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  • Claude Speranza, Auxonnais
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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 00:00

 PER ASPERA AD ASTRA du 11 septembre 2012 (J+238 après la CNAC)

 

      Avertissement préalable au lecteur : Notre titre emprunté à la tradition virgilienne  pouvant paraître obscur, nous le traduirons simplement : « Celui qui veut monter très haut, il n’a pas peur d’en baver ! ». Belle exhortation au courage et à la persévérance ! Cette maxime n’est en aucun cas une publicité subliminale ou une promotion pseudo-culturelle pour une marque de margarine comme certains auraient pu le croire. Gagarine plutôt que  margarine !

     La promotion de la margarine n’est qu’une tâche (de graisse) bien terre à terre dévolue aux têtes de gondoles pensantes. A chacun son métier n’est-il pas vrai ?

      Nous continuons, quant à nous, le nôtre qui consiste à apporter à nos lecteurs, sans complexes et sans langue de bois, quelques amuse-gueule propres à entretenir leur appétit de réflexion et d’information. En ce domaine,  anorexie ou disette sévissent endémiquement par nos contrées,  et notre tâche vise seulement  à pallier les carences induites par cet état de fait. A défaut de supplément d’âme, nous souhaitons apporter un complément alimentaire (ou non alimentaire ?) en la matière. Ou encore, si vous aimez mieux, Chantecler fait de l’humanitaire.    

           Le cadre temporel de l’anecdote que nous conterons aujourd’hui se situe à la fin de la deuxième décennie du troisième millénaire. Cette étiquette solennelle ne doit pas vous impressionner, pas plus que les citations latines ! La fin de la deuxième décennie du troisième millénaire c’est presque demain !

       Ce jour-là Prosper Ducharme a sorti son vélo made in China. Bien qu’octogénaire, Prosper Ducharme est encore vert, ses quadriceps qui ne sont pas tout à fait au minimum vieillesse devraient encore supporter quelques % dans les côtes. Non,  perfides interprétateurs, Prosper Ducharme n’est pas Chochotte ! Prosper, c’est Prosper ! Un point c’est tout !

       Voilà quelques années que son épouse, soucieuse de la forme de son Prosper, à l’abdomen un tantinet prospère, lui a offert cette bicyclette. Depuis ce temps, l’objet prend la poussière, attendant, dans la remise au fond de la cour, que Prosper se décide à l’enfourcher. Mais, comme tu le sais trop bien cher lecteur, il y a loin de la coupe aux lèvres et l’âge a tempéré les ardeurs musculaires de Prosper …

      Et pourtant, ce jour-là, Prosper Ducharme s’est enfin résolu à sortir son vélo bien décidé à monter jusqu’au Charmoy. C’est que les copains du bistrot lui ont dit que là-haut, il y avait du nouveau et surtout, surtout…  des promos à gogo ! Et puis, lui a soufflé bobonne, toute heureuse de voir son cadeau servir enfin, tu ne risques rien Prosper, tu sais bien qu’ils ont fait des pistes cyclables ! Tiens prends donc encore deux trois filoches, on ne sait jamais, çà peut toujours servir !

    Prosper, pédalant, entame à présent l’ascension de la pente, pestant contre la puissance ridicule de ce vélo made in China qui n’avance pas. Sale camelote de Chinetoque ! Le souffle court et  le vent dans le nez, notre Prosper désespère, suant et soufflant. C’est en eau et tout rougeaud qu’il arrive enfin là-haut ! « Per aspera ad astra ! »

       Et s’épongeant le front, il contemple enfin…les maïs mûrissants tout frémissants au vent du Sud. Nib de nib ! Rien de nouveau ! Ah ! les salauds !

     Pschtt ! Paf ! Prosper n’est pas descendu de vélo que son pneu arrière expire bruyamment. Sale camelote de Chinetoque ! Voilà notre Prosper qui s’exaspère : pas question de redescendre à pied ! Songeur, il contemple le château d’eau des Granges Hautes, silhouette austère et grise qui semble le narguer, lui, Prosper, altéré par l’effort, qui boirait bien la mer et les poissons, en promo ou non !

    L’œil morne, Prosper avise le Rond-Point de l’Europe et son groupe sculptural récemment inauguré : un caddie géant que tire vers le ciel, dans le style de Chalder, un attelage de chiroptères aux ailes articulées de tôle forte bichromatée. « Per aspera ad astra ! »  

      « Le taxi de Monsieur est avancé » pense Prosper. C’est qu’à défaut de jarrets, Prosper ne manque pas d’imagination. Un automobiliste intrigué aperçoit bientôt Prosper poussant l’attelage hors de son mamelon gazonné. Sans doute un départ pour une exposition à la Biennale, pense le quidam un peu artiste qui a du goût pour la peinture…

        Que nenni ! En voiture Prosper ! Dans un battement d’ailes infernal, le Char de la Nuit dévale enfin la pente entraînant Prosper triomphant dans son caddie, tel Ben-Hur sur son char, vers le centre ville.

      C’est dans un vacarme d’atelier de chaudronnerie à plein régime que devait se produire enfin la collision du véhicule de Prosper avec un VAB du 511 en partance pour le Valdahon. Le pilote du VAB commotionné avoue pourtant avoir crié : « Arrête ton char Ben-Hur ! ». Le VAB, fortement endommagé malgré son surblindage, ira à la casse. Prosper va bien.

       Il paraît que des polytechniciens venus tout exprès de Paris ont autopsié le Char de la Nuit qui s’est révélé, malgré son coût modique, facteur déterminant en des temps de rigueur sans cesse annoncée, un redoutable système d’armes conjuguant efficacité logistique, puissance de choc et aéromobilité tout temps. De source bien informée, il semblerait même qu’une chaîne de fabrication pourrait être prochainement opérationnelle…au Charmoy !

       Bien que n’étant pas un ex-Beattles, Prosper, inventeur génial du nouveau char Leclerc du troisième millénaire, a été  pressenti à l’Elysée pour la prochaine promo de « la  rouge ». « Per aspera ad astra ! »

       Nos lecteurs branchés rock, désireux sans doute d’une illustration plus pulsante et sans prise de tronche de l’adage Per aspera ad astra , pourront écouter ad libitum la chanson du même titre interprétée par Idola sur le lien

http://www.hello.dj/idola/seta       

      Les adeptes du casque à pointe préférerons peut être la marche Per aspera ad astra qui devrait être jouée en grande pompe à l’inauguration de la chaîne de montage du Char de la Nuit (NACHTPANZER) au Charmoy qui sera construite grâce au crédit Merkel pour la modernisation du Corps franco-allemand. Une dernière confidence : Prosper en raffole — de la marche, pas d’Angela ! — et l’écoute en boucle depuis son aventure.

http://www.youtube.com/watch?v=qOD1K4gW9bQ&feature=related

      A vos casques, les cosmonautes ! 

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 11 septembre 2012 (J+238 après la CNAC)

 

 

 

 

    

       

 

 

             

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (3)  – du 30 août 2012 (J+226 après la CNAC)

                  Le troisième et dernier volet de notre grand article illustré en couleurs « Décodeurs d’affiches » est à placer, hic et nunc, dans le présent auxonnais, au sein de la rumeur ambiante autour des projets  au Charmoy. A écouter le bruissement de cette rumeur qui divague sans collier dans nos rues depuis des mois, sevrée qu’elle est depuis longtemps de tout communiqué officiel, on la sent nourrie, et assez mal, de tous les potins, de tous les préjugés et de tous les fantasmes possibles et imaginables.

    Il n’est pas dans notre intention de faire l’inventaire et la relation détaillée des scénarios divers sortis de l’imagination fertile de nos concitoyens, stimulée, après l’indigestion médiatique des années 2009, 2010 et 2011, par l’inanition qui sévit à présent en matière de communication sur le projet. C’est plutôt par voie d’affiches que nous apporterons notre contribution à l’histoire d’une affaire qui commença par des affiches !

      Illustrant quelques scénarios glanés parmi d’autres, voici donc trois affiches proposées à votre libre imagination, sans analyse savante et sans clé de lecture. En effet, Après deux articles de décodage, nous estimons que nos fidèles lecteurs sont à même de passer aux travaux pratiques. Ceux ou celles qui le souhaiteraient, nous encourageraient beaucoup, en nous faisant part de leurs remarques.

          En regard de chacune de ces affiches, et dans un souci d’information, nous indiquons au lecteur curieux les références médiatiques qui nous les ont inspirées.

Darwin au Charmoy

 

Source : Le Bien Public du 13 janvier 2011 sous le titre « Oui à l’hyper, non au Brico ! »

« Initialement prévu sur une aire de 9100 mètres carrés, le projet se limite finalement à un hypermarché avec boutiques. »

« Exit les 9100 mètres carrés d’aménagement commercial initialement prévus, place à un projet à taille humaine »

 Et à bientôt l’extinction des dinosaures !

 

Small is beautiful !

 

 

Sous les maïs les gondoles

 

Source :

Le Bien Public du 23 janvier 2012

   « Leclerc refait surface » (titre)

 

Voilà du sensationnel à lagune !

Site du Bien Public du 19 janvier 2012

« Et maintenant ? « Le permis de construire sera prochainement déposé »

Le temps quand même de laisser mûrir les panouilles pour les pigeons de Saint-Marc !

 

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc         

 

A l'horizon ...Source : Site du Bien Public du 19 janvier 2012

« Normalement, à l’horizon 2013, l’outil sera disponible. »

Cet « outil », pour de l’acier rapide, c’est de l’acier rapide !

Le Bien public du 20 janvier 2012 :

           « Une fois le permis de construire déposé, nous aurons deux mois pour vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Je pense donc que tout va aller très vite et qu’en 2013 le projet verra le jour. »

Le Bien Public du 23 janvier 2012 :

    « Désormais la création d’un hypermarché Leclerc et d’une galerie marchande pour une surface totale de 4000 mètres carrés n’est plus hypothétique mais bel et bien prévue à l’horizon 2013 » Sylvain Clément.

Anne, ma sœur Anne…

 

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 août 2012 (J+226 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (2)  – du 27 août 2012 (J+223 après la CNAC)

         Dans le volet précédent de cet article, nous avions sommairement commenté quelques affiches mettant en évidence les stratégies de récupération permettant d’opérer les détournements les plus hardis au profit de la mobilisation des foules vers la consommation. Par bonheur, le grand capital n’a pas encore le monopole de la récupération et nous avions aussi présenté quelques productions « réfractaires et imaginatives » !

      La grande croisade de juin 2010 à Auxonne en faveur de « lendemains qui chantent » pour le consommateur rejoindra bientôt, dans les annales de l’enfumage, les slogans de 68 récupérés par les grandes chaînes censées libérer l’oppression qui écrase le pouvoir d’achat.

   Au nom de cet idéal proclamé et au mépris du respect de l’espace public, « on » placarda  toute une ville en jaune-fluo avec des OUI imprimés à LURE. On ne peut cependant dire que la création imaginative ait été le caractère le plus évident de l’opération auxonnaise !

      Dans ce deuxième volet de notre article – qui en comprendra un troisième – nous voudrions, dans un exercice à la façon de Cyrano de Bergerac, montrer à nos piètres publicitaires ce qu’ils auraient pu trouver !

       Amis lecteurs, imaginez donc que Chantecler a découvert récemment dans un vide-grenier un lot de vieux papiers provenant de l’officine de publicité « Pub Bis Au poil »                               

      Ce lot, obtenu pour une aumône, comprend des maquettes originales de projets ainsi que les courriers explicatifs correspondants adressés à un « client ». Du carton de cette trouvaille providentielle, nous avons extrait les meilleures feuilles pour votre information et surtout pour votre plaisir.

 

OUI mais NON alimentairePub Bis Au poil           

                               Epinal, le 6 juin 2010

                   Cher Client,

        Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré en collaboration avec un consultant, agrégé de philosophie issu de la rue d’Ulm, il met en relief la subtile dialectique hégelienne du OUI et du NON qui a présidé à la gestation de votre projet. En ce qui concerne le pictogramme, par son caractère d’interdiction d’un des instincts les plus incoercibles de l’homme-animal, il opérera, par un effet pavlovien, un rejet viscéral du NON  stimulant l’investissement pulsionnel au profit du OUI. Ainsi, du NON du 17 décembre 2008 au OUI « massif » que vous ne manquerez pas d’obtenir prochainement par la vertu de nos productions, vous réaliserez bientôt la synthèse victorieuse !    

 

 

 

Pour des poumons verts

Pub Bis Au poil           

                         Epinal, le 6 juin 2010

 

                      Cher Client,

 

       Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré dans notre grande tradition chromatique de l’image avec le concours d’hygiénistes et d’experts en matière d’environnement, il consacre et illustre un des bienfaits attendus du projet que le dossier traduit en ces termes : « le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion commerciale ».

  Complémentairement à l’ancrage respiratoire fondamental, le graphisme, qui ne manque pas de souffle, conjugue hardiment coup de cœur et signe de ralliement tutélaire d’une silhouette austère et totémique dominant et repérant la zone. Le cœur ou la raison ramèneront donc à coup sûr au bercail les brebis égarées en voie d’évasion et ne manqueront pas de vous assurer d’abord un OUI « massif ».

     

Chiroptère Pépère

Pub Bis Au poil            

                         Epinal, le 6 juin 2010

Cher Client,

            Nous avons souhaité d’abord, par ce modèle,  recueillir les suffrages des amis de la faune sauvage en illustrant l’engagement suivant pris dans le projet : « Afin de tenir compte de la protection de cette espèce [chauve-souris], l’enseigne lumineuse de la façade sera éteinte à 21 h. Rappelons que cette enseigne ne sera pas apposée sur la toiture mais en façade, d’où un gêne réduite pour les oiseaux et les chauves-souris ».

Il restait à choisir entre faune diurne et faune nocturne. Nous avons résolument opté pour le versant nocturne, à notre sens, plus porteur de rêve. Nous nous sommes attachés toutefois, par un graphisme fun, à dépouiller la figure de la chauve-souris de tout relent vampirique susceptible d’écarter malencontreusement les suffrages féminins. Notre chauve-souris de charme du Charmoy saura séduire aussi les petits dont le rôle de prescripteurs pour le OUI n’est pas à négliger.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 août 2012

(J+223 après la CNAC)

 

 

 

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 00:00

 COQ  À  L’ÂME – du 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

       Le bel été est enfin arrivé et la torpeur vacancière s’installe. Les affaires sont suspendues et aucun permis de construire au Charmoy n’a encore été déposé pour l’instant, situation problématique semblant contredire l’assurance municipale, donnée dès janvier dernier, d’un dépôt "prochain".

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc

        Chantecler, qui n’est pas plus con que les autres, a donc décidé d’interrompre momentanément ses travaux jusqu’à nouvel ordre. Sa destination de vacances est tenue secrète pour l’instant, même si des proches indiscrets ont fait récemment mention d’une « cité impériale équipée d’un port royal ». Diable ! Le bougre ne se mouche pas du pied !

        Malgré ses goûts de luxe, Chantecler reste néanmoins un coq industrieux, il ne voudrait pas laisser ses lecteurs en plan sans leur procurer une dernière lecture à se mettre sous la dent.

       Comme les Capucins faisaient du bruit dans Landerneau, Chantecler, qui ne veut pas être en reste, a convoqué  Jean-Jacques Lebel dans la Capitale de l’Oignon !

   Tout comme son homonyme, le légendaire fusil Lebel (Mle 1886), inséparable de sa piquante Rosalie, Jean-Jacques Lebel fait souvent mouche dans le monde de l’art. Il expose, pour l’instant, au Centre Pompidou de Metz comme les médias en ont rendu compte :   

      « L'exposition 1917 au Centre Pompidou-Metz est l'un des événements incontournables de l'été, à voir absolument jusqu'au 24 septembre [2012] »         

         « Le temps fort de cette méga exposition, c'est un mur entier de douilles d'obus gravées, une installation de l'artiste contemporain Jean-Jacques Lebel d'objets de mort transformés en objets d'art, ce que l'on a appelé l'art ou l'artisanat des tranchées. (France-INFO 31 mai 2012)                                           

      « Moment de doute de la peinture, 1917 marque le triomphe de l’objet. Si les Allemands ont interdiction de recueillir toute pièce de métal qui pourrait être refondue par l’armée, des poilus anonymes français, anticipant sur les accumulations à venir d’Arman dans les années 60, réalisent des sculptures comme autant de « s’en fout la mort », à partir de résidus d’obus et d’armes. Jean-Jacques Lebel a ainsi pu réunir plus d’un millier de douilles sculptées de la Première Guerre mondiale, souvent incisées à la pointe de la baïonnette, et décorées d’inscriptions, de motifs floraux ou érotiques. »  (« 1917 : De guerre lasse »   par Emmanuel Daydé)

L'Expostion. 1917 

    Le clairon de l’armistice a sonné depuis bien longtemps à Metz comme à Auxonne,  pourtant, la métaphore guerrière fait toujours recette. Un promoteur n’a-t-il pas déclaré naguère au Maire d’Auxonne : « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu »   (Le Bien Public du 12/10/09). Ils sont partis au feu mais, pour l’heure, le conquérant reste invisible sur la cote 198 au Charmoy. La bannière de l’hyper ne flotte pas encore sur la crête  Chantecler au front            

 Faisant fi des rodomontades et  emboitant le pas à Jean-Jacques Lebel,  Chantecler entreprend donc aujourd’hui de s’exposer pour le plaisir visuel de ses fidèles lecteurs en présentant quelques œuvres anonymes,  « s’en fout la mort » gravés ou martelés, sur le thème du coq victorieux. La  revue Léz’ARTS  nous fera sous peu l’honneur de publier cette chronique dans ses colonnes. Ainsi se trouve reconnue la vocation artistique nouvelle du Charmoy.

    Remerciements à Jean-Jacques Lebel qui ne nous en voudra pas d’avoir ajouté cette petite queue (de lézard de tranchée) à son grand mur et bon appétit aux vrais  amateurs de coq au vin  qui devraient se régaler encore une fois.

     En attendant, bonnes vacances à toutes et à tous, « à pied, à cheval et en spoutnik » !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:00

HONORÉ PAR BALZAC – du 18 juillet 2012 (J+183 après la CNAC)

  L'Art au Charmoy                           

Le kaléidoscope de nos points de vue sur la zone du Charmoy nous a finalement conduit à aborder le monde de l’art dans nos deux derniers articles. D’aucuns jugeront que nous nous sommes fourvoyé dans cette voie. Ils se trompent en cela lourdement. 

     En effet, Chantecler a  souhaité délibérément cette ouverture, reprenant à son compte et pour un temps la déclaration de MEL : « Je suis aujourd’hui convaincu que l’art peut nous sortir du marasme. C’est une fenêtre ouverte sur le ciel. Il redonne envie d’être curieux ! »        

     Sans une curiosité renouvelée par la pratique de l’ascèse de la « fenêtre ouverte sur le ciel » aurions-nous jamais  rencontré et découvert  « L’ère atomique » ?http://www.evene.fr/arts/actualite/michel-edouard-leclerc-dans-le-landerneau-de-l-art-

      Notre bénévole inspirateur déclarait cependant au JDD le 16 juin dernier : "C’est quand même un paradoxe. D’anciens épiciers soutiennent l’art sur le service public".  

      Nous l’assurons qu’il y a trop de retenue et de modestie à voir un paradoxe dans un penchant naturel nié seulement par un préjugé imbécile que le grand Balzac, déjà, condamnait en ces termes :

       « A mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. […] On crie : « Vous êtes des épiciers ! » pour dire une infinité d’injures. […] Il est temps d’en finir avec ces Dioclétiens de l’épicerie. Que blâme-t-on chez l’épicier ? […] Serait-ce qu’un épicier est censé ne pas penser le moins du monde, ignorer les arts, la littérature et la politique ? Et qui donc a engouffré les éditions de Voltaire et de Rousseau ? […] qui court voir et admirer le musée de Versailles ? […] L’épicier, l’épicier, toujours l’épicier ! » (Honoré de Balzac « L’épicier » dans Les Français peints par eux-mêmes)

 

L'Epicier de l'Ere atomique        Sur cette défense et illustration de l’épicier empruntée à Balzac, nous proposons à nos lecteurs de clore cette petite trilogie artistique, impromptu inspiré par l’ouverture récente d’une « fenêtre sur le ciel » aux Capucins de Landerneau.

       N.B. : L’œuvre illustrant cet article est inspirée par une réclame du Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie d’Albert Seigneurie (8ème édition, Paris, 1952)

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juillet 2012 (J+183  après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:00

                      

L’ÈRE ATOMIQUE - du 16 juillet 2012

 (J+181 après la CNAC)

 

   

 

  Dans notre précédent article, nous évoquions l’aube d’une ère culturelle à Landerneau et déplorions la destruction passée du couvent des Capucins d’Auxonne. La décision de le démolir à la fin de la Restauration apparaît comme une bévue en ce début de 21ème  siècle qui voit, en terre de Bretagne, le modeste séjour des moines mendiants accéder, par les bienfaits du mécénat, au statut nouveau de temple de l’art contemporain.

     Mais voilà la carence auxonnaise palliée comme par enchantement. Par l’intervention probable de Morgane et de Merlin, magiques bienfaiteurs bretons, une œuvre d’art vivante a surgi sur la zone du Charmoy, performance conjuguée de la luxuriance des maïs, de la permanence surplombante et minérale du Château d’eau des Granges Hautes et de la lumière ineffable de nos ciels auxonnais.

    Un regard d’artiste, dessillé par l’eau lustrale d’une perspective renouvelée sur le monde objectif, opère le miracle, faisant d’un humble espace cultural un espace culturel !

    A tous ses concitoyens Chantecler conseille vivement une montée cathartico-initiatique vers le Charmoy, pour la contemplation d’un tableau agrico-cosmique.

    Loin des expositions en vogue où le Tout Paris se bouscule, enfilez donc le Vieux Chemin de Dole jusqu’aux dernières habitations, arrivé là, tournez votre regard en direction de la RD 905 : l’œuvre se dévoilera pour vous, accrochée aux cimaises du ciel !

    Contemplez à présent « L’ère atomique »

L'Ere atomique

    En cet été boudeur et arrosé voilà bien, chers concitoyens, un but capable de concilier la promenade hygiénique et le plaisir esthétique, le tout sans bourse délier.

     La barde vahiné, Adélaïde Moruroa-Gauguin, arrière-petite-fille naturelle du grand peintre a bien voulu confier ses impressions à  Chantecler : « La force oppressante de l’œuvre d’une facture vigoureuse réside dans le contraste entre la silhouette totémique et muette du champignon et la luxuriance végétale bruissante du premier plan qui semble pressentir la menace du souffle destructeur qui l’anéantira à jamais. Ces maïs frémissants ne semblent-ils pas en effet murmurer à notre oreille nevermore ? »

 

      Hommage aux auteurs du N° 4 de 1954 de la collection « La Voix des Poètes » auquel nous avons emprunté sa couverture, remplaçant le dessin de Cocteau par la perspective sur le Charmoy et remerciements à la barbe vanillée !

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 juillet 2012 (J+181 après la CNAC)

 

 

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 00:00

 A Pierre-Louis Monteiro 

LES VOIX DU MARCHÉ – du 15 juin 2012 (J+150 après la CNAC)

  

     Si l’on excepte Paris et le massacre pompidolien « moderniste » des Halles de Baltard, la plupart des villes ont gardé dans leurs cœurs les halles et les marchés d’un autre temps. Ces lieux ont conservé leur destination première et, quelques jours par semaine, on les voit s’animer du spectacle millénaire et universel des petits commerces de détail. La clientèle, certes, a un peu vieilli, notamment dans les villes de province, mais les marchés vivent toujours comme autant de petits forums animés et hauts en couleurs rompant la grisaille ambiante.

       En période d’élections, les divers candidats ou leurs militants actifs n’omettent jamais de sacrifier au rite du « tractage sur le marché ». S’ils n’ont pas le savoir-faire inimitable des camelots qui n’ont pas fait Sciences-Po et vendent pourtant aux gogos les camelotes les plus insolites, du moins dispensent-ils à la sauvette, un peu contrits parfois, sourires et poignées de mains. Et si l’accueil n’est pas trop rêche, ils glissent au passage à la ménagère sympathique un tract sur papier glacé qu’elle ne lira jamais et qui rejoindra au mieux, plié en quatre, la botte de poireaux du cabas à roulettes. Mais qu’importe ! Pas plus qu’on ne répond à l’offre du camelot en raison d’un besoin, on ne choisit son vote en raison d’arguments écrits. Tous les marchands et tous les politiques connaissent cette règle élémentaire. Et tant qu’elle durera, on verra les uns et les autres sur les marchés.

       Ce commerce humain, ce microcosme désuet conservé au cœur des villes est touchant. Et le tract froissé qui en fin de matinée rejoint la cagette de pêches talées « Ça sent si bon la France ! ». Cependant, au-dessus des voix du marché, du petit aligoté et du poulet de la ferme, il y a le talon de fer, les lois d’airain du marché et tout autour des villes, les supers, les hypers et les gigamarchés qui regardent d’un air goguenard et calculateur ces survivances archaïques pour bobos, écolos et petites vieilles. Peanuts que tout cela ! L’avenir appartient aux drives !

       Gentils politiques, c’est notoire, nombreux sont parmi vous ceux qui choient la grande distribution. A ceux-ci, je demande aujourd’hui: « Quand les souks d’un autre âge qui survivent dans nos centres villes auront un beau jour disparu au nom des normes et de la concurrence, quand les mémés bancales, les retraités chenus, les joueurs d’accordéon et autres mendigots auront cessé leur déambulation improbable dans ces lieux pleins d’odeurs,  où irez-vous distribuer vos tracts ? »

      Sur les parkings des hypers peut-être ? Perdus dans le flux des caddies et des voitures, vous accosterez alors le chaland pressé qui, surpris de ne pas trouver la liste des promos sur votre prospectus, vous le renverra en boule au milieu de la figure. Ou bien encore, tel le mendiant au feu rouge, vous vous inclinerez à la vitre baissée du client du drive au risque de vous faire éconduire par les agents de sécurité ?

         Gentils politiques, vous qui choyez la grande distribution, je vous le dis :   « Vous aurez tant et tant servi les tenants des lois du marché, que vous aurez perdu votre charmant terrain de jeu et réussi à rendre aphones les voix du marché ! »

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 juin 2012 (J+ 150 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 00:00

 BV 74 – du 6 juin 2012

 

     Désolé de décevoir les mélomanes, il ne s’agira pas, dans cet article, de musicologie comme pouvait le laisser supposer le titre. Il est vrai, Chantecler, ce vieux radoteur, est souvent éclectique (d’aucuns qualifient même ses propos de « saugrenus»), mais nous n’évoquerons, ni ne chanterons même ici la cantate BWV 74 composée par J.S. Bach pour la Pentecôte 1725. Remarquons toutefois, que par un curieux hasard, le récitatif  de cette œuvre : « Die Wohnung ist bereit » traduisons : « La demeure est prête » n’est quand même pas tout à fait étranger à notre thème d’aujourd’hui.

      Au risque de faire frémir les mânes du grand musicien, il nous suffira pour entrer dans le vif du sujet de traduire pragmatiquement « La demeure est prête » car « la maîtrise foncière de la zone est concrétisée ». La translation paraîtra brutale, mais à chaque siècle ses temples ! à chaque siècle ses dieux !

     Le 18 mai 2009, le Conseil municipal de la Ville d’Auxonne décidait à la majorité de céder la parcelle communale BV 74 au Groupe LECLERC (voir extrait à la fin).

    Rappelons que cette délibération officielle venait clore quelques mois d’un travail de prospection que, ne suivant pas en cela les propos des mauvaises langues, nous  qualifierons simplement de « discret ». Ce travail de prospection, mené assidûment sans tambour ni trompette, dut convenir à son bénéficiaire, puisque celui-ci, à la fin des comptes, alla jusqu’à décerner un satisfecit écrit :

       « A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet »

     (Lettre du Groupe E. Leclerc  datée du 14/04/09 et adressée au Maire d’Auxonne sous la signature de son Président de l’Expansion F. TRITANT. Cette lettre est publiée in-extenso dans Inf’Auxonne N° 25 de Mai 2009 p. 4).

         Le 18 mai 2009, décision était donc prise en assemblée, publiquement et sans crainte de « divulgation » de céder ladite parcelle à la SARL BOUXDIS. Précisons que le « dirigeant principal » (information manageo.fr) de BOUXDIS est Daniel PRUNIER, « propriétaire de trois magasins [LECLERC] en Haute-Saône : un à LURE (5300 m²) et deux à VESOUL (un hyper de 6000 m² et un Leclerc express de 1200 m² couplé à un drive) (information lineaires.com).

        La parcelle BV 74 est une bande de terrain large de 30 m environ, longeant sur près de 300 m le cours du Bief Pérou sur sa rive droite et qui donne sur le chemin rural prolongeant la rue de Rosières. Elle avait été initialement acquise par la ville pour être mise à la disposition d’Agrobio. Les personnes souhaitant de plus amples détails se reporteront avec profit au Procès-verbal du Conseil municipal du 18 mai 2009 disponible sur le site de la Ville d’Auxonne,  les débats soulevés autour de cette cession nous ont semblé très instructifs.

         Nous ignorons le statut immobilier actuel de la parcelle BV 74. Une seule chose est certaine, compte tenu de la modification du projet LECLERC entre 2009 et 2010 (voir le plan sur Chantecler n° 12 du 27 janvier 2012 disponible sur notre site) cette parcelle BV 74 n’est plus, et de loin, dans le périmètre du projet. Qui en est à présent le propriétaire ? Il est probable que ce soit encore la Commune d’Auxonne. Quel est son usage actuel ? Nous l’ignorons.

         Compte tenu des préoccupations environnementales exprimées au cours des derniers mois dans les documents  relatifs aux projets sur la zone du Charmoy, ce site initialement destiné à l’agriculture biologique et longeant sur près de 300 m un « ruisseau préservé » (bien public.com du 19/01/12 et Le Bien Public du 20/01/12), devrait mériter le plus vif intérêt.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 6  juin 2012

      

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL DU CONSEIL MUNICIPAL DU 18 MAI 2009

 

         7)   CESSION DE PARCELLE DANS LA ZONE DU CHARMOY

 

Dans le cadre de l’aménagement de la zone commerciale du Charmoy, la ville est propriétaire de la parcelle BV 74. Cette parcelle a une contenance de 81 a 26 ca. Comme cela a été proposé aux autres propriétaires fonciers de la zone, il est envisagé de céder cette parcelle au prix de 10 € le mètre carré auquel s’ajoute une indemnité au titre de l’espace d’arbres fruitiers pour une valeur de 18 740 €.

 

Vu l’article L 2121-29 du code général des collectivités territoriales ;

Vu l’avis de la Commission Urbanisme et Développement Economique du 12 mai 2009 ;

Vu l’avis de France Domaine du 19 février 2009 estimant le prix à 3,80€ le mètre carré

 

Le Conseil Municipal décide à la majorité :

 

ARTICLE 1er : de céder  la parcelle BV 74 sis dans la zone du Charmoy, d’une contenance de 81 a 26 ca à la SARL BOUXDIS basée rue du Ladhof (68000 COLMAR) au prix de 10 € le mètre carré auquel s’ajoute une indemnité au titre de l’espace d’arbres fruitiers pour une valeur de 18 740 €.

 

ARTICLE 2 : de confier la préparation de l’acte à Maître HENNART (basé à LURE, 70200)

 

ARTICLE 3 : d’autoriser Monsieur le Maire à signer tout document consécutif à cette session  

        

 

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 00:00

 DUCHARMOY candidat ! – du 5 juin 2012

 

      Juin 2010, c’est déjà loin….Rappelez-vous pourtant l’atmosphère de kermesse permanente qui régnait alors dans la ville : la grande distribution…de tracts sur les marchés, à la sortie des écoles et dans les boîtes à lettres qui débordaient, les chevauchées fantastiques, et puis des affiches, des affiches partout, de ces belles affiches jaune-fluo comme on n’en fait plus, de ces affiches imprimées à LURE qui disaient OUI et refleurissaient comme par miracle  dès qu’arrachées !

     Et enfin, la récompense bien méritée pour tant de papier gaspillé : un triomphe sorti des urnes le 27 juin au soir, une majorité de OUI introuvable, à faire rêver les amateurs de plébiscites, à faire péter la super-manchette en bleu d’Inf’Auxonne N° 29 !

      Juin 2012 est plus morose, ciel gris et pluie, et puis  l’ère est austère. L’autre jour je pensais, si je m’appelais DUCHARMOY pas DU CHARMOY, trop aristo, mais DUCHARMOY d’un seul morceau ou d’un seul tenant (comme ils en rêvent), si je m’appelais DUCHARMOY, je me présenterais à la députation, on ne me prendrait plus pour un con, on dirait même DUCHARMOY quel joli nom ! Qu’importe qu’il soit du centre, de droite, et même de gauche encore avec, c’est DUCHARMOY que nous voulons !

       Et les belles affiches que je ferais alors avec ce seul slogan DUDUCHE   DUCHARME  DUCHARMOY brochant sur le fond d’un grand pré vert fleuri de boutons d’or ! Floréal et Prairial réunis ! Un vrai printemps arable, la révolution des boutons d’or !

      Mais voilà, je ne m’appelle pas DUCHARMOY. Et puis les noms en Z n’ont plus la vogue par les temps qui courent. Et puis juin 2012 est si  morose, même si fleurissent tant de roses et puis, ma mère,  l’ère est austère !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 5  juin 2012

      

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 00:00

Après les métinges du 1er mai on attend toujours la vague - du 3 mai 2012

   Un rapide coup d’œil, tout d’abord, sur le 1er mai au Charmoy. La CBFCC (Confédération Bourgogne-Franche-Comté des syndicats de Chiroptères) a obtenu « l’extinction de l’enseigne lumineuse » à 20 heures au lieu de 21. Ce fait démontre, s’il en était encore besoin, que les syndicats, ça peut servir à quelque chose !

        Quant à la tornade, prévue et redoutée relativement à l’attente de l’« impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion de la clientèle », elle ne s’est pas produite, la force des vents ayant été mobilisée à destination des  champs d’éoliennes en vue de « tenir l’objectif de 23% de notre consommation finale en énergies renouvelables en 2020 » (Cf. « La France forte »).

       Tout s’est donc passé au mieux avant-hier pour ce 1er mai au Charmoy tout aussi nouveau que le 1er mai au  3-4-0, comme disait l’autre.

      3-4-0 ? Kézako ?

      Duplouc ! Tu connais pas ? Non ! C’est pas un club privé, ni le tiercé gagnant, Le 3-4-0, tout le monde connaît ! La place du 3-4-0, c’est une place à Paris, dans le 16ème, un arrondissement ouvrier. Tu piges ?

      Tiens au fait, hier matin, en écho du discours du 3-4-0, j’avais « La France forte » dans ma boîte.

      Par temps de pluie, je dévore tout ce qui s’imprime, alors j’ai dévoré « La France forte », un peu humide. Dans le cadre de ma petite feuille je ne peux prétendre ennuyer mes lecteurs qui se sont couchés tard avec une recension complète du programme il y a des débats pour ça je m’en tiendrai donc uniquement au premier titre :

« 1. Rendre la parole aux Français »

         «  • Sur les sujets essentiels, solliciter l’avis des Français par référendum en cas de blocage : parce que quand il y va de l’intérêt général, ce n’est pas à des corps intermédiaires ou à des groupes de pression de décider à votre place »

        Ça tombe à pic ! Voilà un sujet à méditer à la lumière de l’affaire du Charmoy. En relisant les annales de Chantecler le lecteur pourra illustrer le propos et suivre à travers un authentique cas d’école le jeu subtil des divers recours aux « corps intermédiaires » (CNAC et CDAC), du recours plus inédit à la consultation, et des pressions, à ces diverses occasions, des lobbies politiques, associatifs ou privés. Rappelons que la consultation de 2010 sur la zone du Charmoy n’était pas un référendum, si tel avait été le cas, le vote serait d’ailleurs resté sans effet puisqu’un référendum requiert au moins 50% de votants.

      Dans le deuxième point de ce premier titre de « La France forte », nous noterons encore en particulier cette intention :

          « •…interdire le cumul entre les fonctions de ministre et de chef d’un exécutif local. »

        Voilà qui est fort de café ! Alors comme ça, mettons, Vercingétorix, chef des Arvernes à Alésia, n’aurait même plus le droit de défendre les intérêts des fonctionnaires de toutes les tribus gauloises à Lutèce !? Il ferait beau voir…On imagine la bronca ! Vraiment ! Y’en a qui veulent gâcher le métier !

         Le lecteur nous pardonnera ces recours à l’histoire et ces incursions dans d’autres domaines que le nôtre. Nous ne prétendons pas, en effet, être exempt des travers et des tics de notre temps. Afin de faire bonne mesure, alors que l’on invoque à tout bout de champ Jaurès, Hugo ou Blum, et soucieux d’être tendance et éclectique, rapportons une expression de Chateaubriand glanée dans un ouvrage de Maurras qui la cite  et en souligne le caractère voluptueux : « la molle intumescence des vagues ». En ces temps d’attente fébrile et trépignante d’une vague montante, il n’est pas certain que le caractère de paresse lascive de l’expression, pourtant délicieuse, soit bientôt unanimement apprécié.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 3 mai 2012

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