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  • Claude Speranza, Auxonnais
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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 00:00

 AUXONNE, ATHÈNES  DU VAL DE SAÔNE ? – du 22 février 2012     

     

 

     Athènes - Auxonne, quel parallèle bizarre et prétentieux ! Pas tant que ça pourtant, car plus d’un Athénien se contentera bientôt au menu d’une tranche de pain frottée d’oignon cru et là, le parallèle devient moins audacieux et plus réaliste car, quand on parle d’oignon on pense Auxonne. A preuve, tout personnage d’importance passant par notre ville en repart bientôt embarrassé d’un sac de ces divins bulbes. C’est du moins ce qu’on raconte dans les ministères.

      J’aime les oignons et même j’en cultive, mais j’ai toujours été un peu navré de constater qu’à chaque fois que je prononçais le mot Auxonne quelque part dans notre région, on me renvoyait immanquablement le mot oignon, ou pour le moins son odeur. Mais la mondialisation est passée par là et à Auxonne, maintenant ça sent le kebab, pardon, le gyros, tout comme ça sentait le gyros à Athènes, avant que là-bas ça se mette surtout à sentir le roussi et la sauce financière et pas la rose de Corfou.

     Chers lecteurs, pardonnez-moi ce détour par la cuisine : oignons et  gyros sont uniquement destinés à aiguiser votre appétit et à pimenter mon ordinaire que d’aucuns doivent commencer à trouver indigeste ou pas très varié ! Aux dernières nouvelles on aurait même constaté des allergies !

       Prenons donc un peu de hauteur, éloignons-nous des casseroles et portons un regard plus ample sur notre bonne ville. Et d’abord, qu’est-ce qui fait qu’Athènes est Athènes ? Pour un marin, le Pirée, pour un politique, la démocratie, pour un architecte enfin, l’Acropole et j’oubliais…pour un financier, la dette !

         Auxonne aurait-elle donc quelque chose à envier à la capitale grecque ? Tout ! me diront certains, je leur réponds, détrompez-vous ! Je vais vous démontrer le contraire.

         Depuis peu, par la grâce de Neptune, Auxonne n’est-elle pas dotée d’un Pirée bien à elle au pied des murailles ?

        La démocratie, cette expression d’un peuple libre, notre cité l’a incarnée lors de la consultation du 27 juin  2010. Certes le slogan municipal « Déplacez-vous en masse et votez ! » évoquait plus le troupeau pressé et bêlant de brebis à fetta en promo que la libre démarche du citoyen responsable, mais soyons spartiates, ne faisons pas la fine bouche, ce n’était qu’un début !

        Et l’Acropole, me direz-vous, cette architecture marmoréenne, sacrée et surplombante ? Ça alors, vous débarquez ! Selon les arrêts d’Athéna-CNAC (toujours attendus !) elle surgira sous peu sur les hauteurs du Charmoy ! Un temple de 12 millions clés en mains, ami nocturne de l’oiseau de Minerve et des chauves-souris avec « hôtels et restaurants » ! Par Zeus, ça ne se refuse pas, comme dirait Zorbec le Gras ! On a les temples qu’on peut !

       Et vous allez me dire que j’oublie la dette.  N’étant ni expert ni comptable, sinon de mes propres deniers, je dirai seulement que de mauvaises langues prétendent que la construction d’une nouvelle palestre, destinée à nos éphèbes, pourrait la grossir d’un bon paquet de drachmes !

        

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 février 2012

        

     

 

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Publié par C.S. Auxonnais - dans Figures libres
3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 00:00

 Station CHARMOY (ANTICIPATION) - 3 février 2012

 

« En effet, compte tenu que le port sera vraisemblablement opérationnel  dans un délai relativement  proche, et compte tenu qu’une nouvelle grande surface ne sera pas ouverte avant deux ans au moins, que faire :

 

Pousse-pousse jaune-   pour rendre le centre ville plus attractif

-  pour rendre les petits commerces plus attrayants

-  pour que les touristes dépensent plus d’argent à Auxonne

- pour que les clients venant acheter dans la nouvelle grande surface, dont beaucoup ne venaient jamais à Auxonne auparavant, aient envie de venir arpenter les rues du centre ville, découvrir les services proposés par les commerçants auxonnais et profiter du futur hôtel. »

                                                                                                                                                         

 Questions proposées par  « Auxonne Passionnément » aux commerçants du centre-ville

 dans Inf’auxonne  N° 25 (mai 2009) page 8

          Le prix  Borloo 2020 vient d’être décerné dans notre bonne ville à une entreprise méritante autant que parcimonieuse en rejets de CO2.

          Non il ne s’agit pas de Napolux, manufacture florissante de bustes impériaux qui a centuplé sa production et les émissions de CO2 de ses fours en prime depuis le déferlement de touristes dans les rues de notre ville. Dans le centre, à présent, cireurs de souliers, porteurs de bagages et nanas accortes offrent leurs services aux équipages des yachts. A Auxonne-centre, l’indigène 2020 est diligent, il a enfin compris le message, le cœur de ville, tout palpitant, en est devenu bigrement attractif, le chaland mondialisé s’y presse avide de souvenirs et d’impressions bizarres.

          Des bustes de Napoléon partout, une baguette de pain nulle part, le sandwich, c’est plus marketing ! Et ça sent la frite et le kebab jusqu’au ciel ; c’est-y ben vrai mon p’tiot  qu’çè sentôt p’us l’ougnam’ à Auxonne ? Ç’ô ben vrai lai mére ! L’oignon s’est fait la malle en Hollande, il ne trouve plus où se planter ici, c’est vrai qu’au prix où se négocie l’hectare au tarif Charmoy ! Et je vous jure, même sans oignon, c’est vraiment à pleurer ! La « belle endormie », du coup, est devenue insomniaque : sous l’œil des caméras, en été, c’est la fête permanente !

          Et le prix Borloo 2020 alors ? Patience j’y viens, le temps d’en finir avec ce groupe de Japonais de Fuku-Shima plus lumineux que des vierges de Lourdes. Il faut vivre avec son temps ! Promener le gogo, le faire « arpenter les rues du centre-ville », c’est bien plus rentable que de gratter le globe !

          Et le prix Borloo 2020 alors ? Oui ! minute, papillon ! Y’a pas l’feu au port ! Eh bien ce prix Borloo 2020, il vient d’être décerné à un créateur de PME, un petit gars de Shangaï  fut’fut’.  L’oiseau est arrivé un beau matin, la cale pleine de pousse-pousse vintage garantis de l’ère Mao.  Il a mouillé sa jonque,  pépère, au Port-Royal, et débarqué rieur, un chat siamois campé sur l’épaule. Le gars a eu un franc succès, le chat a fait le reste et en trois jours une douzaine de coolies étaient embauchés, Auxonnais pur sucre, qui n’avaient pas trouvé de job au Charmoy. Un Auxonnais qui court sur les spacieux accotements de la D 905, ça crache toujours moins de CO2 qu’un bus, fût-il de la Transco !

        Le Chinois avait tout compris, déplacements « doux » ! Il a fait sa révolution culturelle le long de la D 905 et écrit son petit livre vert ! Depuis tout le monde l’appelle Mao- Charmoy et sa ligne de pousse-pousse fait fureur, c’est que tous les touristes veulent monter à « l’hôtel » en pousse-pousse ! Les indigènes, eux, vont à pied, sauf  les vendredi 13, jours du bus à la demande qui arrive toujours en retard à la station Charmoy, après les soldes au rayon marée évidemment ! Ah ! les crabes !

       Du coup, les consommateurs frustrés vont acheter les nems appétissants et pas chers que la copine de Mao-Charmoy, plus gracieuse que les caisses automatiques de l’hyper, cuisine dans sa jolie baraque, montée sans la CNAC, au bord du Bief Pérou. A Vesoul, ça grogne, les Lurons vont bientôt nous rejouer « Les 55 jours de Pékin », évasion commerciale, concurrence déloyale !  A Lure on rit jaune, on n’affiche plus en jaune-fluo. Et sur les bords du Bief Pérou les touristes affluent, goûtant un air de liberté, le bruit court déjà qu’un émir barbu et cousu d’or va racheter l’hyper à présent démodé  et peu attractif pour en faire un remake  de la Cité interdite.  Juste fin après tant de chinoiseries !

     Salut les chalands ! Et salut le chat siamois de Mao-Charmoy, toi, tu as bien mérité une chauve-souris !

       

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 3 février 2012

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Publié par C.S. Auxonnais - dans Figures libres
13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 00:00

                                                                                                ESTRAGON .— On attend

                                                                                                               VLADIMIR. — Oui, mais en attendant ?

                                                                                                ESTRAGON .— Si on se pendait ?

                                                                                                VLADIMIR. — Ce serait un moyen de bander

                                                                                                                                   Samuel Beckett.  En attendant Godot

 
EN ATTENDANT LA CNAC - du 13 octobre 2011

               

L’ami Beckett a su démontrer avec génie que l’attente est un passe-temps fécond, du moins quand on attend Godot. Mais, me direz-vous, quel rapport entre une très sérieuse CNAC,  encore et toujours attendue comme Godot, et les divagations pathétiques des personnages de Beckett ?

            Ce rapport, c’est l’attente bien entendu, cette attente qui fouette l’imagination…et le reste. En cherchant bien, toutefois, j’affirme que l’on peut en découvrir au moins un autre. Lequel ? Où çà ? Je vous le donne en mille…

            En page 46 de la pièce de Samuel Beckett,  En attendant Godot (Editions de Minuit). Jugez vous-même :

            « VLADIMIR. — Qu’est-ce que c’est, un knouk ?

            POZZO. — Vous n’êtes pas d’ici. Etes-vous seulement du siècle ? Autrefois on avait des bouffons. Maintenant on a des knouks. Ceux qui peuvent se le permettre ».

 

            C.Q.F.D. Du knouk à la CNAC, il n’y a qu’un pas homophonique — ne me faites pas dire homophobique — bien vite franchi !

Décidément, Chantecler qui s’efforce depuis de longs mois d’être le témoin et le reflet fidèle d’un feuilleton local bien prosaïque ne sort pas de son sujet même en s’aventurant jusque sur la scène comico-métaphysique du drame de l’attente beckettienne.   

Hélas pourtant ! Beckett l’obscur ne nous révèlera jamais, au bout du compte, le sens profond du KNOUK,  pas plus que la date de la CNAC encore et toujours attendue.

Une certitude demeure cependant : c’est que nous savons tous ce qu’est une CNAC. Alors, pour le punir, osons  parodier le maître: « Maintenant on a des CNAC. Ceux qui peuvent se le permettre ». Ajoutons même : ceux qui auront le temps d’attendre…

            Mais me direz vous, les knouks çà n’existe pas et les knacks se font rares, tous envolés vers l’Oktoberfest de Münich. La CNAC pourtant, c’est du solide, pas du flan à la Beckett et pas des saucisses non plus. Alors….? On pédale dans la choucroute ou quoi ? De la fête de la bière à la mise en bière il n’y a parfois qu’un pas.

 Et il faut un rien pour qu’on finisse par décliner :

 

CNAC attendue,

Couac attendu…

Claque attendue,

 

Les puristes préféreront sans doute Beckett, qui est plus classe :

 

« Un chien vint dans l’office

Et prit une andouillette

Alors à coups de louche

Le chef le mit en miettes »

 

            Five o’clock, j’en ai ma claque des CNAC, des knouks et des knacks et de tout ce scénario à la Mocky. Ah ! Le beau film encore à faire, Jean-Pierre !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

            à Auxonne le  13 octobre 2011

 

 

 

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Publié par C. S., Auxonnais - dans Figures libres
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:00

 

L’IMPRÉVU EST TOUJOURS POSSIBLE – du 26 mars 2011

 

       Chantecler étant une feuille de protestation, j’hésitais, je l’avoue, à écrire cet article, car j’ai assisté hier soir à une réunion ouverte et publique dont il serait difficile et injuste d’épingler l’attitude, tant des organisateurs,  que de l’assistance ou des contradicteurs d’ailleurs parfaitement absents.

         De cet exercice nécessaire et salutaire, je ne m’étais pourtant pas privé à propos d’autres réunions publiques ou privées précédentes et de tous bords.

         J’étais donc hier soir à la réunion publique de Dominique Girard. Aux dires même de Rémi Delatte qui était bien présent, la salle était bondée. Il l’a dit : du jamais vu à la lumière de ses souvenirs et de son expérience auxonnaise des réunions à l’Aiglon !

L’un  au moins des assistants à la réunion privée de la veille dans les mêmes lieux était présent. Je n’ai pas eu la cruauté de lui demander ses impressions.

        Le problème du Charmoy fut évoqué clairement. Il me paraît éminemment nécessaire que la lumière soit faite sur cette affaire, je m’y emploie sans relâche depuis des mois.

        L’absence criante, hier soir, de toute contradiction mandatée au service de Messieurs Langlois, Montial et consorts, suffit à faire la preuve de l’absence de courage, et surtout de  crédibilité des tracts mensongers qu’ils ont récemment diffusés à propos de la zone du Charmoy sur la seule foi d’un article du Bien public prêtant à Dominique Girard une position qu’il n’a jamais déclarée. (article de Catherine Vachon, sous le titre « AUXONNE Duel à droite » paru dans Le Bien public du 21 mars dernier).

        Ces tracts, pour être simplistes et mensongers, ne sont pas pour autant sans effet. Je l’ai vérifié hier soir même, à la terrasse d’un café où j’avais été cordialement invité par une de mes lectrices assidues, à la sortie de la réunion. Car dans les réunions de Monsieur Girard, on ne boit pas, Messieurs, on ouvre le débat mais on ne débouche pas de bouteilles.

        Cette lectrice, donc, que j’avais égratignée dans mes conjectures d’après réunion, m’en remerciait à présent en me désaltérant. Elle avait sans doute bien compris que tout remède efficace peut avoir des effets indésirables.

        Un couple de sa connaissance passait, la conversation s’engagea et nous pûmes vérifier l’efficacité des rumeurs : « Dommage que Monsieur Girard soit contre la zone du Charmoy ». Bravo les enfumeurs ! Le démenti fut infligé vite et sans peine. Mais combien de personnes naïves auront été trompées qui fonderont leur vote dimanche sur ce seul argument ?

       Alors que nous allions quitter la terrasse que le patron rentrait déjà en discutant avec nous, un accident affreux est arrivé sur le Pont de France. Interrompant nos petites prévisions, l’imprévu terrible surgissait et glaçait la belle soirée.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  26 mars 2011

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 00:00

 NOUVELLE JAPONAISE – du 24 mars 2011           (24 mars - Premier article)           

 

 

Japon      Ce matin-là du 23 mars 1911, le vieux Yamamoto, vétéran de la flotte de Sa Majesté l’Empereur, qui avait vu six ans auparavant la flotte russe s’engloutir à Tsushima sous le feu des canons de l’Amiral Togo, trouva, dans le gros tube de bambou qui lui servait de boîte à lettre, un pli cacheté de la plus belle allure.

L’adresse en  était libellée en idéogrammes appliqués et quelque peu tremblés, qui révélaient, en dehors de toute considération sismographique, l’âge certain de la main qui les avait tracés. Yamamoto vivait en solitaire et cultivait à présent les chrysanthèmes de ses illusions perdues qui doraient un peu le désert de sa vie déclinante. C’était, à vrai dire, le seul passe-temps imaginable dans cette petite ville d’Hong Son qui sommeillait au bord d’un grand fleuve et à l’écart de laquelle il demeurait paisiblement.

Pour ce solitaire, la lettre qui s’adornait d’un timbre à l’effigie de Sa Majesté l’Empereur, fut un motif à la fois d’étonnement et de fierté. Il imagina sous l’enveloppe de fin papier de riz, quelque brevet, quelque titre de reconnaissance, voire même l’invite de quelque geisha  vieillissante  qui s’était retirée des plaisirs des grandes cités fébriles, derrière le paravent décoloré du train-train d’Hong Son.

          D’un fin canif au manche laqué, il ouvrit soigneusement l’enveloppe et en retira le contenu. Parmi tous les habitants de la ville, il avait donc été distingué, sans doute en raison de son âge et de son passé d’homme de mer habitué à obéir. Il avisa cependant très vite que le texte en était imprimé sans recherche, signe que la distinction n’était pas personnelle et qu’elle devait aussi s’adresser à beaucoup d’autres de ses semblables, gens déjà vieillissants et sans histoires, nombreux dans la petite ville.

         Hang Hoa, c’est le nom qu’il lut d’abord, imprimé en gros caractères,  un nom connu dans la contrée, mais l’homme qui portait ce nom, un chef de district qu’il connaissait à peine n’avait rien d’un artiste de kabuki et cela le surprit d’emblée. Il lut ensuite qu’il était invité pour le lendemain 24 dans le sous-sol d’un ancien théâtre de au levant de la ville, à l’heure où le soleil se couche au-delà du fleuve embrasant de ses feux les darses du nouveau port.

         Il poursuivit sa lecture trouvant enfin, tout dépité, en lieu et place du titre alléchant d’un spectacle, deux slogans beaucoup plus propres à figurer sur les fanions de soie de l’Amiral Togo ou à ceindre les fronts pâles et juvéniles des kamikazes encore à venir. Non ! Il ne serait plus de ceux-là ! La guerre pour lui était finie.

        Sagement plié en quatre, il rangea le papier dans un tiroir. Il avait appris, au contact des prisonniers russes, à rouler des cigarettes dans n’importe quelle feuille de gazette. Celle-ci ferait bien  l’affaire. D’une lecture décevante, il se promit de tirer plus tard quelques bonnes bouffées, préférant en tout cas s’enfumer lui-même plutôt que de laisser ce soin à d’autres. C’était décidé,  cette fois, pour une tasse de saké,  il n’irait pas faire la claque,!

        Un siècle après, dans le Japon meurtri, de Yamamoto le sage, la fumée s’est évanouie et le souvenir s’est perdu. En ce mois de mars où reviendront bientôt les cerisiers en fleurs  du printemps des sages, nous avons souhaité le faire revivre.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  24 mars 2011

 

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Publié par C.S. - dans Figures libres
5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 00:00

 CHRONIQUES DU CHARMOY- du 5 mars 2011

 

Fastes grands et énormes de Sire picard, vicomte mayeur d’Auxonne, narrés par le clerc Rodolphe de Lure, Frère de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau, prêcheur en ladite ville d’Auxonne pour l’avènement du Paradis en notre terre.

 

ChroniqueDans la soirée du dix-septième jour de décembre de l’An de Grâce 1508, en la bonne ville d’Auxonne, le conseil des échevins réuni, pour ne point effrayer les marchands qui s’agitoient en place, décida de ne point acquiescer à projet que vicomte mayeur présentoit et caressoit pourtant en son cœur magnanime. Aussi ce fut non, un faux-non pour un vrai projet.  Et  vicomte mayeur vit que cela était bon.

Dans le cours de l’hiver qui suivit, loups coururent à travers la campagne et la Saône gela. On vit échevins auxonnois, frères de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau et tabellion comtois cueillir secrètement moult promesses en plusieurs feux de la terre du Charmoy.

En mai s’imprima solennellement avis vicomtal armorié proclamant la venue prochaine en terre du Charmoy, de mirifique comptoir d’abondance et de prospérité. En cet avis se pouvait lire  que grand seigneur comtois dans sa bienveillance et munificence y donnerait tâche aux manants et la livre de pain à moins d’un liard. Autres merveilles y furent promises : hôtel pour coquillards de Compostelle, échoppes de bilboquets et autres brimborions. Hautement flatté des attentions par grand seigneur comtois témoignées, vicomte mayeur publia lettre d’icelui le remerciant de sa très renarde et très opportune discrétion.

Cependant malfaisantes et mécréantes assemblées ducales et royales consultées, jugeant le comptoir inopportun en ce lieu chagrinèrent et navrèrent cruellement les cœurs battant à l’amble de grand seigneur comtois et de vicomte mayeur d’Auxonne.

Revenu en ses terres de Saône, vicomte mayeur indigné et navré, fomenta, leva et harangua compagnies d’habitants riches ou pauvres qui vinrent déposer signatures en l’hôtel de ville pour soutenir  mirifique comptoir de beau et généreux seigneur comtois. Icelui, très touché, fit confectionner en ses terres de Lure moult bannières mordorées affirmatives qui furent déployées en la bonne ville d’Auxonne dans le soleil de juin 1510. L’on vit tournois et cavalcades, fervente foule en procession chantant laudes du grand seigneur comtois et vicomte mayeur assura toutes ces bonnes gens de leur donner, pourvu que Dieu lui prête vie, pain à un liard la livre et échoppes de bilboquets.

Mars 1511, un an presque avait passé, mésanges rieuses chantaient déjà dans les buissons du Charmoy, prélude au Paradis terrestre qui devait advenir par les œuvres conjointes de vicomte mayeur picard, et seigneur comtois dispensateurs généreux de pain et de jeux.

Vicomte mayeur venait d’être adoubé en grande confrérie d’azur et chevauchait déjà fièrement en sa ville pour les tournois de mars, heaume en tête, portant couleurs de sa Dame et prêt à rompre en visière.      Cependant, tenue de nouvelle assemblée ducale ès comptoirs, naguère malfaisante et mécréante, approchait. Aussi Vicomte mayeur, vêtu de bure et d’humilité, partait en quête et prière et imploration tel carme déchaussé, auprès des soutiens divers qu’il pouvait rassembler pour convaincre enfin l’impie assemblée. S’il le fallait, un jour, il irait jusqu’à Canossa pour obtenir comptoir comtois.

L’air était vif, et journées longues, en la ville grouillaient pour la fête camelots et jongleurs, masques et bergamasques, singes savants et dresseurs de puces, bohémiennes diseuses de bonne aventure.

Laissant derrière lui sa ville en liesse, soucieux et fourbu, vicomte mayeur chevauchait un soir retournant à ses énormes dossiers.

A la croisée d’un chemin advint le prodige. Il sembla d’abord à vicomte mayeur que le frôlement d’aile de l’Oiseau de Minerve avait chatouillé son oreille droite. Acouphène ? Illusion ? Non, c’était le murmure d’une héroïque survivante, fière bannière luronne de notre Ordre de Saint-Edouard de Landerneau qui battait encore depuis juin au vent glacial et vicomte mayeur crut y lire dans un halo « In hoc signo vinces ».

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  5 mars 2011

 

 

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Publié par C.S. - dans Figures libres
2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 00:00
FLEURS DE SCRUTIN – du 2 mars 2011
  Marianne et Fleur de caddie

 "Liberté en tête j'ai mis

Et mon bonnet encocardé

De gros bonnets a fait tomber

Un Roi par moi fut raccourci »

 

« En têt’de gondole j’ai mis

Mes promos et c’est sans danger

Allons z’enfants vite accourez

Car seuls les prix je raccourcis »

 

Ainsi devisaient deux commères

Sur le sujet de la vie chère

Derrière leurs étals au marché

Marianne ne vendait plus guère

 

Fleur de caddie était au top

Géante devint son échoppe

Et Marianne prit sa retraite

Voilà, et l’affaire fut faite.

 

Depuis ce temps les pauvres gens

N’ont plus à crier tout autant

On crie pour eux, en encaissant

Pour casser les prix, des slogans.

 

Le citoyen a la télé

Et le voilà bien informé

Et s’il fait la révolution

Ce n’est plus qu’en consultation.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  2 mars 2011

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 00:00
 FOLKLORE - du 1er mars 2011

           

            Le mot n’est plus très à la mode. Quand on utilise le qualificatif folklorique, c’est pour désigner quelque chose de pas très sérieux, d’un peu clownesque. Le folklore, c’est une sorte de carnaval un peu sage avec spécialités régionales, une façon de caricature innocente et aimable d’un monde reconstruit, qui n’est plus et n’a sans doute jamais existé comme tel. Ce peut être aussi un ingrédient utile pour pimenter telle ou telle revue sur papier glacé d’une institution à caractère local.

            Dans sa forme architecturale, c’est le signe esthétisé d’une région, un logo, pour parler comme tout le monde : losanges de tuiles vernissées sur un toit égale Bourgogne, clocher comtois gravé sur la porte d’un TER égale Franche-Comté. Dans sa forme agricole, c’est l’assimilation d’un lieu, voire de ses habitants à une production : escargot de Bourgogne, moutarde de Dijon, oignon d’Auxonne, ouillottes de Poncey.

            Et pourtant, la mondialisation, l’uniformisation des paysages rend toutes les périphéries de villes identiques. Partout fleurissent les mêmes zones, les mêmes parkings, les mêmes hypers, les mêmes bricos, recélant les mêmes productions de masse délocalisées, étalées sur fond de même world-music dégoulinante. Le voilà, de Landerneau à Wilno et de Brest à Bucarest, le folklore universel présent. Et s’il reste des champs alentours, la même musique résonne aussi dans la cabine du tracteur.

           A la fin des années 60 de l’autre siècle, lorsque je défendais l’Arsenal d’Auxonne contre les marchands de béton, aux côtés de mon Maître Pierre Camp, je me rappelle d’une expression qu’il avait employée pour désigner la France qui se construisait alors sous nos yeux : « une caricature d’Amérique où l’on prend la vie en dégoût ». Je lui donne plus que jamais raison, et la crise morale que traverse notre pays, trouve sans doute une part de ses causes dans cet enlaidissement généralisé entrepris méthodiquement par le nerf du profit et sous la bannière revendiquée du « progrès ».

             Et malgré ce grand chambardement, ce bétonnage des espaces, cette mise en sauce américaine de la « douce France », la référence aux vieilles provinces n’est pas morte. On les invoque encore à tout bout de champ, et bien ailleurs qu’aux champs. Chacun se souvient de l’emploi malencontreux du mot « Auvergnat » par un récent ministre.

             Plus localement, je notais il y a peu l’emploi, beaucoup plus innocent, du qualificatif « picard » dans un tract local. Après avoir noté, documentons un peu.

             Le tragique Racine était picard, La Fontaine aussi d’ailleurs. Nous n’en conclurons pas pour autant que tous les Picards sont tragédiens ou conteurs de fables.

             Dans son unique et courte comédie  Les plaideurs, Racine fait le portrait d’un Picard.  Dès la première page, dans la tirade de Petit Jean, on trouve ces deux citations célèbres : « Tout Picard que j’étais j’étais un bon apôtre » et  « Point d’argent, point de Suisse », le Picard Petit Jean s’appliquant à lui-même cette dernière. Petit Jean entend par-là, non pas qu’il soit un soldat mercenaire suisse, mais qu’il fait payer ses services.

             Les problèmes d’identité ne datant pas d’aujourd’hui, il s’écrivit au milieu du dix-neuvième siècle un énorme ouvrage collectif illustré intitulé Les Français peints par eux-mêmes décrivant tous les types sociaux et provinciaux du pays. Balzac y peignait l’épicier et Francis Wey, le Picard  :

            « Ces braves gens sont emportés, vifs comme poudre ; ils ont des colères aussi pétillantes et aussi durables qu’un feu de paille. En outre, comme ils s’expriment facilement et sont assez têtus, il en résulte un certain penchant à l’esprit de controverse ; ils aiment la discussion et s’y livrent avec la même âpreté que leurs voisins du département du Nord. Leur plaisir est d’entasser une foule d’arguments spécieux à l’appui d’une bourde. »

             A la fin de l’article, l’auteur conclut quand même: « Pour moi, qui les connais et les apprécie, il me semble que si je n’avais l’honneur d’être Franc-Comtois, je serais très satisfait d’être Picard ».

             Voilà  de quoi rassurer tout le monde !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à  Auxonne le  1er mars 2011

           

             

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 00:00
 SMALL IS BEAUTIFUL – du 28 février 2011

 

                Hier c’était dimanche, un dimanche un peu frais, un peu gris, un de ces dimanches qui n’engagent pas trop à mettre le nez dehors. Un de ces dimanches qui vous feraient presque regretter que la galerie marchande du Charmoy ne soit pas encore ouverte, même – et surtout – le dimanche ! A quand « la ville à la campagne » et les Champs-Elysées aux champs ?

             Un de ces dimanches d’hiver à vous faire regretter d’être loin des palmiers et des palaces, des jets et des marinas. A propos, 1946 est une année faste car elle vit naître, outre cette grande voyageuse au pas ample et à l’allure dégagée qui pose à présent ses valises diplomatiques, des millions d’autres papy-boomers  et… certain trublion !

             Une grande dame termine à présent sa mission et peut enfin se reposer. L’écrivain bénévole, lui, n’a pas les moyens de démissionner. Il s’attache à sa tâche…encore « hénaurme » !

              Il y a tout un bataillon de « passionnés » à Auxonne. Tout seul dans mon coin, sans soutien, et sans subvention, je m’essaye à être  passionnant car les études de marché ont démontré une vraie carence sur le secteur en la matière. Gare à l’évasion des chalands ! Un bon point cependant pour la boutique pimpante de Pierre-Louis qui nous apporte des oranges !    

              Quant à mon petit commerce, fermé le dimanche, je l’ouvrirai ce lundi par quelques morceaux choisis glanés la veille au coin du feu, quelques amuse-gueule de ce bon Claude Tillier (1801-1844), Clamecycois célèbre, qui, de sa plume inégalable,  titilla quelques gros notables louis-philippards nivernais :

           

« Toute renommée, voyez-vous, a besoin de contradicteurs. La gloire est comme une salade ; pour qu’elle soit bonne il y faut un peu de vinaigre. »

           

« Le pamphlet ne peut prendre de sujets là où il n’y en n’a point. Je suis comme le lièvre qui reste à la même place tant qu’il y a du serpolet à brouter, et qui émigre aussitôt qu’il n’y en a plus. »

 

« …chacun a droit, selon ses œuvres, aux coups de chapeau que décerne la cité. Le pamphlet a donc raison de rappeler à l’ordre celui qui y prend une trop grosse part ; et d’ailleurs, n’est-ce pas une bonne œuvre, et une œuvre d’autant meilleure qu’elle ne coûte rien à personne ? »

 

                Voilà, le temps de lever mon rideau de fer, et je retourne à mon étalage.

                J’étais écrivain bénévole et je me sens devenir commerçant improvisé, comme Papa, qu’enfant, je voyais en tablier bleu, le crayon sur l’oreille. Je dois avouer qu’il me revient maintenant qu’il admirait certain épicier de Landerneau. C’était dans les années 50, nous sortions à peine des tickets de rationnement et ce qui était une expérience novatrice n’était pas encore devenu un empire tutélaire.

               Oui, Small is beautiful et je n’aime pas les empires. Je redoute l’hyper : hypertension, hyperglycémie…tout ça, ça vous rend malade. Je parie toujours David contre Goliath et si j’évoque « le pot de terre et le pot de fer », c’est en motif d’indignation et non en lâche prétexte de résignation de quidam soucieux d’être toujours du bon côté du manche et d’y ramasser quelques miettes.

               Je relis dans Le Bien Public du 2 février dernier l’article de synthèse de Sylvain Clément et j’y trouve « l’ombre du géant auxonnais », un géant égoïste à la manière d’Oscar Wilde ? Et puis cette conclusion un peu bizarre en manière de  « Jour d’après » nucléaire : « Il ne manque plus que le rayonnement gagne les villages pour uniformiser le tout ».

              A rapprocher du vœu de droit divin exprimé dans un tract récent : « Il veut qu’il en soit ainsi pour le Canton d’Auxonne, NOTRE Canton » ?

             Non, merci.

             A rapprocher plus plaisamment sans doute d’un passage de l’Acte II, Scène 3 de  « Chantecler » d’Edmond Rostand auquel notre plumitif ne pensait sans doute pas  :

CHANTECLER

Cocorico !

LA FAISANE                 

                     Ah ! Sur une pente engourdie

Glisse un premier rayon ...

 CHANTECLER

                                       Tiens ! Je te le dédie !

LA FAISANE 

Les villages lointains commencent à se voir !

CHANTECLER

Coc..      

                                                        Sa voix se brise 

LA FAISANE 

          Vous n’en pouvez plus !

CHANTECLER

                                                  Si ! Je veux en pouvoir !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

 à Auxonne le  28  février 2011

 

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:00

 

VACANCES SANS HISTOIRES – du 9 février 2011

               

        Après les vents de sable et les mirages à cinq étoiles sous les palmiers, un amer vent d’austérité se lève compromettant les vacances, pourtant bien méritées, des serviteurs du pays. Aux dernières nouvelles, la  tendance serait plutôt maintenant gîte rural pépère à Trifouilly-les Oies. Foin, donc de tapis volants et de palaces orientaux !

        Un élu parmi tant d’autres, pas ministre de haute volée, mais très impliqué dans des efforts « décuplés » à faire aboutir un projet qui lui tient à cœur et soucieux de pouvoir bientôt prendre un siège, s’indigne sans doute de l’ingratitude témoignée au grand vizir de ce  pays scandaleusement critiqué pour s’être offert quelques moments de répit à l’ombre des Pyramides. Un repos pourtant bien mérité et surtout, hygiéniquement recommandé – il peut en témoigner –  avant d’affronter, sur un ballast inhospitalier, les fumées d’alumine se mêlant à la flamme des discours, dans les brouillards gris  et pénétrants de notre canton.

         Un repos serait-il donc refusé aux meilleurs d’entre nous ! On oserait toucher à leurs acquis, à leurs congés payés ! Indignez-vous !

           

         Je veux simplement rassurer cet élu et tous les autres. Oui ! Il est encore possible de passer près de chez nous des vacances paisibles.

Un exemple entre mille : « Vesoul, la Nice de l'Est » est là pour vous accueillir, avec ses « vélos-rails » « Pédalez en toute sécurité ».

         Vous pourrez y découvrir la fantaisie, si rare ! Gervèse le marin-dessinateur « d’un œil espiègle et un peu frondeur il rapportait les caractéristiques d’une personnalité en quelques traits ».

         Des lieux d’excursion tentants : « Balade sur la Motte »

         Des visites plus sérieuses aussi et plus dignes des préoccupations d’un responsable : « Découverte du centre de traitement des eaux usées de Pusey », « Visite de l’hypermarché E. Leclerc dans le cadre du tourisme de découverte économique » (du déjà vu peut-être ?)

         Alors, pour rester dans le développement durable, on peut remplacer par la « réserve naturelle du Sabot de Frotey-lès-Vesoul ». Et pour finir, un petit plongeon roboratif dans « le Lac de Vaivre-et-Montoille (93 ha) ».

          Et en mi-septembre n’oubliez pas « Courir pour des prunes ». A Auxonne on a fait çà en juin avec dossards jaune-fluo !

           Pas de quoi s’ennuyer ! Sans jet privé, sans passeport, et sans faire jaser, comme vous le confirmera le Maire de Vesoul qui a rejoint sagement sa mairie !            

           

N.B. : les citations touristiques entre guillemets sont empruntées au site de l’Office du Tourisme de Vesoul que nous remercions      

               

                                                                                C. S. Rédacteur de Chantecler,

                                                                                   à Auxonne le  9 février 2011

 

           

 

                       

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