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  • Claude Speranza, Auxonnais
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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 00:00

APPELER UN CHAT UN CHAT - du 7 octobre 2013 (J+1755 après le vote négatif fondateur)

      Nous savons tous depuis belle lurette ce qui se prépare au Charmoy : la construction projetée d’un hypermarché (commerce de détail non spécialisé à prédominance alimentaire en magasin d'une surface de vente égale ou supérieure à 2500 m²)

   Et pourtant, tout se passe comme si les tenants locaux du projet répugnaient encore à nommer cette vérité toute nue.

   On pourra s’en assurer dans le très officiel procès-verbal du conseil municipal du 27 août 2013, en page 2 duquel, le projet est désigné d’abord de façon très vague sous le terme de « surface commerciale » et ensuite de manière franchement fautive sous le terme de « supermarché ».

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

    Ce dernier lapsus en date s’ajoute à la série d’alias divers dont aura été affublé le sacro-saint projet au cours des dernières années et que nous rappellerons brièvement ici.

    Dès mai 2009, l’organe officiel de la municipalité d’Auxonne, Inf’Auxonne N° 25 ne mentionne pas le terme d’hypermarché bien qu’un plan daté du 2/04/09 et situé en page 3 du même Inf’Auxonne N° 25  révèle, pour un observateur attentif, la présence effective d’un hypermarché à cette date. Tout au contraire, le rédacteur semble même nier cette présence en déclarant (page 2, 2ème colonne) « Le Groupe LECLERC a alors modifié son projet qui, depuis 2005 et jusqu’au vote [N.D.L.R. : le fameux vote du 17 décembre 2008 !]comportait une « grande surface à prédominance alimentaire » ». Cette déclaration est même confirmée en 3ème colonne sous une forme légèrement différente : « En effet, initialement « à prédominance alimentaire » le projet a subi des adaptations majeures pour le mettre en adéquation avec le vote du 17/12/08. ». Soyons clairs, si le projet n’avait plus été « à prédominance alimentaire », alors, en bonne logique, il n’aurait plus dû comporter d’hypermarché puisque, selon la norme, un hypermarché est un commerce de détail non spécialisé à prédominance alimentaire en magasin d'une surface de vente égale ou supérieure à 2500 m² !

    En juin 2010, lors de la consultation sur la zone du Charmoy, tous les électeurs auxonnais ont reçu sous pli cacheté un document officiel émanant de la mairie et qui annonçait parmi les projets envisagés « un supermarché à dominante non alimentaire ». Désignation, cette fois, doublement fautive, car il est en fait question  d’un hypermarché et non d’un supermarché, et qu’en outre, selon la norme, un supermarché est un « commerce de détail non spécialisé à prédominance alimentaire, réalisant un chiffre d'affaires alimentaire supérieur à 65 % des ventes, en magasin d'une surface de vente comprise entre 400 et 2500 m² ».

   Pour rattraper cette fâcheuse série de lapsus (involontaires ?) et de confusions, il conviendrait enfin que nos édiles fassent amende honorable. Suggestion : lors de l’approbation du PV du 27 août à la séance du conseil de demain 8 octobre, l’un de nos élus responsables des destinées de notre commune et, parmi ceux-ci, pourquoi pas le premier, devrait exiger que le terme fautif de « supermarché » soit remplacé par ce qu’il désigne réellement c’est-à-dire un « hypermarché », commerce de détail non spécialisé à prédominance alimentaire en magasin d'une surface de vente égale ou supérieure à 2500 m². Il est temps d’ « appeler un chat un chat et Rolet un fripon » ! (Boileau, 1ère Satire)

    Seuls les humains et plus particulièrement les politiques sont capables de telles litotes et autres subtilités de langage, il ne viendrait pas à l’idée d’un chat digne de foi de prétendre que son intérêt pour la souris n’est pas à prédominance alimentaire !

     Pour mémoire, nous rappellerons enfin à nos édiles que, le 17 décembre 2008, ils avaient répondu NON à la question : « Etes vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? ». Ce NON originel et fondateur explique sans doute leur peu d’appétence ultérieure pour le terme alimentaire et ce complexe qu’ils ont encore à dire ou à écrire la vérité toute nue : HYPERMARCHÉ !

 Roi Chat

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 7 octobre 2013  (J+1755 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 00:00

PUNIS, LA CARPE ET LE LAPIN ? - du 8 septembre 2013 (J+1726 après le vote négatif fondateur)

 

Qui sont d’abord, la  carpe et le lapin ?

Le très officiel Inf’Auxonne numéro 31 de  janvier 2011

http://www.auxonne.fr/telechargements  vous l’apprendra en page 2 dans ces lignes de la tribune passionnée, sinon passionnante, du groupe « Auxonne passionnément » :

        « Malheureusement, jusqu’à présent nos appels n’ont pas reçu l’écho qu’ils méritaient. En effet, les représentants du commerce auxonnais, obnubilés par la lutte contre l’implantation d’une troisième grande surface se sont fourvoyés dans une alliance contre nature avec les grandes surfaces locales. Se mêlant ainsi d’un combat qui de toute évidence ne les concernaient [sic] pas, en scellant cette alliance de la carpe et du lapin, ils ont fait perdre de vue à leurs mandants les questions essentielles… »

      Cette diatribe fulminante contre un mariage réputé contre nature, nous l’avions déjà plaisamment  épinglée dans notre article

CHARMOY : LE  PÉROU  POUR  LES PÊCHEURS ! - du  23 juin 2013

   Déboulant de la zone du Charmoy, les bouleversements de l’institution du mariage semblèrent donc un temps déferler sur notre ville car, à cette « alliance de la carpe et du lapin », fit écho ce que nous pourrions qualifier d’« Union discrète pour la maîtrise foncière de la zone après le vote négatif du 17 décembre 2008 », union valeureuse s’il en fut qui valut, à l’un des membres du couple (« contre nature » ?), la reconnaissance appuyée de l’autre, exprimée dans les termes suivants que le destinataire jugea bon de  rendre publics :

« A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué [sic] le projet »

[N.D.L.R. « divulgation » Mazette ! C’était une vraie conjuration ! Bonjour le débat ! Il n’était surtout pas question de publier les bans du « mariage » !]

(lettre du Groupe LECLERC au Maire d’Auxonne datée du 14 avril 2009 publiée d’abord en extraits dans un article  du Bien public daté du 21 avril 2009 et titré  « À PROPOS DU PROJET  LECLERC À AUXONNE ON NE VOIT PAS CE QUI POURRAIT L’EMPÊCHER DE S’INSTALLER » puis reproduite intégralement en page 4 d’Inf’Auxonne numéro 25 de  mai 2009)

Monsieur Antoine Sanz, alors Conseiller général du Canton d’Auxonne, écrivait quant à lui  dans un rapport de janvier 2010 sur le projet : « Pourquoi Monsieur le Maire s’est-il investi en catimini dans les démarches des acquisitions foncières avec la participation active sur le terrain de deux adjoints et du promoteur, laissant libre cours aux suspicions les plus diverses ? »

 

Passons à présent à l’actualité : le procès-verbal de la séance du Conseil municipal du 27 août 2013 vient de paraître sur le site officiel

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

Il traite en pages 2 et 3 du projet d’hypermarché LECLERC, sous le titre générique : « Construction d’une surface commerciale ».

Remarquons d’abord que le projet d’hypermarché LECLERC est ici désigné génériquement et  presque pudiquement par le vocable « surface commerciale ». Cette clause de style n’efface pourtant en rien son caractère de commerce de détail non spécialisé à prédominance alimentaire en magasin d'une surface de vente égale ou supérieure à 2500 m², selon la NAF rév. 2, 2008 toujours en contradiction totale avec le vote négatif exprimé lors de la séance du conseil municipal du 17 décembre 2008.

Le texte s’ouvre solennellement sur le « jugement » de « la carpe et du lapin ». Justice a été rendue et l’on invite donc les conseillers à prendre connaissance du « jugement » :

    « Des recours avaient été exercés en conseil d’État par l’Union commerciale et la société LAUCEL [N.D.L.R. : Intermarché]. Elles ont été rejetées sur tous les points. Le jugement est tenu à la disposition des conseillers souhaitant en prendre connaissance. L’Union commerciale et la Société LAUCEL ont été condamnées à verser une somme de 3000 € chacune à la Société BOUXDIS au titre des expéditions de l’article 761-1 du code de justice administrative (paiement des frais de justice) ». [p. 2]

 

Un examen plus attentif du « jugement » nous a permis de noter que les compères carpe et lapin semblent bien avoir été punis, entre autres, pour avoir osé reprendre certains arguments de la décision 317D de la CNAC du 20 janvier 2010 relatifs à l’animation du centre ville, à l’absence de transports collectifs, ainsi qu’au caractère agricole des terrains investis.

L’attendu N° 9  de la décision du conseil d’État stipule en effet de façon très optimiste que « si les requérantes soutiennent que la décision attaquée méconnaît l'objectif d'aménagement du territoire fixé par le législateur et aura des conséquences néfastes sur la vie urbaine, il ressort des pièces du dossier que le projet, situé dans la partie sud d'Auxonne et dans un secteur connaissant une croissance démographique, plusieurs opérations d'aménagement ayant conduit à la création de nouveaux logement contribuera à diversifier l'offre commerciale dans le val de Saône sans nuire à l'animation du centre ville d'Auxonne ; que la réalisation du projet devrait contribuer à rééquilibrer l'offre entre les pôles de l'agglomération dijonnaise et doloise ; qu'il ressort également des pièces du dossier, et notamment de l'avis de la direction départementale du territoire, que si le projet se situe sur des terrains agricoles, ceux-ci sont rendus peu exploitables par la proximité de la route départementale 905, et qu'enfin, le projet sera desservi par les transports collectifs et aura un impact limité sur les flux de véhicules existants ».

On pourra encore consulter avec profit notre article.

 LU EN CONSEIL D’ETAT- du 14 août 2013   

 

   Après ce détour au Conseil d’État revenons plus modestement à notre conseil municipal. Après le constat de « punition », le texte du procès-verbal enchaîne sur la construction de l’hypermarché par le paragraphe suivant :

 « La procédure du permis de construire se poursuit donc normalement par le biais de l’enquête publique pour laquelle toute personne ou toute société peut consulter le dossier ou en demander une reproduction moyennant finances. La société Germond à Dôle [sic] a été consultée pour connaître le coût qui sera répercuté aux éventuels demandeurs. Ce point sera soumis au Conseil avant la fin de la séance (point n° 11 de l’ordre du jour) ». [p. 3]

 

Certes, le rejet opportun des coupables et indignes recours des compères carpe et lapin permet, comme il est dit, la poursuite normale des démarches relatives à l’attribution du permis de construire. Dans le cas de figure contraire, c’est-à-dire, l’acceptation de ces recours, un retour à la case départ avec nouveau passage en CDAC aurait pu être nécessaire… A moins que le permis de construire n’ait déjà été attribué et les travaux commencés.

Cette dernière hypothèse n’était pas invraisemblable et si elle ne s’est pas concrétisée, c’est en raison des circonstances diverses qui ont considérablement retardé la procédure. De ces retards, il n’est pas fait mention dans le procès-verbal, mais ils existent bien comme nous allons le montrer.

    Le dossier relatif au projet de création d’un centre commercial et d’une station service E. Leclerc a été reçu par la DREAL dès le 4 octobre 2012 (Cf.  annexe à l’étude d’impact partie 2 consultable pour l’enquête publique). C’est après examen de ce dossier qu’il a été demandé au promoteur « une étude d'impact, conformément à la décision de l'autorité environnementale (arrêté préfectoral en date du 31 octobre 2012) suite à un examen au cas par cas au titre de la rubrique 36°/ du tableau annexé à l'article R122-2 du code de l'environnement, compte tenu du projet et des enjeux concernant la gestion des eaux pluviales et usées, la prise en compte du cadre de vie pour les zones d'habitats à proximité immédiate et des déplacements et consommations énergétiques ».

 En l’absence de cette exigence, la procédure d’attribution du permis de construire aurait sans doute été beaucoup plus rapide.

 L’arrêté préfectoral en date du 31 octobre 2012 entraînait aussi la nécessité d’ouvrir une enquête publique.

Cependant, cette enquête elle-même aurait pu se tenir beaucoup plus tôt (le commissaire enquêteur avait été désigné par ordonnance n° E13000033/21 de M. le Président du tribunal administratif dès le 21 février 2013). Le déroulement tardif de cette enquête est dû aux conclusions défavorables du premier avis de l’autorité environnementale du 8 mars 2013 relativement à l’étude d’impact demandée. Ces conclusions ont eu pour conséquence le dépôt le 25 avril 2013 d’une nouvelle demande de permis de construire, comprenant une nouvelle étude d'impact, qui a fait l’objet à son tour d’un second avis de la DREAL  du 28 juin 2013.

   Un extrait de ce second avis de la DREAL daté du 28 juin 2013 (pages 1 et 2) confirmera nos dires :

 

« Le projet est soumis à un permis de construire d'après les articles L421-1 et R421-1 du code de l'urbanisme. Un dossier de demande de permis de construire, portant sur la réalisation du centre commercial et du parking, a été déposé en mairie d'Auxonne le 17 décembre 2012. Ce dossier comprenait une étude d'impact, conformément à la décision de l'autorité environnementale (arrêté préfectoral en date du 31 octobre 2012) suite à un examen au cas par cas au titre de la rubrique 36°/ du tableau annexé à l'article R122-2 du code de l'environnement, compte tenu du projet et des enjeux concernant la gestion des eaux pluviales et usées, la prise en compte du cadre de vie pour les zones d'habitats à proximité immédiate et des déplacements et consommations énergétiques.

Un avis d'autorité environnementale a été rendu sur ce dossier en date du 8 mars 2013.

Une nouvelle demande de permis de construire a été déposée en date du 25 avril 2013, comprenant une nouvelle étude d'impact, qui fait l'objet du présent avis d'autorité environnementale.

Le projet devra faire l'objet d'une enquête publique en application de l'article R 123-1 du code de l'environnement ».

 Ces diverses circonstances expliquent une quasi-coïncidence fortuite entre la date de la décision du Conseil d’État (1er août 2013) et celle de l’arrêté municipal n° 105-2003 décidant de procéder à la tenue d’une enquête publique (29 juillet 2013).

 Mais c’est bien « en application de l'article R 123-1 du code de l'environnement » que se déroule tardivement la présente enquête publique et non en conséquence du rejet des recours exercés en Conseil d’État par l’Union commerciale et la société LAUCEL comme semblerait peut-être  le suggérer la rédaction du procès-verbal.

 À noter pour finir l’emploi pour le moins original, dans ce procès verbal, de l’expression « par le biais », à propos de la tenue d’une enquête publique. En langue française, cette expression a un sens bien défini qui est le suivant : « par le moyen détourné, par le moyen indirect ». Or, il est bien clair que la tenue de cette enquête n’est pas un moyen et encore moins un moyen détourné, nous l’espérons bien, mais une obligation résultant de l'article R 123-1 du code de l'environnement.

Certes, du vote négatif initial déclenchant la prospection foncière « discrète » à l’annonce officielle de l’ouverture d’un « supermarché à dominante non alimentaire » lors de la consultation, en passant par l’émergence d’associations ad hoc et l’impression d’affiches à LURE, j’en passe et des meilleures, les biais n’auront pas manqué dans cette affaire, mais dans le cas présent de l’enquête publique, nul n’est pas fondé, a priori du moins,  à parler de « biais ».

 Règlements de comptes à OK Charmoy

 Publié ce 8 septembre 2013, en ce jour gris et pluvieux de la fête patronale et jour anniversaire de la libération de notre ville.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 8 septembre 2013  (J+1726 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 00:00

LICHTENBERG  AU  CONSEIL  - du 21 août 2013 (J+1708 après le vote négatif fondateur)

Récemment, un officier de sapeurs-pompiers nous interrogeait, songeur et dubitatif, sur le règlement d’incendie de Lichtenberg que nous avions publié dans « Stratégies épistolaires (N°4) »  après l’avoir découvert lors de nos recherches sur Clausewitz, et selon lequel :

 

« Quand une maison brûle il faut avant tout chercher à protéger le mur de droite de la maison de gauche et le mur de gauche de la maison de droite ; car si l’on voulait par exemple protéger le mur de gauche de la maison de gauche, le mur de droite de la maison se trouverait à droite du mur de gauche, et comme le feu est à droite de ce mur-là et du mur de droite (car nous avons supposé que la maison est située à gauche de l’incendie) le mur de droite sera plus près du feu que celui de gauche et le mur de droite de la maison pourrait être détruit par le feu s’il n’était protégé avant que le feu atteigne le mur de gauche, qui est protégé ; par conséquent quelque chose de non protégé pourrait être détruit, et détruit plus vite qu’autre chose, même si on ne le protégeait pas ; par conséquent il faut abandonner cela et protéger ceci. Pour se représenter la chose, notons encore : si la maison est à droite de l’incendie, c’est le mur de gauche, si la maison est à gauche, c’est le mur de droite ».

[Texte de Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799), humoriste allemand auteur du fameux « couteau sans lame, auquel manque le manche N.D.L.R.]

  Il est vrai, lui répondis-je, que certains textes méritent une attention soutenue pour être compris. Par bonheur, dans la plupart des cas, un croquis facilite grandement la tâche.

   Pour en faire la preuve, Claudi Hoffnung a réalisé, à l’intention de notre soldat du feu,  un petit schéma explicatif qui nous a paru presque aussi éclairant que les lueurs de l’incendie :

Figure explicative

         Ces digressions paraîtront inutiles voir ridicules à certains. Que nenni ! Un retour rapide et nécessaire vers la zone du Charmoy va nous montrer que les projets relatifs à ce territoire ont inspiré une « littérature » en regard de laquelle les fantaisies de Lichtenberg feront figure d’évidences limpides.

A preuve certains extraits qui suivent du compte rendu du très important et très charmoisien Conseil municipal du 17 décembre 2008, lors duquel il fut répondu NON, à une majorité unanime et comme un seul homme, à la question suivante : « Etes-vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m2 à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? » (procès-verbal page 25)

/http://www.auxonne.fr/telechargements

 La lecture attentive du même compte rendu révèle, que lors du débat, on avait d’abord pris soin d’envisager les suites à donner selon qu’il serait répondu positivement ou négativement à la question de l’opportunité de l’installation d’une grande surface au Charmoy. Et à ce propos, on avait précisément écrit :

« Monsieur le Maire répond [à propos de questions sur l’intitulé de l’enseigne pressentie] que le débat concerne le principe d’implantation et si la réponse est négative, il n’y a pas lieu de dévoiler telle ou telle chose. Si la réponse est non, le dossier est terminé. Si la réponse est oui, il y aura discussion à la communauté de communes où la Ville d’Auxonne ne représente pas la majorité. Dans cette perspective, des discussions seront entamées avec l’éventualité de mettre en place des contraintes qui viseraient à limiter la vente de certains produits » ( bas de la page 22)

« M. le Maire rappelle que le vote est consultatif et sera fait à bulletins secrets pour que certains puissent s’exprimer. Si le vote est négatif, il sera transmis à la Communauté de communes et s’il est favorable, il y aura une implantation en concertation avec les commerçants et les représentants des consommateurs ». ( bas de la page 24)

  Nous avons tenté de faire la synthèse de ces paragraphes successifs du même compte rendu, relatifs tous deux au même sujet : les suites possibles à donner au projet de grande surface au Charmoy en fonction du choix exprimé par le vote.

Et voilà le résultat obtenu :

Si la réponse est non, le dossier est terminé. Si la réponse est oui, il y aura discussion à la communauté de communes où la Ville d’Auxonne ne représente pas la majorité. Si le vote est négatif, il sera transmis à la Communauté de communes et s’il est favorable, il y aura une implantation en concertation avec les commerçants et les représentants des consommateurs.

 

Dans Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009, on devait pourtant lire quelques mois plus tard : « Lors du Conseil municipal du 17 décembre 2008, un débat a eu lieu en toute transparence » (p. 2, 1ère colonne)

http://www.auxonne.fr/telechargements

Transparent ! Tu parles ! En tout cas plutôt abscons dans la façon d’envisager la suite !

 

Chantecler : « S’il-te-plaît, Claudi, dessine-moi  un débat du vote sur le Charmoy ! » 

Claudi : «  Niet ! Primo, y’a pas l’feu ! Secundo, si je trouve marrant d’illustrer ce fou de Lichtenberg,  j’ai pas de temps à perdre pour débrouiller du mauvais Lichtenberg qui s’ignore !  Lichtenberg, lui, il invente le « couteau sans lame, auquel manque le manche », mais là, tu piges, c’est un vrai concours de tir au « fusil à tirer dans les coins » ! »

Chantecler : « Fusil à tirer dans les coins ? »

Claudi : « Oui, j’vais pas t’faire un dessin : un fusil à tirer dans les coins, tu sais bien, c’est tordu ! Sois pas naïf  Chantecler

 Chantecler : « C’est tordu et alors ?»

Claudi : « La cible n’est simplement pas là où on pense ! Evident ! Etudie un peu les suites « réelles » du vote ! Facile, on les connaît, c’est déjà de l’histoire »

Chantecler : « Promis, je vais bosser grave les concepts ! Tu verras, t’en r’viendras pas ! On va les étudier scientifiquement et à nouveaux frais, les suites « réelles » du vote comme tu dis !  Même si on n’est pas payés pour nos études d’impact ! On va les peaufiner au prisme de la physique dernier cri ! »

Claudi : « Génial ! C’que tu causes bien  Chantecler ! »

Chantecler : «N’attige pas, Claudi, i’faut c’qui faut ! Le fusil à tirer dans les coins c’est ringard ! Place à la modernité ! Place à « l’effet tunnel » et au « chat de Schrödinger » ! J’espère que tu sauras dessiner çà Claudi ! »

Claudi : « Sûr, tu sais que j’kife d’avoir du bon pain sur ma planche ! Mais là, vraiment, tu m’coupes la chique,  Chantecler ! Si je comprends bien : après le Charmoy « merdique », tu nous promets le Charmoy « quantique » ! Post tenebras, lux ! J’en reste baba comme deux ronds de flan en promo ! »

 

A très bientôt, chers lecteurs, pour un examen « quantique »  innovateur et décoiffant de la « question du Charmoy » !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 21 août 2013  (J+1708 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 00:00

RETOURNER AU CHARMOY - du 9 mai 2013 (J+143 après le dépôt)

  

   Sur la zone du Charmoy, les éteules de maïs n’ont pas été retournées.  Trouver dans la météo diluvienne des derniers temps la seule explication à cet abandon serait sans doute optimiste, car la probabilité d’un retournement dans l’affaire du Charmoy semble à présent plutôt mince, sans être nulle toutefois !

    Le gratuit Pays dolois N° 149 de mai 2013 consacrait le N° 95 de sa rubrique « Des villages en Pays dolois » à « Auxonne, cité historique capitale du Val de Saône ». La « capitale du Val de Saône » devenue « village en Pays dolois », voilà une approximation historico-géographique peu banale et un retournement vers la Comté surprenant !  Dans cet article, truffé de détails historiques érudits, l’actualité foisonnante des réalisations municipales pointe opportunément son nez derrière les tours du Château Louis XI et « un homme venu de la Somme » déclare (p. 7) : « La création d’une zone d’activité économique avec l’implantation d’un magasin Leclerc est en bonne voie ».

        On remarquera le subtil amalgame entre ZAE et « magasin Leclerc », amalgame déjà opéré lors de la consultation de juin 2010. A cette occasion, on put lire sur des  centaines d’affiches imprimées à LURE : « OUI à la zone commerciale du Charmoy », mais le message subliminal était en fait OUI à Leclerc comme le démontrait discrètement la provenance des affiches et comme l’a montré de façon évidente le titre  du  Bien Public du 1er juillet 2010 aux lendemains du vote : «  Auxonne Les habitants disent « oui » au Leclerc. Les riverains sont à une large majorité en faveur de l’implantation de l’enseigne ». Et pour ceux qui douteraient encore, nous ajouterons que point n’était besoin de ce vote pour opérer un classement en  zone d’activité déjà existant pour le Charmoy !

     L’arbre ZAE cachait bien mal la forêt Leclerc qui s’avançait en catimini vers les tours du Château  de Louis XI, l’ « universelle araigne », comme dans un célèbre remake de Macbeth !

    « En bonne voie » donc « l’implantation d’un magasin Leclerc ».  Bien que le permis de construire, déposé le 17 décembre 2012, ne soit encore pas à ce jour accordé et que l’issue des  recours en Conseil d’état soit toujours attendue, il se pourrait donc que la terre des champs du Charmoy ne soit plus jamais retournée.

        Ah ! la belle affaire (pas pour tous, mais pour certains !), cela ne nous empêchera pas pour autant de creuser encore le sillon de l’information au profit de nos concitoyens soucieux d’objectivité. Se retourner vers le passé et évoquer l’histoire glorieuse mais refroidie des « joyaux » de notre « capitale » est un exercice confortable et sans danger, nous l’avons à l’occasion pratiqué. Aujourd’hui, nous préférons nous pencher sur un épisode d’histoire immédiate encore toute chaude et palpitante, celui de la conquête du Charmoy !

      Rappelons la chronologie de l’affaire : 17 décembre 2008, premier vote négatif sur le Charmoy ; 17 décembre 2012, dépôt du permis de construire. Facile à retenir :  entre ces deux dates, quatre ans jour pour jour, quatre années fertiles en retournements en tous genres.

     Le plus spectaculaire de ces retournements est celui de la CNAC jugeant successivement et contradictoirement, à deux ans d’intervalle, le même hypermarché Leclerc situé dans la même zone. Première CNAC, le 20 janvier 2010, le projet est jugé « en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles » et « à l’écart du centre ville », il  « contribuera à développer un nouveau pôle périphérique et […] ne participera pas ainsi, à un aménagement harmonieux du territoire de l’agglomération d’Auxonne »  on déclare aussi qu’il « ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne » et on le refuse. Seconde CNAC, le 17 janvier 2012 le projet  est à présent jugé « à proximité de zones d’habitat » on estime enfin qu’il  « participera à l’animation de la vie urbaine et rurale » et on l’accepte !

      Pas mal ! Mais ce retournement opéré loin du terrain, dans les couloirs feutrés des administrations parisiennes ne doit pas faire oublier les retournements locaux opérés plus ou moins discrètement  au cours de l’hiver 2008-2009. La mémoire de ces retournements, véritables « labours d’hiver » et travaux d’un Hercule local sur les terres de la zone du Charmoy méritait pourtant d’être conservée. Nous nous sommes donc attelé à cette tâche.

      Mémoire et politique, un grand sujet ! Le Maréchal Pétain disait : « Français, vous avez la mémoire courte ! ». Cette mémoire courte des électeurs est l’allié le plus précieux des politiciens de tout bord. On prétend aussi que la richesse de ses archives, n’est pas étrangère à la longévité politique de Giulio Andreotti, le politicien italien célèbre et controversé qui vient de mourir. Amnésie des cerveaux ou mémoire de l’archive, mémoire gommeuse des citoyens ou mémoire têtue des faits, en politique, on a le choix !

     Dans un album renfermant une série de pièces officielles et d’articles de journaux s’échelonnant de décembre 2008 à avril 2009 nous avons choisi de mettre en perspective les « labours d’hiver » 2008-2009 du Charmoy. A travers la lecture – parfois ardue – de ces « documents d’époque », le lecteur pourra cheminer librement et juger lui-même sur pièces des ambiguïtés de tous ordres allant parfois jusqu’au franc retournement.

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N.B. : Comme nous savons nos lecteurs très occupés à diverses tâches d’importance, nous nous sommes montrés soucieux d’épargner leur précieux temps en tirant de cette abondante documentation la substantifique moelle, assortie d’un commentaire de notre cru, dans un tableau de synthèse.

Cliquer sur le TABLEAU DE SYNTHESE 

 

Le lecteur curieux pourra encore utiliser divers liens pour consulter :

Les procès-verbaux du Conseil municipal     http://www.auxonne.fr/conseil-municipal   

Les divers numéros d’inf’auxonne     http://www.auxonne.fr/telechargements

Le blog du groupe « Ensemble-autrement" CLIQUER ICI

 Le Pays Dolois N°149 CLIQUER ICI

Le PDF du blog mis en place par la mairie le 26 mars 2009 et retiré depuis pour le lire   

 CLIQUER ICI  

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 9 mai 2013  (J+143 après le dépôt)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 00:00

DÉMOCRATIE DE RÊVE (SUITE)- du 9 avril 2013 (J+113 après le dépôt)

 

    Dans notre article d’avant-hier, intitulé « Démocratie de rêve » nous défendions, preuves à l’appui, le point de vue selon lequel, le 27 juin 2010, on avait fait voter les Auxonnais, non pour un hypothétique « développement d’Auxonne et de son Canton », mais bien au profit d’une enseigne virtuellement en place, car bénéficiant déjà de la maîtrise du foncier, mais qui peinait cependant à obtenir le feu vert des commissions.   

    Une campagne d’affichage sauvage d’envergure, menée avec du matériel imprimé à Lure, signait d’ailleurs clairement la localisation  géographique des intérêts privés en jeu.

     Le Bien Public du 1er juillet 2010 ne s’y trompait pas qui titrait aux lendemains du vote: «  Auxonne Les habitants disent « oui » au Leclerc. Les riverains sont à une large majorité en faveur de l’implantation de l’enseigne ».

      A l’attention d’éventuels lecteurs peu convaincus de notre démonstration, nous voudrions aujourd’hui apporter de nouvelles preuves. Rappelons d’abord à ces lecteurs que les 4 premières pages d’Inf’auxonne N° 25, incluant la lettre du promoteur attestant la « maîtrise foncière de la zone », constituent déjà, à elles seules, un élément précieux car elles montrent le « porteur » triomphant dévoilant sans prudence ses rapports initialement « discrets et non divulgués » avec le promoteur.

http://www.auxonne.fr/telechargements

A ce véritable « Manifeste pour un Leclerc au Charmoy » ajoutons encore deux preuves de l’omniprésence de « l’enseigne » dans le paysage politique, associatif et social auxonnais depuis fin 2008 et jusqu’à présent.

     Première preuve. La profession de foi de Monsieur Philippe Montial, président de l’AAC,  signée et datée du 19 janvier 2011 et jointe au dossier de « Demande d’autorisation d’un centre commercial » datée de janvier 2011 auprès de la CDAC par la SARL BOUXDIS Rue du Ladhof 68000 Colmar est instructive à ce sujet.

Elle ne laisse aucune ambiguïté quant à l’origine de l’association :

« L’association que je préside est née de la déception des consommateurs Auxonnais et des Communes environnantes suite à l’avis défavorable émis par la CDAC sur le projet d’implantation « Leclerc », zone du Charmoy à Auxonne »

Elle est tout aussi claire quant à son but :

« Les adhérents et sympathisants entendent assumer pleinement leur rôle de CONSOM-ACTEURS et peser dans les décisions à venir qui les concernent directement.

Tel est le cas du projet « Leclerc » qu’ils soutiennent sans restriction »

Cette origine et ce but ont  donc un seul et même objet ad hoc : le projet « Leclerc »

On trouvera la copie intégrale de ce document dans

 CHANTECLER N° 13

  Seconde preuve, un autre document, inédit jusqu’à présent sur notre blog. Il s’agit d’un tract diffusé autour du 10 mars 2011 et émanant du staff de campagne du candidat Raoul Langlois, porteur acharné du projet « Leclerc » et  alors candidat au poste de conseiller général. Ce document a été imprimé par l’imprimerie Vidonne

    Son texte révèle un usage politicien évident de la question du Charmoy, tout en s’abstenant prudemment de citer l’intitulé véritable de « l’enseigne » à laquelle il fait référence. Nous examinerons particulièrement ici le sens qu’il donne à la consultation du 27 juin 2010 :

 « Les Auxonnais avaient voté massivement lors de la consultation du 26 [sic] juin dernier en faveur du projet d’implantation d’une nouvelle enseigne »

       C’est bien clair le 27 juin 2010 on faisait voter les Auxonnais « en faveur du projet d’implantation d’une nouvelle enseigne » dont chacun connaissait le nom et non sur la question générale du « développement d’Auxonne et de son Canton ». Et le résultat de ce vote n’avait qu’un but : appuyer d’un nouvel argument prétendument « démocratique » un dossier difficile à  faire passer par la « nouvelle enseigne », pour lequel le maire d’Auxonne s’était d’abord impliqué beaucoup plus « discrètement », sans appel au peuple, et sans rien « divulguer »  au profit de  la seule « enseigne » en question !

       En conclusion, et pour reprendre certains termes du tract cité, il est tout aussi légitime de proclamer, comme nous le faisons depuis bientôt trois ans que, lors de la consultation, les Auxonnais « ont été pris en otage » par  un lobby local structuré, tout dévoué à l’ « enseigne » et qui a pesé de tout son poids politique et associatif, avec l’appui extérieur de LURE, sur une population indécise, travaillée  par la publicité de l’  « enseigne », mue par des intérêts économiques personnels petits ou grands et ne disposant généralement pas d’information objective ou alternative digne de ce nom sur la question générale du « développement d’Auxonne et de son Canton ».

    En résumé, répétons-le : Consultation, piège à cons !

Tract Bleu CG Elections

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 9 avril 2013  (J+113 après le dépôt)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 00:00

DÉMOCRATIE DE RÊVE - du 7 avril 2013 (J+111 après le dépôt)

 

 Les dernières nouvelles du monde politique montrent l’état de notre démocratie : préoccupant !

Par bonheur, à Auxonne, nous vivons dans une démocratie de rêve où les citoyens peuvent décider librement, en toute connaissance de cause et en toute transparence, de ce qui est bon pour le développement de leur cité.

Des preuves ? Elles ne manquent pas ! Tenez, celle-ci par exemple, lue dans Inf’Auxonne N° 29 de juillet 2010, en première page, dans l’édito du Maire :

« La Consultation des électeurs du 27 juin a révélé la véritable implication des citoyens dans la vie de leur cité : 38,25 % de participation, taux plus élevé que pour les élections européennes et régionales. Avec près de 80 % de OUI à la question posée, les auxonnais se sont clairement déterminés pour le développement d’Auxonne et de son Canton.

Sans relâche, la municipalité continuera son travail au service de la ville d’Auxonne et de tous ses administrés ».

Ce constat est particulièrement optimiste. Est-il pour autant le fidèle reflet de la réalité ? C’est ce que nous proposons d’examiner aujourd’hui.

        Qu’en est-il tout d’abord de « la véritable implication des citoyens dans la vie de leur cité » ?

Petit retour en arrière : Le 17 décembre 2008 le conseil municipal, émanation élue du vote des citoyens,  répond NON à la question : « Etes vous favorable à l’implantation d’une grande surface supérieure à 1000 m² à dominante alimentaire sur la zone du Charmoy ? ».

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

Bizarrement, la question sera   retranscrite dans une version légèrement différente dans la délibération N°2008-255 déposée à la Préfecture de la Côte-d’Or le 9 janvier 2009 

 « Etes-vous favorable à l'implantation d'une grande surface à dominante alimentaire supérieure à 1000 m² sur la zone du Charmoy ? »

      Après ce vote « clairement » négatif des élus, émanation des « citoyens impliqués dans la vie de leur cité» que va-t-il se passer ? C’est ce que nous allons voir.

 

  Quelques mois plus tard, nonobstant ce vote négatif et contre toute attente, le maire d’Auxonne reçoit, à propos d’un projet d’implantation d’un hypermarché Leclerc (3500 m²) et d’un brico Leclerc au Charmoy, une lettre de satisfecit du Groupe Leclerc le remerciant dans ces termes :

« A ce jour, la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué [sic] le projet »

On lira cette lettre en page 4 d’Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 qui annonce par ailleurs à cors, à cris et avec force détails la réalisation prochaine du projet.

http://www.auxonne.fr/telechargements

Pour le coup « la véritable implication des citoyens dans la vie de leur cité » avait subi comme une petite éclipse ! Il est vrai que  « la divulgation aurait fait échoué [sic] le projet ». Depuis quand faut-il donc agir avec tant « discrétion » et craindre la « divulgation » lorsque l’on travaille « au service de la ville d’Auxonne et de tous ses administrés » ? Nos élus seraient-ils donc des agents secrets et des démarcheurs au service d’investisseurs privés ?

     Autre question maintenant, qu’en est-il de cette affirmation : « les auxonnais se sont clairement déterminés pour le développement d’Auxonne et de son Canton » ?

 

    Lors de la consultation du 27 juin 2010, décidée après coup en raison des refus essuyés en commission, on fit prudemment silence sur l’hypermarché Leclerc et, dans une circulaire officielle diffusée par la mairie d’Auxonne (voir la pièce L1 de notre album « Impressions de la consultation de juin 2010 ») on annonça un « supermarché à dominante non alimentaire »  Une telle annonce était-elle vraiment claire ?



   Pour quoi et pour qui,  alors, faisait-on voter vraiment les Auxonnais ?

 

 Le titredu Bien Public du 1er juillet 2010 donne, sans le vouloir peut-être, la vraie réponse car personne n’était dupe : «  Auxonne Les habitants disent « oui » au Leclerc. Les riverains sont à une large majorité en faveur de l’implantation de l’enseigne ».

     Et là, démocratie et intérêt privé se mêlent de façon troublante, sinon trouble. Une grande enseigne forte de sa publicité obtient, à l’appui de son installation, les suffrages de « citoyens » appelés après coup à la rescousse et réduits en fait au statut et au rôle de « consommateurs » soucieux de consommer « malin ».

    Soyons clairs, cette consultation n’aura pas vu, sauf exception, des « citoyens [votant] pour le développement d’Auxonne et de son Canton », question d’ailleurs ardue dont les conditions de résolution dépassent la majorité d’entre eux,  mais bien plutôt des « consommateurs », voire des « paniers de la ménagère » votant pour Leclerc, dans l’espoir – fort hypothétique disons-le – de faire quelques économies. Cela se conçoit parfaitement en ces temps difficiles, mais nous sortons là du registre de la démocratie pour entrer dans  celui du commerce et des promotions. Il ne faut pas tout mélanger, et surtout pas le sacro-saint « intérêt général »  et l’intérêt d’un investisseur privé. Qu’une agence de publicité se livre à des sondages pour un client, c’est une chose, mais qu’une municipalité offre ses urnes et son personnel pour ce genre d’activité, c’en est une autre.

    On notera, en outre, le caractère ouvertement publicitaire de l’affaire, matérialisé par une floraison pléthorique et anarchique de centaines d’affiches imprimées à Lure qui faisaient oublier les panneaux électoraux officiels unanimement « ouiouistes » et plutôt tristounets ! Par quelle coïncidence ces affiches avaient-elles été imprimées à Lure, l’un des fiefs du promoteur ? On attend toujours la réponse à cette question !

   S’il y a lieu de souligner l’importance de l’évènement ce n’est donc sans doute pas pour son caractère de « véritable implication des citoyens dans la vie de leur cité» mais bien plutôt pour sa valeur d’exemplarité d’une situation mêlant de façon regrettable le politique et les intérêts privés commerciaux et fonciers.

   On nous reprochera sans doute la comparaison, mais tout compte fait, ce prétendu évènement démocratique n’était-il pas, à la vraie démocratie informée, réfléchie responsable et critique, ce que les slogans de mai 68 récupérés il y a quelques années par l’enseigne en question étaient à l’esprit original de mai 68 : une parodie publicitaire ?

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 7 avril 2013  (J+111 après le dépôt)

 

      

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:00

DE LA COUPE AUX LÈVRES-du 31 mars 2013 (J+104 après le dépôt)

 

    Il semble bien que l’idée de la construction future, sinon prochaine, d’un Leclerc au Charmoy se soit définitivement installée dans le paysage « économico-culturel » auxonnais. La preuve en est, c’est que la question ne passionne plus ! Cet état de fait semble d’ailleurs plutôt apprécié tant des partisans que des adversaires du projet dispensés, depuis des mois, de la rédaction fastidieuse d’articles, tracts divers et autres pétitions.  Les uns et les autres se sont faits prudemment discrets, les plus « accros » se réjouissent sous cape, les plus désabusés « laissent pisser le mérinos ». Voilà donc tout ce beau monde « économico-culturel » auxonnais emporté par le courant trouble sur le long fleuve tranquille de la loi du plus fort qui, embarqué dans les cabines de première classe des croisières de la collaboration, qui, sur le Radeau de la Méduse des naufrages et des capitulations.

  Pour l’heure, la fin du voyage n’est sans doute plus très lointaine mais, d’ici là, le parcours nous réservera bien encore quelques péripéties, n’en doutons pas. En ces temps de précarité, tous les cauchemars sont permis. Imaginez par exemple qu’à la suite des restrictions budgétaires récemment pressenties pour l’Armée, la zone militaire des Granges Hautes devienne le réceptacle providentiel et tout désigné d’un deuxième hyper encore plus grand et encore « moins alimentaire » que le premier. Quelle grande joie, alors, pour le consommateur avide d’offre élargie de confort d’achat et de concurrence ! Et tant pis pour le centre-ville, ses boutiques et ses casernes vides !   

   Par bonheur, nous n’en sommes pas encore là et notre article, renonçant à toute prévision, se bornera à retracer l’histoire des diverses annonces faites autour de l’avènement du projet par ses promoteurs, porteurs et autres ardents défenseurs.

     C’est lors de la séance du Conseil municipal du 17 décembre 2008 que « M. le Maire [actuel] met en avant les atouts de l’implantation d’une nouvelle enseigne » (PV p. 21).  A une question posée par une conseillère « M. le Maire répond qu’il y a plusieurs enseignes » » (PV p. 22) sans vouloir toutefois en révéler les noms comme en témoigne la désormais célèbre déclaration retranscrite en bas de la page 22 : « M. le Maire répond que le débat concerne le principe d’implantation et si la réponse est négative [N.D.L.R., ce qui sera le cas], il n’y a pas lieu de dévoiler telle ou telle chose. Si la réponse est non, le dossier est terminé [N.D.L.R., à la bonne heure ! On a vu comment !] »

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

    Le vote fut négatif et le 26 mars 2009, soit un peu plus de trois mois après, on apprit quand même le nom de l’heureuse enseigne élue par le zèle et la « discrétion » de notre élu (« Si la réponse est non, le dossier est terminé ». Macache !), ce fut Le Bien public du jour qui l’annonça par ce titre ronflant :

« AUXONNE : LECLERC arrive avec 250 emplois d’ici 24 mois »

     Dans un dossier de  4 pages, d’une densité inhabituelle et jamais revue depuis dans le pimpant magazine sentant bon le parterre de fleurs et la peinture fraîche,  Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 annonçait en page 4 à propos du Leclerc, dans un style scholastique pompeux en forme de questions et réponses:

« A quelle date est prévue l’ouverture ?

Dans environ 24 mois ».   

http://www.auxonne.fr/telechargements

De ces sources bien informées, nous retenons donc que la prévision initiale d’ouverture du LECLERC était le PRINTEMPS 2011.

Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 nous apprenait par ailleurs, en page 2, que le promoteur avait posé ses premiers jalons dès 2005

 « Les contacts de la précédente municipalité (Sanz) avec le Groupe LECLERC remontent à 2005. Ils se sont concrétisés par une étude de marché datant de février 2006, réalisée à la demande de la Municipalité en place à l’époque et de la Scapalsace, (Groupe LECLERC). »

Les premiers contacts entre la municipalité et le Groupe LECLERC remontent donc à 2005.

   Chacun sait que le printemps 2011 ne vit jamais naître le projet annoncé en 2009 à cors et à cris, pas plus qu’il ne vit d’ailleurs l’élection au conseil général de son porteur courant à bride abattue sous le dossard LECLERC.

  Quelques mois auparavant, Le Bien public du jeudi 13 janvier 2011, avait annoncé : « Leclerc revoit sa copie ».  Sous le titre « Oui à l’hyper, non au Brico ! ». (Cahier local p. 2), promoteur et porteur commentaient abondamment un nouveau projet retaillé.

     Dans un encadré titré « La première pierre posée en 2012 ? » le « maire-porteur » concluait en termes martiaux : « Si on remporte cette bataille, le début des travaux est prévu pour 2012. Le terrain est prêt, il ne reste plus qu’à construire ».

En janvier 2011, les tenants du projet annonçaient donc le démarrage des travaux pour 2012.

     Grâce à Dieu, les maïs poussèrent et mûrirent encore tranquillement sur le Charmoy en 2012 qui fut une année paisible hormis l’annonce fracassante d’une autorisation enfin obtenue à l’arraché le 17 janvier 2012 à l’issue de 2 CDAC et 3 CNAC.

   Le 19 janvier 2012 on pouvait lire sur le site du Bien public  :

   http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc         

« Et maintenant ? « Le permis de construire sera prochainement déposé », répond Raoul Langlois, « Après, ce sera à nous, la municipalité, de vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Normalement, à l’horizon 2013, l’outil sera disponible. »

A l'horizon ...

 

Un article du Bien public du 20 janvier 2012 rapportait ainsi  les propos du maire d’Auxonne :

           « Une fois le permis de construire déposé, nous aurons deux mois pour vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Je pense donc que tout va aller très vite et qu’en 2013 le projet verra le jour. »

     Le Bien Public du 23 janvier 2012 (Cahier local p. 2) confirmait enfin « dur comme fer » :

    « Désormais la création d’un hypermarché Leclerc et d’une galerie marchande pour une surface totale de 4000 mètres carrés n’est plus hypothétique mais bel et bien prévue à l’horizon 2013 » Sylvain Clément. »

En janvier 2012, les tenants du projet annonçaient pour 2013 l’ouverture de l’hyper ou au moins le démarrage des travaux.

    Le Bien Public du 18 décembre 2012 titrait : « AUXONNE Leclerc : le permis de construire a été déposé », on apprenait dans l’article :

« Le dossier a été déposé, il est en cours d’instruction et pour le moment n’est pas consultable. Les travaux devraient normalement débuter avant la fin 2013 », se réjouit le maire ».

Le Bien Publicdu 9 janvier 2013, sous le titre « AUXONNE. Le maire de la commune dévoile ses projets pour la nouvelle année. De grands chantiers pour 2013 », rapportait ainsi les propos du « maire-porteur » :

« Concernant la construction du magasin Leclerc, il est vrai qu’il s’agit d’un investissement privé mais je l’ai défendu envers et contre certains. Le permis de construire a été déposé à la fin de l’année 2012, il devrait être accordé en mai ou juin. Le début des travaux devrait être envisagé d’ici la fin de l’année 2013. »

     A en croire la rumeur actuelle, il apparaît enfin que la version la plus couramment répandue dans les milieux locaux proches du promoteur fait état « d’un démarrage des travaux en septembre 2013  compte tenu du fait que les divers recours déposés en Conseil d’état devraient être examinés vers le milieu de cette année »

En  ce mois de mars 2013, les tenants du projet n’annoncent plus l’ouverture pour cette année, ils semblent cependant bien escompter un démarrage des travaux avant la fin de cette année .

Tour de l'église en couleurs

 

  En cas d’avancée significative, le black-out  d’Inf’auxonne sur le projet, de règle depuis le N° 32 de mai 2011, pourrait alors faire place aux annonces prometteuses, jusqu’à retrouver peut-être l’enthousiasme vibrant du N° 25 de mai 2009 !

   Pour l’heure, le N° 40 d’avril 2013, tout frais émoulu constitue le neuvième numéro consécutif à jeter un voile pudique sur le cher projet.  A moins que la pieuvre figurant en première page de ce dernier numéro n’en soit l’image masquée…Tremblez petits poissons du centre-ville qui jadis avez osé, contre les tentacules menaçants de l’hypercéphalopode, « sceller l’alliance de la carpe et du lapin » (Inf’Auxonne N° 31, éditorial en page 2)

     Restons donc vigilants, sachant qu’à Champagnole, le démarrage des travaux du Centre Leclerc n’a pas attendu la décision du Conseil d’Etat. Stéphane Leng, président du CCR de Champagnole (collectif Citoyens Résistants) déclare en effet, à propos du début de ces travaux,  « On aurait espéré qu’ils attendent la décision du Conseil d’Etat » (« Voix du Jura » du 7 mars 2013 p. 76)

    Notons aussi, qu’à Champagnole, les travaux ont commencé tout récemment le 25 février dernier soit plus de seize mois après la délivrance du permis de construire accordé le 6 octobre 2011 comme le montre le panneau d’affichage photo tirée de

 l’album Chantecler, à Champagnole

Affichage

 

Toutes les conjectures relatives à la date de démarrage des travaux sont donc permises, tant dans le sens d’une avance que de celui d’un retard. Ceux-ci commenceront peut-être en 2013, en 2014 ou plus tard encore…

Il est vrai aussi que les élections approchent... et qu’une bonne odeur de béton, de bitume  et de peinture fraîche, ça pourrait faire avancer le schmilblick !

Nous ne manquerons pas de jeter un œil du côté de Champagnole pour estimer le délai probable entre démarrage des travaux et ouverture. Heureusement, comme le dit le proverbe, il y a souvent loin, de la coupe aux lèvres…

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 31 mars 2013  (J+104 après le dépôt)

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 00:00

Du cheval dans les lasagnes, y’en AAC ! - du 21 février 2013 (J+66 après le dépôt)

   Après le scandale  à dominante alimentaire qui vient de défrayer la chronique, provoquant un  tollé général, je m’attendais à trouver dans ma boîte aux lettres ou sur la toile une protestation véhémente et indignée émanant de la sphère consumériste locale. Nul n’ignore, en effet, que depuis le 18 janvier 2010 le monde associatif de notre commune s’est enrichi d’une association de consommateurs. Cette naissance devait d’ailleurs être remarquée par nos autorités et  aussitôt annoncée dans Inf’Auxonne N° 27 de janvier 2010 en page 2.

http://www.auxonne.fr/telechargements

     Ce silence interroge dans le cas d’une jeune et dynamique association qui s’était pourtant montrée, dès sa naissance, d’une pugnacité avérée. Le lecteur pourra s’assurer de la présence militante de la nouvelle-née perçant ses premières dents à l’occasion de la consultation de juin 2010 en feuilletant notre album « Impressions de la consultation de juin 2010 ».

    Un an plus tard, avec zèle et célérité, le bébé commençant à trotter dans les allées de la politique locale, avait volé au secours de son maire-porteur. Un tract couleur layette témoigne encore de ces glorieux, autant qu’inutiles, premiers pas au service du candidat sinon du consommateur :

Montial

Après tant de dévotion au service du mouvement consommateur vous nous permettrez donc de nous étonner du silence présent. Il est vrai que le bambin vient de fêter ses trois ans et qu’à cet âge on ne sait peut-être pas encore reconnaître une vraie lasagne bolognaise !

      Cependant, cette explication ne tient pas une seconde car il est clair que le bambin a toujours été bien entouré et bien conseillé par ses papas.

      Alors, que signifie ce silence assourdissant de notre Quichotte local du consumérisme quand les médias résonnent du galop des charges contre les maquilleurs de tout poil ?

      En désespoir de cause, j’ai tenté d’accéder à son blog :

http://www.lebloglocal.fr/21/AUXONNE/aac21/

J’en avais dégotté l’adresse sur :

http://www.paperblog.fr/3255533/auxonne-les-habitants-vont-voter/ blog de l’un de ses fervents supporters en 2010.

      En vain ! La vaillante sentinelle de la caserne du régiment de la consommation a dû s’endormir sur ses lauriers en promo !

    Restons sérieux ! Et, sous toutes réserves, proposons une solution une solution à l’énigme. Souvenons-nous d’abord que notre bébé n’est pas né par hasard, mais dans une période bien particulière. Il est même probable qu’il ait été soigneusement programmé, peut-être même n’a-t-il été, comme les comités d’éthique les nomment, qu’un « bébé-médicament » conçu à des fins thérapeutiques et destiné à faire passer une grosse pilule jaune-fluo. Oui, vous savez bien cette grosse pilule étiquetée « supermarché à dominante non-alimentaire »  qui contenait en fait un « HYPERMARCHÉ vente 4000 m² » (pour plus ample information voir le document L1 de notre album « Impressions de la consultation de juin 2010 » et le prochain épisode de notre feuilleton.

    A présent que, de consultation en commission, le patient-consommateur a fini par avaler ladite pilule, et que le « bébé-médicament » a fait son effet, le bambin ne fait plus la une et son utilité est devenue problématique. Tout comme celle de ces vieux chevaux de retour et autres chômeurs à quatre fers victimes de la mécanisation de l’agriculture en Europe de l’Est, population déclassée qui ne finit pas toujours dans un pré, d’autant qu’avec la floraison d’hyper-parkings le pré se fait de plus en plus rare. Alors ?… Ce qui a commencé en farce (celle de juin 2010) pourrait bien s’achever de même.

  Moralité : « Amateurs de lasagnes en promo, n’oubliez pas, avant de mettre au four, de lire l’étiquette ! Dieu seul sait ce que vous risqueriez de consommer ! »

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 21 février 2013 (J+66 après le dépôt)

 

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 00:00

DES COMMISSIONS PETITES ET GROSSES - du 27 novembre 2012 (J+315 après la CNAC)

 

        Cocoe, Commission de recours, Commission du dialogue, de la jungle des primaires de l’UMP au bocage de Notre-Dame des Landes, on voit fleurir les commissions. Chrysanthèmes ou fleurs d’espoir, immortelles déjà séchées pour problèmes résolus par la mise au placard, l’avenir nous le dira.

     En matière de résolution de problèmes, la commission n’est bien souvent qu’une manière polie de noyer le poisson, un expédient visant à s’exonérer d’une affaire pressante ou gênante, qui peut, par certains côtés, rappeler le sens de cet euphémisme désuet qu’employaient jadis les petits enfants bien élevés : il faut que je fasse ma commission ; laquelle mon petit,  la « grosse » ou la « petite » commission ?

      On a vu cependant des commissions faire merveille dans la résolution des problèmes et sortir de l’ornière des affaires bien embourbées, dans le précédent article nous citions le cas de cette commission qui jugea successivement, dans les termes qui suivent, de l’opportunité de la réalisation d’un projet commercial :

Version A : « [le projet] en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles […] ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’A*** »

Version B : «  [le projet situé] à proximité de zones d’habitat[…] participera à l’animation de la vie urbaine et rurale ».

     Il est vrai que le projet avait subi quelques modifications entre-temps, modifications qui, toutefois, laissaient subsister le cœur du projet initial intact. Les commis ont dû se mettre en quatre pour trouver la solution.

    Pourrait-il en être de même pour les deux cas évoqués en début de notre article : Notre-Dame des Landes et les primaires de l’UMP ? Y-a-t-il d’abord un quelconque rapport entre les deux affaires ? Nous en voyons au moins un : c’est le duo François Fillon/Borloo qui signa le décret d’utilité publique du projet en 2008 à la grande satisfaction du maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018089991

       Aujourd’hui Jean-Marc Ayrault n’est plus maire de Nantes, mais il est devenu Premier ministre,  le voici donc en bonne place pour faire enfin décoller son projet. Il est probable qu’en commission le greenwashing tournera à plein, et que quelques plantes vertes de ministères avaleront des couleuvres de zone humide.  On pourrait s’attendre à une prose de ce genre : « les dizaines de kilomètres de haies plantées autour du site restitueront à la zone son caractère bocager initial, contribueront à la biodiversité, au confort des espèces aviaires ainsi qu’à celui des chiroptères, elles assureront en outre le maintien au pays d’agriculteurs-paysagers indigènes ; les produits des tailles et élagages constitueront en outre une source d’énergie renouvelable issue de la biomasse, inestimable pour le chauffage urbain de Nantes ».

   En ce qui concerne le match à l’UMP, l’affaire nous semble plus complexe, une chose semble pour le moins certaine, c’est que Monsieur François Fillon ne peut certainement pas compter, pour décoller (ou pour atterrir), sur un renvoi d’ascenseur de Monsieur Jean-Marc Ayrault, actuellement très occupé à sa tour de contrôle. Quant à l’ex-président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, il s’est déjà exprimé sans ambages à ce propos en janvier dernier :

« A la question de savoir ce qu’il choisirait entre le Carmel et l’UMP, après sa vie de président, Nicolas Sarkozy sourit : «Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l’espérance.» Lu dans Libération du 25 janvier 2012

http://www.liberation.fr/politiques/01012385625-sarkozy-defaitiste-un-truc-de-off

 

   Dernière minute : A défaut de piste d’atterrissage, bientôt une piste cyclable sur la D905 ! « A l’horizon 2013 », sans aucun doute… Au Charmoy, comme au Carmel, y aurait-il plus d’espérance qu’à l’UMP ? « A l’horizon 2013 », Prosper (voir notre article Per aspera ad astra du 11 septembre dernier)  pourra enfin aller faire ses commissions là-haut en vélo. Les « grosses » et les « petites », bien entendu !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 novembre 2012 (J+315 après la CNAC)

 

                                                    

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Analyses et réflexions
24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 00:00

 GAZ  DE  KYSTE - du 24 novembre 2012 (J+312 après la CNAC)

      Il est curieux de noter comme les commentaires relatifs  à l’affaire de Notre-Dame des Landes ont opéré récemment un glissement sémantique vers le vocabulaire médical. Dans notre article du 19 courant nous osions un « Notre-Dame des Glandes » et hier, avec une toute autre intention, le Premier Ministre Manuel Valls martelait « il est hors de question de laisser un kyste s’organiser » en référence à l’occupation du site par les opposants au projet de haut-vol de Jean-Marc de Nantes.

    Dans un entretien du 22 courant à Paris-Match, ce dernier avait déclaré « Notre-Dame des Landes est un projet d’intérêt général et pas un projet personnel. Il se fera ». Il convenait donc « dans l’intérêt général » de faire sauter « le kyste ».

     Dans notre article d’aujourd’hui nous voudrions illustrer, sur des exemples locaux, le caractère très relatif des concepts de « kyste » et d’ « intérêt général » en matière de projets de soi-disant « développement ».  

      Le temps est un juge impitoyable, vous en jugerez vous-même. En 1966, l’ « intérêt général » du moment à Auxonne consistait à raser la ville en grande partie pour la transformer en une cité de barres. A cette fin, il fallait d’abord démolir l’îlot de l’arsenal inhabité pour y édifier une cité de relogement. Pour empêcher cette folie j’écrivis alors un article dans  Le Bien Public daté du 13 mai 1966 : « Si la nécessité de donner à chacun un logis décent est une chose bien admise, elle ne justifie pas une décision aussi irraisonnée [celle de démolir   l’Arsenal]  qui relève,  dirait-on,   d’une méconnaissance totale de la valeur esthétique et sentimentale des vestiges du passé, ou, ce qui est plus grave, d’une   outrecuidance   qui   fait   bon marché de notre patrimoine …» Cette fougue un peu maladroite valut au rédacteur de vingt ans quelques réponses peu amènes de la part des  « messieurs ».

       Je réalise maintenant avec effroi que j’étais alors un élément du « kyste » empêchant la sacro-sainte « modernisation » de notre ville. Les détails de toute l’histoire et de ses suites dans notre siècle sont disponibles en ligne dans Le Courrier de l’Arsenal.

      Aujourd’hui l’« intérêt général » à Auxonne, c’est l’édification d’un hyper sur la zone du Charmoy en contradiction totale avec les déclarations de Madame Nathalie Kosciusko-Morizet         «  Et en même temps je vois qu’il y a encore des demandes de capacité pour des ouvertures, alors qu’il me semble qu’on est déjà très, très capacitaire. Moi, ça me soucie énormément ! Parce qu’il faudrait pas un jour qu’on se retrouve, après avoir des friches industrielles à gérer, avec des friches commerciales avec tout ce que ça représente en termes de zones de non-droit, de risque de violence etc…. et puis, tout simplement, de dégradation de l’environnement.

         « Je veux dire, c’est pas la peine d’avoir pris des champs pour aller construire de grands hypers et un jour se retrouver avec là-dessus les mêmes problèmes qu’on a déjà sur nos terrains pollués ! »

VOIR  http://www.dailymotion.com/video/xlf80e_le-coup-de-gueule-de-nkm-contre-les-hypers_news?search_algo=2

     NKM serait-elle donc, elle aussi, un « kyste » ? Et alors tout se comprend !  Ne serait-ce pas pour la faire pleurer en pénitence qu’on fit naguère hommage à la Dame d’un sac de bulbes dans notre cité ?

     Et pourtant, me direz-vous l’« intérêt général », outre qu’il a été proclamé par la municipalité dans ses publications,  puis soutenu sans ménagement par une débauche d’affiches imprimées à LURE a été reconnu au bout du compte par la CNAC (917 D du 17 janvier 2012) qui déclare que le projet «  [situé] à proximité de zones d’habitat[…] participera à l’animation de la vie urbaine et rurale ».

       Voilà qui pourrait sembler clair, et pourtant, la même CNAC, à propos d’un précédent projet comprenant le même hyper de 3500 m² à peine plus éloigné du centre-ville  (« On a déplacé le site de deux cents mètres pour le rapprocher du rond-point et de la route départementale », commente Jocelyne Raymond » dans Le Bien Public du 13 janvier 2011) avait opposé son refus (317 D du 20 janvier 2010) au motif que « [le projet] en limite de zone agglomérée sur des parcelles agricoles […] ne manquera pas de nuire à l’animation urbaine de l’agglomération d’Auxonne ».  Les voies de l’« intérêt général » semblent, dans le cas présent, pour le moins impénétrables.

        Il est possible que le confort des chiroptères pépères ait pesé sur la décision, sans doute avec d’autres facteurs d’« intérêt général », et il serait grand temps que les « kystes »  de tout poil (et à plumes) irrespectueux de cet « intérêt général » soient réduits au silence. En masse !!! Et au gaz de « kyste » si nécessaire !!! 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 24 novembre 2012 (J+312 après la CNAC)

 

 

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