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  • Claude Speranza, Auxonnais
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 07:40

LE POIDS DES MOTS (2) - du 07 SEPTEMBRE 2015 (J+2455 après le vote négatif fondateur)

Nous reprenons aujourd’hui la publication de notre série documentaire « Le poids des mots», inaugurée le 1er août dernier. Cette série, complémentaire d’une autre intitulée « Trois oasis et un désert », commencée le 10 juillet dernier, poursuivra, comme elle, l’objectif suivant : analyser et mettre en lumière, sur des exemples particuliers, la rhétorique des promoteurs de grandes surfaces à destination des élus, de la société civile, et de la population en général. Elle soulignera aussi le rôle de facilitateur, parfois ambigu, joué par les élus dans l’implantation des grandes surfaces sur les territoires du ressort de leur autorité administrative.

Dans « Le poids des mots (1)», nous avions poursuivi le parallèle, par ailleurs largement développé dans ce blog, entre Champagnole et Auxonne, lieux d’implantation récents de la même grande enseigne. À ce propos, nous avions cité un extrait du discours à Champagnole du promoteur soulignant l’importance, dans la galaxie LECLERC, du bourg périurbain de PUSEY, limitrophe de Vesoul en Haute-Saône. C’est au Leclerc de PUSEY, semble-t-il que l’on promène les édiles de la région Centre-Est en mal d’hypermarché. Les nôtres, c’est sûr, on fait le pèlerinage et en sont revenus convertis !

La modeste bourgade haut-saônoise se révèle donc être le lieu-modèle et comme l’appartement-témoin, d’une certaine politique d’expansion d’une enseigne « locomotive » et des implantations diverses qu’elle peut entraîner, par synergie, dans son sillage.

C’est donc essentiellement de PUSEY, et notamment du projet OASIS 3 qu’il sera question dans cet article et les suivants de la série. Après de longues vacances, nos lecteurs pourront relire s’ils le désirent nos articles précédents sur le sujet ;

TROIS OASIS ET UN DÉSERT (1) - du 10 JUILLET 2015

TROIS OASIS ET UN DÉSERT (2) - du 30 JUILLET 2015

Coup de chapeau, tout d’abord, à Monsieur René Regaudie, Maire de PUSEY, pour la qualité de sa communication !

Le site officiel de sa commune est particulièrement bien construit et renseigné, notamment sur le chapitre du projet OASIS 3 : revue de presse méthodique et exhaustive sur le sujet et vidéos très instructives animant agréablement le propos.

Sur le site officiel de PUSEY, le chemin d’accès à OASIS 3 est aisé. À partir de la page d’accueil, suivre : Vie municipale→Travaux→Projets→OASIS III

Voilà déjà plus d’un an, à la date du 11/08/14, étaient publiés simultanément sur le site, deux articles :

11/08/14 : Oasis 3 : Banderole de soutien

http://www.pusey.fr/index.php?IdPage=1407777391

11/08/14 : Oasis 3 : Le point sur le dossier et video du projet Sopic

http://www.pusey.fr/index.php?IdPage=1407776166

En ce qui concerne la première rubrique, on pourra noter certaines similitudes avec la vague d’affichage ayant sévi chez nous en juin 2010, lors de la prétendue « consultation ». Les petits lapins de Claudi ne s’y sont pas trompés ! Claudi a profité de l’occasion pour faire connaissance avec Monsieur le Maire de Pusey, amateur, lui aussi semble-t-il, de banderoles jaune-fluo ! De la banderole indignée de Pusey, il sera encore question dans la presse locale dont l’article est disponible sur le même site

27/08/14 : Quel commerce !

http://www.pusey.fr/images/er-2014-08-27-7564.pdf

Si la première rubrique est très jaune-fluo, la seconde est, quant à elle, beaucoup plus grandiose qui fait, du site municipal de Pusey, le contestataire véhément des décisions de la CDAC ainsi qu’une agence et une succursale de la communication du groupe SOPIC. Pour le coup, en comparaison, notre Inf’auxonne N° 25 de mai 2009, catéchisme du Charmoy dicté à Vesoul, insérant pour la publier fièrement sa lettre de Colmar, nous fait une figure vieillotte de propagande à la papa !!

Nous conseillons à nos fidèles lecteurs/trices la visite du site de PUSEY. Quant à nous, nous l’avons largement exploré pour le plus grand bien de nos prochains articles, qui ne manqueront pas de vous rendre compte plaisamment, comme toujours, des meilleurs morceaux que nous y avons découverts !

À suivre donc !

Il ne suffit pas d’aller en badaud (et en tramway© !!) constater, ébahi, enthousiaste et la tête creuse, l’avance des travaux au Charmoy, il faut aussi aller voir ailleurs comment les promoteurs font leur pelote avec l’appui zélé des élus !

LE POIDS DES MOTS (2) - du 07 SEPTEMBRE 2015 (J+2455 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 07 septembre 2015 (J+2455 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Analyses et réflexions
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:35

PERMIS EFFACÉS ET PERMIS OUBLIÉS - du 04 SEPTEMBRE 2015 (J+2452 après le vote négatif fondateur)

Voilà un titre tout empreint de mélancolie. C’est que l’été fraîchit déjà, en marche vers l’automne, et que la rentrée est là. À regret il nous faut donc quitter Niederziwweldorf, ses ronds points fleuris, ses cigognes en zinc, ses enseignes, et ce cher Monsieur Joseph Schnaps, pour en revenir à nos très sérieuses affaires charmoisiennes ! Elle est bien là, notre rentrée du Charmoy !

Nous devons aussi faire un aveu à nos fidèles lecteurs/trices: les séquelles d’une longue activité professionnelle au sein d’une institution rythmée par les rentrées et les réformes ont enraciné dans notre psychisme un syndrome de prérentrée. Nous avons certes quitté l’institution, mais tel un membre fantôme ou comme un vieux rhumatisme, ce syndrome nous chatouille, encore et toujours, quand arrive septembre. À preuve, je confesse avoir fait cette nuit même un vrai cauchemar de rentrée parfaitement décalé, mais le propre d’un cauchemar de rentrée n’est-il pas justement d’être décalé !

En guise de prérentrée, j’avais pris soin avant-hier de faire une visite au panneau d’affichage officiel de notre maison commune, ainsi qu’au rond point de l’Europe, pour une révision du programme de charmoylogie. En dépit du cocard que j’avais ramassé le matin même, sur un mode que chacun(e) se complaira à imaginer, j’ouvris l’œil et la révision se révéla profitable. Elle nous révéla plusieurs faits et particulièrement un fait de taille qui avait échappé à notre observation pendant tout le mois d’août ! Je dis bien « avait échappé », car à présent, grâce à Dieu, le mal est réparé ! Ouf !! Marie-France (ainsi se prénommait mon inspectrice préférée du temps où Chantecler perçait déjà sous le professeur certifié) peut se pointer, je suis au top pour accueillir son inspection !

Je crois que mes joutes avec Marie-France, vieilles à présent de vingt ans, non, pas Marie-France, les joutes ! Car, Marie-France, d’un âge à présent inavouable, n’a plus qu’à « faire des pâtés sur sa carte d’identité » comme dirait Juliette Gréco ! Oui, je crois que mes joutes avec Marie-France furent mes classes et mon stage commando en matière de duel à la plume. J’en revins aguerri, et la dame, elle, en sortit, passablement égratignée !

On me pardonnera je l’espère cette incise un peu trop personnelle. Quand les souvenirs remontent, c’est que le temps est venu de se coucher ou de coucher ses mémoires sur le papier, ou sur la toile ! Certains, d’ailleurs, ne s’en privent pas !

En attendant, trêve de plaisanterie, revenons à nos moutons ! Dans un précédent article daté du 4 août TWIN-HYPERS : UNE DIPLOPIE PASSAGÈRE nous avions constaté le retrait, opéré précisément le vendredi 31 juillet, d’une demande de permis de construire concernant un magasin d’une surface de plancher de 9945 m2, déposée le 09 février 2015 sous le n° PC 021 038 15 E 0003. Et toujours dans le même article, nous avions noté avoir recherché en vain l’arrêté relatif au permis, arrêté qui, normalement, doit suivre le retrait d’affichage du dépôt.

Mea culpa ! Nous n’avions pas bien cherché ! L’arrêté en question existe ! Daté du 29 juillet dernier il accorde le permis n° PC 021 038 15 E 0003 ! Affiché dès le surlendemain, il figure, pour l’heure, à l’extrémité droite de la ligne 14 du panneau d’affichage !

À notre décharge, il nous faut signaler que ce permis n’avait pas eu les honneurs de la presse comme le mémorable dépôt du 17 décembre 2012, ni comme ses prédécesseurs de 2013 et 2014 le privilège de l’hyper format A4 qui permettait de discerner rapidement l’hyper permis de la foule des quidams en format réduit. Affiché trop discrètement, le permis a donc échappé à notre attention ! Au temps pour nous !

Signalons qu’il a échappé aussi, jusqu’à ce jour, à l’affichage réglementaire sur le terrain ! Quid de l’Article R*424-15 du Code de l’Urbanisme qui stipule « Mention du permis […] doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté » ?

Ce permis est vraiment un drôle de permis ! On s’interroge sur son utilité, il pourrait tout aussi bien ne pas exister, mais il existe pourtant comme en fait foi l’arrêté qui en a été signé par l’autorité compétente et dûment affiché au panneau de notre maison commune. Et cet arrêté, pour aboutir, a mobilisé les suffrages, les études et les énergies des personnels de nombreuses instances compétentes ! Une foule de décisions, de commissions, de réunions, d’études ont présidé à son aboutissement.

À ce propos, il peut être intéressant de rappeler que la Commission Nationale d’Aménagement Commercial , après une correction initiale liée à une malencontreuse « erreur d’aiguillage », a constamment affiché jusqu’à ce jour sur son site, dans sa rubrique « Décisions », au chapitre « Décisions des Cnac 231 et 232 du 03 juin 2015 » le texte suivant relatif à la décision n° 2565T concernant Auxonne :

« n° 2565T-Auxonne (Côte d’Or

Recours exercé contre le projet par la SAS « LAUCEL », admis.

Création refusée d’un ensemble commercial de 4000 m² de vente composé d’un hypermarché « E. LECLERC » de 3500 m² et d’une galerie marchande attenante de 500 m² (4 boutiques) et création refusée d’un point permanent de retrait par la clientèle d’achats au détail commandés par voie télématique organisé pour l’accès en automobile (Drive), sous l’enseigne « E. LECLERC DRIVE », de 250 m² d’emprise au sol comportant 5 pistes de ravitaillement»

Or, le permis en question, n° PC 021 038 15 E 0003, dans son dixième « Vu », fait explicitement référence à cet « avis de Commission Nationale d’Aménagement Commercial (séance du 03.06.2015) » qui, si l’on s’en tient, au libellé ci-dessus ne semble pourtant pas particulièrement favorable à l’octroi d’un nouveau permis ! En bon cartésien, nous nous interrogeons encore sur cette contradiction !

Précisons quand même que sur le terrain tout va très bien, et sans états d’âmes ! Au Charmoy les travaux se poursuivent donc en vertu d’un permis modificatif dont les intempéries ont fini par effacer complètement le panneau. Ce qui n’efface pas pour autant l’Article A424-18 (Créé par Arrêté 2007-09-11 art. 4 II JORF 13 septembre 2007 en vigueur le 1er octobre 2007), en vertu duquel : « Le panneau d'affichage doit être installé de telle sorte que les renseignements qu'il contient demeurent lisibles de la voie publique ou des espaces ouverts au public pendant toute la durée du chantier ».

Mais tout ça, c’est de la paperasse, et d’ailleurs, qui prend la peine de lire tout cela ! Soyons pragmatiques, la fin justifie les moyens et quand le bâtiment va tout va !

2452 jours après l’inénarrable vote négatif fondateur, le parcours administratif du projet du Charmoy n’en finira jamais de nous étonner et d’inspirer Claudi ! Décidément, pour parvenir, tout est permis… de construire bien entendu !

À deux pas du rond point de l’Europe en passe, selon la presse, de recevoir bientôt son œuvre d’art, à la porte même de l’« ancienne ferme des radis ©» dans ce temps d’attente fleuri où notre cité caresse, avec les yeux de Chimène, l’espoir d’une deuxième fleur (Cf. Le Bien Public du 29 août dernier), il serait judicieux de donner au chantier du siècle un affichage de permis digne de ce nom ! Artistes, à vos feutres !!

PERMIS EFFACÉS ET PERMIS OUBLIÉS  - du 04 SEPTEMBRE 2015 (J+2452 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 04 septembre 2015 (J+2452 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Analyses et réflexions
1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 07:27

HISTOIRES D’ENSEIGNES (8) - du 01 SEPTEMBRE 2015 (J+2449 après le vote négatif fondateur)

Dans notre précédent numéro, nous avions dû nous résoudre à interrompre la passionnante lecture de la lettre, un peu longue, de notre ami Joseph Schnaps. Nous l’avions fait au moment crucial, où notre ami Joseph, très gêné, se voyait questionné, par une touriste avisée, au sujet de l’impossibilité d’accéder aux vraies richesses historiques de Niederziwweldorf, maintenues en cure de sommeil, pendant qu’autour de la ville, la ronde des ronds-points battait son plein. À Niederziwweldorf, les cigognes sont de retour et chez nous, c’est la danse des tarares…

Passons à présent la plume à notre très cher Joseph Schnaps :

« Croyez-moi si vous voulez, j’avais honte. J’avais honte, et j’avais mal de ne pouvoir répondre à son attente légitime de contempler la fabuleuse cotte de mailles, pièce maîtresse de notre musée, qui à présent dormait bêtement dans une caisse. Une petite caisse à vrai dire, car l’objet, bien que n’ayant pas rétréci du fait des ans (il en compte plus de 800) ou d’une hygrométrie défectueuse, est de petite taille.

C’est que notre fabuleuse cotte de maille est une cotte de maille féline, et ce détail devait compter pour notre miss, fervente amie des chats !

Il faut que je vous narre à présent le secret de notre cotte de maille féline, comme je l’ai conté à notre miss, à défaut de pouvoir lui montrer l’objet, situation délicate qui se rencontre quelquefois dans la vie d’un honnête homme.

En des temps anciens, le baron Von Katzenburg régnait sur le château d’Oberziwweldorf. À la fin du douzième siècle, armé de pied en cap, il accompagna Frédéric Barberousse en croisade. Chacun sait que l’empereur Frédéric devait s’y noyer malencontreusement lors d’une baignade, laissant sa suite dans le plus profond désarroi. Le soir même de ce malheur, un gros chat roux fit irruption dans la tente du baron et, par la suite, s’attachant à ses pas, se refusa à le quitter.

Notre baron vit là un signe et adouba notre matou auquel il fit faire une cote de maille par les meilleurs artisans de Saint-Jean-d’Acre. Le baron, le chat et sa cotte revinrent indemnes de croisade. Les mânes de l’empereur les avait protégés. Les moines de l’abbaye romane de Katzenbach où devaient par la suite reposer, sous leurs dalles armoriées respectives, le baron et son chat légendaire, conservèrent pieusement la cotte. Voici en résumé, l’histoire du chat-croisé et de sa cotte de mailles.

Au cours du temps, la cotte devait révéler des vertus curatives. De tout le Saint-Empire on venait la visiter car elle était réputée être un préservatif contre l’infidélité conjugale et le lumbago. À la fin du dix-neuvième siècle, l’engouement pour ces vertus thérapeutiques ayant cessé, mon très avisé bisaïeul le Conseiller Albert Schnaps acquit l’objet qui ne déplaçait plus les foules. Il le fit en échange d’une recette secrète d’une liqueur de son cru, le toujours célèbre Élixir de Katzenbach. À sa mort et selon ses vœux, la fabuleuse cotte du chat-croisé fut remise au musée de sa ville natale pour y être exposée.

Ici finit l’histoire visible de la fabuleuse cotte du chat-croisé, à présent dérobée au regard des visiteurs éclairés qui, dépités, se cassent le nez refusant de se contenter de cigognes en zinc et autres avatars de carrefours ! Je leur réponds, comme a notre miss : dépités, écrivez au député !

Dans l’attente du plaisir de vous lire bientôt, recevez…etc… »

Les Niederziwweldorfiens ont vraiment de la chance d’avoir ce Monsieur Joseph Schnaps à la culture. Certes, il nous la joue un peu Mère Michel qui a perdu son chat, il est peut-être un peu bavard, mais il pose les bonnes questions ! Il est temps d’arrêter de tourner en rond(point) avec des manivelles et de sortir les vraies valeurs historiques du placard.

Claudi, notre artiste de service, s’est fendu pour vous d’une belle cotte de chat ! J’entends déjà ronronner Monsieur Joseph Schnaps !

 

HISTOIRES D’ENSEIGNES (8) - du 01 SEPTEMBRE 2015 (J+2449 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 01 septembre 2015 (J+2449 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Courrier des lecteurs
29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 08:59

HISTOIRES D’ENSEIGNES (7) - du 29 AOÛT 2015 (J+2446 après le vote négatif fondateur)

Monsieur Joseph Schnaps, adjoint culture et tourisme à Niederziwweldorf ne manque pas d’esprit critique, il a en outre une belle plume, ce qui ne gâche rien. Non, pas une plume où je pense, Claudi, ça, c’est pour Chantecler !

Nous venons tout juste de recevoir sa deuxième lettre. Les réflexions judicieuses qu’elle contient, exprimées plaisamment sous sa plume alerte, feront donc encore aujourd’hui les délices de nos fidèles lecteurs/trices. Nous l’en remercions bien cordialement et nous empressons, sans plus attendre, de lui passer la plume :

« Cher Monsieur Chantecler,

Nous en étions restés au dernier monument du génie niederziwweldorfien, j’ai cité les deux cigognes en zinc ripolinées perchées sur la cheminée du rond-point de la route de Rouffach. À ce propos, félicitez Claudi qui a fait un vrai petit miracle de la photo que j’avais découpée dans Niederziwweldorf’Info et jointe à ma précédente lettre pour votre documentation. Notre Claudi a fait merveille, ça va faire un buzz sur la toile, et les cohortes de rondpointophiles, suivies dans la foulée des processions de rondpointolâtres, ne tarderont pas à rappliquer chez nous !

Délaissée de tous, en revanche, notre Katzenbrunnen ! Oui, notre Katzenbrunnen, cette fontaine au chat du dix-huitième en grès rose sur la vieille place, dont le bassin qui fuit est à sec, et qu’entoure depuis des ans, un vieil échafaudage-fantôme oublié ! Pour les monuments, c’est comme pour les commerces : point de salut au centre-ville, point de chalands hors des zones périurbaines, de leurs ronds points d’art et de leurs hyper-parkings ! »

Me croiriez-vous, si je vous disais que notre premier magistrat concocte un plan de résurrection de l’Oberziwweldorfhypermarkt avec l’aide d’un promoteur de Colmar. Il paraît qu’on lui a promis un hôtel pour loger les cohortes de rondpointophiles que suivront bientôt les processions de rondpointolâtres. Comme son prédécesseur, Herr Bürgermeister, le contemporain du coiffeur Seppi, il doit faire de beaux rêves…C’est vrai qu’il veut « réveiller la Belle endormie » Ah ! C’est partout les mêmes histoires d’enseignes ! Je vous assure que vos articles vont faire un tabac dans « Les dernières ruelles d’Alsace ».

L’autre jour, je faisais mon petit tour de vélo, j’arrive au niveau du rond-point de la route de Rouffach et je m’arrête pour photographier les inénarrables cigognes, dont je vous ai promis un meilleur cliché. Me voilà bientôt entouré par les habituels gogos admirateurs. On m’interroge sur l’existence d’autres ronds-points à photographier à Niederziwweldorf... « Non, je regrette, le puits est encore en cours de création ! » Désappointement général ! Une vieille dame, visiblement anglaise, en profite alors pour se détacher du groupe.

Elle me fait en préambule quelques compliments acides sur notre Katzenbrunnen, puis s’enquiert auprès de moi de notre musée. Je lui réponds un peu cavalièrement : « Madame, nous n’avons pas encore de rond-point où l’installer ! ». Shocking ! La réponse ne se fait pas attendre : « Apprenez, Cher Monsieur, que je ne suis pas venue jusque-là pour tirer le portrait de vos cigognes en zinc ! ». Je pense à la tête qu’elle aurait faite si elle avait vu le tarare dont vous m’avez parlé. Je n’aurais vraiment pas su où me fourrer. Dans le tarare peut-être ? Où va se nicher parfois l’imagination !

La miss avait du caractère et une heure à perdre avant de rejoindre son groupe. C’était visiblement une amie convaincue du passé et des chats. Je l’ai donc invitée à prendre le thé à la Pâtisserie Stern (tout au beurre). Entre deux petits fours, je lui ai avoué, confus, que notre musée était actuellement en sommeil, en caisses et en hibernation. Avec beaucoup d’humour elle m’a fait remarquer : «Et alors, quand réveillera-t-on la Belle endormie ? Oui, la belle cotte, quand cessera donc son sommeil de marmotte ? »

Elle pensait évidemment à la fabuleuse cotte de mailles, pièce maîtresse du musée. Il est de ces légendaires pièces d’habillement qui, telles de pieuses reliques, peuvent déplacer les foules : la tunique de Nessus, la casquette du Père Bugeaud, le nouveau chapeau de Zozo, j’en passe et des meilleures. Et notre miss n’était visiblement pas de ces personnes pour qui l’image du passé peut se résumer à une vieille charrue plantée dans le gazon fleuri d’un prétentieux Sam’Suffy.»

Compte tenu de la longueur de la lettre de notre ami Joseph Schnaps, nous en interrompons pour aujourd’hui la passionnante lecture. Cette histoire de Katzenbrunnen, c’est presque du Jean Paul (Richter). Car, à la différence de son cynique personnage, le Docteur Katzenberger qui volait les chatons et leur tordait le coup dans sa poche avant de les disséquer, notre Jean Paul (Richter) ne pouvait qu’aimer les chats, réservant son « vinaigre satirique » aux notabilités de Kuhschnappel. La suite de la lettre au prochain numéro ! Attention ! Les ami(e)s des chat(te)s ne risquent pas d’être déçu(e)s !

HISTOIRES D’ENSEIGNES (7) - du 29 AOÛT 2015 (J+2446 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 29 août 2015 (J+2446 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Courrier des lecteurs
26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 09:52

HISTOIRES D’ENSEIGNES (6) - du 26 AOÛT 2015 (J+2443 après le vote négatif fondateur)

Ce sixième épisode de nos « histoires d’enseignes » n’était pas prévu au programme et nous étions déjà prêt à retourner à des tâches plus concrètes, quand… une lettre nous est parvenue de Niederziwweldorf ! Nous ne pouvions manquer de vous en faire part, ne serait-ce qu’en raison de la qualité de son auteur et de son contenu. La majeure partie de cet épisode supplémentaire sera donc écrite par une plume alsacienne. Non, pas une plume de cigogne, j’entends déjà rugir la LPO !

Passons à présent la plume à Monsieur Joseph Schnaps, adjoint culture et tourisme à Niederziwweldorf dont nous publions aujourd’hui la lettre :

« Cher Monsieur Chantecler,

J’ai lu avec un grand intérêt votre chronique « Histoires d’enseignes » qui décrit avec un talent original une tranche de passé de notre chère bourgade. Ne manquez pas de saluer de ma part Monsieur Claudi Hoffnung qui vous illustre si bien, et dont j’ai appris avec bonheur que le grand-père de son oncle était le coiffeur de mon propre arrière-grand-père, le Conseiller Albert Schnaps. Nous voilà, en quelque sorte en famille et, surtout, en bonne compagnie !

J’irai donc droit au but en me permettant cette demande : m’autoriseriez-vous à publier votre chronique dans notre revue historique « Les dernières ruelles d’Alsace » dont le lectorat vieillit et se raréfie et, à propos de laquelle, je vous l’avoue, je suis actuellement en mal de copie. À charge de revanche, je vous autoriserais à publier cette première lettre ainsi que celle qui la suivra rapidement, si vous jugez toutefois que leur publication peut prolonger utilement et agréablement votre chronique. »

Permettez-nous d’interrompre un instant le propos de Joseph Schnaps auquel nous laissons toute latitude pour publier nos élucubrations dans « Les dernières ruelles d’Alsace » ! C’est un homme de bonne compagnie et nous sommes certain qu’il citera ses sources !

En échange, nos fidèles lecteurs/trices pourront prendre connaissance de ses courriers, qui, à en juger par le premier, ne devraient pas manquer d’intérêt. Poursuivons donc notre lecture de la première lettre de Joseph Schnaps

«Un mot tout d’abord, de mon ancêtre le Conseiller Albert Schnaps. Mon bisaïeul était pharmacien et comptait parmi les notabilités du Niederziwweldorf du temps de l’annexion. À noter qu’il a entretenu une longue correspondance avec le célèbre Sebastian Kneipp, promoteur de la « Cure d’eau ». Albert Schnaps, quant à lui, penchait plutôt pour la cure d’eau-de-vie. À Sebastian les ablutions, à Albert les libations ! Je pense en fait, que tout comme Seppi le coiffeur, mon ancêtre faisait de la résistance. Ainsi quand Sebastian Kneipp, vantait la « Cure d’eau » Outre-Rhin, Albert Schnaps prenait le parti de l’eau-de-vie !

En matière de résistance, c’est clair, l’imagination est une arme à ne pas négliger. Albert Schnaps prenait ainsi le parti de l’eau-de-vie, Seppi le coiffeur, le parti de la langue française et je vois, Cher ami, que comme Pierre Dac, vous avez pris le meilleur parti, le parti d’en rire!

À propos de Seppi le coiffeur, faites savoir à Claudi que l’enseigne qu’il a récupéré chez son oncle pourrait trouver une place de choix dans notre musée, à la réorganisation duquel je travaille actuellement et qui compte une pièce vraiment exceptionnelle, dont vous ne soupçonnez sans doute pas l’existence,et qui n’est d’ailleurs pas une enseigne. De cette pièce exceptionnelle, je vous parlerai dans un prochain courrier. Vous comprenez à présent tout l’intérêt que je porte à votre excellente chronique « Histoire d’enseignes ». Les enseignes de nos vieilles rues sont en effet presque toutes au musée, quant à celle de l’Oberziwweldorfhypermarkt, il me semble qu’elle a terminé sa carrière il y a bien longtemps déjà chez « Isa, Lumpa ! » notre ancien ferrailleur. À moins qu’on ne la retrouve un jour sur un rond-point ! Soit-on jamais !

À ce propos, permettez-moi à présent de vous faire part d’une confidence. À vous lire, j’ai pu constater que vous n’étiez pas sans connaître, vous aussi, une éruption de ronds-points. Après avoir fait la fortune du corps des Ponts et Chaussées, voilà que nos ronds-points se mettent en scène et se donnent en spectacle. Notre pays connaît ainsi une renaissance artistique giratoire ! Bonjour le néorondpointillisme ! Si cela peut vous consoler, apprenez, que si vous avez votre tarare, nous avons depuis peu deux cigognes en zinc ripolinées perchées sur la cheminée… du rond-point de la route de Rouffach !!! Ajoutons qu’un projet de puits vient d’être annoncé dans la presse pour un autre rond-point ! Ah ! Comme vous dites, si Jean Paul, Jean Paul Richter bien entendu, voyait ça !

Dans l’attente du plaisir de vous lire bientôt, recevez…etc… »

Amateurs d’histoire, ne manquez surtout pas le prochain et dernier épisode de notre série, vous ne serez certainement pas déçu(e)s !

HISTOIRES D’ENSEIGNES (6) - du 26 AOÛT 2015 (J+2443 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 août 2015 (J+2443 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Courrier des lecteurs
23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 09:08

HISTOIRES D’ENSEIGNES (5) - du 23 AOÛT 2015 (J+2440 après le vote négatif fondateur)

Un petit vent de mélancolie est passé sur la fin de notre précédent épisode. Du coup, les ardeurs en ont été refroidies. Alors, vite, avant que notre inspiration ne se fige, il faut en terminer avec cette histoire d’enseignes. En terminer ? Mais c’est fait, puisqu’on connaît déjà la fin des fins ! Alors à quoi bon écrire encore ?

Foin d’aquoibonisme ! Il est difficile de trouver des raisons de renoncer à écrire, quand on vit dans un monde où un journal local faisait encore, il y a peu, une pleine page sur les malheurs de « Bécassine au pays des poubelles » (le titre est de nous), scénario tiré des réseaux sociaux et chanson de geste électronique d’une conscience écologique, suivi plus récemment encore, toujours sur un scénario tiré des réseaux sociaux, de « Tintin à la piscine ». Logiquement, à suivre la tendance sur les réseaux sociaux, on pourrait s’attendre à un épisode « Pierre Tombal fait son foin ». Un bon point cependant pour notre feuille quotidienne, à propos de ce retour inopiné de Don Camillo qui a ravivé nos vieux souvenirs de petit chanteur des fifties. L’aggiornamento est en marche ! Et la marche, dirait le Docteur, c’est bon pour le cœur !

Non nobis Domine, non nobis…Une pointe de nostalgie vient me serrer le cœur ! C’est qu’il m’est impossible à présent de rentrer dans l’aube blanche et que mon minois de gamin s’est enfui bien loin, ne me laissant que le souvenir des refrains en latin… Alors, sur le conseil de Claudi, évadons-nous vers le pays du rêve, ce recyclage salutaire des déchets psychiques que n’a pas encore conquis le tri sélectif moral et qui mêle allègrement, dans sa mixité baroque, le meilleur et le pire.

Jean Paul (Richter) est connu pour avoir écrit, sinon fait, des rêves délicieux ou tragiques. Après lui avoir emprunté un petit souffle rafraîchissant de cette mélancolie qui rend modeste, suivons le, à présent et pour un instant, sur les sentiers du rêve.

Le soir tombait sur Niederziwweldorf, un vent léger d’automne agitait les enseignes du vieux bourg : l’aigle, l’étoile, le grand cerf, le chapeau rouge, le lion d’or, le sauvage, la pensée et tous les autres cliquetaient au bout de leurs potences. On allumait déjà les réverbères et, aux vitrines des boutiques, on accrochait les volets de bois. La brume montait de la Tochter et, là-haut, Oberziwweldorf rougeoyait aux dernières lueurs du couchant. À l’Hôtel de ville, au pied du clocher à bulbe, une lumière venait de s’allumer, celle du bureau de Herr Bürgermeister.

Herr Bürgermeister était fatigué, les aigles noirs du papier peint volaient devant ses yeux et le portrait du Kaiser semblait lui lancer un regard plein de reproche. Écartant d’un geste las ses dossiers, il décida de s’accorder enfin un moment de détente. S’étant dirigé vers l’armoire Biedermeyer, il en retira, l’air satisfait… le dernier numéro de Toni, l’almanach de son ami Herr Doktor Meissner. Ce n’était pas encore le numéro de l’inauguration, celle-ci n’ayant pas encore eu lieu, mais c’était le dernier avant cette inauguration que, tout comme son ami Herr Doktor Meissner, Herr Bürgermeister attendait avec tant d’impatiente fébrilité.

Herr Bürgermeister était fatigué, la lecture, pourtant passionnante, de Toni ne produisait pas l’effet escompté, Herr Bürgermeister bâillait, Toni dansait sur les pages. De guerre lasse, Herr Bürgermeister feuilleta fébrilement l’almanach comptant y trouver un remède à son assoupissement. Mais de remède, il n’en trouva point ! Les enseignes répertoriées dans l’almanach aux couleurs criardes se mirent alors à entamer, sous les yeux rougis de Herr Bürgermeister, une farandole d’enfer, et il s’endormit.

Et le rêve commença. Le carillon sonnait au clocher à bulbe, les enseignes cliquetaient sous un ciel gris. Herr Bürgermeister arpentait rapidement la place déserte, balançant les bras comme au défilé. Même en rêve, il se sentait pressé dans ce bourg où, pourtant, il aurait dû flâner, échangeant quelques propos souriants à chaque coin de rue. D’où lui venait cette hâte ? D’un danger imminent ? Les vieilles enseignes, oui c’était bien ça, les vieilles enseignes ! Autant d’épées de Damoclès ! Et rouillées en plus ! Il valait mieux s’en tenir éloigné, si l’une d’elles venait à tomber ! Pas question de s’attarder, de flâner, et surtout pas d’entrer, ça c’était bon pour les touristes ! L’étroitesse des rues, liée à la menace des vieilles enseignes semblait l’oppresser, de cette oppression terrible des rêves !

Et comme toujours, dans ce rêve qu’ Herr Bürgermeister avait déjà fait maintes fois, le miracle survenait. Herr Bürgermeister arrivait enfin en vue d’une longue et large avenue qui montait vers les hauteurs d’Oberziwweldorf. Au pied de l’avenue, un tramway rutilant l’attendait, que conduisait son ami Herr Doktor Meissner. Prestement il y montait, avec un petit saut de côté presque élégant. Tout ému par le signal du départ, il arrangeait fébrilement sa cravate et demandait crânement : « Un ticket pour la station « Inauguration » ! ». Le conducteur se retournait alors et lui répondait avec un immense sourire : « Pour vous, bien entendu, ce sera gratuit Herr Bürgermeister ! ». Alors, détendu, souriant et enfin rassuré, loin des vieilles enseignes, Herr Bürgermeister s’asseyait voluptueusement dans le fauteuil pullman. Puis, le regard rivé vers les hauteurs d’Oberziwweldorf, il imaginait déjà son arrivée là-haut, quand, au son des fanfares, la grande enseigne lèverait enfin le voile couvrant ses hyper-charmes.

Vous ayant amené jusqu’au seuil de l’hyper-rêve, nous interromprons ici notre histoire d’enseignes que nous dédions aux mémoires conjuguées de Jean Paul et de Hansi, nos courageux et glorieux inspirateurs en des temps difficiles !

HISTOIRES D’ENSEIGNES (5) - du 23 AOÛT 2015 (J+2440 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 23 août 2015 (J+2440 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Figures libres
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 08:55

HISTOIRES D’ENSEIGNES (4) - du 20 AOÛT 2015 (J+2437 après le vote négatif fondateur)

Nos fidèles lecteurs/trices connaissent à présent Niederziwweldorf et quelques-unes de ses personnalités marquantes : Seppi le coiffeur rebelle, Herr Polizei Schwob grand mutilé de la moustache, Herr Bürgermeister et son fidèle ami Herr Doktor Meissner.

Pour les autres, rappelons que Niederziwweldorf est un vieux bourg rural sur la Tochter, un peu en aval de Königshafen, villégiature en vogue où, avant la Grande Guerre, le Kronprinz venait bronzer son corps longiligne et faire de la périssoire à deux places en août. À cette même époque, le clocher en bulbe de Niederziwweldorf était par ailleurs le but de nombreuses excursions-incursions ultra-rhénanes depuis que le Professor Knatschke l’avait fait figurer en bonne place avec deux étoiles dans son guide vert-de-gris.

Un peu de toponymie à présent. Niederziwweldorf, traduit en français, c’est Ziwweldorf-le-Bas, et, bien entendu, Niederziwweldorf d’en bas avait son pendant d’en haut, Oberziwweldorf. Comme par chez nous on dirait : Tart-le-Haut et Tart-le-Bas.

Niederziwweldorf, en bas, c’était le passé, et Oberziwweldorf, en haut de la côte, l’avenir, l’avenir en montant bien entendu, et la victoire en chantant !

C’était du moins l’avenir préparé par le patron d’une grande enseigne de Colmar avec le concours diligent de Herr Bürgermeister.

L’Oberziwweldorfhypermarkt poussait donc là-haut comme un champignon pour la plus grande joie de Herr Doktor Meissner, le père spirituel de Toni, qui, comme on l’apprend dans Toni, excellait par ailleurs dans la préparation des champignons cuits au four.

De Saxe, dans sa Meissen natale, Herr Doktor Meissner avait déjà commandé deux quintaux de kaolin premier choix. Il comptait, en effet, réaliser une série numérotée d’assiettes commémoratives d’une inauguration à laquelle, par avance, il avait été expressément convié. L’inauguration de l’Oberziwweldorfhypermarkt, bien entendu, dont la relation détaillée par les bons soins de Herr Doktor Meissner occuperait aussi tout un numéro spécial à tirage limité et justifié de Toni. Avec un grand encart dépliant sur papier couché et un grand fac-similé sur vélin des signatures prestigieuses du jour. Sans oublier le portrait coruscant de l’auteur-éditeur, ainsi que celui, plus improbable, de Herr Bürgermeister.

On peut d’ailleurs admirer ce numéro dans les archives recueillies par Claudi. Un vrai bijou documentaire ! Une petite note au crayon de Seppi le coiffeur, écrite sur la couverture précise « oublié au salon par le Conseiller Schnaps ». Et l’assiette commémorative, alors, parlez-nous de cette assiette commémorative !! Elle doit être vraiment belle !!

Pardon fidèles lecteurs/trices ! J’oubliais justement de vous en parler, car jusqu’à ces derniers jours on n’en avait pas trouvé trace, mais un exemplaire de la précieuse porcelaine vient justement d’être envoyée en recommandé par l’oncle Seppi qui précise l’avoir retrouvé dans son grenier au beau milieu d’un cageot rempli de vieux plats à barbe ébréchés.

Il serait amusant de savoir comment cette céramique avait atterri chez le coiffeur, celui-ci n’étant pas homme à faire une telle emplette et de toute façon trop indigne de se la voir offrir par son auteur-artiste. Elle ne pouvait pas non plus avoir été « oubliée au salon par le Conseiller Schnaps », car si ce dernier y apportait manifestement ses pieuses et bonnes lectures, le digne conseiller n’allait sans doute pas jusqu’à y apporter sa vaisselle !

Je sens, fidèles lecteurs/trices, que toute cette brocante commence à vous barber sévère. Si tel est le cas, alors lisez plutôt Toni, ou Le Bien Public, c’est encore plus chic, et puis dans Le Bien Public on trouve parfois de beaux vers édifiants, même si c’est à propos de poubelles (numéro du 10 août 2015) !

« Sa conscience écologique

Lui a dicté son geste électronique » Mazette !

Mais après tout, pourquoi vous plaindriez-vous ? Je ne vous propose là qu’un feuilleton de vacances et de ce genre de lectures, il est prudent de ne pas trop attendre ! Vous me direz alors que ça manque un peu de sexe, je vous rétorquerai qu’en tout cas, ça ne manque pas de Saxe ! Vous ne rêvez sans doute que de porcelets de sexe quand je vous sers, moi, naïf, les mets les plus délicats dans de la porcelaine… de Saxe !

Et puis sachez le bien, ce que je vous relate aujourd’hui, et qui, un siècle après, a pris un sérieux coup de moisi, passionnait vraiment le tout Niederziwweldorf intellectuel, scientifique et culturel d’alors.

Vous allez me dire que ce Niederziwweldorf intellectuel, scientifique et culturel d’alors vous apparaît, sous ma plume malhabile, bien lointain et poussiéreux ! Ingrat(e)s que vous êtes ! La critique est facile mais l’art est difficile ! Pas si facile de faire revivre l’histoire ! Essayez donc ! On vous verra à l’œuvre ! Si vous voulez vous faire mousser, écrivez plutôt l’avenir, inscrivez votre nom dans l’avenir et dans le territoire ! Vous aurez votre rue, vous aurez votre square ! C’est ce que pensait sans doute déjà Herr Bürgermeister, il y a un siècle. Sic transit…

Mais tout ça, aujourd’hui, plus d’un siècle après, c’est bien refroidi, refroidi comme le four d’Herr Doktor Meissner et les oreilles d’icelui qui rougeoyaient au feu de la fournaise, comme celles du mécano fourgonnant dans la chaudière. Tout ça, refroidi !

En entrant avec Claudi dans le grenier de Seppi, vous êtes entrés sans le savoir dans l’hypermarché de la mélancolie. À trop déranger, des greniers, la poussière, on finit par soulever un nuage de mélancolie ! Et quand, à Charmoy-city, les réseaux sociaux vont batifoler jusque dans les herbes folles du cimetière, la Grande Faucheuse s’émeut ! Et dire qu’en plus, pour comble de malheur, le Faucheur du rond-point vient tout juste de troquer sa faux contre un tarare ! Il y a de quoi désespérer !!

Alors Chantecler, ton histoire d’enseignes, elle finit là ? Ton inspiration serait-elle en panne ? Aurait-elle déjà mordu la poussière ? Si c’est le cas, alors, bonjour tristesse ! Mais non, c’est tout juste un petit souffle de vent de Jean Paul – Jean Paul Richter, le vrai – qui vient de passer, un petit vent frais, un vrai petit vent de mélancolie…Ni soufflerie ronflante de chaudière, ni flatulence bruyante de gestionnaire !

Un petit vent frais, un vrai petit vent de mélancolie, un petit vent de modestie aussi, brise apaisante que ne ressentent plus guère nos gestionnaires confits dans leurs bocaux, alignés sur les rayons de l’hypermarché du pouvoir.

Le petit vent de mélancolie a même saisi le crayon de Claudi. Ah ! Romantisme, romantisme et mélancolie tranquille des herbes folles poussant parmi les ruines dans le cimetière des rêves ! Sic transit…

Je sens que les âmes sensibles vont sortir un kleenex. Ne pleure pas Jeannette ! À bientôt, ne manquez surtout pas le prochain épisode. Un épisode de rêve, c’est promis !

 

HISTOIRES D’ENSEIGNES (4) - du 20 AOÛT 2015 (J+2437 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 août 2015 (J+2437 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Figures libres
17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 09:57

HISTOIRES D’ENSEIGNES (3) - du 17 AOÛT 2015 (J+2434 après le vote négatif fondateur)

Voilà le bel été tout rafraîchi, l’automne montre son nez, mais c’est encore les vacances et notre feuilleton continue !

Puisque toute la matière qui va nous inspirer à présent, sortira du grand portefeuille et des deux paquets rapportés par Claudi du grenier de son oncle Seppi de Rouffach, présentons rapidement le fonds d’archives qu’il constitue.

Trois agendas de la boutique du coiffeur, datés de 1901, 1902, 1905. À la date du 4 septembre 1901 est mentionné l’épisode de la moustache avec un petit croquis vachard et un vieux rasoir de Klingenthal à manche de corne glissé dans une enveloppe de faire-part à liseré noir : l’arme du crime sans doute ! L’exhumation de toutes ces reliques nous fait revivre l’histoire en direct, et la lame du rasoir, même rouillée, brrrr !!! Ça vous fait froid sous le nez !!

Ne nous égarons pas, continuons l’inventaire méthodique de cet émouvant musée : deux cahiers d’écolier cartonnés couverts d’une écriture serrée, truffés de lettres, de feuilles détachées, d’articles de journaux, de croquis et de chromos pliés en quatre, constituant les « mémoires » de Seppi le coiffeur. Divers calendriers, affiches, gravures, gazettes tant en français qu’en allemand.

À part le portefeuille, deux paquets ficelés. Le premier contenant quelques ouvrages en allemand de Jean Paul Richter, dit Jean Paul, humoriste romantique à peu près inconnu en France. Au nombre de ces ouvrages, le Siebenkaes, œuvre largement autobiographique décrivant, entre effusions et rires, la vie d’un jeune avocat sans fortune dans le bourg stupide de Kuhschnappel. De cette œuvre burlesque et touchante, Hermann Hesse estimait qu’elle était de celles que l’on reprend pour sa chaleur humaine, l’âge venu, ou dans l’épreuve. Seppi le coiffeur, après ses journées barbantes de barbier, était sans doute inspiré par ces bonnes lectures !! La lecture de Toni, en revanche devait l’inspirer moins. Toni ? Kezaco ? Patience, nous allons le découvrir…

Le second paquet, apparemment moins littéraire, contenait une collection de périodiques visiblement locaux. Le paquet étant encore ficelé, on découvrait la couverture du premier numéro dont les affronts conjugués de la poussière séculaire et des souris du grenier avait éteint les couleurs criardes. Sous la ficelle, on lisait ce titre en ronde gothique Toni et en sous-titre : Kultur, Künste, Schilder (culture, art, enseignes). En défaisant le paquet, Claudi, dont l’imagination est vraiment débordante, et qui n’en rate pas une, fit remarquer en pouffant que le sous-titre lui rappelait le très sérieux et très fameux « Küche, Kirche, Kinder » (cuisine, église, enfants).

Le paquet étant à présent défait, on peut juger plus précisément de son contenu qui se révèle être une série d’almanachs composites publiés, au tout début du siècle dernier, par Herr Doktor Meissner, originaire comme il le déclare lui-même et comme son nom l’indique de Meissen, célèbre ville de Saxe, où se cuit, dans les meilleurs fours, le meilleur kaolin.

L’illustration de couverture, encore fraîche et pimpante pour les numéros de l’intérieur du paquet, représente sur des fonds variés, un petit personnage genre Struwwelpeter (Pierre ébouriffé), Toni sans doute, perché sur une grande enseigne portant les mots Kultur, Künste, Schilder (culture, art, enseignes).

Comment dresser une puce, comment ramoner vos cheminées, comment soulager vos rhumatismes, combien pèse la Lune, vous trouverez dans Toni toutes ces réponses sans peine tout en visitant gratuitement la pinacothèque et la…. glyptothèque ! Non, pas la discothèque, grand-père, la gly-pto-thèque !

Une autre galerie, non moins passionnante, vous y accueille, celle des enseignes de Niederziwweldorf dûment classées et répertoriées. Boutique ! Keskyen-na ! Le Professor Knatschke devait faire ses provisions de Delikatessen quand il venait en touriste à Niederziwweldorf ! C’est que le petit commerce marchait bien en ce temps-là ! Tiens, une souris a juste grignoté l’image du buste du Kaiser, il est vrai qu’il était appétissant ce buste en biscuit à 50 pfennigs l’unité et 5 marks la douzaine !

Pour un amateur d’archives, cette revue d’un autre siècle ne manque pas d’intérêt, mais Claudi m’a confié qu’en y regardant de plus près, elle présentait une grave lacune : à partir de septembre 2001, on n’y trouve plus aucune trace du coiffeur Seppi et de son enseigne ! Ah ! La Vache !

Petit post-scriptum transhistorique : À Niederziwweldorf, notre Seppi disparut donc des colonnes de Toni à partir de septembre 1901. À Charmoy-City, en notre année 2015, les Seppis viennent tout juste de disparaître du rond-point du Faucheur. Il est vrai que les moissons sont terminées. N’ayant plus ses Seppis à moissonner, notre Faucheur tourne à présent la manivelle d’un vieux tarare requinqué et lifté. Trompé par la nature et la fonction réelle de l’engin qui est essentiellement de brasser du vent, ce qui le rapproche en cela de beaucoup d’écrivailleurs, un arrière petit-neveu du Professor Knatschke, a glissé une pièce dans la trémie. En vain !

Résultat des courses, dans le futur guide touristique Knatschke à paraître en 2016, on pourrra lire que les orgues de Barbarie ne fonctionnent pas à Charmoy-city. Carton rouge à Berlin pour le rond-point ! Ça va encore faire tout un tintouin ! Ah ! Quel zinzin !

HISTOIRES D’ENSEIGNES (3) - du 17 AOÛT 2015 (J+2434 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 août 2015 (J+2434 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Figures libres
14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 08:54

HISTOIRES D’ENSEIGNES (2) - du 14 AOÛT 2015 (J+2431 après le vote négatif fondateur)

Un des charmes particuliers du dialecte alsacien, c’est sa capacité à produire expressions imagées et sobriquets. De mes premières armes au lycée technique nationalisé mixte de Guebwiller, je garde la nostalgie de cette liberté et de cette plasticité de langage. Pickerlamörder (assassin des petits pichets), c’est ainsi, par exemple, que l’on désignait plaisamment l’un des employés de l’établissement qui aimait les libations.

Pour en revenir à Seppi, l’ancêtre-coiffeur de Claudi – car je n’ai pas l’intention de vous infliger par le menu ma biographie – le qualificatif de Schnützalamörder (assassin des moustaches) lui conviendrait mieux. C’est du moins, d’après les documents rapportés par Claudi, celui qui courut dans Niederziwweldorff après l’épisode des remontrances de Herr Polizei Schwob au sujet de l’enseigne en français.

Il suffit d’ouvrir le cahier d’écolier où s’alignent en rangs serrés sur le papier réglé et truffées de charmants croquis, les confidences de notre figaro alsacien, pour découvrir cette histoire de moustaches.

Ayant admonesté Seppi le coiffeur, Herr Polizei Schwob entra donc chez l’unique coiffeur de Niederziwweldorff pour se faire rafraîchir le tour d’oreille et tailler la moustache (Schnützel). En effet, de coiffeur, à moins de vivre dans les bois, on ne saurait guère se passer, et puis une séance chez Seppi ça valait une heure de psychanalyse chez Sigmund.

Ayant posé le casque à pointe et avec lui, la raideur professionnelle, Herr Polizei Schwob s’était abandonné sur le fauteuil aux soins diligents de Seppi. Lotions et serviettes produisaient leur effet émollient et les pensées du guerrier germain s’envolaient à présent, languides, vers Gertrude, sein Schatz (son trésor), la serveuse du café Langfeld. Une manœuvre inhabituelle de Seppi interrompit soudain sa rêverie et déclencha un violent éternuement. La France avait perdu l’Alsace et, dans le miroir, Herr Polizei Schwob constata avec stupeur qu’il venait de perdre la moitié de sa moustache !!

Seppi, quant à lui venait de perdre un client. Herr Polizei Schwob, la trogne encore moussante, se leva comme un diable de son fauteuil arrachant la serviette et éructant des jurons de Kaserne. Le casque à pointe enfoncé jusqu’aux oreilles, l’air menaçant, il s’en fut trouver Herr Bürgermeister, dont le bureau était juste en face sur la place, au pied du clocher en bulbe, classé deux étoiles dans le guide vert-de-gris du Professor Knatschke.

Seppi le coiffeur, qui n’assistait pas à l’entrevue, ne donne pas de détails à ce propos, sinon qu’il y perdit un autre client : Herr Bürgermeister lui-même. Seppi note toutefois que les occupations contraignantes de ce dernier, ne lui permettaient que de très rares apparitions sur le fauteuil devant la glace. La consultation des agendas de Seppi montre néanmoins une augmentation sensible du nombre de coupes mensuelles à partir de cette date, Seppi constate lui-même qu’il a de nouveaux adeptes et écrit patriotiquement : « coiffeur toujours, Friseur jamais ! »

Avec un soin documentaire particulier, Claudi s’est attaché à offrir à nos fidèles lecteurs/trices une illustration crédible de la scène conclusive de l’attentat contre la moustache.

HISTOIRES D’ENSEIGNES (2) - du 14 AOÛT 2015 (J+2431 après le vote négatif fondateur)

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 août 2015 (J+2431 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Flash-info
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 09:06
Album "PARTIR AU FEU !" 11 août 2015 actualisé octobre 2018
Album "PARTIR AU FEU !" 11 août 2015 actualisé octobre 2018
Album "PARTIR AU FEU !" 11 août 2015 actualisé octobre 2018
Album "PARTIR AU FEU !" 11 août 2015 actualisé octobre 2018
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Album "PARTIR AU FEU !" 11 août 2015 actualisé octobre 2018

TITRE : ALBUM PARTIR AU FEU

Chaque image de cet album a été publiée dans un article dont la lecture ou la relecture pourra vous en dire plus !

 

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CHARMOY-CITY : GRANDE GUERRE ET petites guerres épicières - du 27 octobre 2018

 

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Publié par Claude Speranza le 11 août 2015, actualisé le 27 octobre 2018

 dans la catégorie Album

 

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Album