Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : chantecler-auxonne.com
  • chantecler-auxonne.com
  • : "Je chante clair afin qu'il fasse clair" Edmond Rostand
  • Contact

Profil

  • Claude Speranza, Auxonnais
  • Auxonne, environnement, actualité,  hypermarché, grande distribution, société
  • Auxonne, environnement, actualité, hypermarché, grande distribution, société

Recherche

8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 00:00

 MONSIEUR LOYAL - du 08 mars 2011

 

            M. LoyalUn article paru hier 7 mars dans DijOnscOpe, quotidien en ligne, sous le titre « Les journalistes on leur casse les côtes » relatait la campagne d’affichage sauvage menée, comme en terrain conquis, par un cirque ambulant sur plusieurs communes du Grand Dijon.

            Devant l’immobilisme des autorités compétentes, des « citoyens anti-pub » ont procédé à l’enlèvement de cette publicité sauvage  pour « mettre un peu la pression aux autorités compétentes qui rechignent à faire appliquer la loi. Non par conviction mais plutôt par résignation face à des contrevenants qui récidivent systématiquement… » et parce que « communes comme propriétaires privés privilégient la politique de l’autruche afin d’éviter les vagues ou les éventuelles représailles ».

            Les enfants de la balle sont parfois musclés il est vrai. A Auxonne, en juin dernier, ce n’était pas la venue d’un cirque qui était annoncée, mais celle d’un Hypermarché qui était fortement préconisée par une équipe d’afficheurs actifs s’approvisionnant à LURE. Les « autorités compétentes ont rechigné à faire appliquer la loi ». Mais dans ce cas précis, non par résignation mais plutôt par conviction et sympathie pour les contrevenants dont l’appui publicitaire était le bienvenu. Tous les Auxonnais me comprendront.

             Les gens du Grand Dijon ont eu à subir la publicité à la cosaque de la part de forains pratiquant une activité somme toute assez marginale, menacée voire contestée dans sa forme traditionnelle. Le métier est dur pour les hommes, et pour les animaux, encore plus ! Ceci explique, sans la justifier, cependant, une certaine rudesse de mœurs.

            Mais il en était tout autrement à Auxonne où notables et propriétaires étaient les complices bienveillants du rameutage d’une population souvent fragile économiquement pour l’approbation inconditionnelle de l’installation d’un groupe privé florissant ayant pignon sur rue et cherchant à étendre sa zone d’action.

           Lions ou gens, sachez le bien : Monsieur Loyal, par force ou astuce, saura toujours trouver les moyens de vous conduire là où il a décidé de vous faire aller !    

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  8 mars 2011

 

Repost 0
Publié par CC.S. - dans Revue de presse
7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 00:00

 LA CHEVRE ET LE CHOU – du 07 mars 2011

 

Demain, à Dijon, en CDAC, le Maire d’Auxonne défendra, avec acharnement sans doute, et pour la troisième fois, son projet d’Hypermarché LECLERC de 3500 m² au Charmoy.

 La mention du Charmoy reste pourtant très discrète et son statut très vague dans le 8 pages A4  sur papier glacé « Raoul LANGLOIS », récemment distribué à l’occasion des cantonales. En dernière page, sous la photo paisible d’un paysage de Saône, plus proprice à la rêverie qu’au « réveil » ou à la « passion » et qui pourrait même inviter les électeurs à aller à la pêche les 20 et 27 mars, on peut lire :

« …mes engagements pour réveiller le canton d’Auxonne en tant que représentant des habitants du canton…

1. Faire de la future Zone d’Activité de Tillenay-Villers Les Pots et de la Zone Commerciale du Charmoy à Auxonne des pôles générateurs d’emplois pour le canton. »

 

En ce qui concerne Tillenay-Villers-les-Pots tout reste à faire, mais au Charmoy tout est déjà combiné avec LECLERC depuis deux ans au moins, par le zèle empressé du Maire d’Auxonne, comme le prouvent les termes explicites de la lettre de remerciement datée du 14 avril 2009 que lui a envoyé le Groupe LECLERC et à laquelle, sans complexes, il a donné lui-même une grande publicité dans Le Bien Public du 21 avril 2009 et dans Inf’Auxonne n° 25 de mai 2009 :

 « A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet »

Conseiller général ou pas, Monsieur Langlois a donc déjà scellé l’avenir du Charmoy pour le canton. Discrètement d’abord et en catimini, puis après les deux refus en commissions, avec « passion » et sans trop de complexes.

Alors, après tant de battage communal, cette discrétion neutre et feutrée sur papier glacé à usage  cantonal  a de quoi étonner.

 

Nous tenons peut-être une réponse possible.

Dans le même 8 pages A4  sur papier glacé « Raoul LANGLOIS », François Sauvadet, le patron de l’équipe, répond aux questions en page 6 et termine ainsi :

« Avec Raoul LANGLOIS, qui a toute ma confiance, nous avons besoin de votre soutien pour confirmer cette vision que nous avons et que nous voulons pour la Côte d’Or »

Après le satisfecit de LECLERC, la « confiance » de François Sauvadet : Monsieur LANGLOIS a vraiment de l’entregent ! Ses relations sont, à n’en pas douter, éclectiques, et il ne craint pas le grand écart.

En effet, sans embrasser dans sa totalité la « vision » panoramique que François Sauvadet « veut pour la Côte d’Or » , nous zoomerons seulement, en référence à la presse écrite,  sur un point de vue qu’il a exprimé récemment et qui est rapporté en page 88 du Nouvel Observateur N° 2414 du 10 au 16 février 2011 :

« Leclerc : épinglé

Les oreilles de Michel-Edouard Leclerc ont dû tinter le 3 février. François Sauvadet, député de Côte-d’Or et président du Nouveau Centre, a affirmé, au congrès annuel des éleveurs bovins : « Il n’est pas acceptable de voir Leclerc jouer les héros du consommateur alors qu’il est en train de détruire des pans entiers de notre économie ! » Tonnerre d’applaudissements. »

 

Sûr qu’après cette sortie courageuse, Monsieur Sauvadet ne risque  pas, comme son poulain Raoul Langlois, de recevoir un satisfecit du Groupe LECLERC pour sa discrétion. On ne peut avoir de son côté les éleveurs et ceux qui les tondent.

On peut  comprendre dès lors, la « discrétion » de Raoul Langlois, démarcheur zélé et partisan déclaré de LECLERC dans sa ville d’Auxonne, lorsqu’il s’exprime au sein de l’« Ecurie Sauvadet ».

Quand on veut le beurre et l’argent du beurre, il faut bien ménager le chou de la proximité rurale préservée à visage humain et la chèvre de la grande distribution prête à le boulotter tout cru. On proteste contre la concentration de l’« axe Dijon-Beaune » désertificateur de Côte-d’Or et on milite pour l’Hyper LECLERC videur de centre-ville. Voilà le Nouveau Centre qui décentre !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  7 mars 2011

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Analyses et réflexions
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 00:00

 CHRONIQUES DU CHARMOY- du 5 mars 2011

 

Fastes grands et énormes de Sire picard, vicomte mayeur d’Auxonne, narrés par le clerc Rodolphe de Lure, Frère de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau, prêcheur en ladite ville d’Auxonne pour l’avènement du Paradis en notre terre.

 

ChroniqueDans la soirée du dix-septième jour de décembre de l’An de Grâce 1508, en la bonne ville d’Auxonne, le conseil des échevins réuni, pour ne point effrayer les marchands qui s’agitoient en place, décida de ne point acquiescer à projet que vicomte mayeur présentoit et caressoit pourtant en son cœur magnanime. Aussi ce fut non, un faux-non pour un vrai projet.  Et  vicomte mayeur vit que cela était bon.

Dans le cours de l’hiver qui suivit, loups coururent à travers la campagne et la Saône gela. On vit échevins auxonnois, frères de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau et tabellion comtois cueillir secrètement moult promesses en plusieurs feux de la terre du Charmoy.

En mai s’imprima solennellement avis vicomtal armorié proclamant la venue prochaine en terre du Charmoy, de mirifique comptoir d’abondance et de prospérité. En cet avis se pouvait lire  que grand seigneur comtois dans sa bienveillance et munificence y donnerait tâche aux manants et la livre de pain à moins d’un liard. Autres merveilles y furent promises : hôtel pour coquillards de Compostelle, échoppes de bilboquets et autres brimborions. Hautement flatté des attentions par grand seigneur comtois témoignées, vicomte mayeur publia lettre d’icelui le remerciant de sa très renarde et très opportune discrétion.

Cependant malfaisantes et mécréantes assemblées ducales et royales consultées, jugeant le comptoir inopportun en ce lieu chagrinèrent et navrèrent cruellement les cœurs battant à l’amble de grand seigneur comtois et de vicomte mayeur d’Auxonne.

Revenu en ses terres de Saône, vicomte mayeur indigné et navré, fomenta, leva et harangua compagnies d’habitants riches ou pauvres qui vinrent déposer signatures en l’hôtel de ville pour soutenir  mirifique comptoir de beau et généreux seigneur comtois. Icelui, très touché, fit confectionner en ses terres de Lure moult bannières mordorées affirmatives qui furent déployées en la bonne ville d’Auxonne dans le soleil de juin 1510. L’on vit tournois et cavalcades, fervente foule en procession chantant laudes du grand seigneur comtois et vicomte mayeur assura toutes ces bonnes gens de leur donner, pourvu que Dieu lui prête vie, pain à un liard la livre et échoppes de bilboquets.

Mars 1511, un an presque avait passé, mésanges rieuses chantaient déjà dans les buissons du Charmoy, prélude au Paradis terrestre qui devait advenir par les œuvres conjointes de vicomte mayeur picard, et seigneur comtois dispensateurs généreux de pain et de jeux.

Vicomte mayeur venait d’être adoubé en grande confrérie d’azur et chevauchait déjà fièrement en sa ville pour les tournois de mars, heaume en tête, portant couleurs de sa Dame et prêt à rompre en visière.      Cependant, tenue de nouvelle assemblée ducale ès comptoirs, naguère malfaisante et mécréante, approchait. Aussi Vicomte mayeur, vêtu de bure et d’humilité, partait en quête et prière et imploration tel carme déchaussé, auprès des soutiens divers qu’il pouvait rassembler pour convaincre enfin l’impie assemblée. S’il le fallait, un jour, il irait jusqu’à Canossa pour obtenir comptoir comtois.

L’air était vif, et journées longues, en la ville grouillaient pour la fête camelots et jongleurs, masques et bergamasques, singes savants et dresseurs de puces, bohémiennes diseuses de bonne aventure.

Laissant derrière lui sa ville en liesse, soucieux et fourbu, vicomte mayeur chevauchait un soir retournant à ses énormes dossiers.

A la croisée d’un chemin advint le prodige. Il sembla d’abord à vicomte mayeur que le frôlement d’aile de l’Oiseau de Minerve avait chatouillé son oreille droite. Acouphène ? Illusion ? Non, c’était le murmure d’une héroïque survivante, fière bannière luronne de notre Ordre de Saint-Edouard de Landerneau qui battait encore depuis juin au vent glacial et vicomte mayeur crut y lire dans un halo « In hoc signo vinces ».

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  5 mars 2011

 

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Figures libres
4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 00:00

 ET DE TROIS ! – du 4 mars 2011

 

            Avant-hier, 2 mars 2011, en milieu de journée, le site de la Préfecture de la Côte d’Or publiait officiellement l’annonce d’une CDAC devant se tenir le 8 mars à 10h00 et ayant pour objet :

Création d’un centre commercial LECLERC à AUXONNE

 

                Le projet commercial de la zone du Charmoy va donc repasser pour la troisième fois en commission. Il peut être utile de rappeler l’historique de ces démarches

 

           

COMMISSION

DEMANDEUR

SURFACE DE VENTE

COMMENTAIRES

CDAC du 07 octobre 2009 DIJON

SARL BOUXDIS (LECLERC)

Hypermarché E.LECLERC

d’une surface de vente totale

de 3500 m²

Galerie marchande de 600 m²

BRICO E. LECLERC

de 5000 m²

REFUS

CNAC du 20 janvier 2010

PARIS

SARL BOUXDIS (LECLERC)

Hypermarché E.LECLERC

d’une surface de vente totale

de 3500 m²

Galerie marchande de 600 m²

BRICO E. LECLERC

de 5000 m²

PROJET INCHANGE

REFUS

CDAC du 08 mars 2011 DIJON

 

SARL BOUXDIS (LECLERC)

Hypermarché E.LECLERC

d’une surface de vente totale

de 3500 m²

Galerie marchande de 500 m²

BRICO E.LECLERCabandonné LE RESTE MAINTENU
DECISION  LE  8  MARS

 De ce tableau on peut conclure que le cœur du projet

Hypermarché  E. LECLERC d’une surface de vente totale de 3500 m²

s’est maintenu identique à lui-même depuis fin 2008. LECLERC maintient le cap en lâchant du lest, mais garde l’essentiel, quitte à solliciter par la suite une extension.

 

Donc les conclusions défavorables de la CNAC du 20 janvier 2010 (Voir Chantecler N° 6) devraient rester pour l’essentiel valides.

 

Hormis quelques considérations environnementales liées au caractère plus restreint du  projet, un seul argument nouveau pourrait être invoqué : les résultats de la  consultation du 27 juin 2010.

 

Or, nous avons déjà longuement évoqué les faiblesses de cet argument que l’on peut résumer ainsi :

            - défaut d’information  objective de l’électeur sur la nature exacte du projet et en particulier sur sa composante majeure Hypermarché  E. LECLERC d’une surface de vente totale de 3500 m²

            - création dans l’urgence d’une association ad hoc, lobbying, soutien par affichage sauvage privé réalisé à LURE…

            - forme critiquable des documents administratifs reçus par les électeurs. 

Toute référence aux résultats de cette consultation par les parties prenantes dans le but de soutenir le projet fixé depuis fin 2008 par SARL BOUXDIS (LECLERC) d’installer un Hypermarché  E. LECLERC d’une surface de vente totale de 3500 m² ne pourrait donc constituer qu’un usage abusif de l’avis émis par des électeurs mal informés qui, à plus des deux-tiers des inscrits se sont abstenus ou ont dit NON.

 Enfin début 2009, lors de l’élaboration du projet, les électeurs, hormis les propriétaires fonciers intéressés, avaient été systématiquement tenus à l’écart. On ne les a finalement sollicités, en désespoir de cause qu’après le double refus en commission, et dans les conditions que l’on sait. Ce recours tardif au vote en souligne le caractère opportuniste.

            En toute cohérence, et compte tenu de la faiblesse de cet « argument démocratique » on est donc bien en droit d’en contester la valeur et de s’attendre à un troisième refus !

                                                                                           

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

 à Auxonne le  4 mars 2011

 

 

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Analyses et réflexions
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 00:00

CROISONS LES MOTS – du 3 mars 2011

 

            Quand les débats croisent les bras et que d’aucuns croisent les doigts, croisons les mots !

Un jeu d’enfant pour nos lecteurs fidèles et un bon test pour les débatteurs potentiels !

 Carré 1 

VERTICALEMENT

 

1. Les cathos de gauche le demandaient. Eschyle picard privé d’air.

2. Essuyé souvent sur le tapis vert des commissions. Naît et meurt dans les urnes.

3. Bout. Non énergique.

4. Ville-modèle que l’on veut toujours voir.

5. Direction cardinale. Funéraire ou funeste.

6. On mérite d’être rudement soutenu quand on a une telle capacité.

7. Chantecler l’est beaucoup. Département picard.

8. Participe passé qui fait mal. Emballage symbolique.

9. Bol à dominante alimentaire bien rempli. En toute discrétion.

 

HORIZONTALEMENT

 

I. Denrée devenue rare mais toujours pas bien chère en grande surface.

II. De Bordeaux, comme « le meilleur d’entre nous ». UMP hors-d’âge.

III. Comme sur les délibérations, s’asseoir dessus. Queue d’un passé simple.

IV. Contribuable et consultable à merci.

V. Initiales de la Rédaction.

VI. Affichent la nuit pour avoir le clair.

VII. Faux le Mardi-Gras, le frère de Chantecler l’avait long. Vieille béquille sociale.

VIII. En représentation. Chambre de vieux en plein désordre.

IX. La moitié d’un petit somme. En tête de gondole.

 

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  3 mars 2011

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Jeux
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 00:00

FLEURS DE SCRUTIN – du 2 mars 2011

  Marianne et Fleur de caddie

 "Liberté en tête j'ai mis

Et mon bonnet encocardé

De gros bonnets a fait tomber

Un Roi par moi fut raccourci »

 

« En têt’de gondole j’ai mis

Mes promos et c’est sans danger

Allons z’enfants vite accourez

Car seuls les prix je raccourcis »

 

Ainsi devisaient deux commères

Sur le sujet de la vie chère

Derrière leurs étals au marché

Marianne ne vendait plus guère

 

Fleur de caddie était au top

Géante devint son échoppe

Et Marianne prit sa retraite

Voilà, et l’affaire fut faite.

 

Depuis ce temps les pauvres gens

N’ont plus à crier tout autant

On crie pour eux, en encaissant

Pour casser les prix, des slogans.

 

Le citoyen a la télé

Et le voilà bien informé

Et s’il fait la révolution

Ce n’est plus qu’en consultation.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  2 mars 2011

Repost 0
Publié par C.S. - dans Figures libres
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 00:00

 FOLKLORE - du 1er mars 2011

           

            Le mot n’est plus très à la mode. Quand on utilise le qualificatif folklorique, c’est pour désigner quelque chose de pas très sérieux, d’un peu clownesque. Le folklore, c’est une sorte de carnaval un peu sage avec spécialités régionales, une façon de caricature innocente et aimable d’un monde reconstruit, qui n’est plus et n’a sans doute jamais existé comme tel. Ce peut être aussi un ingrédient utile pour pimenter telle ou telle revue sur papier glacé d’une institution à caractère local.

            Dans sa forme architecturale, c’est le signe esthétisé d’une région, un logo, pour parler comme tout le monde : losanges de tuiles vernissées sur un toit égale Bourgogne, clocher comtois gravé sur la porte d’un TER égale Franche-Comté. Dans sa forme agricole, c’est l’assimilation d’un lieu, voire de ses habitants à une production : escargot de Bourgogne, moutarde de Dijon, oignon d’Auxonne, ouillottes de Poncey.

            Et pourtant, la mondialisation, l’uniformisation des paysages rend toutes les périphéries de villes identiques. Partout fleurissent les mêmes zones, les mêmes parkings, les mêmes hypers, les mêmes bricos, recélant les mêmes productions de masse délocalisées, étalées sur fond de même world-music dégoulinante. Le voilà, de Landerneau à Wilno et de Brest à Bucarest, le folklore universel présent. Et s’il reste des champs alentours, la même musique résonne aussi dans la cabine du tracteur.

           A la fin des années 60 de l’autre siècle, lorsque je défendais l’Arsenal d’Auxonne contre les marchands de béton, aux côtés de mon Maître Pierre Camp, je me rappelle d’une expression qu’il avait employée pour désigner la France qui se construisait alors sous nos yeux : « une caricature d’Amérique où l’on prend la vie en dégoût ». Je lui donne plus que jamais raison, et la crise morale que traverse notre pays, trouve sans doute une part de ses causes dans cet enlaidissement généralisé entrepris méthodiquement par le nerf du profit et sous la bannière revendiquée du « progrès ».

             Et malgré ce grand chambardement, ce bétonnage des espaces, cette mise en sauce américaine de la « douce France », la référence aux vieilles provinces n’est pas morte. On les invoque encore à tout bout de champ, et bien ailleurs qu’aux champs. Chacun se souvient de l’emploi malencontreux du mot « Auvergnat » par un récent ministre.

             Plus localement, je notais il y a peu l’emploi, beaucoup plus innocent, du qualificatif « picard » dans un tract local. Après avoir noté, documentons un peu.

             Le tragique Racine était picard, La Fontaine aussi d’ailleurs. Nous n’en conclurons pas pour autant que tous les Picards sont tragédiens ou conteurs de fables.

             Dans son unique et courte comédie  Les plaideurs, Racine fait le portrait d’un Picard.  Dès la première page, dans la tirade de Petit Jean, on trouve ces deux citations célèbres : « Tout Picard que j’étais j’étais un bon apôtre » et  « Point d’argent, point de Suisse », le Picard Petit Jean s’appliquant à lui-même cette dernière. Petit Jean entend par-là, non pas qu’il soit un soldat mercenaire suisse, mais qu’il fait payer ses services.

             Les problèmes d’identité ne datant pas d’aujourd’hui, il s’écrivit au milieu du dix-neuvième siècle un énorme ouvrage collectif illustré intitulé Les Français peints par eux-mêmes décrivant tous les types sociaux et provinciaux du pays. Balzac y peignait l’épicier et Francis Wey, le Picard  :

            « Ces braves gens sont emportés, vifs comme poudre ; ils ont des colères aussi pétillantes et aussi durables qu’un feu de paille. En outre, comme ils s’expriment facilement et sont assez têtus, il en résulte un certain penchant à l’esprit de controverse ; ils aiment la discussion et s’y livrent avec la même âpreté que leurs voisins du département du Nord. Leur plaisir est d’entasser une foule d’arguments spécieux à l’appui d’une bourde. »

             A la fin de l’article, l’auteur conclut quand même: « Pour moi, qui les connais et les apprécie, il me semble que si je n’avais l’honneur d’être Franc-Comtois, je serais très satisfait d’être Picard ».

             Voilà  de quoi rassurer tout le monde !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à  Auxonne le  1er mars 2011

           

             

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Figures libres
28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 00:00

 SMALL IS BEAUTIFUL – du 28 février 2011

 

                Hier c’était dimanche, un dimanche un peu frais, un peu gris, un de ces dimanches qui n’engagent pas trop à mettre le nez dehors. Un de ces dimanches qui vous feraient presque regretter que la galerie marchande du Charmoy ne soit pas encore ouverte, même – et surtout – le dimanche ! A quand « la ville à la campagne » et les Champs-Elysées aux champs ?

             Un de ces dimanches d’hiver à vous faire regretter d’être loin des palmiers et des palaces, des jets et des marinas. A propos, 1946 est une année faste car elle vit naître, outre cette grande voyageuse au pas ample et à l’allure dégagée qui pose à présent ses valises diplomatiques, des millions d’autres papy-boomers  et… certain trublion !

             Une grande dame termine à présent sa mission et peut enfin se reposer. L’écrivain bénévole, lui, n’a pas les moyens de démissionner. Il s’attache à sa tâche…encore « hénaurme » !

              Il y a tout un bataillon de « passionnés » à Auxonne. Tout seul dans mon coin, sans soutien, et sans subvention, je m’essaye à être  passionnant car les études de marché ont démontré une vraie carence sur le secteur en la matière. Gare à l’évasion des chalands ! Un bon point cependant pour la boutique pimpante de Pierre-Louis qui nous apporte des oranges !    

              Quant à mon petit commerce, fermé le dimanche, je l’ouvrirai ce lundi par quelques morceaux choisis glanés la veille au coin du feu, quelques amuse-gueule de ce bon Claude Tillier (1801-1844), Clamecycois célèbre, qui, de sa plume inégalable,  titilla quelques gros notables louis-philippards nivernais :

           

« Toute renommée, voyez-vous, a besoin de contradicteurs. La gloire est comme une salade ; pour qu’elle soit bonne il y faut un peu de vinaigre. »

           

« Le pamphlet ne peut prendre de sujets là où il n’y en n’a point. Je suis comme le lièvre qui reste à la même place tant qu’il y a du serpolet à brouter, et qui émigre aussitôt qu’il n’y en a plus. »

 

« …chacun a droit, selon ses œuvres, aux coups de chapeau que décerne la cité. Le pamphlet a donc raison de rappeler à l’ordre celui qui y prend une trop grosse part ; et d’ailleurs, n’est-ce pas une bonne œuvre, et une œuvre d’autant meilleure qu’elle ne coûte rien à personne ? »

 

                Voilà, le temps de lever mon rideau de fer, et je retourne à mon étalage.

                J’étais écrivain bénévole et je me sens devenir commerçant improvisé, comme Papa, qu’enfant, je voyais en tablier bleu, le crayon sur l’oreille. Je dois avouer qu’il me revient maintenant qu’il admirait certain épicier de Landerneau. C’était dans les années 50, nous sortions à peine des tickets de rationnement et ce qui était une expérience novatrice n’était pas encore devenu un empire tutélaire.

               Oui, Small is beautiful et je n’aime pas les empires. Je redoute l’hyper : hypertension, hyperglycémie…tout ça, ça vous rend malade. Je parie toujours David contre Goliath et si j’évoque « le pot de terre et le pot de fer », c’est en motif d’indignation et non en lâche prétexte de résignation de quidam soucieux d’être toujours du bon côté du manche et d’y ramasser quelques miettes.

               Je relis dans Le Bien Public du 2 février dernier l’article de synthèse de Sylvain Clément et j’y trouve « l’ombre du géant auxonnais », un géant égoïste à la manière d’Oscar Wilde ? Et puis cette conclusion un peu bizarre en manière de  « Jour d’après » nucléaire : « Il ne manque plus que le rayonnement gagne les villages pour uniformiser le tout ».

              A rapprocher du vœu de droit divin exprimé dans un tract récent : « Il veut qu’il en soit ainsi pour le Canton d’Auxonne, NOTRE Canton » ?

             Non, merci.

             A rapprocher plus plaisamment sans doute d’un passage de l’Acte II, Scène 3 de  « Chantecler » d’Edmond Rostand auquel notre plumitif ne pensait sans doute pas  :

CHANTECLER

Cocorico !

LA FAISANE                 

                     Ah ! Sur une pente engourdie

Glisse un premier rayon ...

 CHANTECLER

                                       Tiens ! Je te le dédie !

LA FAISANE 

Les villages lointains commencent à se voir !

CHANTECLER

Coc..      

                                                        Sa voix se brise 

LA FAISANE 

          Vous n’en pouvez plus !

CHANTECLER

                                                  Si ! Je veux en pouvoir !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

 à Auxonne le  28  février 2011

 

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Figures libres
26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:00

 

« ROSES DE PICARDIE » – du 26 février 2011

 

             Encore une chanson me direz-vous ? Oui, toujours la même ! Et puis les roses c’est bien  de circonstance, vu le calibre des fleurs qu’on s’envoie ces temps-ci ! N’en jetez plus !

            Mais avant d’offrir le bouquet, faisons d’abord quelques rappels relatifs à notre sujet de prédilection.

 

             Voilà ce qui s’écrivait dans Inf’Auxonne il y a quelques mois: « La consultation des électeurs a révélé la véritable implication des citoyens dans la vie de leur cité : 38,25% de participation, taux plus élevé que pour les élections européennes et régionales. Avec près de 80% de OUI à la question posée, les auxonnais se sont clairement déterminés pour le développement d’Auxonne et de son Canton ». (Inf’Auxonne N° 29 de juillet 2010 Edito de M. le Maire  p.1).

            En juin 2010, on faisait voter AUXONNE pour un projet situé sur le territoire de la Commune mais  il était déjà explicitement question de l’intérêt pour le développement du Canton.           

           Dans une lettre officielle de remerciements du Maire d’AUXONNE adressée à ses concitoyens, datée du 28 juin 2010 et distribuée en pli ouvert dans toutes les boîtes aux lettres de la commune, on pouvait lire :

          « Nous avons pris acte de votre soutien et de votre intérêt, témoignés lors de la campagne et de la proclamation des résultats à laquelle vous avez assisté très nombreux. Saluons également le déplacement de nombreux habitants des communes avoisinantes les uns pour témoigner leur intérêt pour le projet, les autres regrettant de ne pouvoir voter.

Nous persévérerons pour faire respecter VOTRE choix, qui est aussi le NOTRE »

            Là encore, attention particulière pour « de nombreux habitants des communes avoisinantes ». Donc pour le Canton !

            D’ici quelques semaines, personne ne sera privé de vote et les « regrets de ne pouvoir voter » « de nombreux habitants des communes avoisinantes »  ne seront plus de mise.

Quant à la persévérance affirmée, persévérance de « Picard », par définition « tenace », elle sera, n’en doutons pas, au rendez-vous.

             Cette fois, au moins, ne sera plus à déplorer l’absence scandaleuse de concurrence caractérisant la campagne de la consultation du 27 juin, qui prônait paradoxalement les vertus de la concurrence.

 

             Rappelons que  Chantecler est né de cette carence, digne d’une république bananière, et que depuis ce temps « [Il] chante clair afin qu’il fasse clair »

                Chantecler , n’est qu’un trublion bénévole et un « poil-à-gratter » sans ambition et sans réseau. Il n’a pas de « Comité de Soutien » pour qualifier de « grande », ou – pendant qu’on y est – d’ « énorme », telle ou telle de ses qualités personnelles. Il ne revendique d’ailleurs d’énormité dans aucun domaine.  Chantecler n’a d’autre vocation que d’éveiller les dormeurs en offrant le café fort de ses observations et de ses réflexions.

           Sa seule ambition est de conjurer la honte qu’il a ressentie de voir sa ville livrée, en juin 2010, à une publicité effrénée et grotesque à un véritable carnaval de la grande distribution.

           Hormis cela, il n’impose pas ses certitudes aux autres, et s’il est bien certain d’une chose, c’est de ne jamais recevoir, comme tel de nos concitoyens, de lettre à en-tête d’une grande enseigne le félicitant pour sa « discrétion » :

« A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet » (Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 p. 4 et préalablement dans Le Bien Public du 21 avril 2009))

          Alors, comment la qualifierons-nous, de « grande » ou alors carrément d’« énorme » cette « discrétion » ?

          De « discrétion », il ne devait plus en être question par la suite quand on vit fleurir nos murs en jaune-fluo.

          Roses de Picardie, Jonquilles de Haute-Saône. Ah! Douce France ! Avec à chaque terroir ses hommes et ses fleurs !

 

Pour les amateurs : « Roses de Picardie » est une célèbre chanson composée par un Anglais, Haydn Wood, en 1916.          

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

 à Auxonne le  26  février 2011

 

 

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Billets d'humeur
25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 00:00

 

EN RETARD D’UNE GUERRE  –  du 25 février 2011

 

            Vous connaissez l’histoire de Ligne Maginot construite dans les années 1930, à grand renfort de béton et d’acier, dans l’Est de notre pays. A l’heure où à l’Est de chez nous on veut construire un hypermarché lorgnant vers Dole et la « ligne bleue » du Jura, il peut être utile de rappeler que, telles des Pyramides, d’amples constructions venues à contretemps n’ont jamais servi qu’à ensevelir les prétentions de leurs promoteurs.

            Le monde change vite et la reproduction de modèles surannés qui triomphèrent au cours des « Trente Glorieuses » peut être aujourd’hui un aveuglement coupable. Qui prétendrait construire à présent les grandes barres d’immeubles promises au dynamitage ?

            La lecture d’un article du  Bien Public du 21 février dernier, d’une façon nuancée certes, peut venir à l’appui de notre point de vue.

            Sous le titre

COMMERCE. Pour enrayer la désaffection des Français pour les hypermarchés des périphéries urbaines, les grandes enseignes réagissent en investissant dans les centres-villes

La grande distribution dans la course aux centres-villes

 Nicolas Desroches et Berty Robert  examinent un certain nombre d’exemples pris à Dijon ou à Chalon-sur-Saône.

            Ainsi dans une supérette de Chalon dont les « clients habitent les rues voisines » on fait « de la livraison à domicile, et ce gratuitement, dès le premier euro d’achat, quand nos clients, souvent âgés, n’arrivent pas à se déplacer parce qu’ils sont fatigués, malades… ». Un petit coup de pouce qui n’est peut-être pas à négliger !

            A Dijon dans le quartier des Halles, le marché traditionnel et les petites surfaces vivent en harmonie, deux patrons de supérettes témoignent : « la proximité des halles est plus attractive que concurrentielle et leur clientèle a une autre approche des courses qu’en hypermarché. Ses achats sont plus justement calibrés ».

            Les auteurs de l’article estiment même que « ce débarquement de la grande distribution en ville n’est pas forcément contradictoire avec l’idée même de petit commerce », opinion confirmée par le témoignage d’une gérante. Pour notre compte, nous retiendrons surtout qu’il est facteur possible de services de proximité pour les personnes à mobilité restreinte.

            Chiffres à l’appui, on constate que parallèlement au développement général du hard-discount (déjà présent à Auxonne : Netto et bientôt Lidl) « on assiste [en Saône-et-Loire] à un essoufflement dans la création des très grandes surfaces » « on préfère les supermarchés aux hypermarchés ».

                Dans « dijOnscOpe Maintenant, vous savez », journal en ligne, du 24 février, qui interroge cinq candidats aux cantonales sur les sept, et qui semble aussi oublier le « huitième » (voir notre article d’hier), on peut lire les déclarations d’un partisan de l’hypermarché E. LECLERC : « Je travaille pour que puissent s’implanter sur notre territoire des zones d’activités économiques complémentaires comme le sont celle de Tillenay-Villers les Pots et celle du Charmoy à Auxonne ». En ce qui concerne la zone du Charmoy, nous pouvons l’assurer en toute connaissance, il y a eu beaucoup de travail. Ce passage d’une lettre de la hiérarchie LECLERC au « travailleur », publiée par lui-même dans InfAuxonne N° 25 de mai 2009 en page 4, l’atteste : « A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet »

 

           Pour en revenir à l’article du Bien Public du 21 février dernier  si « on assiste [en Saône-et-Loire] à un essoufflement dans la création des très grandes surfaces » et si « on préfère les supermarchés aux hypermarchés », ce n’est toutefois pas le cas à Auxonne, où la municipalité en place, de commissions de recalage en consultation racoleuse, soutient toujours sans réserve un projet d’hypermarché E. LECLERC, sur des terres agricoles, loin du centre-ville et hors de la zone urbanisée. Pourtant la Ligne Maginot c’est dépassé ! Alors, il nous prend l’envie de chanter « T’es pas dans l’coup Papa ! »       

                                         

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  25  février 2011

 

Repost 0
Publié par C.S. - dans Revue de presse