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  • Claude Speranza, Auxonnais
  • Auxonne, environnement, actualité,  hypermarché, grande distribution, société
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 13:36

SOURCES TARIES !?- du 04 octobre 2012 (J+261 après la CNAC)

   

         Que nos lecteurs se rassurent, il ne s’agira pas, dans cet article, des sources d’inspiration de Chantecler qui n’a plus à démontrer, malgré la raréfaction de l’information « charmoise » confinant à présent au black-out, l’existence d’importantes ressources en la matière.

     Au fil de la plume,  Chantecler court toujours comme le bief Pérou dans son lit « préservé » (voir notre article « PLUS VERT, TU MEURS ! » du 20 janvier 2012), différent en cela de la défunte Petite Saône, vestige hydrographique et bief marécageux souterrain dormant sous notre cité, Auxonne, « la belle endormie ». Entre un busage mal calculé en amont (1977) et un « accident » de voûte en aval (2007) le débit de la Petite Saône, hors précipitations, est enfin devenu égal à 0 depuis qu’un batardeau édifié en mai 2010 pour les travaux du Port-Royal, et maintenu postérieurement sans nécessité apparente, en a coupé l’alimentation. Cette alimentation séculaire par les eaux de la Saône, prévue et calculée par la sagesse des anciens ingénieurs du roi, n’est plus à ce jour qu’un souvenir.

   Certes Inf’Auxonne N° 38, qui vient de paraître, nous apprend par le menu que : 

         « Dans le cadre d’une délégation de service public, la Lyonnaise des eaux est chargée du nettoyage de la petite Saône, rivière souterraine qui traverse Auxonne. Le nettoyage a commencé par l’accès rue Prieur jusqu’au dessableur de la Grande Rue.

Plus connu sous le nom de « Moulin d’Auxonne », le dessableur situé rue Mignotte sera également nettoyé : Cette salle souterraine de 15 mètres de long, 6 mètres de haut et 3 mètres de large constitue l’entrée de la Petite Saône ».

       Notre patrimoine s’enrichit donc d’une « entrée » où n’entre plus rien et d’une « rivière souterraine » qui ne coule plus ! La curiosité vaut le détour ! On attend le Livingstone moderne qui saura découvrir les sources mystérieuses de ce prodige.

       Abandonnons  à présent notre croisière souterraine sous « la belle endormie » et sur la Petite Saône mise, selon la mode du jour, au régime sec et revenons au grand jour pour y clamer  notre étonnement devant la coupure persistante, sinon définitive, d’un robinet médiatique. Ce robinet avait pourtant été largement ouvert en grande pompe en mai 2009 dans Inf’Auxonne N° 25 pour y arroser de louanges une enseigne de la grande distribution. /http://www.auxonne.fr/telechargements

       Dans notre précédent article « INFORMATION : LE TOURBILLON ET LE VIDE (2) » du 25 septembre dernier nous caressions l’espoir d’une réouverture, fût-elle modeste, du « robinet » en ces termes : « Inf’Auxonne N° 38 qui devrait paraître bientôt nous donnera, n’en doutons pas, des informations « fermes et claires » sur le sujet. Rappelons quand même au lecteur curieux  d’Inf’Auxonne qu’il lui faudra  remonter jusqu’au N° 32 d’avril 2011 pour trouver une mention du « projet Leclerc », et ce, même pas dans la chronique officielle, mais dans la tribune libre de l’opposition en page 7 ».

       Non ! Rien de neuf ! Inf’Auxonne N° 38 sera donc le huitième numéro consécutif sans promo officielle du « projet » au Charmoy. La dernière référence explicite et officielle au « projet » à paraître dans les colonnes d’Inf’Auxonne fut, il y a juste deux ans, la suivante : «PROJET DE ZONE COMMERCIALE DU CHARMOY Conformément à la volonté clairement exprimée par les Auxonnais(es) lors de la consultation du 27 juin 2010, le nouveau dossier est en préparation avec une attention et une motivation décuplées. Nous vous tiendrons informés dès qu’il sera finalisé » (Inf’Auxonne N° 30 d’octobre 2010 page 2).

       Admirons au passage « la volonté clairement exprimée par les Auxonnais(es) » à propos d’un projet bouclé dans la « discrétion », sans « divulgation » et sans leur avis dès le printemps 2009. Quant à la grandiloquence de l’adjectif « décuplé »  elle ne pouvait, certes, s’appliquer au nouveau dossier sagement restreint par rapport à la version 2009.

 Darwin au Charmoy

 

 

   Depuis plus rien à ce propos dans Inf’Auxonne. Après la phase sous marine de juin 2010 , le cours de l’affaire aurait-il entamé à présent une phase souterraine ?

     

 Chantecler YS01jaune

 

  Après l’épisode Vingt-mille lieues sous les mers le projet du Charmoy cheminerait-il de façon occulte dans un Voyage au centre de la Terre ? Et dans ce cas, comme la Petite Saône, notre « rivière souterraine », aurait-il rencontré quelques accidents de parcours, voire une coupure de son alimentation ?

        Que verrons-nous « à l’horizon 2013 » ? Pour l’instant, à l’horizon du panneau d’affichage officiel de la Mairie, aucun dépôt de demande de permis de construire concernant le « projet » n’a montré son nez.

             

         

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 04 octobre 2012 (J+261 après la CNAC)

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 00:00

 

INFORMATION : LE TOURBILLON ET LE VIDE (2) - du 25 septembre 2012 (J+252 après la CNAC)

     Dans ce deuxième épisode, nous quittons le tourbillon de l’information planétaire pour revenir à l’ombre de notre clocher. Clocher silencieux depuis plusieurs mois, dont les sonneries et les volées brillent par leur absence dans notre paysage sonore. La prolongation de ce silence n’est-elle pas dangereuse, ne risque-t-elle pas  de donner des idées à ces grincheux modernes qui rêvent de faire taire cloches et coqs de tout poil !

     Il est vrai que dans son ouvrage Les cloches de la terre  l’historien Alain Corbin constate que : « L’irruption d’autres rhétoriques a progressivement disqualifié les signaux campanaires dans le processus de communication. Au fil des décennies [du 19ème siècle], l’autorité se dit moins par l’injonction sonore que par le texte écrit ». Et jusqu’à nos jours, ce processus n’a fait que s’accentuer si l’on excepte l’irruption grinçante des sirènes dont le chant accompagne les catastrophes modernes. Dans un monde urbanisé et matérialiste, Le Cri de Munch a supplanté pour toujours L’Angélus de Millet, comme l’hyper a tué l’épicerie de village.

     

    A propos de cloches et d’hyper, nous lisons dans l’éditorial d’Inf’Auxonne N° 29 : « Nous nous sommes engagés à réveiller notre ville, il est parfois dur de se réveiller. Cela bouscule les habitudes. La municipalité s’est engagée très clairement et très fermement pour l’aménagement d’une zone commerciale ».

     Une relecture a posteriori de ce texte volontariste et plein d’assurance présente un intérêt certain. Laissons les cloches de côté, car, en ce qui concerne le « réveil » il ne s’agit pas ici de sonner les matines au clocher, mais de mettre en œuvre les pelleteuses au Charmoy pour « réveiller la belle endormie ».

     Cette petite remarque étant faite, rappelons le processus selon lequel « La municipalité s’est engagée très clairement et très fermement pour l’aménagement d’une zone commerciale ». Rappelons d’abord le vote négatif  sur la question suivante : « Etes-vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m2 à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? » (procès-verbal page 25) au Conseil municipal du 17 décembre 2008 dont le procès-verbal est « en principe » accessible sur :

 http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

       Voter NON sur un projet pour lequel « on s’est engagé très clairement et très fermement », voilà déjà qui n’est pas banal !

       Mais la suite est encore plus instructive. Après ce vote fondateur, la zone du projet sera prospectée  en toute « discrétion » et sans « divulgation » avec l’aide la municipalité au profit d’un investisseur privé qui s’en assurera la « maîtrise foncière » dès le printemps 2009. L’électeur découvrira le résultat de ce processus parfaitement « clair » dans Inf’Auxonne N° 25 qui publie la lettre pleine de gratitude de l’investisseur :

/http://www.auxonne.fr/telechargements

      A ce coup de maître, il convenait de donner une conclusion démocratique. Alors que l’affaire du « bouclard » était largement bouclée, mais en raison des refus répétés de la CDAC et de la CNAC, on appela pour finir le peuple aux urnes en juin 2010 avec le concours des imprimeurs de LURE.

 

     A ce jour, une deuxième CNAC-bis a dit OUI depuis 252 jours et depuis presque autant de temps on n’a plus lu une seule ligne digne de « réveiller notre ville » à ce propos. Silence radio ! Alors, la rumeur fait place aux informations « fermes et claires ».

      Ça va démarrer, le permis de construire a été déposé (dès janvier déjà, de source officielle, il devait l’être « prochainement »), les travaux vont démarrer incessamment au Charmoy. Les mêmes bruits courent aussi à propos d’un autre projet porté par la municipalité.

    Inf’Auxonne N° 38 qui devrait paraître bientôt nous donnera, n’en doutons pas, des informations « fermes et claires » sur le sujet. Rappelons quand même au lecteur d’Inf’Auxonne  qu’il lui faut remonter jusqu’au N° 32 d’avril 2011 pour trouver une mention du « projet Leclerc », et ce, même pas dans la chronique officielle, mais dans la tribune libre de l’opposition en page 7. Où est passé l’engagement « très clair et très ferme » ? Qui voulait « réveiller » a fini peut être par s’endormir ?

      En attendant, nous conseillons à toutes les personnes nous ayant interrogé à plusieurs reprises relativement à l’existence de demandes de permis de construire ou d’arrêtés accordant un permis de construire de ne pas se fier aux rumeurs et de se rapporter tout simplement, comme nous le faisons nous-mêmes, aux sources d’information du citoyen prévues et définies par les lois et règlements en vigueur. Soit :

 

Pour les demandes de permis de construire :

Panneau d’affichage de la Mairie pendant toute la durée de l’instruction

 

Pour les arrêtés accordant un permis de construire :

Panneau d’affichage de la Mairie dans un délai de 8 jours à compter de la décision et pour une durée minimum de deux mois.

Arrêtés du maire répertoriés au registre chronologique des actes de publication et de notification des arrêtés du maire de façon permanente.

Panneau réglementaire affiché sur le lieu de réalisation du projet correspondant au permis de construire dès la notification de l’arrêté d’acceptation à l’intéressé et pendant toute la durée du chantier.

 

Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication sur place et de prendre copie totale ou partielle des arrêtés municipaux et peut aussi les publier sous sa responsabilité.

 

Liens utiles :

 http://www.extranet.nouveaupermisdeconstruire.gouv.fr/7-5-l-affichage-a1287.html

 

Textes réglementaires de référence :

R. 424-15 du Code de l’Urbanisme

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=E26477B114A063564287BC3942E24BA6.tpdjo17v_1?idSectionTA=LEGISCTA000006175980&cidTexte=LEGITEXT000006074075&dateTexte=20120920

R. 2122-7 du Code général des Collectivités territoriales

http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=5AA5815600F4C3478ACEBD393F047F7A.tpdjo02v_1?idArticle=LEGIARTI000022474846&cidTexte=LEGITEXT000006070633&dateTexte=20120920

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 25 septembre 2012 (J+252 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 00:00

LACAN AU CHARMOY  – du 3 septembre 2012 (J+230 après la CNAC)

         Nous avons eu le plaisir d’entendre quelques commentaires élogieux à propos de notre série  « Décodeur d’affiches ». A cela rien d’étonnant, l’image est toujours plus séduisante que l’écrit, surtout en ces temps d’illettrisme, où le quidam répugne à suivre le fil d’un texte imprimé dépassant le format d’un slogan. Et puis, nos affiches sont hautes en couleur et, comme disait le père Bouchard, notre prof d’électricité à la fac de Dijon à l’aube de la tourmente de 68 qui fut grande inspiratrice d’affiches : « La pédagogie, c’est la couleur ! ». Conseil de rentrée à ne pas négliger, chers collègues !

         Et bien, le croiriez-vous, malgré tout ce chromatisme pédagogique, il s’est trouvé quelques grincheux pour s’indigner du caractère incongru voire « absurde » de l’affiche réalisée par Pub Bis Au poil avec le slogan « Pour l’hyper votez OUI mais NON alimentaire ».

        A ces indignés, nous devions quelques explications qui feront l’objet de cet article. Et d’abord, que vient faire Lacan au Charmoy ? Réponse : Lacan, que tout le monde cite et que personne ne lit, n’est-il pas un véritable hyper de bons mots. Le consommateur de bons mots veut un Lacan au Charmoy car, en la matière, notre Val de Saône reste une zone sinistrée ! Avant qu’un Lacan ne vienne enrichir chez nous une offre ridiculement pauvre en ce domaine, nous vous proposons une petite évasion commerciale dans un Lacan du Grand Dijon afin d’y faire quelques emplettes par anticipation.

      En promo aujourd’hui cette barquette lacanienne : « Tout le monde n’a pas le bonheur de parler chinois dans sa propre langue ».

     Cela ne pourrait-il pas s’appliquer au slogan de notre affiche « Pour l’hyper votez OUI mais NON alimentaire » ?

     Cela s’applique surtout aux débats autour du  vote du 17 décembre 2008 qui a inspiré, dans la réalisation de la dite affiche,  les concepteurs de Pub Bis Au poil ! Retour sur ce vote !

        Cet épisode fondateur fameux est ainsi relaté  dans Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 (page 2)

/http://www.auxonne.fr/telechargements

       « Lors du Conseil municipal du 17 décembre 2008, un débat a eu lieu en toute transparence (plus de 5 pages retranscrites dans le Procès Verbal) [….] Un vote s’est ensuite déroulé selon les modalités prévues à l’ordre du jour (à bulletins secrets). M. le Maire a soumis la question suivante à l’appréciation des élus : « êtes-vous favorable à l’implantation d’une grande surface à dominante alimentaire supérieure à 1000 m2 sur la zone du Charmoy ? » 21 élus de la majorité ont alors répondu NON, ceux de l’opposition refusant de prendre part au vote ».

    Reprenons à présent les termes du procès-verbal officiel du Conseil municipal du 17 décembre 2008.

        Il faut se rapporter en page 25 pour connaître la question mise aux voix : « Etes-vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m2 à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? ». Rappelons qu’un NON massif entraîna, en bonne logique (!) et dans la foulée, le démarrage du projet CHARMOY ! Dialectique oblige !

           Il est utile d’ajouter que cette question précise qui devait être mise aux voix ne fut formulée qu’à l’issue du débat et après une interruption de séance d’un quart d’heure. A peine une préfiguration de cette question apparaît-elle au cours du débat sous forme d'une prise de position du Maire « M. le Maire  s’opposera à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m2 à dominante alimentaire » (page 22). Comment peut-on imaginer un débat « en toute transparence »  sur une question non encore clairement définie ?

        Sur les réponses à cette question, restée pourtant implicite, on ne s’empêche pas néanmoins de faire diverses  hypothèses de suite à donner :

   « Monsieur le Maire répond [à propos de questions sur l’intitulé de l’enseigne pressentie] que le débat concerne le principe d’implantation et si la réponse est négative, il n’y a pas lieu de dévoiler telle ou telle chose. Si la réponse est non, le dossier est terminé. Si la réponse est oui, il y aura discussion à la communauté de communes où la Ville d’Auxonne ne représente pas la majorité. Dans cette perspective, des discussions seront entamées avec l’éventualité de mettre en place des contraintes qui viseraient à limiter la vente de certains produits » (bas de la page 22)

     « M. le Maire rappelle que le vote est consultatif et sera fait à bulletins secrets pour que certains puissent s’exprimer. Si le vote est négatif, il sera transmis à la Communauté de communes et s’il est favorable, il y aura une implantation en concertation avec les commerçants et les représentants des consommateurs ». (bas de la page 24)

 « Tout le monde n’a pas le bonheur de parler chinois dans sa propre langue ».  Il semble pourtant que le 17 décembre 2008, le bonheur était au rendez-vous !

      Il est probable que nos « indignés » m’accuseront à présent de falsification. A ces incrédules je propose donc de consulter l’original, censé être disponible sur la toile

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

    Sous l’intitulé « Rapports du Conseil municipal », je leur laisse le soin de chercher le « rapport » du 17 décembre 2008. En l’état actuel des choses, il se pourrait bien qu’ils restent sur leur faim.

      De guerre lasse, ils ne manqueront pas alors de faire du Lacan sans le vouloir : « Il n’y a pas de rapport… ».

      Oui, hélas, entre les draps comme sur la toile,  « il n’y a pas de rapport » !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 3 septembre 2012 (J+230 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (1)  – du 24 août 2012 (J+220 après la CNAC)

        Plus de sept mois ont passé aujourd’hui depuis  l’annonce, sur le site du Bien Public,     du dépôt « prochain » d’un permis de construire concernant le projet d’hypermarché Leclerc au Charmoy

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc

        Toutefois, jusqu’à ce jour, aucun affichage officiel indiquant le démarrage du processus ne s’est manifesté. Perplexe devant ce retard à l’allumage contrastant avec le brio et la pugnacité des débuts, nous sommes donc parti en quête d’éléments de réponse dans Inf’auxonne n° 25 de mai 2009.

       Les pages 2, 3 et 4 de ce numéro constituent, en effet selon nous,   un parfait  « Manuel d’instruction CHARMOY-LECLERC » par questions et réponses enrichi d’une  lettre officielle de reconnaissance, véritable postface et estampille approbative du « Mouvement LECLERC »  http://www.auxonne.fr/telechargements

           La question des délais y est clairement abordée. Ainsi, apprenons-nous en page 4 que le délai d’ « ouverture » est « d’environ 24 mois » (délai compté, en regard du contexte, à partir de mai 2009 et avant le passage en commission d’aménagement commercial qui eut lieu le 8 octobre suivant). Toutes choses égales par ailleurs, la même règle appliquée au cas présent donnerait  une ouverture pour…. août 2013 environ, donc d’ici un an ! A suivre donc…    

      D’ici-là, en attendant l’affichage toujours hypothétique d’une demande de permis de construire, nous patienterons en nous livrant à un petit exercice de décodage d’un échantillon d’affiches se rapportant à notre thème.

 

Echantillon n°1   

Affiche Jaune FluoLa plus fameuse, sinon la meilleure de la série. Elle fut imprimée à LURE (Concept impression [Imprim’vert] 70200 LURE 03 84 30 12 00),aux frais de commanditaires restés anonymes.  Son affichage abondant et totalement sauvage fit fureur à Auxonne en juin 2010 à l’occasion d’une consultation sur l’avenir de la zone du Charmoy.

Le caractère sommaire de l’objet ne le désigne pas comme étant issu d’une officine de publicité et de communication très élaborée.

Ici pas de connotation subtile, pas de clin d’œil, pas de récupération hardie, le message est clair à défaut d’être subliminal, c’est une injonction pure et simple à voter OUI pour une zone dont la « maîtrise foncière » était déjà acquise, au moment du vote, par  LECLERC.

A noter que LURE-VESOUL, pour n’être pas, à notre connaissance du moins, un foyer réputé de production d’art graphique, constitue néanmoins un important pôle d’implantation de LECLERC.

 

Affiche Leclerc 68 jaune

Echantillon n°2   

Le poing levé et peut être bientôt … le couteau entre les dents ! Il y a de la révolution dans l’air. Le drapeau noir flotte sur le yacht ! Pour tout dire, récupération cynique et opportuniste plutôt que révolution !

Récupération d’un esthétisme soixante-huitard au service du marché dans ce spécimen représentatif d’une campagne d’affichage conduite par LECLERC en 2005. Sur une autre affiche du même tonneau, représentant un CRS à bouclier et matraque, on pouvait lire « La hausse des prix oppresse votre pouvoir d’achat ».

A quand « Consommateurs de tous les pays unissez-vous ! »

Comme le déclarait Jérôme Anciberro dans son article « Slogans » publié dans  Témoignage chrétien du 19 octobre 2011: « A quand les campagnes publicitaires où l’on verra des familles « indignées » contre la vie chère levant le poing sous un logo Carrefour ou Leclerc ? »

http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Chroniques/Slogans/Default-6-3167.xhtml

Affiche Leclerc consomme

  

  

  

Echantillon n°3   

 

A récupérateur, récupérateur et demi !

 Le CRS dont nous parlions ci-dessus devait faire l’objet d’une nouvelle récupération dans « Agora Vox Le média citoyen » du 30 mai 2006 dans un article intitulé « Leclerc : un panel très contestable ». Le CRS représenté ci-contre porte maintenant un bouclier clairement identifiable et son injonction est  vraiment sans ambiguïté !

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/leclerc-un-panel-tres-contestable-10063

 

Affiche jaune ChampagnoleEchantillon n°4   

 Pour terminer sur une note stimulante nous irons à Champagnole, où, tout comme à Auxonne, il est envisagé la construction d’un hyper LECLERC sur des terres agricoles.

Mais cette fois, malgré sa couleur jaune, l’affiche n’a plus rien à voir avec le placard simpliste et déprimant imprimé à LURE et affiché à Auxonne pour un OUI « massif ». L’imagination serait-elle plus féconde au pied du Mont-Rivel qu’aux rives de la Saône ?

Du mythique Larzac au CRS à bouclier- code barre de la campagne LECLERC de 2005, les clins d’oeil ne manquent pas, en effet, dans cette affiche bien ficelée de mai 2012 appelant les paysans au labour des champs acquis par LECLERC

http://collectifcitoyens.posterous.com/

     Nous arrêtons là l’exercice de décodage. Etait-il d’un quelconque intérêt ? Vous en jugerez vous-mêmes !

     En ce qui nous concerne, nous avons l’intention de mettre à profit cette critique raisonnée dans un exercice de libre création d’affiches sur le même thème.  Nous exposerons nos travaux dans un prochain article… Avant de les faire imprimer à LURE !  A bientôt !     

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 août 2012

(J+220 après la CNAC)

 

 

 

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (3) – du 27 juin 2012 (J+162 après la CNAC)

 

       Nous livrons aujourd’hui au lecteur le troisième volet de notre réflexion sur la question : « La proximité, réalité ou illusion ? ».

      Ce troisième volet sera consacré au degré de réalité de la proximité temporelle supposée d’un évènement, et plus particulièrement au caractère contingent de toute prédiction relative à la survenue d’un fait dans un avenir déterminé. Ainsi, la sagesse populaire se joue-t-elle avec humour de la fragilité des promesses en vue du lendemain, et personne n’est dupe d’expressions telles que : « Demain on fera crédit » ou encore « Demain on rasera gratis ». L’avenir est toujours incertain et, selon l’adage politique, les promesses n’engagent que ceux qui veulent bien y croire.

        Certes, nous pouvons être sûrs que la consultation sur l’avenir de la zone du Charmoy a bien eu lieu il y a juste deux ans, le 27 juin 2010, mais dans ce cas nous envisageons le passé et dans le cas précis, un passé vraiment révolu (voir photo n° 1) !

       Au présent, nous constatons avec la même certitude que c’est bien aujourd’hui qu’ouvre le magasin LIDL, mais en  juin 2010  la banderole posée sur les bâtiments préexistants et proclamant : « Non aux monopoles commerciaux Oui au supermarché LIDL », ce calicot, d’ailleurs sans mention d’origine ni d’appartenance, apporté peut-être du paradis de la consommation par les anges de la concurrence, n’exprimait par son slogan qu’un souhait dont personne ne pouvait alors prévoir la réalisation certaine pour aujourd’hui (voir photo n° 2).

        Une chose est sûre, cet aujourd’hui des réalisations concrètes n’est pas encore advenu pour  le projet LECLERC au Charmoy,  et l’incertitude subsiste. Les fatalistes peuvent bien répéter depuis des mois : « Ça va s’faire », le doute subsiste et l’assertion impatiente ou désabusée du quidam n’a pas la force fatale de la devise de certains cadrans solaires rappelant au passant : « Mors certa, hora incerta » (« la mort est certaine, l’heure est incertaine »). Dans le cas du Charmoy, l’heure est incertaine et jusqu’à preuve du contraire, la réalisation l’est aussi. Nous sommes donc en pleine incertitude.

         Pour nous convaincre du caractère objectif de l’incertitude entourant l’avenir du Charmoy, il n’est que de reprendre les annonces et prophéties réitérées sur le sujet ;

        Il y a plus de trois ans maintenant, le 26 mars 2009,  Le Bien public annonçait : « LECLERC arrive avec 250 emplois d’ici 24 mois » et là-dessus  Inf’Auxonne N° 25 de Mai 2009 confirmait en page 4, sous une forme didactique :

« A quelle date est prévue l’ouverture ?

Dans environ 24 mois »

       Bilan : l’arrivée du  printemps 2011 sur les champs labourés du Charmoy  devait démentir ces prophéties.

    Le 17 janvier dernier, par une décision mémorable, la CNAC donnait enfin son aval au projet et, du coup, on repeignait de neuf les prophéties :

      Sur le site http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc d’abord :

          « Et maintenant ? « Le permis de construire sera prochainement déposé », répond Raoul Langlois, « Après, ce sera à nous, la municipalité, de vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Normalement, à l’horizon 2013, l’outil sera disponible. »

        Dans l’article du Bien public du 20 janvier 2012 ensuite :

           « Une fois le permis de construire déposé, nous aurons deux mois pour vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Je pense donc que tout va aller très vite et qu’en 2013 le projet verra le jour. »

       Le Bien Public du 23 janvier 2012 (cahier local p. 2) confirmait enfin « dur comme fer » :

    « Désormais la création d’un hypermarché Leclerc et d’une galerie marchande pour une surface totale de 4000 mètres carrés n’est plus hypothétique mais bel et bien prévue à l’horizon 2013 » Sylvain Clément.

     Un grand silence médiatique a fait suite depuis à ces annonces et, à la date d’hier 26 juin, aucune annonce de dépôt de permis de construire concernant notre affaire n’était encore affichée sur le panneau officiel de la mairie. On n’entend pas vraiment siffler  la « véritable locomotive qui précédera l’installation d’un important aménagement touristique, avec des hôtels et des restaurants. »  (citation de Raoul Langlois dans Le Bien public 20 janvier 2012). Et si locomotive il y a, alors ce n’est sans doute pas un TGV !

       On peut s’étonner que devant tant de lenteurs, qui ne peuvent être imputées cette fois aux Commissions d’aménagement, aucune réaction notable ne se soit manifestée « spontanément » au sein de la population, comme elle s’était manifestée à l’approche de la CDAC du 7 octobre 2009 par « 1252 consommateurs pour, [ayant signé une] pétition « spontanée » déposée mardi soir [6 octobre 2009] en mairie » (Le Bien public du 12 octobre 2012).

      Il semble que la grande ferveur de la consultation dont nous commémorons aujourd’hui le deuxième anniversaire soit franchement retombée. On peut parier sans risque qu’elle n’ira plus s’afficher crânement sur les panneaux de la RD 905 (photo n° 3), voie royale conduisant au Charmoy, ni d’ailleurs plus incongrûment jusque sur les poubelles du cimetière (photo n° 1), puisqu’il semble bien qu’elle ait rejoint définitivement les poubelles de l’histoire.

          Il faut bien l’admettre,  la seule consultation envisageable aujourd’hui à propos du Charmoy est sans doute le recours aux oracles. Mais comment trouver réponse à nos interrogations dans les entrailles absentes de poulets éviscérés en promo ? 

     Aussi lançons-nous cet appel : recherchons désespérément Pythie bénévole pour éclairer notre lanterne !    

C’est sur cet appel pressant que nous conclurons notre questionnement en trois épisodes.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 juin 2012 (J+162 après la CNAC)

 

  

 photo n° 1

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photo n° 2

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Photo n° 3Photo n° 3  Cliquez sur l'image pour l'agrandir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (2) – du 22 juin 2012 (J+157 après la CNAC)

 

        Nous livrons aujourd’hui à la réflexion de nos amis lecteurs le deuxième épisode de notre feuilleton philosophique : « La proximité, réalité ou illusion ? »

      Dans cet épisode, nous envisagerons le volet spatial de la question, volet spatial déjà préfiguré par la fable des porcs-épics dont la morale nous engageait à garder une distance raisonnable à l’égard de nos semblables.

        Cependant, n’en déplaise à Schopenhauer, tout comme la proximité humaine, la proximité spatiale appartient aux idéaux revendiqués de notre temps. Citoyens du vingt-et-unième siècle, le monde entier est à votre porte et Mars, tout juste en banlieue ! Et la doxa ambiante s’évertue à entretenir l’illusion de cette proximité au moyen de prothèses et d’artefacts divers.     

     L’épicier du coin a disparu, qu’importe ! Par le miracle du drive vous n’aurez pas 100 mètres à faire à pied pour aller acheter votre quart de Brie ! Une fausse proximité spatiale vient donc brouiller encore la proximité humaine, par essence déjà problématique. Vos « amis » cybernétiques répandus aux quatre coins de l’Europe, voire du monde, sont tellement plus commodes à fréquenter que votre voisin immédiat, le plus souvent ignoré !

      Au-delà du critère objectif de la distance réelle, l’appréciation de la proximité spatiale est à présent modulée en fonction des ressources techniques permettant de « réduire » artificiellement les distances.  Il arrive cependant que l’infirmité, le dénuement ou l’âge prive l’homme de ses « tapis volants » et « miroirs magiques »  modernes. En l’absence de ces sortilèges technologiques, la réalité des distances se rappelle cruellement à lui avec son corollaire, l’isolement. Le masque des proximités artificielles tombe alors, révélant  la réalité physique de l’inaccessible.

        Plus de petits commerces dans les campagnes, au fond desquelles trouver un œuf pondu à la ferme est devenu presque une gageure. Il faut s’en convaincre, le village idéal plein de ressources du cru simplement accessibles n’appartient plus qu’à l’iconographie surfaite des clichés publicitaires ou nostalgiques, et le paysan, comme les autres, va chercher son lait en packs à l’hyper le plus proche.

      En matière de commerce alimentaire de première nécessité, les dernières décennies ont vu la concentration croissante des centres de distribution parallèlement à l’extinction presque totale des commerces de proximité, notamment dans les zones rurales. La taille même de ces centres de distributions géants a motivé leur implantation sur les terres agricoles des zones périurbaines. A voir la taille des parkings de ces hangars améliorés on mesure l’ampleur de la perte d’un patrimoine agricole, on comprend aussi immédiatement que le postulat de fréquentation standard des hypers est l’usage quasi-obligé de la voiture individuelle.

          Le temps des années 50 où ma mère m’envoyait le jeudi chez la Mère Blanchard au coin de la rue chercher un « étui Poulain » individuel au détail  à 10 francs (anciens, soit environ 30 centimes d’euro) pour préparer mon cacao des  quatre heures est définitivement révolu, et tout un confort de vie de proximité avec.

        A partir de citations tirées des décisions de la CNAC relatives au projet d’hyper  au Charmoy nous voudrions illustrer les références à la proximité prises en considération dans ce genre de décisions. Rappelons que la décision 317D du 20 janvier 2010 fut négative et que celle 917D du 17 janvier 2012 fut positive.

        La définition la plus vraisemblable de la zone supposée de proximité dans le cas de cet hyper doit être lue dans le premier attendu de 917D « zone de chalandise qui inclut les communes situées à vingt minutes de trajet en automobile du site d’implantation ». « Vingt minutes de trajet en automobile » voilà le critère limitant de la proximité. A la suite de la révolution économique de la grande distribution, un découpage commercial implicite du territoire est intervenu en termes de « zones de chalandise ». Les critères de proximité de ce découpage ne sont  pas sans rappeler le critère de proximité du découpage administratif de la France en départements qui, selon certaines sources, devait permettre au citoyen de se rendre à cheval au chef-lieu pour y traiter ses affaires dans le cadre d’une journée.

        Si l’on remplace le moteur à crottin par le moteur thermodynamique ou électrique, la « zone de chalandise », devient en quelque sorte  le « département » standard de la nouvelle république de la grande distribution.

        Outre cette définition générale qui inclut la plus grande part de la clientèle potentielle, le cas des voisins immédiats n’est cependant pas négligé : « le terrain d’implantation du projet se situe […] à proximité de zones d’habitat » (917D). On n’omet donc pas de mentionner cette proximité fortuite, concernant à vrai dire une bien faible part des « 33659 habitants en 2008 » de la « zone de chalandise ». Le cas des piétons et des cyclistes est envisagé « les aménagements sur la RD 905 permettront aux piétons et aux cyclistes d’accéder au site en toute sécurité » (917D). Gageons que la part de ces utilisateurs des « modes de déplacements doux » restera sans doute  très marginale dans la fréquentation générale et  constituera, pour ainsi dire, « la cerise (verte) sur le gâteau ».

      Il est instructif, toujours en terme de proximité, de reprendre les arguments contraires de la décision initiale 317D relativement à la même zone : « le projet […] est situé en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles, à l’écart du centre ville ». Rien, cette fois,  dans cet énoncé, ne fait naître un sentiment de proximité. Il s’agit pourtant bien de la même zone. Dans le même paragraphe, le sentiment de difficulté d’accès est encore souligné par la mention de l’absence de « [desserte] par les transports collectifs ». Absence de desserte dont il n’est pas fait mention dans la décision 917D, pas plus d’ailleurs que de sa présence.

       Laissant à notre lecteur le soin de conclure lui-même, nous lui rappellerons la question initiale : « La proximité (spatiale), réalité ou illusion ? ».

       Et pour illustrer en deux mots le thème de notre troisième volet (proximité temporelle) nous vous disons : « À bientôt ! »

 

P.S. : Alors que nous terminons cet article sur fond de flons-flons généralisé, nous voudrions rendre à César ce qui est à César. Si Jack Lang, récemment blackboulé à Saint-Dié, a bien inventé la Fête de la Musique un jour par an, c’est à la grande distribution qu’il faut attribuer la Fête de la Musique non-stop, orchestrée par une sono dégoulinante. Selon l’adage : la musique adoucit les mœurs, lave les cerveaux et remplit les (grosses) caisses !         

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 22 juin 2012 (J+157 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 00:00

 LA PROXIMITÉ, RÉALITÉ OU ILLUSION ? (1) – du 20 juin 2012 (J+155 après la CNAC)

   

    Nous fêtions, il y a deux jours, le deuxième anniversaire de Chantecler, nous voilà à présent installé dans la durée.  Mais le côté triste de la chose, c’est que le destin habituel de ce qui dure est la sclérose et l’obsolescence : on bouillonne d’abord, puis on feuilletonne, on commence à se répéter, on s’institutionnalise enfin, et on finit par radoter.

     Quelques jours après l’épreuve de philo du bac, nous allons donc tenter aujourd’hui de conjurer la menace en nous asseyant à la table d’examen du potache, suant sang et eau sur un sujet à développer. Nous implorons par avance l’indulgence de nos lecteurs qui seront peut-être aussi d’impitoyables censeurs.  

     Le sujet qui nous est imposé, tant par notre inspiration du jour que par les circonstances est le suivant : « La proximité, réalité ou illusion ? ». En effet, tant de choses devant prochainement advenir nous ont été annoncées qui n’arrivent jamais, telles la « sortie du tunnel » depuis la crise de 1973 ou, plus récemment, la solution de la crise grecque et puis tant de gens aussi nous assurent de leur proximité et de leur écoute et qu’on attend en vain quand le besoin s’en fait sentir, que le quidam finit par s’interroger.

 

     Plutôt que d’infliger à notre lecteur un discours bâti sur plan préfabriqué « thèse-antithèse-synthèse », nous avons pris la liberté d’éclairer sa réflexion par une série de variations sur le thème de la proximité que nous déclinerons selon trois axes : proximité humaine ou existentielle, proximité spatiale, proximité temporelle. Pour rester dans le cadre de notre blog, nous veillerons à puiser autant que possible nos exemples illustratifs dans la matière de celui-ci.

    Nous vous proposons aujourd’hui, d’esquisser une réponse au premier volet de notre sujet : « proximité humaine ou existentielle, réalité ou illusion ? » Nous traiterons les deux autres volets dans des épisodes ultérieurs.     

     Depuis que l’épreuve de culture générale a déserté l’épreuve d’entrée à Sciences-po, les citations ne sont plus de mise, pourtant, à citer Pouchkine, on ne peut être vieux jeu, alors tentons une citation  qui facilitera bien notre travail :

 

« Permettez : il vous plairait sans doute

D’apprendre de moi maintenant

Qui sont au juste des « proches ».

Nos proches voilà comme ils sont :

Proximité obligée

Mamours et franche estime

Et puis selon la coutume

Visite de rigueur à Noël

Ou vœux par la poste envoyés,

Afin qu’ils ne pensent plus à nous

Pour tout le reste de l’année…

Ainsi, Mon Dieu, donne leur longue vie ! »

 

Pouchkine

Eugène Oniéguine (Chant 4 Strophe 20) (traduction  C.S.)

          Avouons que tout est dit dans cette strophe, sans un gramme de graisse ou de complaisance. Nous ne prétendrons donc pas y ajouter quoi que ce soit, nous permettant cependant un parallèle.

        De la famille à la politique, il n’y a qu’un pas. Ne parle-t-on pas de « famille » politique et d’ « apparentés ». Et cette « proximité », souvent revendiquée par nos représentants politiques, ne s’apparente-t-elle pas elle-même à cette proximité à éclipses si bien décrite par Pouchkine ; il suffira pour s’en assurer de remplacer « visite de rigueur à Noël » par scrutin. Ainsi la proximité proclamée au sein de la famille ou de la cité se montre souvent cruellement illusoire. Elle peut même se révéler encombrante si l’on se réfère à certain tweet ayant récemment défrayé la chronique. La proximité d’une « pièce rapportée » qui ne se contente pas de jouer les « pièces jaunes » peut ainsi surgir inopinément et de façon incongrue dans un paysage de campagne. Et pour filer la métaphore facile, nous ajouterons : tout comme surgit l’hypermarché et son parking bétonné au milieu des blés. De proximité illusoire en proximité encombrante, la proximité humaine s’avère donc bien souvent décevante.

     Schopenhauer est un sage qui donne la bonne mesure avec sa fable des porcs-épics. Par un rude hiver, les piquantes bestioles, aspirant à se réchauffer par une proximité accrue, ne réussissaient qu’à s’entre-blesser. Il  leur fallut donc choisir le moyen terme entre geler ou saigner. Voilà bien de quoi inspirer des congrès futurs. Fable pessimiste surtout, qui remet chacun à sa place et au premier chef, les philanthropes déclarés agissant sous la bannière prétentieuse de l’intérêt général. Une proximité raisonnable, gardant poliment ses distances sans prosélytisme tapageur ni appétits de conquête, voilà la bonne mesure. Une seule règle donc en matière de proximité : garder lucidité et mesure. Et cette bonne mesure, ne fut-elle pas largement dépassée en juin 2010 dans notre cité, lors du grand racolage-encollage pour la zone du Charmoy ?

       Nous traiterons prochainement les deux autres volets de notre réflexion, promettant à nos fidèles lecteurs de centrer plus précisément nos réflexions sur la zone du Charmoy.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 juin 2012 (J+155 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 00:00

EN FINIR AVEC LA LME 2008 ? – du 14 juin 2012 (J+149 après la CNAC)

      

      A l’aube de la nouvelle législature, en ce temps opportun de débats sans dérobade, Chantecler propose à tous les débatteurs battants ou futurs battus ce thème de réflexion « En finir avec la LME 2008 ? ».

     

Première piste de réflexion : « La LME 2008, une modernisation d’un autre âge ? »

    

   Cette question nous a été inspirée par un article de l’hebdomadaire  « Le Point » qui ne peut être qualifié d’ultra-gauchiste. Nous livrons à l’analyse des débatteurs cette citation qui met en parallèle deux démarches, à travers un demi-siècle de distance :

 

        « Quand de Gaulle, dans les années 60, soutenait Edouard Leclerc, c’était pour la bonne cause : en finir avec les archaïsmes des petits commerçants, apprendre aux PME à travailler différemment, et limiter l’appétit des Nestlé, Coca et autres Procter & Gamble. Aujourd’hui, les petits commerces alimentaires ont disparu, les PME sont fragilisées et les multinationales prospèrent toujours. Aussi, quand Michel-Edouard, le fils, s’allie à Nicolas Sarkozy pour faire la LME [loi sur la modernisation économique de 2008], on se demande à qui profite la loi ».

(« La face cachée des grandes surfaces » dans « Le Point »  N°1857 du 18 mars 2010 p. 83)

 

     Les « héritiers » sont-ils en droit de revendiquer la démarche novatrice  des « pères » pour pérenniser confortablement une rente de situation ?

 

Deuxième piste de réflexion : « La LME 2008 est-elle environnement-compatible ? »

           Pour alimenter cette deuxième réflexion, nous recourrons à un texte local, tiré du blog de Monsieur Michel Moreau qui s’exprime sur la situation particulière de la ville de Champagnole,  détenant, selon l’auteur le record en mètres carrés de grandes surfaces alimentaires par habitants :

 « […] la réglementation concernant l'installation des grandes surfaces a été modifiée dans un sens ultralibéral lors du quinquennat de Nicolas S, avec l'aide intellectuelle de Jacques Attali.

         Cette dérèglementation, désirée sinon imposée par les grands distributeurs, a des conséquences environnementales, sociales et économiques en contradiction totale avec la communication très à la mode sur le développement durable qui fleurit dans le sillage du Grenelle de l'Environnement […] Il serait intéressant de rappeler [aux commerçants] qui ont contribué à la victoire de Nicolas S en 2007, que ce dernier a agi en faveur des grands trusts de la distribution qui n'ont rien d'éco-philanthropes, et qui ne verseront pas de larmes sur la mort du centre ville de Champagnole et leur disparition ».

(Michel Moreau HYPERS A CHAMPAGNOLE du 6 avril 2012)

 

        Une conclusion possible du débat, pourrait s’articuler en réponse à la question suivante, formulée par Monsieur Michel Moreau :  

« Mais une nouvelle majorité, tentée par le changement et plus soucieuse d'ordre et d'équité dans l'organisation du commerce, ne pourrait-elle pas être tentée de revenir sur cette dérèglementation ultra-libérale ? »

 

(Michel Moreau CHAMPAGNOLE. PAYSANS : 1 - BÉTONNEURS : 0 du 26 mai 2012)

voir le blog de Michel Moreau 

      En matière d’équité et de développement durable, la crédibilité des vainqueurs potentiels ne peut, à notre sens, s’affranchir d’une réponse claire à cette question de taille.

      Certes dans « infos-Dijon » de ce jour, « Pierre Pribetich [PS] souhaite aussi répondre « aux cris de désespoir » qu’il [a] entendu durant ses rencontres. Mais aussi à des problèmes tels que « la tour Louis XII qui s’effondre à Auxonne. En 5 ans, il [Rémi Delatte] aurait pu faire quelque chose » ».

     A la décharge de Rémi Delatte, nous dirons qu’il y a belle lurette que « la tour Louis XII [à vrai dire Louis XI] s’effondre à Auxonne » et que les ans seuls en sont la cause. Plus actuel et plus urgent à creuser nous semble le problème des circonstances et des conséquences prévisibles de l’implantation d’un Hyper LECLERC à Auxonne.

      Voilà des siècles que la forteresse érigée par Louis XI pour mater les velléités des habitants d’Auxonne n’est plus qu’un paisible vestige, assez bien conservé d’ailleurs. A présent, déployant au vent les oriflammes de leurs enseignes,  d’autres forteresses tutélaires se pressent aux portes de nos villes, qui les vident de leur substance et ne les embellissent pas !

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 14 juin 2012 (J+ 149 après la CNAC)

 

 

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 00:00

 A propos de vagues – du 24 avril 2012

 

     La vague ! Le mot était à la mode ces derniers temps. D’aucuns l’espéraient encore et la « sentaient monter ». Au vu des résultats du premier tour des présidentielles 2012, il semble bien que la vague attendue se soit en fait transformée en raz-de-Marine, et, au rang des victimes de ce tsunami, Auxonne figure en bonne place (23,88%) et se taille un score digne de la Côte d’Azur dans une Côte d’Or globalement moins submergée (18,84%).

      A la Salle événementielle d’Auxonne, à l’issue du dépouillement,  l’énumération officielle des résultats de la présidentielle 2012 n’a donc pas suscité l’enthousiasme ouvertement martial et conquérant du 27 juin 2010, enthousiasme soulevé – rappelons-le – par l’annonce du bilan de la consultation sur la zone du Charmoy.

       Né à l’occasion de ce mémorable autant qu’inédit scrutin de juin 2010, Chantecler a pris le parti, en cette circonstance et jusqu’à ce jour, d’en souligner le caractère discutable. Ne s’agissait-il pas en fait de quêter les voix des électeurs auxonnais à la rescousse des ambitions d’un investisseur privé de la grande distribution mis en difficulté par les décisions successives de la CDAC du 7 octobre 2009 et de la CNAC du 20 janvier 2010 ? Le retentissement ultérieur de cette affaire de la zone du Charmoy sur le déroulement des élections cantonales de mars 2011 devait encore en souligner la tentative d’instrumentalisation politique, tentative  qui s’est révélée, au bout du compte… infructueuse, dirons-nous !

        Laissons parler les faits : Juin 2010, une vague jaune-fluo venue de Vesoul-Lure s’affiche, encollant nos murs, et emporte les  sectateurs de la zone du Charmoy vers des sommets électoraux. Mars 2011, la vague escomptée, qui devait encore venir du Charmoy,  laisse le surfeur en rade  en dépit des gesticulations et des vociférations de ses bruyants supporters !

          Charmoy ? Kézaco ? Qui, à part Chantecler, parle  encore de la zone du Charmoy à Auxonne aujourd’hui ? En tout cas, pas les intéressés et partisans au premier chef qui, depuis des mois, n’en soufflent plus mot ! Silence radio !

        Il est vrai que Chantecler a vraiment du temps à perdre ! N’empêche, à force d’observer le petit monde auxonnais,  Chantecler pourrait bien avoir découvert, sinon un nouveau virus, du moins une règle de prudence politique : jaune-fluo ou marine, les vagues sont perfides, il convient de s’en méfier !

        A tous les surfeurs du pouvoir tentés de se faire porter à bon compte en récupérant l’élan des vagues soulevées par des courants « populaires », Chantecler crie : « Casse-cou ! ». Vérification au second tour des présidentielles…

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 avril 2012

      

      

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 00:00

 Ces arbres qui cachent la forêt – du 12 avril 2012

 

      Alors que, tel un Titanic, le drakkar présidentiel d’Eva Joly fait eau de toute part et que Total et les moustaches de son PDG émergent plus blancs que blancs de la marée noire de l’Erika, la farce de la récupération tous azimuts du discours écologique continue de battre son plein. Même si la campagne présidentielle actuelle se révèle plus grise que verte, le vert reste un argument très porteur et surtout très vendeur. Toute idéologie en voie de récupération intéressée et pragmatique finit par se résumer à la mise en couleur uniforme du monde : rouge, brun, bleu, vert ou… jaune fluo comme à Auxonne en juin 2010 !

     La rengaine du progrès et des lendemains qui chantent ne faisant plus recette, on entonne à présent celle du développement durable et tout projet habilement ficelé comporte un couplet développement durable énoncé en formules stéréotypées répondant aux clichés convenus. La « langue verte », tout comme le mandarin est à présent une compétence requise des conquérants voraces du monde globalisé.

       Dans Chantecler n° 7  du 9 janvier dernier nous servions déjà quelques bons morceaux plus verts que verts extraits du dossier de « demande d’autorisation de création d’un centre commercial » daté de janvier 2010 et réalisé par la BEMH S.A. (BORDEAUX) au profit de SARL BOUXDIS (COLMAR) travaillant pour le compte du Groupe LECLERC :                                              

 « …, le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion de la clientèle » (p. 53).          

« Afin de tenir compte de la protection de cette espèce [chauve-souris], l’enseigne lumineuse de la façade sera éteinte à 21 h. Rappelons que cette enseigne ne sera pas apposée sur la toiture, mais en façade, d’où une gêne réduite pour les oiseaux et les chauve-souris ». (page 61)

      A ces couplets, il fallait un écho, un écho logique bien entendu, la CNAC opinait donc le 17 janvier en ces termes :

« les flux de circulation supplémentaires générés par le projet seront absorbés sans difficultés »

« de nombreuses mesures seront prises afin de réduire les consommations énergétiques »

« Près de trois cents arbres de moyenne et haute-tige, des arbustes et des végétaux seront plantés »

      Ce rideau d’arbres, n’est-ce pas le rideau de fumée cachant opportunément la forêt des bonnes affaires où les loups de la grande distribution prospèreront durablement pour le plus grand bien du consommateur, de l’air et…des chauves-souris ? Citoyens du monde nouveau, sauvons la planète…et surtout le tiroir-caisse !

     Les temps changent il est vrai, comme le démontrent ces propos « écologiques » du Président-candidat rapportés par Le Canard enchaîné d’hier :

   « 2007 : »Le développement durable doit devenir une dimension essentielle de toute l’action publique, c’est un choix, une urgence, une nécessité. »

      2012 : « L’écologie ne doit pas être l’ennemie de la croissance. »

     En matière de croissance et d’Hyper-trophie, notre Président-candidat n’a pas de souci à se faire, car au Charmoy le cache-sexe écologique a fait merveille !

      

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 12 avril 2012

      

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