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  • Claude Speranza, Auxonnais
  • Auxonne, environnement, actualité,  hypermarché, grande distribution, société
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:00

À LA VEILLE D’UN GRAND CHANTIER - du 10 février 2014 (J+1881après le vote négatif fondateur)

    Les rumeurs vont bon train à propos du Charmoy. Selon certains, l’installation du grand panneau d’ouverture du chantier serait désormais imminente. D’autres affirment encore avoir vu des piquetages. Tel autre, jure avoir reconnu un caterpillar jaune-fluo au crépuscule dans les hautes herbes.

     Bref, chacun dit la sienne, ou presque, car pour l’heure, nos concitoyens semblent avoir d’autres chats à fouetter. Il faut dire aussi que les meilleur.e.s d’entre nous sont  fortement investi.e.s dans l’ouverture officielle d’un autre chantier, lui aussi imminent : celui des municipales. À la différence du premier, ce chantier avance, mais au vu de l’information pour l’instant diffusée, la zone du Charmoy ne semble pas susciter l’enthousiasme comme thème porteur pour le scrutin à venir. Patientons tout de même car, du côté du candidat sortant, porteur déclaré du projet Leclerc, nous ne disposons, pour l’heure, d’aucun document de campagne. Nous ignorons même l’intitulé de sa liste. Sera-ce, comme certains le prétendent, « Un Leclerc pour Auxonne » ou « Auxonne, territoire de Leclerc » ou bien encore « Ne parlons plus, consommons » ?

    Pour illustrer notre  article d’aujourd’hui, qui n’est pas vraiment un scoop, avouons-le, nous avons demandé à Claudi Hoffnung d’illustrer les rumeurs de préparatifs de chantier au Charmoy.

     Il se trouve que Claudi est très occupé en ce moment, car il vient juste de passer une semaine dans le grenier de son oncle Seppi, près de Colmar. Il en a rapporté une pleine valise de vieilles photos du temps du Kaiser Guillaume.  Selon lui, une valise providentielle pour son inspiration, car la BD 14-18, par les temps qui courent, ça s’arrache !

   Si je vous raconte tout ça, c’est d’abord parce que je n’ai pas grand-chose à vous dire et ensuite pour faire passer l’illustration que  Claudi vient juste de me remettre. Je lui ai bien fait comprendre qu’elle était un peu datée,  mais il n’a rien voulu savoir.

  Gotferdami ! qu’il m’a répondu, tu voulais des constructeurs et des investisseurs qui viennent de l’Est. Eh bien, ceux-là viennent tout droit du grenier de mon oncle Seppi de Rouffach, près de Colmar !  

Rouffak ? C’est ouf ! »

J’aurais mieux fait de me taire, ça ne lui a pas plu, il faut dire que Rouffach, c’est un peu  le Saint-Ylie haut-rhinois!

Gotferdami noch a mol ! Dummkopf ! Tu sais pas que c’est dans une école de Rouffach que mon oncle Seppi, il usait ses fonds de culotte pendant la guerre avec Tomi

  Tomy ? Première nouvelle, et pourquoi pas Winston ou la Reine d’Angleterre ?

«  Quoi ? Tu connais pas Tomi ! Oui, Tomi Ungerer, un mec qui sait dessiner, lui ! Pas comme moi ! Net wohr ?

        J’ai senti qu’il était prudent de ne pas insister davantage et je pense, que pour quelque temps au moins, les images de notre blog vont prendre un petit air de centenaire à la Hansi. Après tout, me direz-vous, ne serons nous pas bientôt en campagne ? C’est parti, comme en 14 ! Sûr que ce ne sera ni la « Grande Guerre »,  ni la « Der des ders », mais plus d’un se rêve déjà en « Père la Victoire » ! La « Mère la Victoire », ce sera sans doute pour plus tard. La parité, mes bons seigneurs !

CHARMOY topographique A

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 10 février 2014  (J+1881 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 00:00

UNE CHAÎNE ET DES GRILLES – du 23 janvier 2014 (J+1863 après le vote négatif fondateur)

« Le mur murant Paris rend Paris murmurant »

   Avant d’illustrer et de justifier notre titre, pour le moins énigmatique, nous avons souhaité d’abord mettre en condition notre patient lecteur par des relectures tout aussi énigmatiques.

     Dans deux mois tout juste, on votera et voilà aussi aujourd’hui tout juste un mois que le permis de construire pour l’hyper du Charmoy a été signé. En prévision de cette votation et à l’occasion de cet anniversaire replongeons-nous donc encore une fois dans les obscurités de la scène primitive séminale qui présida à cette naissance.

    Dans  Inf’Auxonne  N° 25 de mai 2009, véritable catéchisme et vade-mecum de la question du Charmoy,   on peut lire en page 2 : « Lors du Conseil Municipal du 17 décembre 2008, un débat a eu lieu en toute transparence (plus de 5 pages retranscrites dans le Procès Verbal) ».

     La consultation du procès verbal montre en effet cinq pages (pages 20 à 25) d’informations appuyées de données chiffrées, d’argumentations serrées, mais aussi de formulations ambigües,  et de conclusions bien souvent absconses, voire contradictoires.

Il faut, en effet, être vraiment fort pour y voir clair dans ce procès-verbal de la réunion du conseil municipal du 17 décembre 2008. Comme dirait l’autre : « eun’ vach’y trouv’rait pas son veau ! »

En page 20, on lit d’abord  en préalable : « M. le Maire demande un débat courtois et informe l’assemblée que le vote n’a qu’une valeur consultative, la compétence relevant de la communauté de communes »

Plus loin, en bas de la page 22, on précise, à propos du vote préconisé sur le principe de l’implantation d’une grande surface au Charmoy, que : « Si la réponse est non, le dossier est terminé. Si la réponse est oui, il y aura discussion à la communauté de communes où la Ville d’Auxonne ne représente pas la majorité. Dans cette perspective, des discussions seront entamées avec l’éventualité de mettre en place des contraintes qui viseraient à limiter la vente de certains produits ».

En bas de la page 24, toujours à propos du même vote, on apprend cette fois que : « M. le Maire rappelle que le vote est consultatif et sera fait à bulletins secrets pour que certains puissent s’exprimer. Si le vote est négatif, il sera transmis à la Communauté de communes et s’il est favorable, il y aura une implantation en concertation avec les commerçants et les représentants des consommateurs ».

  Nous avons tenté de faire la synthèse de ces deux paragraphes successifs d’un même compte rendu, relatifs tous deux au même sujet. 

Et voilà le résultat obtenu :

Si la réponse est non, le dossier est terminé. Si la réponse est oui, il y aura discussion à la communauté de communes où la Ville d’Auxonne ne représente pas la majorité. Si le vote est négatif, il sera transmis à la Communauté de communes et s’il est favorable, il y aura une implantation en concertation avec les commerçants et les représentants des consommateurs.

   Ouf !! Comprenne qui pourra ! En bas de la page 25, après le vote négatif, on lit pourtant cette conclusion apparemment sereine, quoique sibylline, à propos d’un choix présenté comme « clair » : « Monsieur le Maire commente le résultat en précisant que le choix est clair [souligné par nous], il n’est pas question de déstabiliser le commerce et il n’est pas question non plus de fermer la porte à une extension des grandes surfaces actuelles, raison pour laquelle la question posée ne concernait que la zone du Charmoy. L’objectif est également de ne pas faire obstacle à l’aménagement de commerces  qui correspondent à une offre qui n’existe pas actuellement […] »

       Je n’ai que trop abusé de ta patience, cher lecteur. Passons à présent au sujet d’aujourd’hui ! Une chaîne et des grilles !

     Observons au préalable que dans le compte rendu étudié plus haut, il était encore question d’un concept très technique, celui d’« évasion commerciale ». Une Adjointe au Maire nous informait ainsi, avec une précision remarquable, d’un « chiffre de 69,1 % d’évasion pour les accessoires automobiles ». Là nous touchons vraiment à la précision LIP en matière d’accessoires automobiles, et nous en sommes sans doute à la cosse de batterie près !

       Sans entrer plus dans le détail, nous savons qu’au-delà de ce débat au millimètre,  le moyen fut finalement trouvé de remédier à cette évasion ! Ce moyen d’éviter la fuite n’était pas nouveau bien qu’efficace, ce fut une chaîne, une chaîne d’hypers bien entendu ! Quoi de plus simple qu’une chaîne pour remédier à l’évasion commerciale ou autre !

        Mais les grilles me direz-vous ? Nous y venons. Il ne s’agit pas de grilles de lecture pour comprendre le procès-verbal relatif au vote du 17 décembre 2008, elles seraient pourtant bien nécessaires ces grilles et nous avons, dans une certaine mesure, travaillé à cette ferronnerie de papier difficile à détordre et qui tient plus du réseau de barbelés impénétrable que des belles ordonnances de la Place Stanislas !

        Il ne s’agit pas de grilles de lecture mais de vraies grilles, au demeurant assez réussies, et qui sont apparues vers la Saint Nicolas au cœur de notre ville. À vrai dire, dans la plus grande discrétion, car l’une de nos fidèles lectrices qui siège pourtant au Conseil, m’avouait récemment, son étonnement et sa totale ignorance du fait.

         Nous n’avons rien contre ces grilles, mais puisque toute information officielle sur leur destination reste jusqu’à cette heure inexistante, on nous permettra bien de proposer la nôtre.

      À quoi peuvent bien servir des grilles, à part de décoration, sinon à fermer un passage dans un sens ou dans l’autre et à prévenir ainsi l’intrusion ou l’évasion ?

      L’évasion, nous y sommes ! Et l’évasion commerciale plus précisément ! Elles viennent en complément de la chaîne ! De la chaîne d’hypers bien entendu !

      Difficile à présent, pour le chaland de s’évader : mémé du marché traditionnel  ou driver dans le vent, tous sont logés maintenant à la même enseigne, à l’une les grilles, à l’autre la chaîne !

 Manif et grilles

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 23 janvier 2014  (J+1863 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 00:00

 NETTOYONS LA PUB DE LURE (3) – du 17 janvier 2014 (J+1857 après le vote négatif fondateur)

     Notre fidèle lecteur Jeannot Lapin qui a participé en 2010 à la campagne « Nettoyons la pub de Lure » nous remercie pour notre précédent article.

     Trop modeste Jeannot ! Ce n’était que justice de réhabiliter les petits lapins  et les petites lapines ! Jeannot nous a confié gentiment un souvenir de sa guerre contre les affiches luronnes. Il s’agit d’un document égaré, sans doute, par un afficheur jaune-fluo clandestin. À la différence des affiches, le tract ne porte pas de mention d’imprimeur, son contenu ne laisse cependant planer aucun doute sur sa provenance :

Tract-L.jpg

Claudi Hoffnung dédie au courageux Jeannot, qui a bravé les commandos jaune-fluo en juin 2010, son dessin du jour

 Le charmoy propreC. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 janvier 2014  (J+1857 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 00:00

ET SURTOUT BONNE SANTÉ !!! – du 31 décembre 2013 (J+1840 après le vote négatif fondateur)

Bonne année et surtout bonne santé !

     Le temps passe et les temps changent ! À l’heure du cœur artificiel, la santé n’a pas de prix c’est pourquoi la rédaction de Chantecler vous la souhaite très bonne pour 2014 !

      Respectant la trêve des confiseurs, nous serons bref encore aujourd’hui. Notre ami Claudi Hoffnung est quant à lui en plein travail. Il prépare une brochure publicitaire très branchée sur les questions de santé.

   Nous ne voyons pas très bien de quoi il s’agit, mais tout cela est très coloré et plutôt agréable à l’œil. Toujours est-il que Claudi nous a laissé en panne avec Chantecler pour honorer cette commande apparemment urgente et lucrative. Pas sympa Claudi !  Nous avons quand même profité de ta distraction pour soustraire quelques-unes de tes esquisses, à destination de nos fidèles lecteurs.

      Les spécialistes comprendront peut-être et le quidam y trouvera sans doute remède à son rhume ou à sa gueule de bois !

       Pour illustrer nos bons vœux, nous avons choisi la plus sibylline des productions de Claudi.

 Remèdes passés et futurs

   Il est vraiment imbitable ton dessin, Claudi ! C’est un vrai rébus et, comme disait Béru, qui a rébu boira ! À la vôtre !

Les curieux et les patraques pourront découvrir  le reste en feuilletant l’album « Ducharmoy ». 

A-DUCHARMOY

FEUILLETER L’ALBUM

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 31 décembre 2013  (J+1840 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:00

MYTHOLOGIES – du 29 décembre 2013 (J+1838 après le vote négatif fondateur)

         Présentant ses Mythologies, Roland Barthes écrivait : «Écrits mois après mois, ces essais ne prétendent pas à un développement organique : leur lien est d’insistance, de répétition. Car je ne sais si, comme dit le proverbe, les choses répétées plaisent, mais je crois que du moins elles signifient». Nous rendons hommage à sa mémoire tout en reprenant sa déclaration d’intention à notre compte pour nos modestes et plaisants travaux.   

      Monsieur Tournachon, toujours à l’affût d’une bonne photo, vient de nous faire l’hommage d’un cliché à peine truqué qui devrait faire date dans la légende du Charmoy. Nous nous empressons d’en faire profiter nos fidèles lecteurs et lectrices.

   Plutôt que de nous fendre d’un pesant commentaire – n’est-ce pas en effet la trêve des confiseurs – nous laisserons à chacun et à chacune la liberté de rêver en contemplant ce tableau vivant, rare et insolite. Monsieur Tournachon, qui a des relations, me disait qu’un de ses amis parisiens, galeriste, lui aurait confié que Roland Barthes lui-même aurait accueilli avec enthousiasme cette scène riche en significations et éminemment représentative de quelques mythologies de notre temps.

 Matin de Noël

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 29 décembre 2013  (J+1838 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 00:00

LES DEUX  MORTS ANNONCÉES D’UNE GRAND’MÈRE – du 26 décembre 2013 (J+1835 après le vote négatif fondateur)

     Chers lecteurs, chères lectrices ! Si ce titre vous semble un peu triste, consolez-vous, c’est aussi celui d’un conte de Noël inédit que vous lirez un peu plus bas.

    Un conte de Noël ? Pourquoi ? C’est très simple, nous avons quelques forfaits à nous faire pardonner ! Dans un récent article, n’avions-nous pas rendu compte  du scoop du cœur artificiel, nous empressant aussitôt, de façon éhontée, de le détourner au profit de notre bonne cause !

    Ce forfait tout juste accompli, nous détournions, dans un article suivant, la sympathique figure du Père Noël, le faisant arriver de LURE jusqu’au Charmoy. Décidément, Chantecler est un iconoclaste et un empêcheur de tourner en rond ! 

  Iconoclaste peut-être, mais iconoclaste au nez creux car le jour-même, 24 décembre, le permis de construire au Charmoy était affiché sur le panneau officiel de notre ville ! Le Père Noël était passé par-là !

    Comme nous l’avons déjà souligné, est-il vraiment opportun de vouloir implanter à 2 km du centre authentique « battant au rythme du commerce local », un « cœur artificiel » parachuté en plein champ qui ne manquera pas de pomper, par la voie de l’« artère » rénovée, la vitalité déjà bien déclinante du commerce du centre ancien ?                                                

   Et cette volonté, inspirée  par un conformisme à courte vue,  reproduisant, au demeurant, des schémas de développement éculés vieux de près d’un demi-siècle, qui ont défiguré notre pays et détruit le tissu social de ses petites villes, n’est-elle pas le manque d’imagination de trop qui provoquera le collapsus du centre authentique « battant au rythme du commerce local » ?

    Aujourd’hui, pour nous consoler de ces sombres perspectives et pour nous racheter, s’il en était besoin, de nos forfaits caractérisés de « monopole du cœur » et de « détournement de Père Noël », nous voudrions proposer à nos fidèles lecteurs un conte de Noël plein d’espoir, malgré son titre tristounet : « Les deux  morts annoncées d’une grand’mère » 

Les deux  morts annoncées d’une grand’mère

      Il était une fois, c’était au cœur des « Trente Glorieuses », une petite ville du nom d’Auxonne. Je vivais là, le temps de mon enfance. J’étais alors très jeune, et la ville très vieille, et je l’aimais bien ainsi, comme on peut aimer une grand’mère. Les enfants d’alors étaient libres, et un peu sauvages, et nous courions joyeux sur ses remparts à l’abandon.

       En 1958 j’étais encore un gentil communiant un Réviseur du Ministère de la Reconstruction et du Logement rendit visite à la grand’mère pour un chek-up. Ce fonctionnaire qui préparait la France nouvelle sur les ruines de l’ancienne, annonça sans ambages aux autorités locales que la grand’mère était bien caduque.  En conséquence « le conseil municipal [du 5 février 1958] approuv[a] [le] rapport qui fai[sait] état de la vétusté des immeubles de la Ville et n’y formul[a] aucune observation ». Par conviction, ou par paresse ?

      En clair, tout le monde en était bien convaincu, il était grand temps de « liquider » le corps usé de la vieille et tout son antique capharnaüm, et de remplacer ces ruines par une nounou aseptisée, installée dans un logement standardisé aux normes du confort moderne. On garderait bien sûr quelques photos-souvenirs et les objets de quelque valeur après désinfection. Le temps passa et en 1963 le portrait au carré de la nouvelle nounou des enfants d’Auxonne fut esquissé par d’éminents urbanistes parisiens. Sous la plume du chroniqueur local du moment, Les Dépêches du 5 décembre 1963 rendaient compte, en ces termes de l’évènement : « Les mois ont passé et puis, un beau jour – c’était au printemps 1963 – un architecte parisien et les techniciens du Ministère de la Construction et du Logement présentèrent à nos édiles un avant-projet. »

     L’affaire faisait donc son chemin, le portrait de la nounou aseptisée se précisait en 2D et en 3D. Un problème cependant subsistait. Où irait-on loger la marmaille chassée des jupes réputées insalubres de la vieille grand’mère ? Un espace inhabité du centre ville fut désigné, qui ferait l’affaire : l’ilôt de l’Arsenal, cette verrue ! C’était simple comme bonjour, on ferait table rase de toutes ces vieilles lunes inutiles et malsaines pour y construire de jolies barres aux normes et loger la « nounou d’appoint ».

        Le 1er mars 1966, le Conseil municipal adopta donc à l’unanimité « la démolition de l’arsenal par la Société Est-Récupération, qui effectuer[ait] ces travaux gratuitement compte tenu des matériaux de récupération » (Cf. Le Bien Public des 12 et 13 mars 1966). Comme on s’impatientait vraiment d’en finir une bonne fois pour toutes avec la vieille, une décision pressante fut prise à nouveau lors de la séance du 2 juin : « Le Conseil Municipal à l’unanimité de ses membres présents, approuv[a] la démolition de l’Arsenal [et] demand[a] que cette démolition intervienne rapidement ».

      Le petit garçon qui courait sur les remparts avait grandi, il allait avoir vingt ans, il ne voulait pas de ce prétendu «progrès» imposé par les normes de technocrates bornés venus de Paris et approuvé sans réserves par des élus locaux affligés de cette myopie particulière que confèrent souvent le conformisme et la paresse intellectuelle ; il  refusait cette «caricature d’Amérique où l’on prend la vie en dégoût», comme le lui avait écrit si justement son professeur de philosophie Pierre Camp . Le dépeçage programmé de sa grand’mère le révoltait. Il se rangea donc aux côtés de ses grands aînés Pierre Camp et René de Cointet qui travaillaient déjà contre cette vésanie.

      Alors, avec l’aide providentielle d’André Malraux, le vent mauvais  tourna et le miracle advint. Les acharnés du nettoyage par le vide durent surseoir, puis renoncer à la démolition programmée de ce qui est devenu aujourd’hui, comme par miracle, un magnifique témoignage de l’architecture de Vauban. Les noms des élus d’alors, partisans unanimes de la pioche des démolisseurs, commencent à déserter les mémoires, mais la grand’mère est toujours là, vivante et honorée  par de nombreux visiteurs.

      Il y a 50 ans, donc, on voulut « liquider » la vieille grand’mère dont beaucoup regrettaient alors cyniquement qu’elle n’ait pas croulé plus tôt sous les bombes allemandes ou alliées pour faire place à du béton neuf. Ce qu’avait épargné la guerre, les urbanistes et les promoteurs allaient  rapidement s’en charger, avec la bénédiction des élus ! Heureusement, contre toute attente, la raison et le bon sens finirent par l’emporter in extremis et la grand’mère fut sauvée !

    Il y a cinquante ans et plus on rasait donc à qui mieux mieux de vénérables centres ville, c’était alors la mode ; aujourd’hui, plus sournoisement, on épargne grosso modo les vieux murs tout en  les vidant de leurs forces vives. Autres temps, autres mœurs !

        Auxonne n’échappe pas à la règle qui survécut à la première menace, mais découvre à présent l’imminence de la seconde, on vient en effet de donner le feu vert pour l’implantation, dans la périphérie d’Auxonne, d’un centre-commercial sur le modèle répétitif et banalisé de centaines d’autres. Il suffit de suivre l’évolution des centres de nos petites villes, ces braves grand’mères un peu fatiguées à l’image de notre vieille Europe, pour constater que l’apparition de tels établissements dans leur périphérie signe, à plus ou moins long terme, la momification de la vie commerciale des boutiques traditionnelles, ne laissant subsister dans les centres anciens désertés que quelques banques, quelques pharmacies et quelques troquets. Comme il y a cinquante ans, notre grand’mère est donc à nouveau gravement menacée.

    N’oublions pas tout de même, qu’il y a cinquante ans, de façon surprenante et contre toute attente, la raison et le bon sens finirent par l’emporter in extremis et  que la grand’mère fut sauvée ! L’avenir n’est pas encore écrit !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 décembre 2013  (J+1835 après le vote négatif fondateur)

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Publié par CL;S., Auxonnais - dans Figures libres
24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 00:00

LE PÈRE NOËL VENU DE LURE –  du 24 décembre 2013 (J+1833 après le vote négatif fondateur)

     JOYEUX NOËL !

       Les Pères Noël arrivent, houppelandes rouges et barbes blanches au vent d’hiver ! Voici venu le temps des cadeaux ! (Ça ferait une belle introduction pour un magazine sur papier glacé toujours en mal de copie ! Chiche ! Je lui fais cadeau de ma copie, et sans droits d’auteur !)

        Au Charmoy, le Père Noël devrait, cette année, venir de Lure. « Le Père Noël venu de Lure », ça ferait un titre de choix pour un film. On ne le tournera pas encore demain ! Certains prétendent que le Père Noël c’est du vent ! Avec le temps qu’il fait aujourd’hui, nous allons finir par y croire…Au vent, pas au Père Noël ! Alors chantons tous en chœur le vieil air : « Vive le vent, Vive le vent, Vive le vent d’hiver… »

      En attendant fébrilement l’arrivée du « Père Noël venu de Lure » au Charmoy, à un horizon encore indéfini,  et en référence à l’information disponible sur le sujet, nous avons tenté d’établir une liste possible de tous les cadeaux chargés dans son généreux traîneau et de leurs  heureux destinataires, mais comme nous savons aussi que nombre de nos lecteurs sont inquiétés par l’afflux de nounours toxiques et de guirlandes incendiaires, nous avons  spécifié, dans un souci de traçabilité, la provenance exacte de chacun des cadeaux.

Cadeau pour les demandeurs d’emploi

   Comme nous le claironnent les médias à la botte, dispensateurs de pub, la hotte de Michel-Édouard, Pape des Pères Noël à temps plein, devrait être bourrée de milliers d’emplois financés par les CICE. Quelques-unes de ces papillotes pur sucre, largement subventionnées sur les deniers du contribuable-consommateur, devraient tomber comme une manne, de la papale hotte, sur le Charmoy. Dans Hebdo 39 N° 85 du 28 octobre dernier, le porteur local du projet annonçait presque timidement la bonne nouvelle : « La zone du Charmoy devrait nous apporter quelques emplois ». Quel ingrat ! Rendons à César ce qui est à César ! Ce n’est pas la zone, mais bien Michel-Édouard, qui apporte !

[Origine : quasi ensemble des presse, télévisions et radios des jours derniers]

Cadeau pour la sauvegarde du petit commerce et de ses retraités

« […] le centre commercial une fois créé sera assujetti à la TASCOM (taxe sur les grandes surfaces) qui sert en outre à :

-financer le FISAC (qui est un fond d’intervention pour la sauvegarde de l’artisanat et du petit commerce) qui est géré par l’état

-financer le départ en retraite des commerçants indépendants ». 

[Origine : p. 86/91 annexe rapport du commissaire enquêteur]

Cadeau pour la nappe phréatique

« La modification de l’usage du terrain du projet, actuellement utilisé en production agricole, devrait permettre une réduction des émissions de nitrates et pesticides dans les eaux souterraines ».

[Origine : Page 16 du rapport du commissaire enquêteur]

Cadeau pour le commerce alimentaire local et les consommateurs locaux

« Bien qu’étant rattaché au secteur alimentaire, le futur hypermarché privilégiera les gammes non alimentaires qui totaliseront 2500 m², correspondant aux attentes des consommateurs à Auxonne : bazar – arts de la table, concept espace culturel E. Leclerc (400 m²), produits saisonniers (rentrée des classes, jouets de Noël…), etc. »

[Origine : p.10 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Cadeau pour les commerçants locaux et les demandeurs d’emploi entreprenants

« Les futures boutiques de la galerie marchande seront confiées en priorité à des commerçants locaux désireux d’ouvrir un second point de vente (pas de transfert d’un commerce existant), ou à des habitants de la Zone de Chalandise en recherche d’emploi et souhaitant créer leur commerce »

[Origine : p.11 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Cadeau pour le réseau routier et ses usagers

« Le projet n’aura donc pas d’impact significatif sur la circulation aux abords du site. Au contraire, en limitant l’évasion commerciale, il contribuera à réduire le trafic sur les grands axes routiers. »

[Origine : p.44 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Cadeau pour nos poumons

« le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion commerciale ».

[Origine : p. 53 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Cadeau pour la faune

« Afin de tenir compte de la protection de cette espèce [chauve-souris], l’enseigne lumineuse de la façade sera éteinte à 21 h. Rappelons que cette enseigne ne sera pas apposée sur la toiture mais en façade, d’où une gêne réduite pour les oiseaux et les chauves-souris ».

[Origine :  p. 61 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Cadeau indisponible

 « Activités annexes

Le futur centre commercial accueillera une station-service E. Leclerc, qui distribuera les carburants courants mais aussi le GPL. »

[Origine :  p. 11 du dossier relatif au projet, daté de janvier 2011 et destiné à la CDAC]

Bernique ! Trop chargé, le Père Noël n’a pas pris de jerrican dans son traîneau. À défaut de plein d’essence on pourra toujours faire le plein d’eau garantie sans nitrates et d’air pur ! Alors  respirons à pleins poumons et chantons encore une fois tous en chœur le vieil air : « Vive le vent, Vive le vent, Vive le vent d’hiver… »

Noël au Charmoy 2

C. S. Rédacteur de Chantecler, Auxonne, le 24 décembre 2013  (J+1833 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 00:00

LA  DISCRÉTION  À  L’HONNEUR – 17 décembre 2013 (J+1826 après le vote négatif fondateur)

        Le brouillard s’est enfin levé et, avec lui, le mystère qui planait sur le rond point. L’objet non identifié  qui trônait sous sa housse dans le brouillard, et dont nous avions tenté de supputer la nature dans notre précédent article, a livré son secret. Ce matin même, empruntant discrètement à bicyclette la voie cyclable de la D 905 fraîchement inaugurée, une délégation a procédé au dévoilement. Il appert désormais clairement que l’érection du nouveau monument, était sans rapport avec l’inauguration d’hier.

   Nous devons cependant un supplément d’explications à nos lecteurs. Pour ce faire, nous répondrons successivement aux questions suivantes : Quel est l’objet de ce monument ? Quels symboles sont entrés dans sa conception ? Pourquoi, enfin, ce monument a-t-il été précisément dévoilé aujourd’hui ?

     En ce qui concerne les deux premières questions, le lecteur trouvera des éclaircissements substantiels en se reportant à notre précédent article.

     HOMMAGE DISCRET AU CHARMOY - du 29 avril  2013

      Le projet évoqué dans cet article aura donc effectivement vu le jour. La vertu de discrétion méritait une vraie récompense, c’est chose faite à présent ! On notera que la position centrale et giratoire du rond point a été préférée, par rapport au projet initial, à un trop banal accotement. C’est que pareille discrétion méritait d’être bien en vue ! Prenant son virage l’automobiliste ralentit et contemple, avant d’entrer sur la zone…ou dans le décor !

      Il nous reste à répondre à la troisième question. Pourquoi, enfin, ce monument a-t-il été précisément dévoilé aujourd’hui ?

   Pour les néophytes, nous rappellerons que  le 17 décembre est une étape calendaire cruciale dans la geste du Charmoy, tout comme le 2 décembre dans la geste napoléonienne, toutes proportions gardées bien entendu !

       Le 17 décembre 2008 avait lieu le « vote négatif fondateur », et le 17 décembre 2012 un permis de construire était déposé. On peut supposer que ces précédents illustres auront présidé au choix de la date d’aujourd’hui !

        Les lecteurs soucieux de réviser, à l’occasion de ces deux anniversaires, leur « Histoire du Charmoy » pourront le faire, entre autres, sur les documents suivants :

LE CHARMOY PAR LES TITRES-du 3 septembre 2013

 RETOURNER AU CHARMOY - du 9 mai 2013    

Le Charmoy sans parolesC. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 décembre 2013  (J+1826 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 00:00

MYSTÈRE AU  ROND POINT – 15 décembre 2013 (J+1824 après le vote négatif fondateur)

 

      Le brouillard continue de planer désespérément sur notre région, comme il plane d’ailleurs sur la signature du permis de construire de l’hypermarché du Charmoy, signature  à propos de laquelle le porteur du projet déclarait pourtant le 10 septembre dernier dans un article du Bien public intitulé « Permis attend validation » : « On n’a jamais été aussi proche de voir le projet Leclerc se concrétiser » « Dans le meilleur des cas le permis pourrait être signé mi-novembre voire fin novembre »

      Noël approche à présent et le permis semble encore en mal de signature. Devons-nous en conclure que nous ne sommes pas dans le meilleur des cas ? L’avenir nous le dira. Qui sait ? La signature  a  peut être été réservée pour  notre cadeau de Noël, voire celui des étrennes !

       En attendant, quelque chose se prépare au Rond-Point de l’Europe comme en témoigne la photo prise ce matin par Monsieur Tournachon, notre célèbre chasseur d’images. Tel un fauteuil du salon déserté d’une villa biarrote en morte saison, semblant sorti tout droit d’un roman de Proust –  Marcel voyons, pas la Madeleine ! – un objet non identifié trône sous sa housse dans le brouillard. Sous les pavés, la plage… et sous la housse, un mystère !

        Devons-nous cette présence mystérieuse à l’inauguration du tronçon de D905 qui aura lieu demain ? Pourrait-il s’agir alors, comme certains le prétendent, du buste d’une personnalité  éminemment photogénique immortalisée, pour la circonstance, dans le bronze ou bien encore d’une borne miliaire dressée de fraîche date sur le rond-point pour marquer solennellement, et à la romaine, la fin du tronçon de la Via Charmoysiana qui sera inauguré demain ? 

        S’agit-il plus modestement d’un véhicule en panne que son propriétaire a poussé là, à l’écart de la chaussée et protégé par une bâche, ou de la tente d’un malheureux, ou encore de la dépouille d’un gros solitaire pris dans les phares et heurté dans le brouillard au débouché de la friche nouvelle du Charmoy …Nous le saurons sans doute bientôt.

     En attendant, le mystère, tout comme le brouillard, plane sur le rond point.

Le Charmoy secretC. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 décembre 2013  (J+1824 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 00:00

ACTUALITÉ DE COMÉNIUS 04 décembre 2013 (J+1813 après le vote négatif fondateur)

 

     Qui, hors de l’enceinte du lycée, connaissait Coménius à Auxonne jusqu’à ces dernières semaines ? La question ne mérite sans doute même pas d’être posée et pourtant,  le nom latinisé de ce magistral et baroque utopiste tchèque de la pédagogie semble susciter un regain d’intérêt sur la toile auxonnaise.

https://www.facebook.com/unedynamiquepourauxonne

http://www.auxonne.fr/  

À l’heure où les enquêtes Pisa révèlent pour notre pays « un creusement des inégalités scolaires », notre ville serait-elle donc devenue le siège d’un colloque pédagogique international ? Nous en doutons, mais quoi qu’il en soit, nous n’avons pas voulu rester à l’écart de cet engouement soudain pour ce disciple modéré de Jean Hus, le Frère Morave Jan Amos Komersky alias Coménius qui s’éleva véhémentement contre les écoles de son temps prétendant qu’elles « étaient des chambres de torture pour l’intelligence, d’où ne sortaient que des ânes sauvages, des mulets sans frein et dissolus ». Dieu soit loué ! Ce n’est plus le cas aujourd’hui !

     Sur fond de persécutions religieuses et d’errance à travers l’Europe, l’œuvre de Coménius est immense et complexe ; la réforme de l’étude des langues, et l’aspiration plus large à une réforme  universelle des affaires humaines en sont les deux points marquants qui justifient la place de son nom en tête du « Comenius multilateral project » dont le Lycée Prieur a été récemment un acteur.

     « Sutor ne supra crepidam ! » J’entends déjà la clameur de nos lecteurs habituels nous accusant d’être hors de notre sujet imposé qui est, rappelons-le, le Charmoy !

     « Magister dixit ! » Il va falloir nous exécuter. Jan, mon bon Frère Morave et Cher Collègue, je t’en supplie, aide-moi à remplir ma copie !

     N’as-tu pas projeté une « Consultation universelle sur la réforme des affaires humaines » et en 1656, n’en as-tu pas fait imprimer anonymement la première partie intitulée Panégersie ou Réveil universel ? De cette œuvre immense et inachevée, le manuscrit ne fut retrouvé qu’en 1934, dans un orphelinat d’Allemagne. Il expose ton programme utopique, dont on peut admirer le meilleur, mais dont certains paragraphes feraient frémir les tenants les plus mous du politiquement correct. Une chose est certaine, il n’est comparable en rien à un quelconque programme actuel en vue des élections municipales.

      Jan, mon bon Frère Morave, à Auxonne aussi, nous avons eu notre consultation. Elle ne prétendait pas être universelle et son programme différait grandement de celui de la tienne qui préconise au chapitre X, condition 25  de la Panorthosie : « Il faut donc supprimer cette infinité d’objets et d’occupations, ces futilités que les hommes accumulent, dont ils s’embarrassent et finissent par s’empêtrer à un point incroyable ». Cependant,  elle a donné lieu, elle aussi, à une impression anonyme : celle  d’affiches jaune-fluo imprimées, au compte d’on ne sait qui, à LURE. Nuit et jour des frères associatifs encolleurs se sont activés à les placarder, et nous avons connu le Grand Réveil du 27 juin ! Je ne voudrais pas te décevoir, Frère Jan, grand Européen avant l’heure, mais selon notre bourgmestre Britannicus,  il paraît que la participation à cette consultation  dépassa celle des élections européennes.

   Salut, Frère Jan, si tu passes par chez nous, remballe ton programme, je pense, qu’en l’état, il ne trouvera pas preneur !

    En hommage à ton talent bien connu de la pédagogie par l’image, Claudi Hoffnung a adapté une célèbre gravure de ton Monde sensible illustré qui connut tant de succès qu’il fut réédité pendant deux siècles ! Les réformes d’alors duraient plus que les roses ! Les roses de Du Perrier bien entendu !

 BD Coménius

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 04 décembre 2013  (J+1813 après le vote négatif fondateur)

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres