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  • Claude Speranza, Auxonnais
  • Auxonne, environnement, actualité,  hypermarché, grande distribution, société
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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 00:00

DÉCODEUR D’AFFICHES (2)  – du 27 août 2012 (J+223 après la CNAC)

         Dans le volet précédent de cet article, nous avions sommairement commenté quelques affiches mettant en évidence les stratégies de récupération permettant d’opérer les détournements les plus hardis au profit de la mobilisation des foules vers la consommation. Par bonheur, le grand capital n’a pas encore le monopole de la récupération et nous avions aussi présenté quelques productions « réfractaires et imaginatives » !

      La grande croisade de juin 2010 à Auxonne en faveur de « lendemains qui chantent » pour le consommateur rejoindra bientôt, dans les annales de l’enfumage, les slogans de 68 récupérés par les grandes chaînes censées libérer l’oppression qui écrase le pouvoir d’achat.

   Au nom de cet idéal proclamé et au mépris du respect de l’espace public, « on » placarda  toute une ville en jaune-fluo avec des OUI imprimés à LURE. On ne peut cependant dire que la création imaginative ait été le caractère le plus évident de l’opération auxonnaise !

      Dans ce deuxième volet de notre article – qui en comprendra un troisième – nous voudrions, dans un exercice à la façon de Cyrano de Bergerac, montrer à nos piètres publicitaires ce qu’ils auraient pu trouver !

       Amis lecteurs, imaginez donc que Chantecler a découvert récemment dans un vide-grenier un lot de vieux papiers provenant de l’officine de publicité « Pub Bis Au poil »                               

      Ce lot, obtenu pour une aumône, comprend des maquettes originales de projets ainsi que les courriers explicatifs correspondants adressés à un « client ». Du carton de cette trouvaille providentielle, nous avons extrait les meilleures feuilles pour votre information et surtout pour votre plaisir.

 

OUI mais NON alimentairePub Bis Au poil           

                               Epinal, le 6 juin 2010

                   Cher Client,

        Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré en collaboration avec un consultant, agrégé de philosophie issu de la rue d’Ulm, il met en relief la subtile dialectique hégelienne du OUI et du NON qui a présidé à la gestation de votre projet. En ce qui concerne le pictogramme, par son caractère d’interdiction d’un des instincts les plus incoercibles de l’homme-animal, il opérera, par un effet pavlovien, un rejet viscéral du NON  stimulant l’investissement pulsionnel au profit du OUI. Ainsi, du NON du 17 décembre 2008 au OUI « massif » que vous ne manquerez pas d’obtenir prochainement par la vertu de nos productions, vous réaliserez bientôt la synthèse victorieuse !    

 

 

 

Pour des poumons verts

Pub Bis Au poil           

                         Epinal, le 6 juin 2010

 

                      Cher Client,

 

       Nous espérons que ce modèle d’affiche vous donnera toute satisfaction. Elaboré dans notre grande tradition chromatique de l’image avec le concours d’hygiénistes et d’experts en matière d’environnement, il consacre et illustre un des bienfaits attendus du projet que le dossier traduit en ces termes : « le projet aura un impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion commerciale ».

  Complémentairement à l’ancrage respiratoire fondamental, le graphisme, qui ne manque pas de souffle, conjugue hardiment coup de cœur et signe de ralliement tutélaire d’une silhouette austère et totémique dominant et repérant la zone. Le cœur ou la raison ramèneront donc à coup sûr au bercail les brebis égarées en voie d’évasion et ne manqueront pas de vous assurer d’abord un OUI « massif ».

     

Chiroptère Pépère

Pub Bis Au poil            

                         Epinal, le 6 juin 2010

Cher Client,

            Nous avons souhaité d’abord, par ce modèle,  recueillir les suffrages des amis de la faune sauvage en illustrant l’engagement suivant pris dans le projet : « Afin de tenir compte de la protection de cette espèce [chauve-souris], l’enseigne lumineuse de la façade sera éteinte à 21 h. Rappelons que cette enseigne ne sera pas apposée sur la toiture mais en façade, d’où un gêne réduite pour les oiseaux et les chauves-souris ».

Il restait à choisir entre faune diurne et faune nocturne. Nous avons résolument opté pour le versant nocturne, à notre sens, plus porteur de rêve. Nous nous sommes attachés toutefois, par un graphisme fun, à dépouiller la figure de la chauve-souris de tout relent vampirique susceptible d’écarter malencontreusement les suffrages féminins. Notre chauve-souris de charme du Charmoy saura séduire aussi les petits dont le rôle de prescripteurs pour le OUI n’est pas à négliger.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 27 août 2012

(J+223 après la CNAC)

 

 

 

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 00:00

 COQ  À  L’ÂME – du 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

       Le bel été est enfin arrivé et la torpeur vacancière s’installe. Les affaires sont suspendues et aucun permis de construire au Charmoy n’a encore été déposé pour l’instant, situation problématique semblant contredire l’assurance municipale, donnée dès janvier dernier, d’un dépôt "prochain".

http://www.bienpublic.com/social/2012/01/19/feu-vert-pour-le-projet-Leclerc

        Chantecler, qui n’est pas plus con que les autres, a donc décidé d’interrompre momentanément ses travaux jusqu’à nouvel ordre. Sa destination de vacances est tenue secrète pour l’instant, même si des proches indiscrets ont fait récemment mention d’une « cité impériale équipée d’un port royal ». Diable ! Le bougre ne se mouche pas du pied !

        Malgré ses goûts de luxe, Chantecler reste néanmoins un coq industrieux, il ne voudrait pas laisser ses lecteurs en plan sans leur procurer une dernière lecture à se mettre sous la dent.

       Comme les Capucins faisaient du bruit dans Landerneau, Chantecler, qui ne veut pas être en reste, a convoqué  Jean-Jacques Lebel dans la Capitale de l’Oignon !

   Tout comme son homonyme, le légendaire fusil Lebel (Mle 1886), inséparable de sa piquante Rosalie, Jean-Jacques Lebel fait souvent mouche dans le monde de l’art. Il expose, pour l’instant, au Centre Pompidou de Metz comme les médias en ont rendu compte :   

      « L'exposition 1917 au Centre Pompidou-Metz est l'un des événements incontournables de l'été, à voir absolument jusqu'au 24 septembre [2012] »         

         « Le temps fort de cette méga exposition, c'est un mur entier de douilles d'obus gravées, une installation de l'artiste contemporain Jean-Jacques Lebel d'objets de mort transformés en objets d'art, ce que l'on a appelé l'art ou l'artisanat des tranchées. (France-INFO 31 mai 2012)                                           

      « Moment de doute de la peinture, 1917 marque le triomphe de l’objet. Si les Allemands ont interdiction de recueillir toute pièce de métal qui pourrait être refondue par l’armée, des poilus anonymes français, anticipant sur les accumulations à venir d’Arman dans les années 60, réalisent des sculptures comme autant de « s’en fout la mort », à partir de résidus d’obus et d’armes. Jean-Jacques Lebel a ainsi pu réunir plus d’un millier de douilles sculptées de la Première Guerre mondiale, souvent incisées à la pointe de la baïonnette, et décorées d’inscriptions, de motifs floraux ou érotiques. »  (« 1917 : De guerre lasse »   par Emmanuel Daydé)

L'Expostion. 1917 

    Le clairon de l’armistice a sonné depuis bien longtemps à Metz comme à Auxonne,  pourtant, la métaphore guerrière fait toujours recette. Un promoteur n’a-t-il pas déclaré naguère au Maire d’Auxonne : « Faire un hypermarché sur sa commune, c’est partir au feu »   (Le Bien Public du 12/10/09). Ils sont partis au feu mais, pour l’heure, le conquérant reste invisible sur la cote 198 au Charmoy. La bannière de l’hyper ne flotte pas encore sur la crête  Chantecler au front            

 Faisant fi des rodomontades et  emboitant le pas à Jean-Jacques Lebel,  Chantecler entreprend donc aujourd’hui de s’exposer pour le plaisir visuel de ses fidèles lecteurs en présentant quelques œuvres anonymes,  « s’en fout la mort » gravés ou martelés, sur le thème du coq victorieux. La  revue Léz’ARTS  nous fera sous peu l’honneur de publier cette chronique dans ses colonnes. Ainsi se trouve reconnue la vocation artistique nouvelle du Charmoy.

    Remerciements à Jean-Jacques Lebel qui ne nous en voudra pas d’avoir ajouté cette petite queue (de lézard de tranchée) à son grand mur et bon appétit aux vrais  amateurs de coq au vin  qui devraient se régaler encore une fois.

     En attendant, bonnes vacances à toutes et à tous, « à pied, à cheval et en spoutnik » !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 26 juillet 2012 (J+191 après la CNAC)

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 00:00

HONORÉ PAR BALZAC – du 18 juillet 2012 (J+183 après la CNAC)

  L'Art au Charmoy                           

Le kaléidoscope de nos points de vue sur la zone du Charmoy nous a finalement conduit à aborder le monde de l’art dans nos deux derniers articles. D’aucuns jugeront que nous nous sommes fourvoyé dans cette voie. Ils se trompent en cela lourdement. 

     En effet, Chantecler a  souhaité délibérément cette ouverture, reprenant à son compte et pour un temps la déclaration de MEL : « Je suis aujourd’hui convaincu que l’art peut nous sortir du marasme. C’est une fenêtre ouverte sur le ciel. Il redonne envie d’être curieux ! »        

     Sans une curiosité renouvelée par la pratique de l’ascèse de la « fenêtre ouverte sur le ciel » aurions-nous jamais  rencontré et découvert  « L’ère atomique » ?http://www.evene.fr/arts/actualite/michel-edouard-leclerc-dans-le-landerneau-de-l-art-

      Notre bénévole inspirateur déclarait cependant au JDD le 16 juin dernier : "C’est quand même un paradoxe. D’anciens épiciers soutiennent l’art sur le service public".  

      Nous l’assurons qu’il y a trop de retenue et de modestie à voir un paradoxe dans un penchant naturel nié seulement par un préjugé imbécile que le grand Balzac, déjà, condamnait en ces termes :

       « A mes yeux, l’épicier, dont l’omnipotence ne date que d’un siècle, est une des plus belles expressions de la société moderne. […] On crie : « Vous êtes des épiciers ! » pour dire une infinité d’injures. […] Il est temps d’en finir avec ces Dioclétiens de l’épicerie. Que blâme-t-on chez l’épicier ? […] Serait-ce qu’un épicier est censé ne pas penser le moins du monde, ignorer les arts, la littérature et la politique ? Et qui donc a engouffré les éditions de Voltaire et de Rousseau ? […] qui court voir et admirer le musée de Versailles ? […] L’épicier, l’épicier, toujours l’épicier ! » (Honoré de Balzac « L’épicier » dans Les Français peints par eux-mêmes)

 

L'Epicier de l'Ere atomique        Sur cette défense et illustration de l’épicier empruntée à Balzac, nous proposons à nos lecteurs de clore cette petite trilogie artistique, impromptu inspiré par l’ouverture récente d’une « fenêtre sur le ciel » aux Capucins de Landerneau.

       N.B. : L’œuvre illustrant cet article est inspirée par une réclame du Dictionnaire encyclopédique de l’épicerie d’Albert Seigneurie (8ème édition, Paris, 1952)

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 18 juillet 2012 (J+183  après la CNAC)

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 00:00

                      

L’ÈRE ATOMIQUE - du 16 juillet 2012

 (J+181 après la CNAC)

 

   

 

  Dans notre précédent article, nous évoquions l’aube d’une ère culturelle à Landerneau et déplorions la destruction passée du couvent des Capucins d’Auxonne. La décision de le démolir à la fin de la Restauration apparaît comme une bévue en ce début de 21ème  siècle qui voit, en terre de Bretagne, le modeste séjour des moines mendiants accéder, par les bienfaits du mécénat, au statut nouveau de temple de l’art contemporain.

     Mais voilà la carence auxonnaise palliée comme par enchantement. Par l’intervention probable de Morgane et de Merlin, magiques bienfaiteurs bretons, une œuvre d’art vivante a surgi sur la zone du Charmoy, performance conjuguée de la luxuriance des maïs, de la permanence surplombante et minérale du Château d’eau des Granges Hautes et de la lumière ineffable de nos ciels auxonnais.

    Un regard d’artiste, dessillé par l’eau lustrale d’une perspective renouvelée sur le monde objectif, opère le miracle, faisant d’un humble espace cultural un espace culturel !

    A tous ses concitoyens Chantecler conseille vivement une montée cathartico-initiatique vers le Charmoy, pour la contemplation d’un tableau agrico-cosmique.

    Loin des expositions en vogue où le Tout Paris se bouscule, enfilez donc le Vieux Chemin de Dole jusqu’aux dernières habitations, arrivé là, tournez votre regard en direction de la RD 905 : l’œuvre se dévoilera pour vous, accrochée aux cimaises du ciel !

    Contemplez à présent « L’ère atomique »

L'Ere atomique

    En cet été boudeur et arrosé voilà bien, chers concitoyens, un but capable de concilier la promenade hygiénique et le plaisir esthétique, le tout sans bourse délier.

     La barde vahiné, Adélaïde Moruroa-Gauguin, arrière-petite-fille naturelle du grand peintre a bien voulu confier ses impressions à  Chantecler : « La force oppressante de l’œuvre d’une facture vigoureuse réside dans le contraste entre la silhouette totémique et muette du champignon et la luxuriance végétale bruissante du premier plan qui semble pressentir la menace du souffle destructeur qui l’anéantira à jamais. Ces maïs frémissants ne semblent-ils pas en effet murmurer à notre oreille nevermore ? »

 

      Hommage aux auteurs du N° 4 de 1954 de la collection « La Voix des Poètes » auquel nous avons emprunté sa couverture, remplaçant le dessin de Cocteau par la perspective sur le Charmoy et remerciements à la barbe vanillée !

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 16 juillet 2012 (J+181 après la CNAC)

 

 

 

 

 

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 00:00

 A Pierre-Louis Monteiro 

LES VOIX DU MARCHÉ – du 15 juin 2012 (J+150 après la CNAC)

  

     Si l’on excepte Paris et le massacre pompidolien « moderniste » des Halles de Baltard, la plupart des villes ont gardé dans leurs cœurs les halles et les marchés d’un autre temps. Ces lieux ont conservé leur destination première et, quelques jours par semaine, on les voit s’animer du spectacle millénaire et universel des petits commerces de détail. La clientèle, certes, a un peu vieilli, notamment dans les villes de province, mais les marchés vivent toujours comme autant de petits forums animés et hauts en couleurs rompant la grisaille ambiante.

       En période d’élections, les divers candidats ou leurs militants actifs n’omettent jamais de sacrifier au rite du « tractage sur le marché ». S’ils n’ont pas le savoir-faire inimitable des camelots qui n’ont pas fait Sciences-Po et vendent pourtant aux gogos les camelotes les plus insolites, du moins dispensent-ils à la sauvette, un peu contrits parfois, sourires et poignées de mains. Et si l’accueil n’est pas trop rêche, ils glissent au passage à la ménagère sympathique un tract sur papier glacé qu’elle ne lira jamais et qui rejoindra au mieux, plié en quatre, la botte de poireaux du cabas à roulettes. Mais qu’importe ! Pas plus qu’on ne répond à l’offre du camelot en raison d’un besoin, on ne choisit son vote en raison d’arguments écrits. Tous les marchands et tous les politiques connaissent cette règle élémentaire. Et tant qu’elle durera, on verra les uns et les autres sur les marchés.

       Ce commerce humain, ce microcosme désuet conservé au cœur des villes est touchant. Et le tract froissé qui en fin de matinée rejoint la cagette de pêches talées « Ça sent si bon la France ! ». Cependant, au-dessus des voix du marché, du petit aligoté et du poulet de la ferme, il y a le talon de fer, les lois d’airain du marché et tout autour des villes, les supers, les hypers et les gigamarchés qui regardent d’un air goguenard et calculateur ces survivances archaïques pour bobos, écolos et petites vieilles. Peanuts que tout cela ! L’avenir appartient aux drives !

       Gentils politiques, c’est notoire, nombreux sont parmi vous ceux qui choient la grande distribution. A ceux-ci, je demande aujourd’hui: « Quand les souks d’un autre âge qui survivent dans nos centres villes auront un beau jour disparu au nom des normes et de la concurrence, quand les mémés bancales, les retraités chenus, les joueurs d’accordéon et autres mendigots auront cessé leur déambulation improbable dans ces lieux pleins d’odeurs,  où irez-vous distribuer vos tracts ? »

      Sur les parkings des hypers peut-être ? Perdus dans le flux des caddies et des voitures, vous accosterez alors le chaland pressé qui, surpris de ne pas trouver la liste des promos sur votre prospectus, vous le renverra en boule au milieu de la figure. Ou bien encore, tel le mendiant au feu rouge, vous vous inclinerez à la vitre baissée du client du drive au risque de vous faire éconduire par les agents de sécurité ?

         Gentils politiques, vous qui choyez la grande distribution, je vous le dis :   « Vous aurez tant et tant servi les tenants des lois du marché, que vous aurez perdu votre charmant terrain de jeu et réussi à rendre aphones les voix du marché ! »

 C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 15 juin 2012 (J+ 150 après la CNAC)

 

 

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 00:00

 BV 74 – du 6 juin 2012

 

     Désolé de décevoir les mélomanes, il ne s’agira pas, dans cet article, de musicologie comme pouvait le laisser supposer le titre. Il est vrai, Chantecler, ce vieux radoteur, est souvent éclectique (d’aucuns qualifient même ses propos de « saugrenus»), mais nous n’évoquerons, ni ne chanterons même ici la cantate BWV 74 composée par J.S. Bach pour la Pentecôte 1725. Remarquons toutefois, que par un curieux hasard, le récitatif  de cette œuvre : « Die Wohnung ist bereit » traduisons : « La demeure est prête » n’est quand même pas tout à fait étranger à notre thème d’aujourd’hui.

      Au risque de faire frémir les mânes du grand musicien, il nous suffira pour entrer dans le vif du sujet de traduire pragmatiquement « La demeure est prête » car « la maîtrise foncière de la zone est concrétisée ». La translation paraîtra brutale, mais à chaque siècle ses temples ! à chaque siècle ses dieux !

     Le 18 mai 2009, le Conseil municipal de la Ville d’Auxonne décidait à la majorité de céder la parcelle communale BV 74 au Groupe LECLERC (voir extrait à la fin).

    Rappelons que cette délibération officielle venait clore quelques mois d’un travail de prospection que, ne suivant pas en cela les propos des mauvaises langues, nous  qualifierons simplement de « discret ». Ce travail de prospection, mené assidûment sans tambour ni trompette, dut convenir à son bénéficiaire, puisque celui-ci, à la fin des comptes, alla jusqu’à décerner un satisfecit écrit :

       « A ce jour la maîtrise foncière de la zone est concrétisée grâce à votre discrétion. Nous sommes conscients des difficultés que vous rencontrez, mais l’enjeu est de taille. La divulgation aurait fait échoué (sic) le projet »

     (Lettre du Groupe E. Leclerc  datée du 14/04/09 et adressée au Maire d’Auxonne sous la signature de son Président de l’Expansion F. TRITANT. Cette lettre est publiée in-extenso dans Inf’Auxonne N° 25 de Mai 2009 p. 4).

         Le 18 mai 2009, décision était donc prise en assemblée, publiquement et sans crainte de « divulgation » de céder ladite parcelle à la SARL BOUXDIS. Précisons que le « dirigeant principal » (information manageo.fr) de BOUXDIS est Daniel PRUNIER, « propriétaire de trois magasins [LECLERC] en Haute-Saône : un à LURE (5300 m²) et deux à VESOUL (un hyper de 6000 m² et un Leclerc express de 1200 m² couplé à un drive) (information lineaires.com).

        La parcelle BV 74 est une bande de terrain large de 30 m environ, longeant sur près de 300 m le cours du Bief Pérou sur sa rive droite et qui donne sur le chemin rural prolongeant la rue de Rosières. Elle avait été initialement acquise par la ville pour être mise à la disposition d’Agrobio. Les personnes souhaitant de plus amples détails se reporteront avec profit au Procès-verbal du Conseil municipal du 18 mai 2009 disponible sur le site de la Ville d’Auxonne,  les débats soulevés autour de cette cession nous ont semblé très instructifs.

         Nous ignorons le statut immobilier actuel de la parcelle BV 74. Une seule chose est certaine, compte tenu de la modification du projet LECLERC entre 2009 et 2010 (voir le plan sur Chantecler n° 12 du 27 janvier 2012 disponible sur notre site) cette parcelle BV 74 n’est plus, et de loin, dans le périmètre du projet. Qui en est à présent le propriétaire ? Il est probable que ce soit encore la Commune d’Auxonne. Quel est son usage actuel ? Nous l’ignorons.

         Compte tenu des préoccupations environnementales exprimées au cours des derniers mois dans les documents  relatifs aux projets sur la zone du Charmoy, ce site initialement destiné à l’agriculture biologique et longeant sur près de 300 m un « ruisseau préservé » (bien public.com du 19/01/12 et Le Bien Public du 20/01/12), devrait mériter le plus vif intérêt.

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 6  juin 2012

      

EXTRAIT DU PROCÈS VERBAL DU CONSEIL MUNICIPAL DU 18 MAI 2009

 

         7)   CESSION DE PARCELLE DANS LA ZONE DU CHARMOY

 

Dans le cadre de l’aménagement de la zone commerciale du Charmoy, la ville est propriétaire de la parcelle BV 74. Cette parcelle a une contenance de 81 a 26 ca. Comme cela a été proposé aux autres propriétaires fonciers de la zone, il est envisagé de céder cette parcelle au prix de 10 € le mètre carré auquel s’ajoute une indemnité au titre de l’espace d’arbres fruitiers pour une valeur de 18 740 €.

 

Vu l’article L 2121-29 du code général des collectivités territoriales ;

Vu l’avis de la Commission Urbanisme et Développement Economique du 12 mai 2009 ;

Vu l’avis de France Domaine du 19 février 2009 estimant le prix à 3,80€ le mètre carré

 

Le Conseil Municipal décide à la majorité :

 

ARTICLE 1er : de céder  la parcelle BV 74 sis dans la zone du Charmoy, d’une contenance de 81 a 26 ca à la SARL BOUXDIS basée rue du Ladhof (68000 COLMAR) au prix de 10 € le mètre carré auquel s’ajoute une indemnité au titre de l’espace d’arbres fruitiers pour une valeur de 18 740 €.

 

ARTICLE 2 : de confier la préparation de l’acte à Maître HENNART (basé à LURE, 70200)

 

ARTICLE 3 : d’autoriser Monsieur le Maire à signer tout document consécutif à cette session  

        

 

 

 

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 00:00

 DUCHARMOY candidat ! – du 5 juin 2012

 

      Juin 2010, c’est déjà loin….Rappelez-vous pourtant l’atmosphère de kermesse permanente qui régnait alors dans la ville : la grande distribution…de tracts sur les marchés, à la sortie des écoles et dans les boîtes à lettres qui débordaient, les chevauchées fantastiques, et puis des affiches, des affiches partout, de ces belles affiches jaune-fluo comme on n’en fait plus, de ces affiches imprimées à LURE qui disaient OUI et refleurissaient comme par miracle  dès qu’arrachées !

     Et enfin, la récompense bien méritée pour tant de papier gaspillé : un triomphe sorti des urnes le 27 juin au soir, une majorité de OUI introuvable, à faire rêver les amateurs de plébiscites, à faire péter la super-manchette en bleu d’Inf’Auxonne N° 29 !

      Juin 2012 est plus morose, ciel gris et pluie, et puis  l’ère est austère. L’autre jour je pensais, si je m’appelais DUCHARMOY pas DU CHARMOY, trop aristo, mais DUCHARMOY d’un seul morceau ou d’un seul tenant (comme ils en rêvent), si je m’appelais DUCHARMOY, je me présenterais à la députation, on ne me prendrait plus pour un con, on dirait même DUCHARMOY quel joli nom ! Qu’importe qu’il soit du centre, de droite, et même de gauche encore avec, c’est DUCHARMOY que nous voulons !

       Et les belles affiches que je ferais alors avec ce seul slogan DUDUCHE   DUCHARME  DUCHARMOY brochant sur le fond d’un grand pré vert fleuri de boutons d’or ! Floréal et Prairial réunis ! Un vrai printemps arable, la révolution des boutons d’or !

      Mais voilà, je ne m’appelle pas DUCHARMOY. Et puis les noms en Z n’ont plus la vogue par les temps qui courent. Et puis juin 2012 est si  morose, même si fleurissent tant de roses et puis, ma mère,  l’ère est austère !

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 5  juin 2012

      

 

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 00:00

Après les métinges du 1er mai on attend toujours la vague - du 3 mai 2012

   Un rapide coup d’œil, tout d’abord, sur le 1er mai au Charmoy. La CBFCC (Confédération Bourgogne-Franche-Comté des syndicats de Chiroptères) a obtenu « l’extinction de l’enseigne lumineuse » à 20 heures au lieu de 21. Ce fait démontre, s’il en était encore besoin, que les syndicats, ça peut servir à quelque chose !

        Quant à la tornade, prévue et redoutée relativement à l’attente de l’« impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion de la clientèle », elle ne s’est pas produite, la force des vents ayant été mobilisée à destination des  champs d’éoliennes en vue de « tenir l’objectif de 23% de notre consommation finale en énergies renouvelables en 2020 » (Cf. « La France forte »).

       Tout s’est donc passé au mieux avant-hier pour ce 1er mai au Charmoy tout aussi nouveau que le 1er mai au  3-4-0, comme disait l’autre.

      3-4-0 ? Kézako ?

      Duplouc ! Tu connais pas ? Non ! C’est pas un club privé, ni le tiercé gagnant, Le 3-4-0, tout le monde connaît ! La place du 3-4-0, c’est une place à Paris, dans le 16ème, un arrondissement ouvrier. Tu piges ?

      Tiens au fait, hier matin, en écho du discours du 3-4-0, j’avais « La France forte » dans ma boîte.

      Par temps de pluie, je dévore tout ce qui s’imprime, alors j’ai dévoré « La France forte », un peu humide. Dans le cadre de ma petite feuille je ne peux prétendre ennuyer mes lecteurs qui se sont couchés tard avec une recension complète du programme il y a des débats pour ça je m’en tiendrai donc uniquement au premier titre :

« 1. Rendre la parole aux Français »

         «  • Sur les sujets essentiels, solliciter l’avis des Français par référendum en cas de blocage : parce que quand il y va de l’intérêt général, ce n’est pas à des corps intermédiaires ou à des groupes de pression de décider à votre place »

        Ça tombe à pic ! Voilà un sujet à méditer à la lumière de l’affaire du Charmoy. En relisant les annales de Chantecler le lecteur pourra illustrer le propos et suivre à travers un authentique cas d’école le jeu subtil des divers recours aux « corps intermédiaires » (CNAC et CDAC), du recours plus inédit à la consultation, et des pressions, à ces diverses occasions, des lobbies politiques, associatifs ou privés. Rappelons que la consultation de 2010 sur la zone du Charmoy n’était pas un référendum, si tel avait été le cas, le vote serait d’ailleurs resté sans effet puisqu’un référendum requiert au moins 50% de votants.

      Dans le deuxième point de ce premier titre de « La France forte », nous noterons encore en particulier cette intention :

          « •…interdire le cumul entre les fonctions de ministre et de chef d’un exécutif local. »

        Voilà qui est fort de café ! Alors comme ça, mettons, Vercingétorix, chef des Arvernes à Alésia, n’aurait même plus le droit de défendre les intérêts des fonctionnaires de toutes les tribus gauloises à Lutèce !? Il ferait beau voir…On imagine la bronca ! Vraiment ! Y’en a qui veulent gâcher le métier !

         Le lecteur nous pardonnera ces recours à l’histoire et ces incursions dans d’autres domaines que le nôtre. Nous ne prétendons pas, en effet, être exempt des travers et des tics de notre temps. Afin de faire bonne mesure, alors que l’on invoque à tout bout de champ Jaurès, Hugo ou Blum, et soucieux d’être tendance et éclectique, rapportons une expression de Chateaubriand glanée dans un ouvrage de Maurras qui la cite  et en souligne le caractère voluptueux : « la molle intumescence des vagues ». En ces temps d’attente fébrile et trépignante d’une vague montante, il n’est pas certain que le caractère de paresse lascive de l’expression, pourtant délicieuse, soit bientôt unanimement apprécié.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 3 mai 2012

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 00:00

Malgré  un  printemps silencieux,  1er mai  attendu au Charmoy - du 30 avril 2012

 

        Nous ne sommes plus en mai 2009. Le temps a passé ! La zone du Charmoy faisait alors la une d’Inf’Auxonne N° 25 de mai 2009 en ces termes : « En quelques jours, radio, télévision, journaux y compris nationaux, se sont intéressés à notre ville. Un véritable déferlement médiatique… Et pourquoi ce soudain intérêt ? L’aménagement d’une zone d’activités économiques ». Aujourd’hui, cette effervescence médiatique n’est plus qu’un souvenir, l’information sur le sujet a même radicalement disparu d’Inf’Auxonne ainsi que des divers organes d’information écrite à la disposition du lecteur auxonnais.

       Le projet LECLERC de la zone du Charmoy  n’intéresserait-il donc plus que Chantecler qui ne peut pourtant pas être soupçonné d’en être un fervent défenseur ? Il est vrai que nous sommes en période de campagne présidentielle et que d’autres enjeux qui vont être soumis au verdict des urnes préoccupent nos concitoyens.

        Pourtant,  n’avons-nous pas connu, l’an dernier, une campagne à l’occasion de laquelle, la question, dont on espérait sans doute qu’elle ferait recette, avait ressurgi ? Rappelez-vous : le candidat X est pour LECLERC, le candidat Y est contre… Aujourd’hui, l’argument prête à rire, il est vrai que la ficelle, un peu grosse, avait fait pschitt ! Dès le 7 mai prochain, d’autres arguments, clamés et assénés de façon plus ou moins véhémente, nous sembleront à leur tour dérisoires. Pour LECLERC au moins, foin d’arguments, l’affaire semble dans le sac depuis la CNAC du 17 janvier 2012. En voilà un qui de juin 2010 à janvier 2012 aura bien mené sa campagne. Ses alliés politiques lui envient sa baraka !

      En attendant, des manifestations sont prévues pour ce 1er mai sur la zone du Charmoy. Le 1er mai est à la  mode ! Cette mode lancée par le Congrès ouvrier socialiste international réuni en 1889 à Paris et qui démarra le 1er mai 1890 en France, n’était pas alors réservée à la cueillette du muguet, mais à l’obtention de conditions de travail décentes, la journée de 8 heures en particulier. La manifestation tourna à la tragédie à Fourmies, dans le Nord avec mines et sans Marine le 1er Mai 1891, où la troupe tira sur les manifestants.  « La décharge générale, dit Le Figaro (de l’époque !), a duré en tout 4 minutes » : 9 morts et des dizaines de blessés. Aujourd’hui, la mode pacifiée et depuis longtemps récupérée fait un tabac : tout Neuilly va s’encanailler à la manif !

       Revenons à la zone du Charmoy. Des manifs là-bas le 1er mai ? Pas possible ! Détrompez-vous ! Et du new, pas de la récup ringarde en armure ou en Hermès. Formidable ! Electrique ! Une tornade devrait se manifester vers onze heures impatiente de devoir encore attendre l’« impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion de la clientèle ». Espérons qu’elle ne décimera pas les escadrilles de chiroptères venues nuitamment en force des grottes du Jura et bien décidées à obtenir pour leurs congénères auxonnais ce confort moderne promis que sera « l’extinction de l’enseigne lumineuse à 21 heures ». Loin des radotages parisiens de tout poil, enfin du nouveau : une manif cosmique et environnementale à Auxonne ! De quoi susciter, dans ce printemps silencieux, « un véritable déferlement médiatique » !

        

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 30 avril 2012

      

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres
28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 00:00

 Hirondelles – du 28 avril 2012

        Hirondelles         Depuis quelques jours les gazouillis des émigrées en frac sont venus égayer la grisaille ambiante. On en avait bien besoin ! Tant pis pour les grincheux qui ne supportent pas leurs « saletés » et rêvent d’un monde blanc et lisse comme la dalle d’un cimetière !

        En dépit de l’hostilité active ou passive de notre monde moderne, des façades de béton et de verre fumé derrière lesquelles nichent les rapaces des multinationales, en dépit de nos champs silencieux et désertés où se poursuit la guerre chimique, elles reviennent et reprennent sans fin la truelle, leçon d’espoir et de persévérance !

        Parmi tous les twitters qui circulent,  préférons celui des hirondelles ! Les vraies travailleuses de l’espoir et de l’avenir ! Les vraies reines du 1er mai ! Le sage La Fontaine, dans sa fable L’hirondelle et les petits oiseaux attribue à l’hirondelle un rôle prophétique : « Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages/Et devant qu’ils fussent éclos/Les annonçait aux matelots ».

        Oiseau sympathique et émouvant, non pas oiseau de mauvais augure comme il en est tant en ce printemps qui tarde à venir, mais oiseau de courage, de prudence et de clairvoyance !

        J’arrête là mes louanges sur le charmant oiseau, car quelque directeur de campagne ou quelque promoteur transpirant à court d’inspiration sur un dossier juteux pourrait récupérer la dame en frac pour meubler son couplet développement durable. Tout fait ventre en ce domaine : rappelons-nous les « chauves-souris », le « ruisseau préservé », l’« impact positif sur la qualité de l’air grâce à la maîtrise de l’évasion de la clientèle » et autres fariboles !

        N’empêche, pour un coq condamné à chanter dans une bien  triste basse-cour et que plus d’un rêverait de voir finir en barquette ou « au vin », le retour des hirondelles, avant le temps des cerises, quel bonheur, mais quel bonheur pour Chantecler !

      

C. S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 28 avril 2012

      

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Publié par Cl. S., Auxonnais - dans Figures libres