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  • Claude Speranza, Auxonnais
  • Auxonne, environnement, actualité,  hypermarché, grande distribution, société
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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 00:00

GERMES… DE DISCORDE - du 20 septembre 2012 (J+247 après la CNAC)

        Alors qu’un navet vient d’enflammer le monde, notre rédaction s’interroge de façon responsable sur le danger potentiel de son usage non conventionnel de la pomme de terre. De la crucifère à la solanée, n’y aurait-il qu’un pas ? Le retentissement médiatique de notre trilogie de la pomme de terre  (« Angélus contre glas au clocher comtois ? », « Du Millet pour les petits oiseaux » et « Hue ! Katy ») pourrait-il avoir des effets comparables à un attentat au lance-patates ?

       En sortant des sentiers battus balisés par le bon Parmentier, en nous détournant volontairement du presse-purée et de la friteuse, en boudant le rayon chips des hypers, en parodiant une icône bien ancrée dans l’imaginaire collectif de la France profonde par la voie du calendrier des Postes et des plats décoratifs gagnés chez l’épicier grâce aux points-réclame, pire, en assimilant, dans un parallèle hardi, un château d’eau à un ersatz de clocher,  n’avons-nous pas été diablement imprudent ?

        Et puis cette carte postale de « La Haute-Saône pittoresque » à propos de pommes de terre n’est-elle pas un peu trop gratinée ? Ne risque-t-elle pas de mettre Lure et Vesoul, la Nice de l’Est, en effervescence ?  De nos jours, même la pomme de terre peut se révéler un sujet qui fâche ; les allergies à l’amidon deviennent de plus en plus fréquentes, ne parlons même pas de la pomme de terre OGM, et encore moins de la pomme de terre au lard !

      Afin de couper court à tous ces germes…de discorde, Mélanie, Jules, Gustave, Rosalie, Katy et votre serviteur ont décidé prudemment d’annuler la réservation de leur stand prévu pour la prochaine Foire de la Sainte Catherine à Vesoul. Mieux vaut ne pas mettre d’huile…sur les frites !

      J’entends déjà les ricaneurs : 

 

« A la Sainte Catherine

Tout arbre prend racine

Et Chantecler se débine ! »  

  

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 20 septembre 2012 (J+247 après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 00:00

 DU MILLET POUR LES PETITS OISEAUX - du 17 septembre 2012 (J+244 après la CNAC)

     Castor et Pollux, la peste et le choléra, beaucoup de gens et de choses vont par deux. Gustave et Rosalie, par exemple, que nous découvrirons bientôt. Le mouron et le millet  pour les petits oiseaux vont aussi par deux, comme les oiseaux au nid. Les knacks et les CNACs vont par deux avec ou sans frites, mais pour faire des frites, il faut d’abord des pommes de terre.

     Et là se trouve le hic. Le doryphore et le mildiou, qui vont aussi par deux, sont deux grands ennemis de la pomme de terre. Et puis, jamais deux sans trois, il en existe encore un troisième, celui-là, de taille, au hit-parade des nuisibles : le béton des promoteurs !

      Les choses allant par deux, l’arrachage de patates à Champagnole ce samedi dernier ne pouvait rester sans écho en cette terre auxonnoise qui s’enorgueillit encore de ses productions agricoles.

        Sur la zone « maîtrisée » du Charmoy, un champ de pommes de terres a encore été récolté cette année, en toute légalité et sans le concours, comme à Champagnole, de la Confédération paysanne et d’un Collectif de Citoyens Résistants. Chantecler offre  à ses lecteurs une photo-souvenir de deux journaux de terre dont il se pourrait bien qu’un jour, les pommes de terre s’y poussent en chips dans des caddies !

       Pour réaffirmer la vocation agricole de notre commune, un artiste obscur a souhaité animer ce panorama par une présence humaine hautement symbolique. Un couple de paysans, déjà célèbre à Auxonne se languissait au centre d’un rond-point, dans l’enfer de Verdun, assiégé par les décibels et les gaz… d’échappement, ces deux fléaux modernes. L’imagination créatrice les a replacés dans leur lieu naturel.

        Ainsi transportés par la vertu de l’art, Gustave et Rosalie, paysans inspirés, comme ils l’étaient tous en ce temps-là, ont pris la seule pose que puissent prendre naturellement deux êtres simples dans un champ récolté de pommes de terres après le labeur de la journée, celle d’un instant de repos et de méditation bien mérité.

« Au Charmoy, quand le soir descendra sur la terre

Gustave et Rosalie au chant du rossignol 

Oubliant leur labeur et la journée austère

S’en iront à la soupe au vieux chemin de Dole. »

                                   Fernand Charrue (de la JAC) Sonnets de nos campagnes, tiré de La joie au village

 Gustave et Rosalie

  

Il y manque le clocher me direz-vous… laïcité oblige ! Mais cherchez bien, vous finirez par le trouver !

      Vu, le « clocher » ? Moins élégant, certes, que celui que découvre encore, par-delà les maïs et les toits, le voyageur venant du Jura. Mais à l’« horizon 2013 », le point de vue devrait se restreindre et des deux clochers, seule la version béton devrait être encore visible. Moralité : Ne faisons pas les difficiles, on a le patrimoine qu’on veut !

  Le clocher     

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 17 septembre 2012 (J+244 après la CNAC)

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 00:00

LE CHARMOY DISCRET DU PATRIMOINE - du 12 septembre 2012 (J+239  après la CNAC)

     

   « Invitation à la curiosité et à la découverte » les Journées du Patrimoine 2012 se dérouleront les 15 et 16 septembre 2012 et se déclineront sur le thème « Les patrimoines cachés ».

     Le sujet en est alléchant :

         « Secrets d’histoire, coulisses et machineries, envers du décor…pendant deux jours les visiteurs sont invités à découvrir […] un patrimoine rarement accessible, parfois méconnu et souvent insoupçonné ».

          « Les Journées européennes du patrimoine 2012 proposent de : descendre dans le sous-sol à la découverte du patrimoine enfoui […] et souterrain […]. Gagner en altitude pour s’approcher du patrimoine « en hauteur » […] ou pour lire le plan d’urbanisme d’une ville. Franchir les portes de salles habituellement fermées, accéder aux coulisses […] et aux archives [etc…] »

  

      Chantecler, partisan déclaré de la « curiosité et de la découverte » partagées, a décidé d’apporter son concours à une réflexion sur  ces journées, dans son domaine de prédilection, bien entendu. Observateur attentif du Charmoy depuis plusieurs années, il revendique pour cette zone l’existence d’un patrimoine caché : « Secrets d’histoire, coulisses et machineries, envers du décor […] un patrimoine rarement accessible, parfois méconnu et souvent insoupçonné ».

      Il propose donc aux autorités compétentes la mise en œuvre du projet qu’il a élaboré à grands traits pour ces journées. Le concours financier d’un sponsor réputé actif dans la sphère culturelle pourrait être opportunément sollicité.

 

Données matérielles et organisationnelles succinctes :

     Emplacement géographique du centre de la manifestation : mamelon du  Rond-Point de l’Europe sur la D 905

     Personnel : 3 moniteurs brevetés secouristes    

     Matériel : tente-chapiteau de capacité 30 personnes assises avec tables, éclairage et  groupe électrogène, 2 ordinateurs avec accès internet,  mallette infirmerie, défibrillateur et toilettes.

 

Rappel des thèmes de l’année et activités locales illustratives proposées :

« Gagner en altitude pour s’approcher du patrimoine « en hauteur » : L’ascension du château d’eau des Granges Hautes entreprise en sécurité et réservée aux personnes majeures permettra sur fond de découverte panoramique de brosser, en direction de l’ouest, un tableau de « l’horizon 2013 ». Inscription préalable obligatoire

« Descendre dans le sous-sol » : Sans atteindre à de telles profondeurs, les personnes majeures titulaires d’un brevet de natation pourront descendre  sous la conduite d’un moniteur au fond du lit méconnu d’un « ruisseau préservé », le Bief Pérou. Parallèlement, un autre groupe s’égayera dans les maïs à la recherche des gondoles. Cette recherche pourrait faire opportunément l’objet d’un jeu-concours doté éventuellement d’un séjour dans la Cité des Doges (option envisageable selon la générosité du sponsor).

« Secrets d’histoire, coulisses et machineries, envers du décor » : Les personnes inscrites à l’avance pourront se rendre sous la tente-chapiteau aux heures impaires pour y entendre le bref mais poignant témoignage d’un acteur de la campagne d’affichage sauvage de juin 2010 qui a bien voulu, pour nous, s’exprimer cagoulé (en jaune-fluo). A cette occasion, des affiches vintage authentiques seront proposées aux collectionneurs (il est prudent de réserver). Les moins chanceux pourront se consoler avec notre poster Yellow submarine, qui a rencontré un succès mérité à notre exposition « L’Art au Charmoy ».

     Chantecler YS01jaune

 

« Accéder aux coulisses […] et aux archives » : Grâce aux accès internet prévus sous la tente-chapiteau, les amateurs d’archives, soucieux de prendre connaissance des actes fondateurs de la zone du Charmoy pourront tenter d’accéder à la relation des débats du 17 décembre 2008 au Conseil municipal. Bonne chance d’avance sur 

http://www.auxonne.fr/conseil-municipal

 

« Lire le plan d’urbanisme d’une ville » :  Un atelier d’initiation est prévu en continu sous la tente-chapiteau. Grâce au passionnant puzzle-cadastre éducatif « Cherchez le loup ! », réalisé avec l’aimable collaboration du cabinet de géomètres Euclide et Pythagore, grands enfants et adolescents s’initieront au parcellaire du Charmoy. Les plus habiles à identifier la pièce manquante pourront être récompensés par le « Prix de la Maîtrise foncière de la Zone » richement doté et comportant notamment l’attribution d’une parcelle d’honneur de 1 m² .

« A la découverte du patrimoine enfoui » : Les archéologues amateurs et autres possesseurs de poêles à frire pourront faire part au public de leurs découvertes passées éventuelles sur la zone. Ne négligeons pas le fait que d’obscurs chercheurs ont parfois valorisé notre patrimoine par leur découverte déclarée de la richesse archéologique d’un site. Torques, fibules, épées gauloises, jetons de caddies et autres brimborions seront les bienvenus dans notre musée-boutique L’Oppidum. 

 

     Renouveler notre regard sur le patrimoine, sortir des sentiers battus et fléchés, momies consensuelles et consacrées qui ont perdu tout mystère, tenter de vivre l’histoire en marche et se couler dans les artères d’un patrimoine encore tout chaud, en train de se faire ou de se défaire, n’est-ce-pas là une aventure palpitante ?

 

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 12 septembre 2012 (J+239 après la CNAC)

 

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 00:00

 PER ASPERA AD ASTRA du 11 septembre 2012 (J+238 après la CNAC)

 

      Avertissement préalable au lecteur : Notre titre emprunté à la tradition virgilienne  pouvant paraître obscur, nous le traduirons simplement : « Celui qui veut monter très haut, il n’a pas peur d’en baver ! ». Belle exhortation au courage et à la persévérance ! Cette maxime n’est en aucun cas une publicité subliminale ou une promotion pseudo-culturelle pour une marque de margarine comme certains auraient pu le croire. Gagarine plutôt que  margarine !

     La promotion de la margarine n’est qu’une tâche (de graisse) bien terre à terre dévolue aux têtes de gondoles pensantes. A chacun son métier n’est-il pas vrai ?

      Nous continuons, quant à nous, le nôtre qui consiste à apporter à nos lecteurs, sans complexes et sans langue de bois, quelques amuse-gueule propres à entretenir leur appétit de réflexion et d’information. En ce domaine,  anorexie ou disette sévissent endémiquement par nos contrées,  et notre tâche vise seulement  à pallier les carences induites par cet état de fait. A défaut de supplément d’âme, nous souhaitons apporter un complément alimentaire (ou non alimentaire ?) en la matière. Ou encore, si vous aimez mieux, Chantecler fait de l’humanitaire.    

           Le cadre temporel de l’anecdote que nous conterons aujourd’hui se situe à la fin de la deuxième décennie du troisième millénaire. Cette étiquette solennelle ne doit pas vous impressionner, pas plus que les citations latines ! La fin de la deuxième décennie du troisième millénaire c’est presque demain !

       Ce jour-là Prosper Ducharme a sorti son vélo made in China. Bien qu’octogénaire, Prosper Ducharme est encore vert, ses quadriceps qui ne sont pas tout à fait au minimum vieillesse devraient encore supporter quelques % dans les côtes. Non,  perfides interprétateurs, Prosper Ducharme n’est pas Chochotte ! Prosper, c’est Prosper ! Un point c’est tout !

       Voilà quelques années que son épouse, soucieuse de la forme de son Prosper, à l’abdomen un tantinet prospère, lui a offert cette bicyclette. Depuis ce temps, l’objet prend la poussière, attendant, dans la remise au fond de la cour, que Prosper se décide à l’enfourcher. Mais, comme tu le sais trop bien cher lecteur, il y a loin de la coupe aux lèvres et l’âge a tempéré les ardeurs musculaires de Prosper …

      Et pourtant, ce jour-là, Prosper Ducharme s’est enfin résolu à sortir son vélo bien décidé à monter jusqu’au Charmoy. C’est que les copains du bistrot lui ont dit que là-haut, il y avait du nouveau et surtout, surtout…  des promos à gogo ! Et puis, lui a soufflé bobonne, toute heureuse de voir son cadeau servir enfin, tu ne risques rien Prosper, tu sais bien qu’ils ont fait des pistes cyclables ! Tiens prends donc encore deux trois filoches, on ne sait jamais, çà peut toujours servir !

    Prosper, pédalant, entame à présent l’ascension de la pente, pestant contre la puissance ridicule de ce vélo made in China qui n’avance pas. Sale camelote de Chinetoque ! Le souffle court et  le vent dans le nez, notre Prosper désespère, suant et soufflant. C’est en eau et tout rougeaud qu’il arrive enfin là-haut ! « Per aspera ad astra ! »

       Et s’épongeant le front, il contemple enfin…les maïs mûrissants tout frémissants au vent du Sud. Nib de nib ! Rien de nouveau ! Ah ! les salauds !

     Pschtt ! Paf ! Prosper n’est pas descendu de vélo que son pneu arrière expire bruyamment. Sale camelote de Chinetoque ! Voilà notre Prosper qui s’exaspère : pas question de redescendre à pied ! Songeur, il contemple le château d’eau des Granges Hautes, silhouette austère et grise qui semble le narguer, lui, Prosper, altéré par l’effort, qui boirait bien la mer et les poissons, en promo ou non !

    L’œil morne, Prosper avise le Rond-Point de l’Europe et son groupe sculptural récemment inauguré : un caddie géant que tire vers le ciel, dans le style de Chalder, un attelage de chiroptères aux ailes articulées de tôle forte bichromatée. « Per aspera ad astra ! »  

      « Le taxi de Monsieur est avancé » pense Prosper. C’est qu’à défaut de jarrets, Prosper ne manque pas d’imagination. Un automobiliste intrigué aperçoit bientôt Prosper poussant l’attelage hors de son mamelon gazonné. Sans doute un départ pour une exposition à la Biennale, pense le quidam un peu artiste qui a du goût pour la peinture…

        Que nenni ! En voiture Prosper ! Dans un battement d’ailes infernal, le Char de la Nuit dévale enfin la pente entraînant Prosper triomphant dans son caddie, tel Ben-Hur sur son char, vers le centre ville.

      C’est dans un vacarme d’atelier de chaudronnerie à plein régime que devait se produire enfin la collision du véhicule de Prosper avec un VAB du 511 en partance pour le Valdahon. Le pilote du VAB commotionné avoue pourtant avoir crié : « Arrête ton char Ben-Hur ! ». Le VAB, fortement endommagé malgré son surblindage, ira à la casse. Prosper va bien.

       Il paraît que des polytechniciens venus tout exprès de Paris ont autopsié le Char de la Nuit qui s’est révélé, malgré son coût modique, facteur déterminant en des temps de rigueur sans cesse annoncée, un redoutable système d’armes conjuguant efficacité logistique, puissance de choc et aéromobilité tout temps. De source bien informée, il semblerait même qu’une chaîne de fabrication pourrait être prochainement opérationnelle…au Charmoy !

       Bien que n’étant pas un ex-Beattles, Prosper, inventeur génial du nouveau char Leclerc du troisième millénaire, a été  pressenti à l’Elysée pour la prochaine promo de « la  rouge ». « Per aspera ad astra ! »

       Nos lecteurs branchés rock, désireux sans doute d’une illustration plus pulsante et sans prise de tronche de l’adage Per aspera ad astra , pourront écouter ad libitum la chanson du même titre interprétée par Idola sur le lien

http://www.hello.dj/idola/seta       

      Les adeptes du casque à pointe préférerons peut être la marche Per aspera ad astra qui devrait être jouée en grande pompe à l’inauguration de la chaîne de montage du Char de la Nuit (NACHTPANZER) au Charmoy qui sera construite grâce au crédit Merkel pour la modernisation du Corps franco-allemand. Une dernière confidence : Prosper en raffole — de la marche, pas d’Angela ! — et l’écoute en boucle depuis son aventure.

http://www.youtube.com/watch?v=qOD1K4gW9bQ&feature=related

      A vos casques, les cosmonautes ! 

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 11 septembre 2012 (J+238 après la CNAC)

 

 

 

 

    

       

 

 

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Publié par Cl.S., Auxonnais - dans Figures libres
30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (3)  – du 30 août 2012 (J+226 après la CNAC)

                  Le troisième et dernier volet de notre grand article illustré en couleurs « Décodeurs d’affiches » est à placer, hic et nunc, dans le présent auxonnais, au sein de la rumeur ambiante autour des projets  au Charmoy. A écouter le bruissement de cette rumeur qui divague sans collier dans nos rues depuis des mois, sevrée qu’elle est depuis longtemps de tout communiqué officiel, on la sent nourrie, et assez mal, de tous les potins, de tous les préjugés et de tous les fantasmes possibles et imaginables.

    Il n’est pas dans notre intention de faire l’inventaire et la relation détaillée des scénarios divers sortis de l’imagination fertile de nos concitoyens, stimulée, après l’indigestion médiatique des années 2009, 2010 et 2011, par l’inanition qui sévit à présent en matière de communication sur le projet. C’est plutôt par voie d’affiches que nous apporterons notre contribution à l’histoire d’une affaire qui commença par des affiches !

      Illustrant quelques scénarios glanés parmi d’autres, voici donc trois affiches proposées à votre libre imagination, sans analyse savante et sans clé de lecture. En effet, Après deux articles de décodage, nous estimons que nos fidèles lecteurs sont à même de passer aux travaux pratiques. Ceux ou celles qui le souhaiteraient, nous encourageraient beaucoup, en nous faisant part de leurs remarques.

          En regard de chacune de ces affiches, et dans un souci d’information, nous indiquons au lecteur curieux les références médiatiques qui nous les ont inspirées.

Darwin au Charmoy

 

Source : Le Bien Public du 13 janvier 2011 sous le titre « Oui à l’hyper, non au Brico ! »

« Initialement prévu sur une aire de 9100 mètres carrés, le projet se limite finalement à un hypermarché avec boutiques. »

« Exit les 9100 mètres carrés d’aménagement commercial initialement prévus, place à un projet à taille humaine »

 Et à bientôt l’extinction des dinosaures !

 

Small is beautiful !

 

 

Sous les maïs les gondoles

 

Source :

Le Bien Public du 23 janvier 2012

   « Leclerc refait surface » (titre)

 

Voilà du sensationnel à lagune !

Site du Bien Public du 19 janvier 2012

« Et maintenant ? « Le permis de construire sera prochainement déposé »

Le temps quand même de laisser mûrir les panouilles pour les pigeons de Saint-Marc !

 

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc         

 

A l'horizon ...Source : Site du Bien Public du 19 janvier 2012

« Normalement, à l’horizon 2013, l’outil sera disponible. »

Cet « outil », pour de l’acier rapide, c’est de l’acier rapide !

Le Bien public du 20 janvier 2012 :

           « Une fois le permis de construire déposé, nous aurons deux mois pour vérifier que toutes les contingences respectent les exigences du plan local d’urbanisme. Je pense donc que tout va aller très vite et qu’en 2013 le projet verra le jour. »

Le Bien Public du 23 janvier 2012 :

    « Désormais la création d’un hypermarché Leclerc et d’une galerie marchande pour une surface totale de 4000 mètres carrés n’est plus hypothétique mais bel et bien prévue à l’horizon 2013 » Sylvain Clément.

Anne, ma sœur Anne…

 

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 août 2012 (J+226 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (2)  – du 27 août 2012 (J+223 après la CNAC)

         Dans le volet précédent de cet article, nous avions sommairement commenté quelques affiches mettant en évidence les stratégies de récupération permettant d’opérer les détournements les plus hardis au profit de la mobilisation des foules vers la consommation. Par bonheur, le grand capital n’a pas encore le monopole de la récupération et nous avions aussi présenté quelques productions « réfractaires et imaginatives » !

      La grande croisade de juin 2010 à Auxonne en faveur de « lendemains qui chantent » pour le consommateur rejoindra bientôt, dans les annales de l’enfumage, les slogans de 68 récupérés par les grandes chaînes censées libérer l’oppression qui écrase le pouvoir d’achat.

   Au nom de cet idéal proclamé et au mépris du respect de l’espace public, « on » placarda  toute une ville en jaune-fluo avec des OUI imprimés à LURE. On ne peut cependant dire que la création imaginative ait été le caractère le plus évident de l’opération auxonnaise !

      Dans ce deuxième volet de notre article – qui en comprendra un troisième – nous voudrions, dans un exercice à la façon de Cyrano de Bergerac, montrer à nos piètres publicitaires ce qu’ils auraient pu trouver !

       Amis lecteurs, imaginez donc que Chantecler a découvert récemment dans un vide-grenier un lot de vieux papiers provenant de l’officine de publicité « Pub Bis Au poil »                               

      Ce lot, obtenu pour une aumône, comprend des maquettes originales de projets ainsi que les courriers explicatifs correspondants adressés à un « client ». Du carton de cette trouvaille providentielle, nous avons extrait les meilleures feuilles pour votre information et surtout pour votre plaisir.

 

OUI mais NON alimentairePub Bis Au poil           

                               Epinal, le 6 juin 2010

                   Cher Client,

        Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré en collaboration avec un consultant, agrégé de philosophie issu de la rue d’Ulm, il met en relief la subtile dialectique hégelienne du OUI et du NON qui a présidé à la gestation de votre projet. En ce qui concerne le pictogramme, par son caractère d’interdiction d’un des instincts les plus incoercibles de l’homme-animal, il opérera, par un effet pavlovien, un rejet viscéral du NON  stimulant l’investissement pulsionnel au profit du OUI. Ainsi, du NON du 17 décembre 2008 au OUI « massif » que vous ne manquerez pas d’obtenir prochainement par la vertu de nos productions, vous réaliserez bientôt la synthèse victorieuse !    

 

 

 

Pour des poumons verts

Pub Bis Au poil           

                         Epinal, le 6 juin 2010

 

                      Cher Client,

 

       Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré dans notre grande tradition chromatique de l’image avec le concours d’hygiénistes et d’experts en matière d’environnement, il consacre et illustre un des bienfaits attendus du projet que le dossier traduit en ces termes : « le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion commerciale ».

  Complémentairement à l’ancrage respiratoire fondamental, le graphisme, qui ne manque pas de souffle, conjugue hardiment coup de cœur et signe de ralliement tutélaire d’une silhouette austère et totémique dominant et repérant la zone. Le cœur ou la raison ramèneront donc à coup sûr au bercail les brebis égarées en voie d’évasion et ne manqueront pas de vous assurer d’abord un OUI « massif ».

     

Chiroptère Pépère

Pub Bis Au poil            

                         Epinal, le 6 juin 2010

Cher Client,

            Nous avons souhaité d’abord, par ce modèle,  recueillir les suffrages des amis de la faune sauvage en illustrant l’engagement suivant pris dans le projet : « Afin de tenir compte de la protection de cette espèce [chauve-souris], l’enseigne lumineuse de la façade sera éteinte à 21 h. Rappelons que cette enseigne ne sera pas apposée sur la toiture mais en façade, d’où un gêne réduite pour les oiseaux et les chauves-souris ».

Il restait à choisir entre faune diurne et faune nocturne. Nous avons résolument opté pour le versant nocturne, à notre sens, plus porteur de rêve. Nous nous sommes attachés toutefois, par un graphisme fun, à dépouiller la figure de la chauve-souris de tout relent vampirique susceptible d’écarter malencontreusement les suffrages féminins. Notre chauve-souris de charme du Charmoy saura séduire aussi les petits dont le rôle de prescripteurs pour le OUI n’est pas à négliger.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 août 2012

(J+223 après la CNAC)

 

 

 

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 00:00

 COQ  À  L’ÂME – du 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

       Le bel été est enfin arrivé et la torpeur vacancière s’installe. Les affaires sont suspendues et aucun permis de construire au Charmoy n’a encore été déposé pour l’instant, situation problématique semblant contredire l’assurance municipale, donnée dès janvier dernier, d’un dépôt "prochain".

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc

        Chantecler, qui n’est pas plus con que les autres, a donc décidé d’interrompre momentanément ses travaux jusqu’à nouvel ordre. Sa destination de vacances est tenue secrète pour l’instant, même si des proches indiscrets ont fait récemment mention d’une « cité impériale équipée d’un port royal ». Diable ! Le bougre ne se mouche pas du pied !

        Malgré ses goûts de luxe, Chantecler reste néanmoins un coq industrieux, il ne voudrait pas laisser ses lecteurs en plan sans leur procurer une dernière lecture à se mettre sous la dent.

       Comme les Capucins faisaient du bruit dans Landerneau, Chantecler, qui ne veut pas être en reste, a convoqué  Jean-Jacques Lebel dans la Capitale de l’Oignon !

   Tout comme son homonyme, le légendaire fusil Lebel (Mle 1886), inséparable de sa piquante Rosalie, Jean-Jacques Lebel fait souvent mouche dans le monde de l’art. Il expose, pour l’instant, au Centre Pompidou de Metz comme les médias en ont rendu compte :   

      « L'exposition 1917 au Centre Pompidou-Metz est l'un des événements incontournables de l'été, à voir absolument jusqu'au 24 septembre [2012] »         

         « Le temps fort de cette méga exposition, c'est un mur entier de douilles d'obus gravées, une installation de l'artiste contemporain Jean-Jacques Lebel d'objets de mort transformés en objets d'art, ce que l'on a appelé l'art ou l'artisanat des tranchées. (France-INFO 31 mai 2012)                                           

      « Moment de doute de la peinture, 1917 marque le triomphe de l’objet. Si les Allemands ont interdiction de recueillir toute pièce de métal qui pourrait être refondue par l’armée, des poilus anonymes français, anticipant sur les accumulations à venir d’Arman dans les années 60, réalisent des sculptures comme autant de « s’en fout la mort », à partir de résidus d’obus et d’armes. Jean-Jacques Lebel a ainsi pu réunir plus d’un millier de douilles sculptées de la Première Guerre mondiale, souvent incisées à la pointe de la baïonnette, et décorées d’inscriptions, de motifs floraux ou érotiques. »  (« 1917 : De guerre lasse »   par Emmanuel Daydé)

L'Expostion. 1917 

    Le clairon de l’armistice a sonné depuis bien longtemps à Metz comme à Auxonne,  pourtant, la métaphore guerrière fait toujours recette. Un promoteur n’a-t-il pas déclaré naguère au Maire d’Auxonne : « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu »   (Le Bien Public du 12/10/09). Ils sont partis au feu mais, pour l’heure, le conquérant reste invisible sur la cote 198 au Charmoy. La bannière de l’hyper ne flotte pas encore sur la crête  Chantecler au front            

 Faisant fi des rodomontades et  emboitant le pas à Jean-Jacques Lebel,  Chantecler entreprend donc aujourd’hui de s’exposer pour le plaisir visuel de ses fidèles lecteurs en présentant quelques œuvres anonymes,  « s’en fout la mort » gravés ou martelés, sur le thème du coq victorieux. La  revue Léz’ARTS  nous fera sous peu l’honneur de publier cette chronique dans ses colonnes. Ainsi se trouve reconnue la vocation artistique nouvelle du Charmoy.

    Remerciements à Jean-Jacques Lebel qui ne nous en voudra pas d’avoir ajouté cette petite queue (de lézard de tranchée) à son grand mur et bon appétit aux vrais  amateurs de coq au vin  qui devraient se régaler encore une fois.

     En attendant, bonnes vacances à toutes et à tous, « à pied, à cheval et en spoutnik » !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:00

HONORÉ PAR BALZAC – du 18 juillet 2012 (J+183 après la CNAC)

  L'Art au Charmoy                           

Le kaléidoscope de nos points de vue sur la zone du Charmoy nous a finalement conduit à aborder le monde de l’art dans nos deux derniers articles. D’aucuns jugeront que nous nous sommes fourvoyé dans cette voie. Ils se trompent en cela lourdement. 

     En effet, Chantecler a  souhaité délibérément cette ouverture, reprenant à son compte et pour un temps la déclaration de MEL : « Je suis aujourd’hui convaincu que l’art peut nous sortir du marasme. C’est une fenêtre ouverte sur le ciel. Il redonne envie d’être curieux ! »        

     Sans une curiosité renouvelée par la pratique de l’ascèse de la « fenêtre ouverte sur le ciel » aurions-nous jamais  rencontré et découvert  « L’ère atomique » ?http://www.evene.fr/arts/actualite/michel-edouard-leclerc-dans-le-landerneau-de-l-art-

      Notre bénévole inspirateur déclarait cependant au JDD le 16 juin dernier : "C’est quand même un paradoxe. D’anciens épiciers soutiennent l’art sur le service public".  

      Nous l’assurons qu’il y a trop de retenue et de modestie à voir un paradoxe dans un penchant naturel nié seulement par un préjugé imbécile que le grand Balzac, déjà, condamnait en ces termes :

       « A mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. […] On crie : « Vous êtes des épiciers ! » pour dire une infinité d’injures. […] Il est temps d’en finir avec ces Dioclétiens de l’épicerie. Que blâme-t-on chez l’épicier ? […] Serait-ce qu’un épicier est censé ne pas penser le moins du monde, ignorer les arts, la littérature et la politique ? Et qui donc a engouffré les éditions de Voltaire et de Rousseau ? […] qui court voir et admirer le musée de Versailles ? […] L’épicier, l’épicier, toujours l’épicier ! » (Honoré de Balzac « L’épicier » dans Les Français peints par eux-mêmes)

 

L'Epicier de l'Ere atomique        Sur cette défense et illustration de l’épicier empruntée à Balzac, nous proposons à nos lecteurs de clore cette petite trilogie artistique, impromptu inspiré par l’ouverture récente d’une « fenêtre sur le ciel » aux Capucins de Landerneau.

       N.B. : L’œuvre illustrant cet article est inspirée par une réclame du Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie d’Albert Seigneurie (8ème édition, Paris, 1952)

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juillet 2012 (J+183  après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:00

                      

L’ÈRE ATOMIQUE - du 16 juillet 2012

 (J+181 après la CNAC)

 

   

 

  Dans notre précédent article, nous évoquions l’aube d’une ère culturelle à Landerneau et déplorions la destruction passée du couvent des Capucins d’Auxonne. La décision de le démolir à la fin de la Restauration apparaît comme une bévue en ce début de 21ème  siècle qui voit, en terre de Bretagne, le modeste séjour des moines mendiants accéder, par les bienfaits du mécénat, au statut nouveau de temple de l’art contemporain.

     Mais voilà la carence auxonnaise palliée comme par enchantement. Par l’intervention probable de Morgane et de Merlin, magiques bienfaiteurs bretons, une œuvre d’art vivante a surgi sur la zone du Charmoy, performance conjuguée de la luxuriance des maïs, de la permanence surplombante et minérale du Château d’eau des Granges Hautes et de la lumière ineffable de nos ciels auxonnais.

    Un regard d’artiste, dessillé par l’eau lustrale d’une perspective renouvelée sur le monde objectif, opère le miracle, faisant d’un humble espace cultural un espace culturel !

    A tous ses concitoyens Chantecler conseille vivement une montée cathartico-initiatique vers le Charmoy, pour la contemplation d’un tableau agrico-cosmique.

    Loin des expositions en vogue où le Tout Paris se bouscule, enfilez donc le Vieux Chemin de Dole jusqu’aux dernières habitations, arrivé là, tournez votre regard en direction de la RD 905 : l’œuvre se dévoilera pour vous, accrochée aux cimaises du ciel !

    Contemplez à présent « L’ère atomique »

L'Ere atomique

    En cet été boudeur et arrosé voilà bien, chers concitoyens, un but capable de concilier la promenade hygiénique et le plaisir esthétique, le tout sans bourse délier.

     La barde vahiné, Adélaïde Moruroa-Gauguin, arrière-petite-fille naturelle du grand peintre a bien voulu confier ses impressions à  Chantecler : « La force oppressante de l’œuvre d’une facture vigoureuse réside dans le contraste entre la silhouette totémique et muette du champignon et la luxuriance végétale bruissante du premier plan qui semble pressentir la menace du souffle destructeur qui l’anéantira à jamais. Ces maïs frémissants ne semblent-ils pas en effet murmurer à notre oreille nevermore ? »

 

      Hommage aux auteurs du N° 4 de 1954 de la collection « La Voix des Poètes » auquel nous avons emprunté sa couverture, remplaçant le dessin de Cocteau par la perspective sur le Charmoy et remerciements à la barbe vanillée !

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 juillet 2012 (J+181 après la CNAC)

 

 

 

 

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 00:00

 A Pierre-Louis Monteiro 

LES VOIX DU MARCHÉ – du 15 juin 2012 (J+150 après la CNAC)

  

     Si l’on excepte Paris et le massacre pompidolien « moderniste » des Halles de Baltard, la plupart des villes ont gardé dans leurs cœurs les halles et les marchés d’un autre temps. Ces lieux ont conservé leur destination première et, quelques jours par semaine, on les voit s’animer du spectacle millénaire et universel des petits commerces de détail. La clientèle, certes, a un peu vieilli, notamment dans les villes de province, mais les marchés vivent toujours comme autant de petits forums animés et hauts en couleurs rompant la grisaille ambiante.

       En période d’élections, les divers candidats ou leurs militants actifs n’omettent jamais de sacrifier au rite du « tractage sur le marché ». S’ils n’ont pas le savoir-faire inimitable des camelots qui n’ont pas fait Sciences-Po et vendent pourtant aux gogos les camelotes les plus insolites, du moins dispensent-ils à la sauvette, un peu contrits parfois, sourires et poignées de mains. Et si l’accueil n’est pas trop rêche, ils glissent au passage à la ménagère sympathique un tract sur papier glacé qu’elle ne lira jamais et qui rejoindra au mieux, plié en quatre, la botte de poireaux du cabas à roulettes. Mais qu’importe ! Pas plus qu’on ne répond à l’offre du camelot en raison d’un besoin, on ne choisit son vote en raison d’arguments écrits. Tous les marchands et tous les politiques connaissent cette règle élémentaire. Et tant qu’elle durera, on verra les uns et les autres sur les marchés.

       Ce commerce humain, ce microcosme désuet conservé au cœur des villes est touchant. Et le tract froissé qui en fin de matinée rejoint la cagette de pêches talées « Ça sent si bon la France ! ». Cependant, au-dessus des voix du marché, du petit aligoté et du poulet de la ferme, il y a le talon de fer, les lois d’airain du marché et tout autour des villes, les supers, les hypers et les gigamarchés qui regardent d’un air goguenard et calculateur ces survivances archaïques pour bobos, écolos et petites vieilles. Peanuts que tout cela ! L’avenir appartient aux drives !

       Gentils politiques, c’est notoire, nombreux sont parmi vous ceux qui choient la grande distribution. A ceux-ci, je demande aujourd’hui: « Quand les souks d’un autre âge qui survivent dans nos centres villes auront un beau jour disparu au nom des normes et de la concurrence, quand les mémés bancales, les retraités chenus, les joueurs d’accordéon et autres mendigots auront cessé leur déambulation improbable dans ces lieux pleins d’odeurs,  où irez-vous distribuer vos tracts ? »

      Sur les parkings des hypers peut-être ? Perdus dans le flux des caddies et des voitures, vous accosterez alors le chaland pressé qui, surpris de ne pas trouver la liste des promos sur votre prospectus, vous le renverra en boule au milieu de la figure. Ou bien encore, tel le mendiant au feu rouge, vous vous inclinerez à la vitre baissée du client du drive au risque de vous faire éconduire par les agents de sécurité ?

         Gentils politiques, vous qui choyez la grande distribution, je vous le dis :   « Vous aurez tant et tant servi les tenants des lois du marché, que vous aurez perdu votre charmant terrain de jeu et réussi à rendre aphones les voix du marché ! »

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 juin 2012 (J+ 150 après la CNAC)

 

 

 

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