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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 07:00

CHARMOY-CITY : FLACHE RIMBALDIENNE ET FLAQUES PROUSTIENNES - du 4 mai 2019 (J+3790 après le vote négatif fondateur)

    À Charmoy-City, l’heure est à la littérature, profitons de ce créneau ouvert sur la culture pour oser un petit travail quelque peu académique qui devrait ravir tous nos « proustiens » malins qui entrent dans Proust comme dans un moulin et qui vraiment en font des tonnes…

CHARMOY-CITY : ENTRER DANS PROUST COMME DANS UN MOULIN - du 30 avril 2019

    En octobre 1871, année de naissance de Marcel Proust, le jeune Arthur Rimbaud, âgé de tout juste 17 ans, lit au dîner des « Vilains bonshommes », son célèbre poème Le bateau ivre

    Citons ici les 23ème et 24ème quatrains :

 

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
O que ma quille éclate ! O que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

   Dans ces vers passionnés, cet enfant ardennais, fils d’un père militaire dolois, a placé un mot simple de son Ardenne : la flache, c’est-à-dire la flaque, la mare. Le vrai talent !

   Passons de Rimbaud à Proust. Il est certain qu’il doit être assez difficile de trouver une flaque dans le monde des salons aristocratiques que dépeint avec raffinement, mais non sans malice, le talentueux Marcel.

   La « flaque proustienne » est pour le coup un objet rare.

   On en trouve cependant une occurrence très poétique dans sa correspondance avec Louisa de Mornand une célèbre actrice de l’époque, alors en villégiature en Normandie : « Si vous donnez sur la vallée je vous envie des clairs de lune qui opalisent la vallée à faire croire que c’est un lac. Je me souviens d’une nuit où je suis revenu d’Honfleur par ces chemins d’en haut. À chaque pas nous butions dans des flaques de lune et l’humidité de la vallée semblait un immense étang » (Anne Henry Proust et la Normandie : excursions dans l’arrière-pays des noms, Presses universitaires de Rouen et du Havre, p.141)

    Dans cette correspondance, Proust idéalise après coup « le pays des noms » à travers ses souvenirs d’adolescence tout en prodiguant des conseils de promenades à son amie.  

     Un ouvrage illustré paru récemment, et dont les promoteurs ont souligné publiquement et avec insistance, à propos du texte, le style et la manière proustiennes, nous fait découvrir, au détour d’une page, une autre « flaque »

CHARMOY-CITY : LES ÉDITIONS « RENCONTRE » À LA « LIBRAIRIE PROUSTIENNE »- du 2 mai 2019

    Cette flaque apparaît en fin de page 93 de l’ouvrage sur le sol d’un bar de la rue du Bourg, les bons lecteurs « proustiens » la découvriront sans peine. N’ayant pas vocation de spoiler, nous ne dévoilerons pas ici son origine particulière qui, assurément, n’est pas lunaire.

     Une source thermale en quelque sorte, plus modeste apparemment que les geysers d’Islande, moins salée que les eaux de Salins, mais dont la singularité ne manquera pas cependant d’attirer le touriste. La flaque du bar de la rue du Bourg, c’est l’insolite à la portée des petites bourses !

   Le phénomène n’est pas photographié. Il est vrai qu’en dépit de son caractère fortement « humain », voire organique, il n’est pas particulièrement de nature à se prêter à l’illustration.

   

    Tel n’est pas le cas de la flache rimbaldienne, de  cette « eau d’Europe », cette « flache noire et froide où vers le crépuscule embaumé un enfant accroupi plein de tristesses, lâche un bateau frêle.. » qui pour le coup aurait fait une magnifique photo.

     Mais hélas, entre Proust ou Rimbaud, il fallait choisir. On ne peut pas tout avoir !

     Claudi pour son dessin du jour, fait un petit clin d’œil à Hansi !

    Claudi adore l’Alsace, vous avez déjà eu l’occasion de le découvrir…

CHARMOY-CITY  LITTÉRAIRE,  UNE RÉMINISCENCE POSSIBLE DE BENJAMIN VALLOTTON ?- du 05 avril 2019

     Frau Knatschke intriguée par la lecture de la page 93 du « roman-photo » tout neuf dont elle  vient de faire l’emplette « pour la modique somme de 18 € »  à la Librairie proustienne voudrait en savoir plus, sur la « flaque », ainsi qu’Herr Professor Knatschke….notre touriste d’Outre-Rhin immortalisé par le facétieux Hansi !

Charmoy-City, Herr und Frau Knatschke à la recherche du P'tit bistrot

Charmoy-City, Herr und Frau Knatschke à la recherche du P'tit bistrot

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 04 mai 2019 (J+3790 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Culture

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Culture