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  • Claude Speranza, Auxonnais
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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 00:00

MÉTAMORPHOSES  - du 26 février 2014 (J+1897 après le vote négatif fondateur)

          Métamorphose, un thème qui a largement inspiré les artistes de tous les temps, d’Ovide, dont Les métamorphoses se terminent  par la métamorphose de Jules César en étoile, à Kafka, sous la plume duquel La métamorphose devient un mot au suffixe inquiétant désignant une terrible maladie existentielle. Notre article d’aujourd’hui n’a pas la prétention d’atteindre aux sommets ou aux abîmes de ces grands créateurs, il se cantonnera, en ce temps de Carnaval riches en métamorphoses inoffensives, à rendre compte d’une métamorphose, offensive, celle-là, opérée avec le concours d’un hebdomadaire gratuit jurassien sur l’image médiatique d’un candidat aux élections municipales.

   C’est en effet une véritable métamorphose qui s’opère du numéro 85 d’Hebdo 39 du 28 octobre dernier au numéro 101  d’Hebdo 39 du 24 courant sur l’image et le discours de notre maire sortant.

   Hebdo 39 semble exceller ici dans la métamorphose de la monstration, et c’est de cela que nous vous proposerons aujourd’hui la passionnante démonstration.

    État premier avant la métamorphose : En page 4 du numéro 85 d’Hebdo 39 du 28 octobre dernier, vous trouverez l’article intitulé : « Auxonne : Raoul Langlois, candidat à sa propre succession ». Un cliché illustre l’article qui représente le candidat « au naturel » : position assise, main croisées posées sur la table dans l’attitude sereine du travailleur prenant un repos bien mérité au soir de sa carrière, expression bonhomme empreinte de calme et de modestie, pull-over…rouge. En somme, l’image anodine d’un gentil retraité.

    Passons maintenant au discours du journaliste (en italiques) : «Le premier magistrat […] avance quelques orientations possibles s’il venait à être élu en mars prochain »

 « l’élu sans étiquette (mais assumant une certaine proximité avec l’UMP), se verrait bien poursuivre son orientation vers le développement économique de la ville »

 [en ce qui concerne l’emploi des jeunes] « le maire […] essaye avec ses moyens,  d’avancer avec pragmatisme vers quelque solution ».

   En résumé, large emploi du conditionnel et prudence réservée dans un discours empreint de nuances :  « s’il venait à être élu » « une certaine proximité avec l’UMP , « se verrait bien » « essaye avec ses moyens » « quelque solution ».

  Le discours de l’interviewé est au même diapason : « La zone du Charmoy devrait nous apporter quelques emplois »

« […la restauration du château. Un travail qui sera sûrement assez long mais permettra à la ville de bénéficier d’une certaine plus-value touristique »

« l’emploi des jeunes reste une considérable problématique »

    État second aprèsla métamorphose : En page 2 du numéro 101 d’Hebdo 39 du 24 courant vous trouverez l’article intitulé : « Raoul Langlois tire le premier… ». Un cliché illustre l’article, l’image anodine du gentil retraité en pull rouge a fait place, sur la version papier, à  un parterre composé essentiellement d’autres retraités. En somme : un retraité parle à d’autres retraités… Pépère ! Cependant, sur le site du journal, on découvre  l’image d’un tribun « combatif, engagé, passionné, ... ». Comme nous l’avons déjà écrit à propos de ce cliché : «  On passera sur le symbolisme gaullien appuyé et quelque peu cocasse de la photo qui semble suggérer un décollage imminent vers les sommets du pouvoir local »

http://dole-auxonne.hebdo39.fr/article-auxonne-la-campagne-est-lancee,1950.htm

Passons au discours du journaliste (en italiques) :

Le titre d’abord : « Raoul Langlois tire le premier... »

Le style du tribun ensuite : «Comme à son habitude, Raoul Langlois sait parfaitement "faire le job". Maniant tour à tour salutations sympathiques à ses multiples connaissances, humour verbal instantané, et sens de la formule, le maire sortant énumérait ainsi sous forme d'un inventaire à la Prévert, les réalisations entreprises depuis six ans ».

L’estocade encore : «  Pour conclure, le maire sortant enfonçait le clou à l'égard de son principal rival ».

Le succès enfin : « Un discours qui s'achevait par des applaudissements nourris. D'ici à ce que les urnes livrent la même tendance… ».

En résumé, mise en évidence de la pugnacité « Raoul Langlois tire le premier... » « le maire sortant enfonçait le clou à l'égard de son principal rival », de la compétence, voire du talent oratoire « Raoul Langlois sait parfaitement "faire le job" » «  humour verbal instantané, et sens de la formule » « Un discours qui s'achevait par des applaudissements nourris » mais aussi optimisme affiché sur le résultat de la prestation : « D'ici à ce que les urnes livrent la même tendance… ».

    Nous ne rendrons pas compte ici du long discours du tribun, laissant à chacun(e) le soin de s’y reporter dans l’article qui le restitue fidèlement, sauf sur un point que nous aborderons plus loin. Nous en soulignerons seulement le fort marquage politique et la violence verbale :

« Prenons l'exemple de monsieur Coiquil, membre du Parti Socialiste (mais qui s'en cache), un auto-proclamé leader de l'opposition qui n'a jamais siégé... Regrette-t-il son soutien à François Hollande et à notre député du PS ? Un apolitique de gauche ? Monsieur l'autoproclamé prône le débat... C'est parfait, moi aussi ».

« Notre "Flamby" local fait bien pâle figure... Je comprends qu'il ne doit pas être facile actuellement de soutenir la politique gouvernementale... Mais il faudrait juste l'assumer ».

« Pour ma part, je revendique clairement être un opposant à la majorité présidentielle ! J'assume mon rôle, j'ai d'ailleurs reçu l'investiture officielle de l'UMP et de l'UDI pour présenter ma liste qui est ouverte et multicarte ».

« Le 23 mars, ne vous trompez pas... Ne vous laissez pas berner par cette concurrence intellectuellement malhonnête »

  À remarquer que dans sa relation du discours de combat du maire sortant, Cyril Kempfer omet toutefois de citer les coups de griffe nominatifs dirigés contre Fabrice Vauchey et sa colistière Marie-Françoise Coquet. Cette omission est regrettable car elle pourrait laisser penser que le maire sortant n’aurait qu’un seul adversaire à combattre en la personne malmenée de Monsieur Coiquil. Or, tel n’est pas le cas. Il est vrai qu’une certaine proximité politique de la liste Vauchey, dans ses soutiens déclarés du moins, avec le parti du tribun prive évidemment ce dernier du trop facile argument "Flamby" contre Fabrice Vauchey,  elle lui interdit aussi des tirs trop ouvertement fratricides. Mais, sur un registre certes moins caricatural et appuyé que pour « notre "Flamby" local » les coups de griffe nominatifs étaient pourtant là.

     Après celui d’un journaliste jurassien,  Chantecler, citoyen auxonnais voulait donner son point de vue, et c’est le droit de tout citoyen. On m’accusera sans doute de sortir de mon sujet et de faire de la politique, si tel est le cas, je répondrai que je n’ai en ce domaine ni ambition ni certitude sinon celle de proclamer certaines évidences trop facilement omises. Ainsi de la métamorphose médiatique qui vient de s’opérer sous nos yeux et de bien d’autres métamorphoses relatives à la saga du Charmoy, que nous avons déjà contées. Elles n’égalent certes pas Les métamorphoses d’Ovide, mais il se pourrait que comme celles-ci, elles se terminent un jour par la métamorphose de Jules César en étoile !

   Claudi, rôdé par sa campagne du Charmoy, n’a pas résisté, quant à lui, à la tentation d’ illustrer le titre combatif de Cyril Kempfer : « Raoul Langlois tire le premier... » !

Soirée Fontenoy 2

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 février 2014  (J+1897 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Revue de presse
24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 00:00

ARCHÉOLOGUE À AUXONNE,  PASSIONNÉMENT ! - du 24 février 2014 (J+1895 après le vote négatif fondateur)

        Le 19 février dernier au soir, je me trouvais en bonne compagnie dans « une salle comble » ou presque…Du ton général de cette assemblée mémorable, j’ai déjà rendu compte sommairement autant qu’allusivement dans mon article « HYPER-HIT » du 20 courant. La presse gratuite jurassienne a fait beaucoup mieux, elle en donne aujourd’hui une relation beaucoup plus détaillée et franchement enthousiaste. On passera sur le symbolisme gaullien appuyé et quelque peu cocasse de la photo qui semble aussi suggérer un décollage imminent vers les sommets du pouvoir local, pour reconnaître que ce papier présente au moins un avantage, celui de rapporter fidèlement et sans complexe la diatribe conclusive du candidat dans sa vérité nue.

http://dole-auxonne.hebdo39.fr/article-auxonne-la-campagne-est-lancee,1950.htm

  Mais où est l’archéologie dans tout cela me direz-vous ? Elle est partout ! Nous y étions déjà  dans cette salle, sous les chênes vénérables d’une charpente séculaire, témoin de l’architecture industrielle du Grand Siècle. Sous ces chênes vénérables, donc,  « un candidat combatif, engagé, passionné, ... » exposait à l’auditoire le bilan de ses réalisations. Je ne m’étendrai pas sur ce bilan de ces réalisations qui, force est de le reconnaître, ont sur certains points – et aussi certains ronds-points « d’art » – « changé [la] physionomie » de notre ville. De l’aveu même du candidat, « il faudrait être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas en convenir ».

     Il ne me semble pas, pour l’instant, avoir été affligé de l’un de ces maux. À preuve, l’expérience a démontré, en juin 2010, que je pouvais identifier au premier coup d’œil la provenance luronne de centaines d’affiches jaune-fluo affirmatives placardées « démocratiquement ». Je ne suis donc pas aveugle, pas plus d’ailleurs que je ne suis muet, quant à la mauvaise foi, j’en laisse l’avantage à tous ceux qui, interrogés sur la provenance pour le moins troublante de ces affiches, y ont répondu par un silence méprisant, certes, mais ô combien éloquent !  Je n’ai jamais eu l’occasion de vérifier sur ce point l’« humour verbal instantané, et sens de la formule » généreusement prêté à l’orateur de combat du 19 février par Cyril Kempf ?    

     Mais je suis de bonne foi, et en toute clairvoyance, j’atteste des changements de physionomie matérielle de notre ville : pierres blanches, ronds-points « originaux » et fleuris, j’en passe et des meilleures…. J’avoue même avoir contribué à l’un d’eux et pas le moindre, puisqu’il concerne en effet le « Port Royal ». Ma contribution modeste à ce projet ne devait pas grever le budget de notre commune –  thème tant débattu ces derniers temps – puisqu’elle fut bénévole ; elle semble même avoir été fort opportune et particulièrement appréciée, puisque j’en fus officiellement remercié dans inf’Auxonne N° 30 d’octobre 2010 (page 2 colonne centrale), nonobstant mon activisme concomitant sur le présent blog à propos de LECLERC au Charmoy.

http://www.auxonne.fr/telechargements

    Le seul cercle des élus ne renferme  pas en lui-même, fût-ce en son centre, le monopole de toutes les compétences et il doit être possible pour chacun d’apporter librement sa pierre à l’édifice. Discrètes ou bruyantes, ce sont les contributions de tous les citoyens qui font vivre une ville et non seulement celles d’une équipe, fût-elle « d’expérience » !

   Mais où est l’archéologie dans tout cela me direz-vous ? Minute, papillon ! Nous sommes sur le point d’y arriver.

    Le début de l’été 2010, m’aura donc vu travailler, pour reprendre l’expression de certains, « avec une attention et une motivation décuplée » ( Cf . inf’Auxonne N° 30 d’octobre 2010,  bas de la page 2), et ce, sur deux fronts, l’un archéologique (voilà !), l’autre généalogique. Sans indemnité, ni mandat,  ni financement d’aucune sorte, j’ai travaillé ainsi à documenter et à décrire le substrat archéologique de la zone du port  et simultanément à démêler la généalogie pour le moins complexe du projet du Charmoy. Il me semblait agir ainsi dans l’ « intérêt général », et ce, compte tenu du brusque démarrage du chantier portuaire sans souci d’archéologie et aussi du climat invasif et délétère de la fameuse « consultation » au profit de LECLERC couverte en jaune-fluo par LURE et ses séides locaux. Ces derniers sont d’ailleurs toujours largement présents sur la liste dévoilée en cette soirée du 19 sous les chênes vénérables d’une charpente séculaire !

    Il y aurait beaucoup à dire sur cette affirmation répétée lors de la soirée du 19 et selon laquelle « 79,8% des Auxonnais [se sont] prononcés pour cette implantation ». En fait de 79,8% d’Auxonnais, il s’agissait de 79,8% des votants et comme 38,25 % des inscrits avaient participé au vote, c’est en réalité moins d’un Auxonnais sur 3  qui a dit OUI. Moins d’un Auxonnais sur 3 en dépit  du racolage éhonté et invasif des partisans déclarés et autres associations ad hoc. Sans compter aussi les électeurs trompés sur la marchandise et l’étiquette, car en fait, derrière l’appellation prétendument neutre de « zone commerciale du Charmoy » c’est bien un hypermarché LECLERC, jamais nommé dans la campagne bien que déjà maître du terrain, que l’on faisait plébisciter  et non, comme la municipalité présente a osé l’écrire noir sur blanc dans un pli officiel, « un supermarché à dominante non alimentaire » !

     Mais laissons pour ce qu’elles sont ces grossières approximations terminologiques pour revenir aux plaisirs plus passionnants de l’archéologie. Je suis sûr que vous en attendez l’image ! Claudi, fatigué par sa campagne de reportage sur les champs de bataille du Charmoy ne s’est pas trop foulé aujourd’hui, il vous envoie quand même sa carte postale de notre campagne archéo de l’été 2010.

 Archéologie du Port-Royal

Pour les amateurs de tunnels, nous conseillons, dans un autre registre, la relecture d’un précédent article du 25 août 2013, intitulé « EFFET TUNNEL » AU CHARMOY.   

      Ils y découvriront à travers un tunnel d’un genre très particulier, le long cheminement d’un projet qui a fini par aboutir en empruntant des voies pour le moins complexes. Dans son article d’aujourd’hui intitulé « Auxonne : ça se bouscule », Nicolas Rouillard écrit dans Le Bien Public : « l’installation du Leclerc […] semble actée ».

        Actée oui, sans doute…Mais avant  ce constat prudent, combien de méandres les partisans de cette installation n’ont-ils pas dû emprunter ! Méandres, dont les sinuosités alambiquées ont dû rendre la paisible Saône, elle-même, jalouse ! En ces temps de campagne, où la presse semble déclarer que le sujet ne fera plus recette, il peut être néanmoins instructif de le revisiter, ne serait-ce qu’à titre préventif  et pédagogique !

Quand on veut sortir d’un tunnel, il faut  y entrer d’abord ! Bonne visite et bon courage (il en faut !) et à bientôt !

« EFFET TUNNEL » AU CHARMOY- du 25 août 2013

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 février 2014  (J+1895 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 00:00

ÉPISODE N° 46 : TOUT EST BIEN, QUI FINIT BIEN - du 22 février 2014 (J+1893 après le vote négatif fondateur)

          Abandonnant définitivement la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar, nous reprenons la publication de notre feuilleton qui, avec cet épisode, touche heureusement à sa fin. Il fallait bien, un jour, y mettre un point final. Nous remercions nos (é)lecteurs/trices pour leur fidélité et leur patience. Il leur en a fallu en effet.

   Tout en leur conseillant de relire attentivement le début discret du feuilleton, plus instructif que ses derniers développements à grand spectacle, nous leur dédions ces quelques vers, inspirés de Pouchkine (qui n’était pas stalinien), tout pleins de la sereine mélancolie de celui qui passe la main.

 

Feuilletons comme mandatures

En leurs débuts sont fort charmants

Chaque épisode en sa lecture

Vous fait désirer le suivant

 

Mais sur la terre rien ne dure

Toute passion va s’émoussant

On s’échine en réécriture

On ne passionne plus pourtant

 

Feuilletons comme mandatures

En leurs débuts sont fort charmants

Et bien sage qui sait conclure

Quand de conclure vient le temps.

 

À bientôt quand même !   

    46-Confrérie

N.D.L.R. : Cette œuvre étant de pure fiction, toute ressemblance avec des personnes existantes doit être considérée comme fortuite.

      Il est néanmoins possible que l’auteur ait jugé bon de s’inspirer librement de certains faits réels en relation avec la zone du Charmoy.

 Couverture album C.H.                                                                                                 

FEUILLETER L’ALBUM

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 février 2014 (J+1893 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Feuilleton 1
20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 00:00

HYPER-HIT - du 20 février 2014 (J+1891 après le vote négatif fondateur)

       Claudi est têtu, c’est une Holzkopf ce Claudi ! Je lui avais bien dit : « Avec Bertha, basta ! Bertha, c’est la der des ders ! »

     Rien à faire, il est revenu à la charge avec ses « trésors » de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar ! Tout joyeux, il m’a proposé sa nouvelle « vision d’histoire » : « Gotferdami ! Carnaval approche, le masque est très vendeur, et du masque au masque à gaz, il n’y a qu’un pas, alors Gotferdami ! Faisons dans le masque à gaz ! ». Et le voilà qui exhibe,  sortie de ses cartons, sa dernière composition : « YPÉRITE ».

   « Remballe Claudi, on en a soupé Claudi, arrête de te prendre pour Otto Dix, tu fais pas le poids ! » Et voilà la moutarde qui me monte au nez… Et si c’était le gaz moutarde ?! Gaz moutarde, c’est l’autre nom de l’ypérite qui n’est pas de Dijon et qui tire son nom de la bataille d’Ypres en Belgique. Merde ! Ça y est ! La cloche des gaz ! Ouf ! C’était juste le carillon ! J’aime mieux ça ! »

Avec tes horreurs, tu nous en fais des frayeurs, Claudi ! Mais l’ypérite c’est DmoD, ça fout des cloques et j’en ai ma claque ! »

Et mon dessin, alors !

T’occupe, remballe, c’est naze ! C’est dépassé ton truc ! La nouvelle arme up to date, Claudi, c’est l’HYPÈRITE, avec une H ! Et celle-là, aucun masque ne t’en protègera, ça sert plus à rien de se voiler la face ! Et encore moins de sonner la cloche !  Et tous ceux qui te diront qu’on peut s’en protéger, ils me font penser à ces pauvres poilus qui, avant la dotation en masques et en désespoir de cause, faisaient pipi sur leur mouchoir et se le nouaient devant le nez faute de mieux. En 18 les braves ont fini par gagner, mais l’HYPÈRITE, aujourd’hui, c’est elle qui va gagner. Dans les rues des centres ville, les rideaux de fer tombent pour ne plus se relever. Des bourgs fantômes, des Perthes-lès-Hurlus commerciaux, y’en a au large dans tout le pays !

Je commence à piger, tu veux que j’te dessine une carte de France ! On avait connu « la France défigurée », place à la France hypèritée, c’est ça qu’tu veux ! Grandiose !

Mais non ! La France hypèritée, tout le monde en parle et personne ne fait rien ! Le sujet est rebattu : commerce de proximité gna-gna-gna, cœur de village gna-gna-gna, paroles, paroles, paroles !

Gotferdami ! Une fois ! Tu te prends pour Dalida ! Alors, qu’est-ce-que je fais ?

Fais-nous donc l’HYPER-HIT, c’est plus local, plus simple et sûr que ça va bien plaire !

D’abord kézaco l’HYPER-HIT ? Et ensuite, je vois que j’aurai bossé pour rien !

– Mais non ! Fifti-fifti ! Moitié YPÉRITE, moitié HYPER-HIT : l’alerte aux gaz et l’appel aux urnes, t’as pigé ? Le gaz moutarde et l’enfumage démocratique en jaune-fluo à la mode de LURE ! Le masque à gaz et le masque de la démocratie participatatatative !

Yo ! Je commence à comprendre ! Je conceptualise déjà ! Otto Dix et le discount va-t-en guerre qui « part au feu » ! Gotferdami, synthèse chéniale !

– Tu sais, Claudi, à propos de synthèse, j’étais hier soir au salon des Halles pour le bilan de la mandature. Beau bilan ! Assez discret sur le Charmoy pourtant…J’en étais même un peu étonné, le grand spectacle 2010 de l’HYPER-HIT c’est du passé ! Des scores pareils, ils n’en reverront  plus et je crois que ça fait bien des nostalgiques. Tu te rappelles… « Aux urnes citoyens ! »… et la calèche infernale !

– Alors dis-moi, Claude, t’as l’air déçu, on le fait quand même ton HYPER-HIT ?

– Sûr, ça fait partie de notre patrimoine culturel !

– LàGotferdami ! Tu charries Claude, un patrimoine comme ça, on s’en passerait ! Mais…pour en revenir à tes raouts au salon, si je t’ai bien compris c’était pépère hier soir, genre causerie au coin du feu ?

– Oui et non. En résumé ça a commencé comme une soirée diapo plutôt sympa : fleurs, ronds-points d’art, guirlandes et voyages idylliques de seniors  et ça a fini… Comment dire ? Ça a fini, oui ça me gêne de te le dire, je m’étais pourtant bien promis de sortir des vieilles histoires de la valise de l’oncle Seppi… Oui, pour tout dire, ça a fini…Excuse… Baïonnette au canon ! Carrément, Claudi !

Gotferdami ! Baïonnette au canon, carrément ! Là, c’est toi qui nous ramènes la valise de l’oncle Seppi, même qu’au fond de la valise de l’oncle Seppi, y’avait une baïonnette-scie !

– Arrête, tu m’fais mal ! J’te jure, j’étais scié, et j’étais pas le seul ! Et puis, y’a eu la mitraille : une volée de mitraille rhétorique qui sifflait méchamment dans les charpentes du vieil arsenal, t’imagines ? Ça tombait comme à Gravelotte !

– Là, Gotferdami ! J’aime pas ! Tu nous refais 1870 !

– Plutôt que 1870, c’était…la boucherie d’Eylau ! Le jeu de massacre ! Hit-the-baby comme disent les amerloques !

  Ypérite-HYPER-HIT       

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 février 2014  (J+1891 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 00:00

HYPER-CALIBRE - du 18 février 2014 (J+1889 après le vote négatif fondateur)

  C’est un hyper-calibre, un gros poisson que Claudi vient de pêcher dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Du lourd !

   Cet hyper-calibre, c’est la Grosse Bertha, « die dicke Bertha », du nom de Bertha Krupp (1886-1957). Le nom de cette maîtresse femme, pourtant jeune et jolie à l’époque (voir notre illustration) et qui n’avait rien d’un pesant mastodonte, passa ainsi à la postérité de façon bizarre. On  le doit à l’initiative du professeur Rausenberger, directeur de la section technique de la célèbre firme d’armement Krupp, qui, en l’honneur de sa patronne, marchande de canons, baptisa du nom de Bertha, un énorme mortier de 420 mm, engin tirant des obus de près d’une tonne et, lui-même, cent fois plus lourd.

     En matière de grande distribution d’obus,  ce canon se révélait être au canon de campagne, ce que l’hypermarché est à l’épicerie du coin. Il permit en particulier l’anéantissement des forts de Liège qui sautèrent comme des bouchons sous son feu redoutable. La Belgique fut envahie, on connaît la suite.

     La composition du jour de Claudi nous montre la mise en batterie du terrible engin. En ce temps d’épreuve, les inénarrables cheminées du centre ville en tremblaient déjà. Il est vrai que la voix du canon, par son terrible écho, était à elle seule capable d’en abattre plus d’une. Les déjections canines se faisaient rares car les chiens allaient la queue basse et pressentaient le cataclysme. Chacun préconisait des mesures pour préserver le centre ville et son parc d’artillerie légère. Un peu tard, sans doute… L’heure était grave…

   Voulant préserver le moral de nos lecteurs/trices nous avons prié Claudi d’interrompre ses investigations dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar et de fermer sur cette image son album du centenaire. Et pourtant Bertha, comme tu étais séduisante, avec ton beau sourire un tantinet commercial, comme tu as su les enjôler, même si la télé n’existait pas encore !  Mais ton hyper-artillerie lourde défiant toute concurrence, elle, ne rigolait pas !

   En mémoire des forts de Liège, qui sautèrent comme des bouchons, nous n’irons pas pendre notre linge sur la ligne Siegfried, mais, plus sagement, déguster un café-liégeois en promo à la cafet’ du Charmoy ! Ye ! very very nice !

 Grosse Bertha portrait          

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 février 2014  (J+1889 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 00:00

TERRITOIRE CONQUIS - du 16 février 2014 (J+1887 après le vote négatif fondateur)

     Claudi est toujours dans sa tranchée, et avec lui les uhlans sortis de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Ils sabraient naguère le Champagne envoyé par le Kronprinz de son Q.G. de Colmar, les voilà à présent les pieds dans l’eau, sur les caillebotis de la tranchée.  Les meilleurs d’entre eux planent dans les airs, non, rassurez-vous, ils ne sont pas morts, du moins pas encore, les voilà devenus aviateurs ! C’est le cas du Rittmeister Gustav von und zu LÜR dont on voit l’appareil sur notre illustration du jour. Malgré son long séjour dans la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar, le Rittmeister Gustav von und zu LÜR a réussi à décoller pour notre bonheur !

   Après le coup de maître des reconnaissances discrètes, la carte postale d’aujourd’hui résume la longue lutte d’usure où chacun campe sur ses positions, les années ponctuées d’offensives et de coups d’arrêt, les nouveaux plans  échafaudés par les traîneurs de sabre des états-majors. « Partir au feu », au bout du compte, ce n’est pas une mince affaire, et « la guerre fraîche et joyeuse » ne sera jamais qu’un bon mot du Kronprinz.

    En attendant, dans le ciel, le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR se la pète aux commandes de son Taube. Après les recos, il fait aujourd’hui dans la com : largage de tracts. À l’instant du cliché il était au-dessus des lignes.  Dans trois minutes il survolera les vieux toits et les inénarrables cheminées et c’est là qu’il balancera le gros paquet de sa cargaison jaune-fluo, égayant la bourgade grise et déprimée pataugeant dans les déjections canines ! Le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR est en verve, balancer des confettis jaune-fluo aux frais du  Kronprinz, c’est plus fun que de moisir dans la tranchée ! Alors, mâchonnant son bâton de réglisse, il fredonne une vieille marche. Rantanplan-ture-LÜR !

    Dans un coin du 2ème bureau, un colonel de la propagande a jugé qu’en rapport qualité-prix, le tract jaune-fluo était plus efficace que l’obus de 77 ! Et il a eu raison ! Sous l’averse colorée, vibrant sur la même longueur d’onde que les papiers tombés du ciel, voilà la population galvanisée et mobilisée EN MASSE, comme au printemps l’abeille vers le champ de colza en fleur ( le pot de miel n’est pas garanti et le billet de retour n’est pas compris dans le tarif du voyage) !

      Le  Rittmeister Gustav von und zu LÜR exulte, il manque même avaler son bâton de réglisse. Rantanplan-ture-LÜR ! Au casino, ce soir, il va pouvoir faire la nique à Manfred, Manfred Von Richthofen, vous connaissez, le Baron rouge, le héros au grand cœur qui a peint son avion en rouge. Demain, avec l’aide de son mécano, Gustav tapissera son Taube en jaune-fluo avec le reliquat de l’opération !

     Au Q.G. de Colmar, loin de ces enfantillages on s’occupe de choses sérieuses. Le colonel de la propagande finit de tailler méticuleusement son crayon jaune-fluo. Sous le regard songeur du Kronprinz qui a d’autres chats à fouetter, méthodiquement, sur la grande carte, il hachure la zone : « Territoire conquis, Ihre Hoheit ! Je vous l’avais promis Ihre Hoheit, notre jaune-fluo a fait merveille ! »

 Taube au-dessus des lignes      

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 février 2014  (J+1887 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 00:00

TOISON D’OR - du 15 février 2014 (J+1886 après le vote négatif fondateur)

  

  À titre de bref intermède dans notre  grand cycle du Charmoy, nous voudrions faire partager à nos fidèles lecteurs/trices nos impressions concernant le spectacle « Monstre-moi » présenté hier soir dans notre salle événementielle par la Ville d’Auxonne et Le Turlupin en présence de Monsieur le Maire et Monsieur le Conseiller général. Ce « one women show » très physique et d’une grande intensité dramatique était mis en scène et interprété par Catherine Gourdon qui a tenu son public en haleine une heure durant, mêlant  le tendre et le violent, le pathétique et le trivial.

     « Monstre-moi », c’est un monstre qui se montre, déclinant dans l’outrance toute la palette des passions féminines. « Monstre-moi » c’est la passion de Médée réduite à l’os, démontrée avec une grande économie de moyens et une grande hardiesse dans les artifices de scène. En ouverture, la mère trompée et jalouse est seule sur scène, en grande robe blanche et perruque apprêtée, en proie à l’agitation, ses deux fils, elle va les « pondre » littéralement devant nous, et dans les affres : ce sont deux melons d’Espagne rugbyformes. Contemplant amoureusement son œuvre déposée sur l’unique chaise de la scène, la génitrice fredonne un chant de Noël : « Il est né… ». Ma voisine, une adolescente, laisse alors échapper : « Elle va les couver ! ». Pas trop ! Cette Médée-poule, rageant contre son mari Jason et sa poule Créuse, lève bientôt le masque : bas la perruque, de laquelle surgit l’opulente chevelure en désordre d’une folle ; aux orties, la robe pleine de candeur, la furie se dévoile dans le simple appareil d’une lingerie noire.

     La vengeance est à présent en marche, provocante, impudique, à califourchon sur la chaise : Tartuffe redoute d’entrevoir une toison qui ne serait pas d’or. Mort à Créuse, la putain !  Créuse,  c’est la fille de Créon roi de Corinthe, que Jason a décidé d’épouser, délaissant Médée qui lui a tout sacrifié. L’empoisonnement de Créuse par la tunique magique est habilement transposé dans une scène fumante où l’on voit la flamme dévorer la photo de la pin-up Créuse représentée sur un tract à l’en-tête de la Ville de Corinthe. Un tract, je vous le jure, dont la vue m’a fait penser irrésistiblement à ceux que nous commençons à recevoir depuis quelque temps dans nos boîtes à lettres. Excusez le rapprochement, nos passions électorales auxonnaises n’ont pas encore rejoint les grands mythes et, chez nous, la Toison d’Or, n’est tout au plus qu’un grand centre commercial dont certains rêvent pour le Charmoy et Corinthe une « marque » de raisins.

    Chez Médée, la passion et confusion des sentiments est renforcée par la confusion du langage qui prend des tonalités ibériques. La gestuelle s’accorde avec ces variations et débouche tantôt sur un paso doble irrésistible, tantôt sur une douce berceuse catalane (?) où la furieuse apaisée berce ses deux melons. À propos des melons rugbyformes, les postures de l’actrice promenant ses deux fruits chéris sur son corps peuvent rappeler, version féminine, certaines photos d’un célèbre calendrier. Question de genre ! Mauvais diront certains.

     Le spectacle tire à sa fin et les fistons vont être sacrifiés sur l’autel de la vengeance. Rouge et noir ! Les lumières de la scène rougeoient, les melons explosent en giclant sur la scène, projetés par la démente échevelée en nez rouge et lingerie noire qui les piétine, tiaf ! tiaf !, s’y vautre et pour finir les dévore et les régurgite dans une scène qui évoque irrésistiblement le Saturne dévorant ses enfants de Goya.

     C’est fini, tout est consommé, au propre comme au figuré, Médée retire son nez rouge, redevient humaine et salue l’assistance médusée en annonçant qu’elle va prendre une douche.

  Une clownerie pour le moins tragique et qui aura sans doute été diversement appréciée. À notre sens un spectacle roboratif et délibérément provocant. Toutes mes excuses pour finir : Claudi, toujours dans sa tranchée n’a pas voulu me dessiner une Médée !

 

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 février 2014  (J+1886 après le vote négatif fondateur)

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Culture
14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 00:00

RECONNAISSANCES DISCRÈTES - du 14 février 2014 (J+1885 après le vote négatif fondateur)

    Comme vous le savez, notre ami Claudi ne sort plus de sa tranchée depuis qu’il a ouvert la valise de son oncle Seppi de Rouffach près de Colmar. Il doit honorer ses commandes pour le centenaire et, pour le moment, c’est le coup de bourre ! Tout le monde voudrait bien pouvoir en dire autant.

    Cependant, notre Claudi étant très pris (non, contrairement à certaines rumeurs, il n’est pas sur la liste du Bürgermeister de Krähwinkel !), il va falloir faire avec et adapter notre plume aux images disponibles. Celles de l’invasion 14 !

    Comme vous le savez, toute maladie a ses symptômes, et l’invasion, maladie s’il en est, n’échappe pas à la règle. Une invasion, ça s’annonce d’abord par des reconnaissances discrètes, juste un rideau de cavalerie, loin devant les avant-gardes. Le uhlan est particulièrement adapté à cette tâche. Non, le uhlan n’est pas une espèce de hibou ou de vieille chouette ! C’est un lancier coiffé d’un casque à plateau carré très typique. Trop abstrait ! Vous voulez un exemple parlant. Eh bien, tenez, Eric Von Stroheim dans La grande illusion, c’en était un, de uhlan. Comme il était moderne, il a d’abord troqué son cheval contre un avion et comme il cassait souvent du bois et qu’en conséquence il était cassé de partout, il a renoncé à décoller. Adieu reconnaissances discrètes ! Bonjour  minerve et corset ! Pour finir on l’a envoyé dans une forteresse  planter des géraniums et surveiller Jean Gabin et Pierre Fresnay. Vous me direz, tout ça, c’est du cinéma ! N’empêche que les uhlans ça existe !

  Vous voulez des preuves, en voilà ! Claudi vient justement de sortir tout un peloton de uhlans de la valise de l’oncle Seppi de Rouffach près de Colmar.

    Les uhlans, je le sais, vous n’en avez rien à cirer, même s’ils ont des bottes ! Vous avez tort pourtant, persifleurs, car ces uhlans-là, ils tombent à pic, même s’ils n’ont pas de casques à pointe !

     Idée de manœuvre  du Rittmeister Von Clausewitz : 1ère phase, j’envoie fissa mes uhlans en reconnaissance discrète au Charmoy ; 2ème phase, en moins de deux, ils s’assurent la maîtrise de la zone ; 3ème phase, la nouvelle remonte jusqu’au Corps d’Armée et le Kronprinz, de son Q.G. de Colmar, leur envoie une dépêche spéciale de félicitations, une caisse de Champagne, et une boîte à cigares remplie de croix de fer !

   Je sais, je sais, cette histoire, il vous semble déjà l’avoir entendue, elle vous dit vraiment quelque chose, mais l’histoire n’est-elle pas un éternel recommencement ?

   Oui, un éternel recommencement, comme l’amour, et particulièrement l’amour à succursales multiples. Rejoignons le Kronprinz dans son Q.G. de Colmar. Avisant son aide de camp Rodolf qui range méticuleusement les croix de fer dans la grosse boîte de Kaisers Habana avec la grande étiquette dorée à moustaches, il triture nerveusement son stick et ordonne impérieux : « Rodolf, c’est la Saint-Valentin aujourd’hui, pensez plutôt aux réquisitions chez les fleuristes, nous avons d’autres conquêtes à soutenir et d’autres chats à fouetter ! » « Zu  Befehl ! Ihre Hoheit ! »

Patrouilles discrètes de uhlans

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 février 2014  (J+1885 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Visions d'histoire
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 00:00

UN PANNEAU DANS LA CAMPAGNE - du 12 février 2014 (J+1883 après le vote négatif fondateur)

    On en parlait (voir notre article du 10 courant), le voilà ! Cloué sur son échafaud de charpente, il a surgi dans la campagne sur les champs désormais en friche, le panneau !

    Un panneau qui annonce : « ICI prochainement OUVERTURE d’un centre E. LECLERC. Création de 90 emplois »

    Certes, ce n’est pas nouveau, il y a cinq ans ou presque, souvenez-vous, le 26 mars 2009 précisément, Le Bien Public titrait déjà : « LECLERC ARRIVE AVEC 250 EMPLOIS D’ICI 24 MOIS »

  Bien qu’on ait réduit sa voilure et qu’il s’annonce avec pas mal de retard, le projet pourrait peser dans une campagne, dont tout montre qu’elle est à présent démarrée. Le groupe municipal porteur du projet, jusqu’à présent très discret, pourrait donc mettre à profit opportunément cet affichage explicite pour entrer en scène.

    Rappelons que le projet actuel ne concerne que 4 hectares environ de la zone du Charmoy et qu’aucun élu, quel qu’il soit, ne pourra le modifier ou l’infléchir compte tenu de son état d’avancement, des habilitations administratives qu’il a reçues ainsi que du respect le plus élémentaire du droit de propriété et du droit d’entreprendre.

    Ce qu’il importe pourtant de préciser, c’est que la ZAE du Charmoy,  que l’on confond trop souvent à tort – et pour cause ! –  avec le projet LECLERC, dépasse de loin ces 4 hectares et que ce sont 19 hectares de cette ZAE que la municipalité sortante, en 2009, avait initialement concédé au Groupe Leclerc (Cf. Inf’Auxonne N° 25 p. 2).

   Le sort de 4 hectares est à présent scellé, mais : 19 moins 4 égale 15. Alors, quid des 15 hectares restants ? Voilà la  vraie question à l’ordre du jour  pour éviter de tomber encore une fois dans le panneau !

   Il est urgent de ne pas rejouer un remake encore pire  d’un scénario précédent pourtant déjà  calamiteux. Rappelons en gros ce scénario : un vote NON qui devient OUI, des prospections DISCRÈTES et, cerise sur le gâteau, après deux refus des commissions, et pour contester ceux-ci, une consultation ad hoc après coup sur un projet déjà bouclé !  

 Panneau 3        

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 12 février 2014  (J+1883 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Brèves
10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:00

À LA VEILLE D’UN GRAND CHANTIER - du 10 février 2014 (J+1881après le vote négatif fondateur)

    Les rumeurs vont bon train à propos du Charmoy. Selon certains, l’installation du grand panneau d’ouverture du chantier serait désormais imminente. D’autres affirment encore avoir vu des piquetages. Tel autre, jure avoir reconnu un caterpillar jaune-fluo au crépuscule dans les hautes herbes.

     Bref, chacun dit la sienne, ou presque, car pour l’heure, nos concitoyens semblent avoir d’autres chats à fouetter. Il faut dire aussi que les meilleur.e.s d’entre nous sont  fortement investi.e.s dans l’ouverture officielle d’un autre chantier, lui aussi imminent : celui des municipales. À la différence du premier, ce chantier avance, mais au vu de l’information pour l’instant diffusée, la zone du Charmoy ne semble pas susciter l’enthousiasme comme thème porteur pour le scrutin à venir. Patientons tout de même car, du côté du candidat sortant, porteur déclaré du projet Leclerc, nous ne disposons, pour l’heure, d’aucun document de campagne. Nous ignorons même l’intitulé de sa liste. Sera-ce, comme certains le prétendent, « Un Leclerc pour Auxonne » ou « Auxonne, territoire de Leclerc » ou bien encore « Ne parlons plus, consommons » ?

    Pour illustrer notre  article d’aujourd’hui, qui n’est pas vraiment un scoop, avouons-le, nous avons demandé à Claudi Hoffnung d’illustrer les rumeurs de préparatifs de chantier au Charmoy.

     Il se trouve que Claudi est très occupé en ce moment, car il vient juste de passer une semaine dans le grenier de son oncle Seppi, près de Colmar. Il en a rapporté une pleine valise de vieilles photos du temps du Kaiser Guillaume.  Selon lui, une valise providentielle pour son inspiration, car la BD 14-18, par les temps qui courent, ça s’arrache !

   Si je vous raconte tout ça, c’est d’abord parce que je n’ai pas grand-chose à vous dire et ensuite pour faire passer l’illustration que  Claudi vient juste de me remettre. Je lui ai bien fait comprendre qu’elle était un peu datée,  mais il n’a rien voulu savoir.

  Gotferdami ! qu’il m’a répondu, tu voulais des constructeurs et des investisseurs qui viennent de l’Est. Eh bien, ceux-là viennent tout droit du grenier de mon oncle Seppi de Rouffach, près de Colmar !  

Rouffak ? C’est ouf ! »

J’aurais mieux fait de me taire, ça ne lui a pas plu, il faut dire que Rouffach, c’est un peu  le Saint-Ylie haut-rhinois!

Gotferdami noch a mol ! Dummkopf ! Tu sais pas que c’est dans une école de Rouffach que mon oncle Seppi, il usait ses fonds de culotte pendant la guerre avec Tomi

  Tomy ? Première nouvelle, et pourquoi pas Winston ou la Reine d’Angleterre ?

«  Quoi ? Tu connais pas Tomi ! Oui, Tomi Ungerer, un mec qui sait dessiner, lui ! Pas comme moi ! Net wohr ?

        J’ai senti qu’il était prudent de ne pas insister davantage et je pense, que pour quelque temps au moins, les images de notre blog vont prendre un petit air de centenaire à la Hansi. Après tout, me direz-vous, ne serons nous pas bientôt en campagne ? C’est parti, comme en 14 ! Sûr que ce ne sera ni la « Grande Guerre »,  ni la « Der des ders », mais plus d’un se rêve déjà en « Père la Victoire » ! La « Mère la Victoire », ce sera sans doute pour plus tard. La parité, mes bons seigneurs !

CHARMOY topographique A

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 10 février 2014  (J+1881 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres