « Etes vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? ». Ce vote fut d’ailleurs accueilli comme tel dans Le Bien Public qui titra le 19 « UNE NOUVELLE GRANDE SURFACE LE CONSEIL MUNICIPAL DIT « NON » ». À moins de s’asseoir sur la norme INSEE NAF 2008 définissant les types de grandes surfaces et/ou de considérer les journalistes comme des idiots, il semblait difficile de faire dire à ce vote ce qu’il n’avait pas dit. Pourtant, comme vous le savez, cela fut fait et sans délais !!

     Toujours soucieux de réunir des preuves écrites de la manoeuvre « discrète » qui permit de passer du refus textuel d’un hypermarché au Charmoy par le vote négatif du 17 décembre 2008, à l’accueil en fanfare de cet hypermarché fin mars 2009, nous avons passé encore une fois au crible tous les textes disponibles.

  Et, contre toute attente, nous avons fait une nouvelle découverte…Précisément dans le  PV du Conseil municipal du 26 février 2009 !

  Sachant que l’Auxonnais(e) est, par définition, « toujours très occupé(e) » (ce qui laisse les coudées franches à nos édiles)  nous reproduisons ici le passage qui a retenu notre attention.  Le lecteur/trice motivé(e) ou dubitatif/ve pourra se reporter à l’original :

 

« 2 questions ont été posées par la liste « Ensemble Autrement » :

[N.D.L.R. Nous ne mentionnons ici que la deuxième de ces questions, la seule à concerner notre sujet] : « Implantations d’entreprises : quels sont les moyens aujourd’hui utilisés par la commune, pour faire connaître auprès des entreprises potentiellement candidates à une implantation les possibilités et disponibilités foncières ? [N.D.L.R. C’est nous qui soulignons] » […]

[N.D.L.R. Et voici la réponse] 

 

« 2ème question : la ville n’engage rien car il n’y a pas de terrain à proposer aux entreprises. Il y a un travail sur la zone d’activités à Villers-les-Pots et à Tillenay. Pour le moment la modification du PLU de Villers-les-Pots n’est pas engagée pour des raisons budgétaires. Par ailleurs, il y a la zone du Charmoy. Une entreprise a fait une proposition pour s’implanter à Auxonne avec moins de mille mètres carrés alimentaires. [N.D.L.R. C’est nous qui soulignons] […] La réponse négative du Conseil Municipal à la question posée en décembre 2008 « Etes vous favorable à l’implantationd’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? » [N.D.L.R. C’est nous qui soulignons] ne signifie pas un refus de toute grande surface, il faut pouvoir se développer. Par ailleurs, M. le Maire a rappelé aux commerçants lors de leur dernière assemblée générale qu’il n’appartenait pas à une collectivité de favoriser telle ou telle enseigne et à ce sujet, la question a été posée par écrit aux services de la  Préfecture. »

[Source : PV du Conseil municipal du 26 février 2009 INFORMATION DE M. LE MAIRE Questions diverses pages 2 et 3]

 

   Remarquons tout d’abord que la question posée le 17 décembre est ici rapportée conformément au PV, et sans inversion des termes « supérieure à 1000 m² » et « à dominante alimentaire », comme dans la délibération. Il se peut donc que l’inversion subtile que nous avions repérée dans certaines transcriptions, et que nous supposions avoir été intentionnelle car elle peut permettre, dans une certaine mesure, un détournement de sens, n’ait été au bout du compte qu’un « lapsus » parmi d’autres. La subtilité, en effet, ne paraît plus de mise dès lors qu’il semble que l’on va s’asseoir carrément sur la question… ainsi que sur sa réponse, d’ailleurs !

      Si comme le dit le texte cité plus haut : « La réponse négative du Conseil Municipal à la question posée en décembre 2008 […] ne signifie pas un refus de toute grande surface » elle ne permet pas pour autant, selon ses termes et en bonne logique, « l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire » donc a fortiori d’un HYPERMARCHÉ. Rappelons encore ici que, selon la norme, un HYPERMARCHÉ est une grande surface à prédominance alimentaire  d’une superficie supérieure à 2500 m².

   On peut donc s’étonner que, dans le même temps où il rappelait la réponse négative  donnée lors du vote du 17 décembre, Monsieur le Maire d’Auxonne, dont pourtant « la ville n’engage rien car il n’y a pas de terrain à proposer aux entreprises », s’activait sur le terrain avec ses adjoints à livrer 19 hectares à une entreprise pour lui permettre d’y implanter, entre autres, un HYPERMARCHÉ, grande surface à prédominance alimentaire  d’une superficie supérieure à 2500 m². C’est bien LECLERC, on l’aura compris, cette « entreprise [qui] a fait une proposition pour s’implanter à Auxonne avec moins de mille mètres carrés alimentaires ». Oui, c’est LECLERC cette « entreprise qui veut s’implanter à Auxonne avec moins de mille mètres carrés alimentaires », litote pour le moins curieuse et inhabituelle pour désigner un hypermarché et sa séquelle de boutiques et  qui pourrait tout aussi bien s’appliquer à l’épicerie  du coin de la rue ! Ce discours amphigourique n’était-il pas destiné à enfumer et  à gagner du temps ? Quand la « maîtrise foncière de la zone » fut assurée, la vérité toute nue put éclater au grand jour dans la presse, en mars, puis dans Inf’Auxonne  N° 25 en mai !

   Ce numéro d’Inf’Auxonne, exceptionnellement dense pour une feuille d’images habituellement inconsistante  et sans grand contenu, étonne ! La rédaction, appuyée sans doute, pour l’occasion,  par le renfort de quelques maîtres dans l’art de chantourner les dossiers, a fait vraiment très fort. Elle n’a pas rougi, par exemple, d’écrire en page 2, donc juste en regard du plan figuré en page 3, plan «  dernier cri » du projet comportant explicitement un HYPERMARCHÉ , les arguties et contre-vérités suivantes :

« M. le Maire a soumis la question suivante à l’appréciation des élus : « êtes-vous favorable à l’implantation d’une grande surface à dominante alimentaire supérieure à 1000 m² sur la zone du Charmoy ? »  [N.D.L.R. la question comporte ici la fameuse inversion par rapport au PV] 21 élus de la majorité ont alors répondu NON, ceux de l’opposition refusant de prendre part au vote.

Très réactif, le Groupe LECLERC a alors modifié son projet qui, depuis 2005 et jusqu’au vote, comportait une « grande surface à prédominance alimentaire » (cf analyse économique évoquée plus haut). Après examen, l’avant-projet modifié s’est avéré intégralement conforme aux prescriptions de différentes natures en vigueur, notamment aux restrictions votées, aux orientations d’aménagement intégrées au PLU etc. […]

Le Maire a-t-il, comme les opposants au projet le prétendent, changé d’avis ?

NON. Sa position a évolué avec le dossier lui-même. En effet, initialement « à prédominance alimentaire », le projet a ensuite subi des adaptations majeures pour le mettre en adéquation avec le vote du17/12/2008.

Le plan reproduit dans l’exemplaire numérique d’Inf’Auxonne N° 25 étant peu lisible, nous mettons à votre disposition une photo de l’exemplaire papier

CLIQUEZ ICI

    Constatez ! La « grande surface à prédominance alimentaire » est bien toujours là sur ce plan daté d’avril 2009 et, sur ce même plan, elle comporte d’ailleurs la légende explicite : « HYPERMARCHÉ VENTE 4000 M² ». ! Quelle  réactivité, quelle évolution et quelle « adéquation avec le vote du17/12/2008 » !! Et surtout quels tours de passe-passe rhétoriques dans l’argumentation !

N. B. : Les bonnes lectures étant constamment rares à Auxonne, ne manquez pas,  très prochainement, nos « notes de lecture  alimentaires » de l’ouvrage-évènement de Valérie Trierweiler !

 Hyper Janus 

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 06 Septembre 2014  (J+2089 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 00:00

CHARMOY : QUE SONT LES VERTS MAÏS DEVENUS ? - du 02 SEPTEMBRE 2014 (J+2085 après le vote négatif fondateur)

   « Que sont les verts maïs devenus ? » C’est sous ce titre nostalgique, d’aucuns diront passéiste, que nous poursuivrons notre lecture inédite du Soleil de l’Ouest.

     Ouvrons Le Soleil de l’Ouest N°2 de Mai 1973. En première page, l’éditorial signé Édouard Leclerc décrit la longue genèse historique du paysage de bocage breton et s’indigne contre sa destruction et « l’acharnement du Génie Rural à remembrer en arasant les talus et les haies ». En conclusion, il interroge : « Va-t-on rendre le Finistère inhabitable pour les quelques pourcentages que reçoit Génie Rural pour l’arasement des talus au cours des remembrements ? Il est vrai qu’il faudra d’autres pourcentages pour les reconstruire. »

    Dans l’une des pages suivantes, sous le titre « L’homme peut-il encore choisir ? » et sous le pseudonyme transparent de Jean Corrégou, il acquiesce sans illusion naïve à la prise de conscience, nouvelle encore, en ce début des années 1970, de la nécessité de protéger l’environnement :

« Il y a quelques années, il était presque malvenu de parler d’humanisme […] malvenu de parler du devenir de l’homme rebaptisé « consommateur », comme de parler de la protection de la nature et du monde paysan, malvenu, en résumé, d’avoir d’autre souci que la rentabilité »

« […] Le cycle infernal « Consommer pour produire, produire pour occuper les hommes » semblait engagé pour l’éternité. […] Il ne manquait pas de place pour cela, une fois chassés les paysans ! Le besoin que les citadins ont de la campagne, mais on y avait pensé voyons ! et l’on avait ménagé quelques parcs, aménagé, plutôt, car on n’avait pas oublié que ce serait des « consommateurs » qui s’y promèneraient. Les grandes entreprises agricoles menées par des milliardaires…entreprenants, guettaient la succession, toutes prêtes à produire à coups d’engrais super-actifs, sous la protection d’insectisides [sic] de plus en plus « efficaces », cette viande, ces légumes, ces fruits qui, ainsi que l’écrivait un savant, il y a quelque temps font cher du litre d’eau ! »

  [ N.D.L.R. Nos « consommateurs » locaux, dont une association fut créée ad hoc et ex nihilo (déclaration en préfecture le 18 janvier 2010) pour booster le projet Charmoy, et ses promoteurs en difficulté, jugeront eux-mêmes en quelle grande estime, notre Breton tenait alors le vocable de « consommateurs ». Et, à propos de « cette viande […] qui [fait] cher du litre d’eau », que dirait Édouard Leclerc, s’il vivait encore en 2014 de la récente polémique de « la dinde à l’eau » ?]

« […] Lorsqu’autour de nous, il nous arrivait d’aborder ce sujet, que de sourires amusés nous répondaient, que de thèses hâtivement construites sur l’impossibilité de renverser la vapeur ! Il est vrai que nos arguments naissaient du seul bon sens, de cette réflexion parfois lente, mais si féconde, mais si sûre, qui caractérise le monde rural et celui des marins »

[ N.D.L.R. Notre Breton aurait été bien déçu, s’il avait pu connaître les « thèses » de représentants supposés du « monde rural », dans notre Conseil municipal, sur la question ! Tel qui selon son biographe, trayait les vaches à douze ans, favorise aujourd’hui le bétonnage de terres agricoles après en avoir assuré discrètement la « maîtrise foncière » aux promoteurs.  Mais notre Breton, comme nous, n’était pas dupe du discours des élus comme la suite va nous le démontrer.]

« […] le Maire de Brest, par exemple, peut mentir à ses administrés et leur affirmer que leur ville est la plus verdoyante de toutes (mais sans doute parle-t-il du Bois d’Amour et de la jolie campagne de la Cavale Blanche qu’il s’apprête à détruire ?), il ne peut tricher avec le soleil, ni donc avec la vie et ses allées macadamisées et ses tristes zones de jeux gravillonnés sont bien incapables de photosynthèse…À ceux qui comme nous, connaissent Rotterdam ou Kiel, il ose pourtant parler de « politique audacieuse des jardins et des espaces verts  [ N.D.L.R. : Combien de fleurs ?]. Nous aurons donc à nous méfier de ceux qui, méprisant l’homme en général, croient encore possible de lui mentir, de l’étourdir de bonnes paroles. »

    Vraiment ce Soleil de l’Ouest, il savait éclairer là où ça faisait mal ! Nous adhérons sans réserve à son héliothérapie prophylactique ! En cet été pourri, ses rayons nous réchauffent !

     Il y a quelques jours, dans cette fin de mois d’août diluvienne, je passais sur le Vieux Chemin de Dole au pied du chantier. La sombre plate-forme encaillassée  qui a remplacé le vert coteau de terre arable dégorgeait son eau boueuse dans les fossés alentour. Contemplant le triste spectacle – que des gogos et des badauds à courte vue « étourdis de bonnes paroles » viennent admirer je me suis alors dit :

    « Que sont les verts maïs devenus ? Si tu pouvais voir Édouard, mon pauvre Édouard, toi qui vitupérait les « allées macadamisées et [les] tristes zones de jeux gravillonnés » du maire de Brest.  Édouard, mon pauvre Édouard, si tu pouvais voir les méfaits qu’on commet sous ton nom ! »

Rappelons, pour finir, à nos fidèles lecteurs/trices l’un de nos précédents articles qui n’aurait pas fait tache dans Le Soleil de l’Ouest N°2  de Mai 1973

NETTOYONS LA PUB DE LURE (3) – du 17 janvier 2014

 Que sont les verts maïs devenus

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 02 Septembre 2014  (J+2085 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension
30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 00:00

CELUI QUI AURAIT PU NOUS AIDER… - du 30 AOÛT 2014 (J+2082 après le vote négatif fondateur)

    Cher(e)s lecteurs/trices, comme elle a dû vous ennuyer ma « rhétorique alimentaire » du dernier article… pour peu que vous m’ayez lu jusqu’au bout, ce dont je doute ! Je dois cependant vous avouer que  j’aurais encore à y ajouter ! J’imagine votre moue ! D’accord, de cela nous reparlerons plus tard, si vous le voulez bien ! J’aurais trop peur de vous lasser, bien qu’en vérité je pense que le mal soit déjà fait et que, depuis longtemps, vous baillez à vous décrocher la mâchoire en me lisant – si tant est que vous ayez le courage de me lire encore – presqu’autant qu’en lisant Inf’Auxonne !   

     Je dois vous avouer que, devant le silence méprisant (ou gêné ?) des « cibles » de ma plume, devant l’écho trop confidentiel de mes travaux d’investigation, devant l’indolence désarmante de mes concitoyens, je me prends parfois à penser que je gâche mon encre. Mais cela ne dure jamais longtemps, car je trouve toujours mon réconfort dans la lecture de prédécesseurs illustres. Imaginez que, depuis peu,  j’ai même découvert un frère de plume inattendu, sinon à Auxonne, du moins en Bretagne ! En effet, une lecture attentive de quelques numéros du Soleil de l’Ouest, feuille polémique et décapante d’Édouard Leclerc, a suffi à me redonner du cœur à l’ouvrage.

      Merci Édouard !! (N.B. : dans tout cet article, et dans quelques suivants, il sera précisément question des textes écrits jadis dans Le Soleil de l’Ouest, sous sa signature ou sous un pseudonyme, par feu Édouard Leclerc, fondateur du mouvement éponyme, et en aucun cas des représentants actuels de ce mouvement).

    Quelques mots, tout d’abord, à propos du Soleil de l’Ouest. Il en est fait mention dans Wikipédia ainsi que dans la notice nécrologique « officielle » d’Édouard Leclerc en ces termes : « il lance, en 1973, un magazine, le Soleil de l’Ouest, diffusé dans la région brestoise ». Des journalistes ayant écrit sur le mouvement Leclerc qualifient ce magazine de « feuille de chou » (L. Chavane  dans Le phénomène Leclerc p. 31 ; F. Carluer-Lossouarn dans Leclerc : Enquête sur un système p. 122). Nous  avons consulté avec beaucoup d’intérêt la collection incomplète du dépôt légal de ce magazine conservée à la Bibliothèque de Rennes. Il s’agit certes d’une presse atypique et originale avec un caractère pamphlétaire marqué mais, à l’occasion, très roborative, une presse à laquelle le qualificatif de « feuille de chou » ne nous semble vraiment pas adapté ! Des « feuilles de chou » il y en a de pires, y compris de professionnelles !

        Qu’Édouard Leclerc ait été un précurseur original, de cela nous n’avons jamais douté et nous en témoignions déjà dans l’un de nos anciens articles, « Small is beautiful » du 28 février 2011, en ces termes : « […] J’étais écrivain bénévole et je me sens devenir commerçant improvisé, comme Papa, qu’enfant, je voyais en tablier bleu, le crayon sur l’oreille [ jusqu’au début des années 60, mon père était employé dans un commerce d’alimentation auxonnais]. Je dois avouer qu’il me revient maintenant qu’il admirait certain épicier de Landerneau. C’était dans les années 50, nous sortions à peine des tickets de rationnement et ce qui était une expérience novatrice n’était pas encore devenu un empire tutélaire ».

     Contre toute attente, et toutes proportions gardées, nous avons trouvé dans Le Soleil de l’Ouest un aîné inattendu de Chantecler, car Édouard Leclerc, avec quarante ans d’avance, aborde déjà précisément certains problèmes auxquels nous avons été confrontés dans notre Chantecler et il ne dédaigne pas, non plus, à l’occasion, d’illustrer ses propos acerbes de quelques croquis bien sentis et même de quelques vers !

  

   Ce sont les numéros 8 et 9, datés respectivement de novembre et décembre 1973, qui retiendrons aujourd’hui notre attention. Dans ces deux numéros, il est précisément question de Conseil Municipal, de délibération, de transcription de délibération, et d’interprétation de délibération…En Bretagne, bien entendu, dans la commune du RELECQ-KERHUON plus précisément.

     Dans le numéro 8 de son Soleil de l’Ouest, Édouard Leclerc s’interroge donc sur la présence alternative des termes « rénovation » ou « restructuration » dans divers documents émanant de la même mairie et relatifs à la même délibération du 17 mars 1972 (Tiens, tiens !! ça tombait aussi justement un 17, comme c’est bizarre !), documents dont il publie par ailleurs un large panel de photocopies.

   Il note : « Une erreur matérielle était excusable pour le commun des mortels, mais le Maire du Relecq-Kerhuon est aussi Président de l’Université de Brest et une telle erreur nous apparaît curieuse ». Monsieur  Édouard Leclerc ajoute : « Ces faits nous semblent d’une extrême gravité parce qu’à tout moment n’importe qui peut changer n’importe quoi ». C’est que les termes rénovation et restructuration n’impliquent pas du tout les mêmes suites administratives.

    Il s’interroge : « si les mots de rénovation  ou  restructuration n’avaient aucune importance, pourquoi les a-t-on substitués ? » et, portant des accusations plus graves, il note  que « la population ne pouvait découvrir une telle supercherie ». Décidément, feu Monsieur  Édouard Leclerc, sauf votre respect, comme cet horrible Chantecler, vous étiez un fieffé  pinailleur !

        Dans le numéro 9, l’importun persiste et signe, et fait même intervenir un huissier pour  constater. Toujours dans ce même numéro, Édouard Leclerc pulvérise aussi l’accusation rocambolesque qu’on lui a faite d’avoir été l’instigateur d’un plasticage de la Mairie de Brest survenu dans la nuit du 23 au 24 avril 1969. Le Soleil de l’Ouest, voilà du bon western ! Un western dont l’auteur se vit attribuer, dans Le Journal du dimanche du 3 février 1985, le qualificatif de « cow-boy mystique » (cité par Laurence Chavane dans Le phénomène Leclerc, Plon, 1986, p. 11).  Chapeau (de cow-boy) Monsieur Édouard Leclerc, en comparaison de votre Soleil de l’Ouest, notre Chantecler fait vraiment figure d’amateur timide et de père tranquille !

     Monsieur Édouard Leclerc, il est regrettable que vous nous ayez quitté trop tôt, car votre aide nous aura manqué, vous qui déclariez dans votre Soleil de l’Ouest : « Nos colonnes sont ouvertes à tous ceux qui auraient des problèmes avec l’Administration et nos politiciens ». Cette aide aurait pu nous être précieuse car le genre de questions qui, jadis, firent du bruit dans votre Landerneau, n’ont recueilli à présent dans notre Auxonne, que d’aucuns qualifièrent de « belle endormie », mais qui n’est au bout du compte qu’une « triste anesthésiée », aucun écho digne de ce nom !

 Soleil de l'Ouest sur le Charmoy

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 Août 2014  (J+2082 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Recension