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  • Claude Speranza, Auxonnais
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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 00:00

 

L’IMPRÉVU EST TOUJOURS POSSIBLE – du 26 mars 2011

 

       Chantecler étant une feuille de protestation, j’hésitais, je l’avoue, à écrire cet article, car j’ai assisté hier soir à une réunion ouverte et publique dont il serait difficile et injuste d’épingler l’attitude, tant des organisateurs,  que de l’assistance ou des contradicteurs d’ailleurs parfaitement absents.

         De cet exercice nécessaire et salutaire, je ne m’étais pourtant pas privé à propos d’autres réunions publiques ou privées précédentes et de tous bords.

         J’étais donc hier soir à la réunion publique de Dominique Girard. Aux dires même de Rémi Delatte qui était bien présent, la salle était bondée. Il l’a dit : du jamais vu à la lumière de ses souvenirs et de son expérience auxonnaise des réunions à l’Aiglon !

L’un  au moins des assistants à la réunion privée de la veille dans les mêmes lieux était présent. Je n’ai pas eu la cruauté de lui demander ses impressions.

        Le problème du Charmoy fut évoqué clairement. Il me paraît éminemment nécessaire que la lumière soit faite sur cette affaire, je m’y emploie sans relâche depuis des mois.

        L’absence criante, hier soir, de toute contradiction mandatée au service de Messieurs Langlois, Montial et consorts, suffit à faire la preuve de l’absence de courage, et surtout de  crédibilité des tracts mensongers qu’ils ont récemment diffusés à propos de la zone du Charmoy sur la seule foi d’un article du Bien public prêtant à Dominique Girard une position qu’il n’a jamais déclarée. (article de Catherine Vachon, sous le titre « AUXONNE Duel à droite » paru dans Le Bien public du 21 mars dernier).

        Ces tracts, pour être simplistes et mensongers, ne sont pas pour autant sans effet. Je l’ai vérifié hier soir même, à la terrasse d’un café où j’avais été cordialement invité par une de mes lectrices assidues, à la sortie de la réunion. Car dans les réunions de Monsieur Girard, on ne boit pas, Messieurs, on ouvre le débat mais on ne débouche pas de bouteilles.

        Cette lectrice, donc, que j’avais égratignée dans mes conjectures d’après réunion, m’en remerciait à présent en me désaltérant. Elle avait sans doute bien compris que tout remède efficace peut avoir des effets indésirables.

        Un couple de sa connaissance passait, la conversation s’engagea et nous pûmes vérifier l’efficacité des rumeurs : « Dommage que Monsieur Girard soit contre la zone du Charmoy ». Bravo les enfumeurs ! Le démenti fut infligé vite et sans peine. Mais combien de personnes naïves auront été trompées qui fonderont leur vote dimanche sur ce seul argument ?

       Alors que nous allions quitter la terrasse que le patron rentrait déjà en discutant avec nous, un accident affreux est arrivé sur le Pont de France. Interrompant nos petites prévisions, l’imprévu terrible surgissait et glaçait la belle soirée.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  26 mars 2011

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 00:00

 NOUVELLE JAPONAISE – du 24 mars 2011           (24 mars - Premier article)           

 

 

Japon      Ce matin-là du 23 mars 1911, le vieux Yamamoto, vétéran de la flotte de Sa Majesté l’Empereur, qui avait vu six ans auparavant la flotte russe s’engloutir à Tsushima sous le feu des canons de l’Amiral Togo, trouva, dans le gros tube de bambou qui lui servait de boîte à lettre, un pli cacheté de la plus belle allure.

L’adresse en  était libellée en idéogrammes appliqués et quelque peu tremblés, qui révélaient, en dehors de toute considération sismographique, l’âge certain de la main qui les avait tracés. Yamamoto vivait en solitaire et cultivait à présent les chrysanthèmes de ses illusions perdues qui doraient un peu le désert de sa vie déclinante. C’était, à vrai dire, le seul passe-temps imaginable dans cette petite ville d’Hong Son qui sommeillait au bord d’un grand fleuve et à l’écart de laquelle il demeurait paisiblement.

Pour ce solitaire, la lettre qui s’adornait d’un timbre à l’effigie de Sa Majesté l’Empereur, fut un motif à la fois d’étonnement et de fierté. Il imagina sous l’enveloppe de fin papier de riz, quelque brevet, quelque titre de reconnaissance, voire même l’invite de quelque geisha  vieillissante  qui s’était retirée des plaisirs des grandes cités fébriles, derrière le paravent décoloré du train-train d’Hong Son.

          D’un fin canif au manche laqué, il ouvrit soigneusement l’enveloppe et en retira le contenu. Parmi tous les habitants de la ville, il avait donc été distingué, sans doute en raison de son âge et de son passé d’homme de mer habitué à obéir. Il avisa cependant très vite que le texte en était imprimé sans recherche, signe que la distinction n’était pas personnelle et qu’elle devait aussi s’adresser à beaucoup d’autres de ses semblables, gens déjà vieillissants et sans histoires, nombreux dans la petite ville.

         Hang Hoa, c’est le nom qu’il lut d’abord, imprimé en gros caractères,  un nom connu dans la contrée, mais l’homme qui portait ce nom, un chef de district qu’il connaissait à peine n’avait rien d’un artiste de kabuki et cela le surprit d’emblée. Il lut ensuite qu’il était invité pour le lendemain 24 dans le sous-sol d’un ancien théâtre de au levant de la ville, à l’heure où le soleil se couche au-delà du fleuve embrasant de ses feux les darses du nouveau port.

         Il poursuivit sa lecture trouvant enfin, tout dépité, en lieu et place du titre alléchant d’un spectacle, deux slogans beaucoup plus propres à figurer sur les fanions de soie de l’Amiral Togo ou à ceindre les fronts pâles et juvéniles des kamikazes encore à venir. Non ! Il ne serait plus de ceux-là ! La guerre pour lui était finie.

        Sagement plié en quatre, il rangea le papier dans un tiroir. Il avait appris, au contact des prisonniers russes, à rouler des cigarettes dans n’importe quelle feuille de gazette. Celle-ci ferait bien  l’affaire. D’une lecture décevante, il se promit de tirer plus tard quelques bonnes bouffées, préférant en tout cas s’enfumer lui-même plutôt que de laisser ce soin à d’autres. C’était décidé,  cette fois, pour une tasse de saké,  il n’irait pas faire la claque,!

        Un siècle après, dans le Japon meurtri, de Yamamoto le sage, la fumée s’est évanouie et le souvenir s’est perdu. En ce mois de mars où reviendront bientôt les cerisiers en fleurs  du printemps des sages, nous avons souhaité le faire revivre.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  24 mars 2011

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 00:00

 CHRONIQUES DU CHARMOY- du 5 mars 2011

 

Fastes grands et énormes de Sire picard, vicomte mayeur d’Auxonne, narrés par le clerc Rodolphe de Lure, Frère de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau, prêcheur en ladite ville d’Auxonne pour l’avènement du Paradis en notre terre.

 

ChroniqueDans la soirée du dix-septième jour de décembre de l’An de Grâce 1508, en la bonne ville d’Auxonne, le conseil des échevins réuni, pour ne point effrayer les marchands qui s’agitoient en place, décida de ne point acquiescer à projet que vicomte mayeur présentoit et caressoit pourtant en son cœur magnanime. Aussi ce fut non, un faux-non pour un vrai projet.  Et  vicomte mayeur vit que cela était bon.

Dans le cours de l’hiver qui suivit, loups coururent à travers la campagne et la Saône gela. On vit échevins auxonnois, frères de l’Ordre de Saint-Edouard de Landerneau et tabellion comtois cueillir secrètement moult promesses en plusieurs feux de la terre du Charmoy.

En mai s’imprima solennellement avis vicomtal armorié proclamant la venue prochaine en terre du Charmoy, de mirifique comptoir d’abondance et de prospérité. En cet avis se pouvait lire  que grand seigneur comtois dans sa bienveillance et munificence y donnerait tâche aux manants et la livre de pain à moins d’un liard. Autres merveilles y furent promises : hôtel pour coquillards de Compostelle, échoppes de bilboquets et autres brimborions. Hautement flatté des attentions par grand seigneur comtois témoignées, vicomte mayeur publia lettre d’icelui le remerciant de sa très renarde et très opportune discrétion.

Cependant malfaisantes et mécréantes assemblées ducales et royales consultées, jugeant le comptoir inopportun en ce lieu chagrinèrent et navrèrent cruellement les cœurs battant à l’amble de grand seigneur comtois et de vicomte mayeur d’Auxonne.

Revenu en ses terres de Saône, vicomte mayeur indigné et navré, fomenta, leva et harangua compagnies d’habitants riches ou pauvres qui vinrent déposer signatures en l’hôtel de ville pour soutenir  mirifique comptoir de beau et généreux seigneur comtois. Icelui, très touché, fit confectionner en ses terres de Lure moult bannières mordorées affirmatives qui furent déployées en la bonne ville d’Auxonne dans le soleil de juin 1510. L’on vit tournois et cavalcades, fervente foule en procession chantant laudes du grand seigneur comtois et vicomte mayeur assura toutes ces bonnes gens de leur donner, pourvu que Dieu lui prête vie, pain à un liard la livre et échoppes de bilboquets.

Mars 1511, un an presque avait passé, mésanges rieuses chantaient déjà dans les buissons du Charmoy, prélude au Paradis terrestre qui devait advenir par les œuvres conjointes de vicomte mayeur picard, et seigneur comtois dispensateurs généreux de pain et de jeux.

Vicomte mayeur venait d’être adoubé en grande confrérie d’azur et chevauchait déjà fièrement en sa ville pour les tournois de mars, heaume en tête, portant couleurs de sa Dame et prêt à rompre en visière.      Cependant, tenue de nouvelle assemblée ducale ès comptoirs, naguère malfaisante et mécréante, approchait. Aussi Vicomte mayeur, vêtu de bure et d’humilité, partait en quête et prière et imploration tel carme déchaussé, auprès des soutiens divers qu’il pouvait rassembler pour convaincre enfin l’impie assemblée. S’il le fallait, un jour, il irait jusqu’à Canossa pour obtenir comptoir comtois.

L’air était vif, et journées longues, en la ville grouillaient pour la fête camelots et jongleurs, masques et bergamasques, singes savants et dresseurs de puces, bohémiennes diseuses de bonne aventure.

Laissant derrière lui sa ville en liesse, soucieux et fourbu, vicomte mayeur chevauchait un soir retournant à ses énormes dossiers.

A la croisée d’un chemin advint le prodige. Il sembla d’abord à vicomte mayeur que le frôlement d’aile de l’Oiseau de Minerve avait chatouillé son oreille droite. Acouphène ? Illusion ? Non, c’était le murmure d’une héroïque survivante, fière bannière luronne de notre Ordre de Saint-Edouard de Landerneau qui battait encore depuis juin au vent glacial et vicomte mayeur crut y lire dans un halo « In hoc signo vinces ».

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  5 mars 2011

 

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 00:00
FLEURS DE SCRUTIN – du 2 mars 2011
  Marianne et Fleur de caddie

 "Liberté en tête j'ai mis

Et mon bonnet encocardé

De gros bonnets a fait tomber

Un Roi par moi fut raccourci »

 

« En têt’de gondole j’ai mis

Mes promos et c’est sans danger

Allons z’enfants vite accourez

Car seuls les prix je raccourcis »

 

Ainsi devisaient deux commères

Sur le sujet de la vie chère

Derrière leurs étals au marché

Marianne ne vendait plus guère

 

Fleur de caddie était au top

Géante devint son échoppe

Et Marianne prit sa retraite

Voilà, et l’affaire fut faite.

 

Depuis ce temps les pauvres gens

N’ont plus à crier tout autant

On crie pour eux, en encaissant

Pour casser les prix, des slogans.

 

Le citoyen a la télé

Et le voilà bien informé

Et s’il fait la révolution

Ce n’est plus qu’en consultation.

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  2 mars 2011

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 00:00
 FOLKLORE - du 1er mars 2011

           

            Le mot n’est plus très à la mode. Quand on utilise le qualificatif folklorique, c’est pour désigner quelque chose de pas très sérieux, d’un peu clownesque. Le folklore, c’est une sorte de carnaval un peu sage avec spécialités régionales, une façon de caricature innocente et aimable d’un monde reconstruit, qui n’est plus et n’a sans doute jamais existé comme tel. Ce peut être aussi un ingrédient utile pour pimenter telle ou telle revue sur papier glacé d’une institution à caractère local.

            Dans sa forme architecturale, c’est le signe esthétisé d’une région, un logo, pour parler comme tout le monde : losanges de tuiles vernissées sur un toit égale Bourgogne, clocher comtois gravé sur la porte d’un TER égale Franche-Comté. Dans sa forme agricole, c’est l’assimilation d’un lieu, voire de ses habitants à une production : escargot de Bourgogne, moutarde de Dijon, oignon d’Auxonne, ouillottes de Poncey.

            Et pourtant, la mondialisation, l’uniformisation des paysages rend toutes les périphéries de villes identiques. Partout fleurissent les mêmes zones, les mêmes parkings, les mêmes hypers, les mêmes bricos, recélant les mêmes productions de masse délocalisées, étalées sur fond de même world-music dégoulinante. Le voilà, de Landerneau à Wilno et de Brest à Bucarest, le folklore universel présent. Et s’il reste des champs alentours, la même musique résonne aussi dans la cabine du tracteur.

           A la fin des années 60 de l’autre siècle, lorsque je défendais l’Arsenal d’Auxonne contre les marchands de béton, aux côtés de mon Maître Pierre Camp, je me rappelle d’une expression qu’il avait employée pour désigner la France qui se construisait alors sous nos yeux : « une caricature d’Amérique où l’on prend la vie en dégoût ». Je lui donne plus que jamais raison, et la crise morale que traverse notre pays, trouve sans doute une part de ses causes dans cet enlaidissement généralisé entrepris méthodiquement par le nerf du profit et sous la bannière revendiquée du « progrès ».

             Et malgré ce grand chambardement, ce bétonnage des espaces, cette mise en sauce américaine de la « douce France », la référence aux vieilles provinces n’est pas morte. On les invoque encore à tout bout de champ, et bien ailleurs qu’aux champs. Chacun se souvient de l’emploi malencontreux du mot « Auvergnat » par un récent ministre.

             Plus localement, je notais il y a peu l’emploi, beaucoup plus innocent, du qualificatif « picard » dans un tract local. Après avoir noté, documentons un peu.

             Le tragique Racine était picard, La Fontaine aussi d’ailleurs. Nous n’en conclurons pas pour autant que tous les Picards sont tragédiens ou conteurs de fables.

             Dans son unique et courte comédie  Les plaideurs, Racine fait le portrait d’un Picard.  Dès la première page, dans la tirade de Petit Jean, on trouve ces deux citations célèbres : « Tout Picard que j’étais j’étais un bon apôtre » et  « Point d’argent, point de Suisse », le Picard Petit Jean s’appliquant à lui-même cette dernière. Petit Jean entend par-là, non pas qu’il soit un soldat mercenaire suisse, mais qu’il fait payer ses services.

             Les problèmes d’identité ne datant pas d’aujourd’hui, il s’écrivit au milieu du dix-neuvième siècle un énorme ouvrage collectif illustré intitulé Les Français peints par eux-mêmes décrivant tous les types sociaux et provinciaux du pays. Balzac y peignait l’épicier et Francis Wey, le Picard  :

            « Ces braves gens sont emportés, vifs comme poudre ; ils ont des colères aussi pétillantes et aussi durables qu’un feu de paille. En outre, comme ils s’expriment facilement et sont assez têtus, il en résulte un certain penchant à l’esprit de controverse ; ils aiment la discussion et s’y livrent avec la même âpreté que leurs voisins du département du Nord. Leur plaisir est d’entasser une foule d’arguments spécieux à l’appui d’une bourde. »

             A la fin de l’article, l’auteur conclut quand même: « Pour moi, qui les connais et les apprécie, il me semble que si je n’avais l’honneur d’être Franc-Comtois, je serais très satisfait d’être Picard ».

             Voilà  de quoi rassurer tout le monde !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à  Auxonne le  1er mars 2011

           

             

 

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 00:00
 SMALL IS BEAUTIFUL – du 28 février 2011

 

                Hier c’était dimanche, un dimanche un peu frais, un peu gris, un de ces dimanches qui n’engagent pas trop à mettre le nez dehors. Un de ces dimanches qui vous feraient presque regretter que la galerie marchande du Charmoy ne soit pas encore ouverte, même – et surtout – le dimanche ! A quand « la ville à la campagne » et les Champs-Elysées aux champs ?

             Un de ces dimanches d’hiver à vous faire regretter d’être loin des palmiers et des palaces, des jets et des marinas. A propos, 1946 est une année faste car elle vit naître, outre cette grande voyageuse au pas ample et à l’allure dégagée qui pose à présent ses valises diplomatiques, des millions d’autres papy-boomers  et… certain trublion !

             Une grande dame termine à présent sa mission et peut enfin se reposer. L’écrivain bénévole, lui, n’a pas les moyens de démissionner. Il s’attache à sa tâche…encore « hénaurme » !

              Il y a tout un bataillon de « passionnés » à Auxonne. Tout seul dans mon coin, sans soutien, et sans subvention, je m’essaye à être  passionnant car les études de marché ont démontré une vraie carence sur le secteur en la matière. Gare à l’évasion des chalands ! Un bon point cependant pour la boutique pimpante de Pierre-Louis qui nous apporte des oranges !    

              Quant à mon petit commerce, fermé le dimanche, je l’ouvrirai ce lundi par quelques morceaux choisis glanés la veille au coin du feu, quelques amuse-gueule de ce bon Claude Tillier (1801-1844), Clamecycois célèbre, qui, de sa plume inégalable,  titilla quelques gros notables louis-philippards nivernais :

           

« Toute renommée, voyez-vous, a besoin de contradicteurs. La gloire est comme une salade ; pour qu’elle soit bonne il y faut un peu de vinaigre. »

           

« Le pamphlet ne peut prendre de sujets là où il n’y en n’a point. Je suis comme le lièvre qui reste à la même place tant qu’il y a du serpolet à brouter, et qui émigre aussitôt qu’il n’y en a plus. »

 

« …chacun a droit, selon ses œuvres, aux coups de chapeau que décerne la cité. Le pamphlet a donc raison de rappeler à l’ordre celui qui y prend une trop grosse part ; et d’ailleurs, n’est-ce pas une bonne œuvre, et une œuvre d’autant meilleure qu’elle ne coûte rien à personne ? »

 

                Voilà, le temps de lever mon rideau de fer, et je retourne à mon étalage.

                J’étais écrivain bénévole et je me sens devenir commerçant improvisé, comme Papa, qu’enfant, je voyais en tablier bleu, le crayon sur l’oreille. Je dois avouer qu’il me revient maintenant qu’il admirait certain épicier de Landerneau. C’était dans les années 50, nous sortions à peine des tickets de rationnement et ce qui était une expérience novatrice n’était pas encore devenu un empire tutélaire.

               Oui, Small is beautiful et je n’aime pas les empires. Je redoute l’hyper : hypertension, hyperglycémie…tout ça, ça vous rend malade. Je parie toujours David contre Goliath et si j’évoque « le pot de terre et le pot de fer », c’est en motif d’indignation et non en lâche prétexte de résignation de quidam soucieux d’être toujours du bon côté du manche et d’y ramasser quelques miettes.

               Je relis dans Le Bien Public du 2 février dernier l’article de synthèse de Sylvain Clément et j’y trouve « l’ombre du géant auxonnais », un géant égoïste à la manière d’Oscar Wilde ? Et puis cette conclusion un peu bizarre en manière de  « Jour d’après » nucléaire : « Il ne manque plus que le rayonnement gagne les villages pour uniformiser le tout ».

              A rapprocher du vœu de droit divin exprimé dans un tract récent : « Il veut qu’il en soit ainsi pour le Canton d’Auxonne, NOTRE Canton » ?

             Non, merci.

             A rapprocher plus plaisamment sans doute d’un passage de l’Acte II, Scène 3 de  « Chantecler » d’Edmond Rostand auquel notre plumitif ne pensait sans doute pas  :

CHANTECLER

Cocorico !

LA FAISANE                 

                     Ah ! Sur une pente engourdie

Glisse un premier rayon ...

 CHANTECLER

                                       Tiens ! Je te le dédie !

LA FAISANE 

Les villages lointains commencent à se voir !

CHANTECLER

Coc..      

                                                        Sa voix se brise 

LA FAISANE 

          Vous n’en pouvez plus !

CHANTECLER

                                                  Si ! Je veux en pouvoir !

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

 à Auxonne le  28  février 2011

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:00

 

VACANCES SANS HISTOIRES – du 9 février 2011

               

        Après les vents de sable et les mirages à cinq étoiles sous les palmiers, un amer vent d’austérité se lève compromettant les vacances, pourtant bien méritées, des serviteurs du pays. Aux dernières nouvelles, la  tendance serait plutôt maintenant gîte rural pépère à Trifouilly-les Oies. Foin, donc de tapis volants et de palaces orientaux !

        Un élu parmi tant d’autres, pas ministre de haute volée, mais très impliqué dans des efforts « décuplés » à faire aboutir un projet qui lui tient à cœur et soucieux de pouvoir bientôt prendre un siège, s’indigne sans doute de l’ingratitude témoignée au grand vizir de ce  pays scandaleusement critiqué pour s’être offert quelques moments de répit à l’ombre des Pyramides. Un repos pourtant bien mérité et surtout, hygiéniquement recommandé – il peut en témoigner –  avant d’affronter, sur un ballast inhospitalier, les fumées d’alumine se mêlant à la flamme des discours, dans les brouillards gris  et pénétrants de notre canton.

         Un repos serait-il donc refusé aux meilleurs d’entre nous ! On oserait toucher à leurs acquis, à leurs congés payés ! Indignez-vous !

           

         Je veux simplement rassurer cet élu et tous les autres. Oui ! Il est encore possible de passer près de chez nous des vacances paisibles.

Un exemple entre mille : « Vesoul, la Nice de l'Est » est là pour vous accueillir, avec ses « vélos-rails » « Pédalez en toute sécurité ».

         Vous pourrez y découvrir la fantaisie, si rare ! Gervèse le marin-dessinateur « d’un œil espiègle et un peu frondeur il rapportait les caractéristiques d’une personnalité en quelques traits ».

         Des lieux d’excursion tentants : « Balade sur la Motte »

         Des visites plus sérieuses aussi et plus dignes des préoccupations d’un responsable : « Découverte du centre de traitement des eaux usées de Pusey », « Visite de l’hypermarché E. Leclerc dans le cadre du tourisme de découverte économique » (du déjà vu peut-être ?)

         Alors, pour rester dans le développement durable, on peut remplacer par la « réserve naturelle du Sabot de Frotey-lès-Vesoul ». Et pour finir, un petit plongeon roboratif dans « le Lac de Vaivre-et-Montoille (93 ha) ».

          Et en mi-septembre n’oubliez pas « Courir pour des prunes ». A Auxonne on a fait çà en juin avec dossards jaune-fluo !

           Pas de quoi s’ennuyer ! Sans jet privé, sans passeport, et sans faire jaser, comme vous le confirmera le Maire de Vesoul qui a rejoint sagement sa mairie !            

           

N.B. : les citations touristiques entre guillemets sont empruntées au site de l’Office du Tourisme de Vesoul que nous remercions      

               

                                                                                C. S. Rédacteur de Chantecler,

                                                                                   à Auxonne le  9 février 2011

           

 

                       

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Publié par C.S. - dans Figures libres
7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 00:00

 

AUXONNE, canton de HAUTE-SAÔNE ? - du  7 février 2011

           

         « Aux urnes citoyens ! ! ! » Avec trois points d’exclamation pour faire la bonne mesure, voilà le refrain inspiré que l’on chantait en juin dernier aux Auxonnais.

            A quel propos, me direz-vous, entonnait-on ce refrain martial marseillais quoiqu’un peu grossièrement emprunté et très lourdement asséné : pour une partielle, une cantonale, une municipale, une régionale, une européenne, pour la gloire, pour la peau ou pour rire peut être ? ? ?

            Non, pas pour rire…aux larmes, citoyens ! ! ! Il y aurait de quoi pourtant ! C’est à pleurer cette affaire quand on y pense !

            Mais pour les Compagnons de cette chanson c’était du lourd, du pour de vrai ! Au prix où sont l’encre et le papier on n’imprime pas des centaines d’affiches à LURE (Haute-Saône) pour des prunes ! Au prix où sont les timbres on ne poste pas des milliers d’enveloppes pour la gloire !

            Oui,  pour de vrai ! Mais pourquoi ? Pour faire baisser les prix voyons ! Et pour que çà bouge ! Pour réveiller la  «belle endormie» ! Et qui est ce beau prince charmant qui pourfendra les prix et réveillera la «belle endormie » ? A LURE-VESOUL (Haute-Saône) on vous dira qui. On vous dira qui vous savez. Aux Auxonnais les contes, à LURE-VESOUL (Haute-Saône) le bon compte :  « 28 millions d’euros à prendre ! »

 

            Cet impayable scrutin du 27 juin 2010 est à marquer d’une pierre jaune-fluo dans l’histoire de notre ville. Il y a eu l’avant 27 juin 2010, il y aura l’après 27 juin 2010. Le bon vieux temps où l’on votait pour des gens et le jour où l’on a voté comme à la caisse, « Pour casser les prix ! », pour une illusion, pour des prunes… ou un prunier. Le jour où des slogans sont venus tout frais imprimés de LURE (Haute-Saône) se coller et racoler à tous les coins de rues : « Tu viens, chéri, y’a des promos chez moi ! »

            Et les urnes, ces chères urnes avec trois points d’exclamation « Aux urnes citoyens ! ! ! » en ont gardé comme un vieux  parfum… d’épicerie … pas de jasmin !

             Aux urnes, nous y retournerons bientôt, n’oublions pas ceci : bien qu’à Auxon vivent des Auxonnois et bien qu’Auxon rime avec oignon, Auxonne n’est pas Auxon, arrondissement de VESOUL (Haute-Saône). Auxonne n’est pas Auxon, pas même un oignon ! Auxonne est Auxonne, n’en déplaise aux Compagnons…de la chanson !

 

             Et pour finir, en ces temps d’hiver, gris à pleurer (aux larmes citoyens ! ! !) un peu d’exotisme ! Une petite sélection de voyages au soleil à prix cassés pour vous faire rêver !

             Dans le même temps que les affiches luronnes, ces vrais petits soleils en promo parachutés, se collaient à nos murs, le Maire de VESOUL (Haute-Saône) décollait, en jet privé, Secrétaire d’Etat vers les Antilles et revenait… ex-Secrétaire d’Etat à VESOUL (Haute-Saône) !

            Ah ! Magie trompeuse des jets privés  qu’une Ministre, trop friande de deglet-nour en promo, commence à regretter, elle aussi, à cette heure. Le voyage fera datte ! Auxonnais, soyons plus avisés que nos dirigeants, ne nous laissons plus mener  ni en avion, ni en bateau,  ni même en TGV,  pour un pays où le soleil brille en jaune-fluo sur les têtes de gondoles, là où plus rien ne brille dans les têtes, là où si la vie est moins chère, c’est parce qu’elle ne vaut plus rien !

 

                                                                                         C. S. Rédacteur de Chantecler,

                                                                                            à Auxonne le 7 février 2011

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Publié par C. S. - dans Figures libres
31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 00:00

 

PACIFIC 231 - du 31 janvier 2011

 

Ne traversez pas« En publiant son projet de Schéma national des infrastructures de transport, le gouvernement confirme les objectifs du Grenelle de l’environnement qui mettent en avant les projets ferroviaires ». Le Bien Public du 29/01/2011.

 Les gens sont méchants, je sens d’avance qu’aujourd’hui on va nous accuser de faire de la littérature de gare !

    Qu’importe ! L’ambiance est ferroviaire ! Il n’est plus temps de moisir à faire des mots fléchés en salle d’attente. Un départ imminent vient d’être annoncé à destination de la gare d’Auxonne-Charmoy !

 

     

 En effet, comme le signalait lui-même le Directeur de la Compagnie l’Eclair de l’Est dans un article du Bien Public du 13 janvier dernier : «  Désormais il y aura la locomotive avec le gros supermarché et comme wagons, les boutiques… ».

           On sait donc maintenant que le train sifflera une troisième fois, puisqu’après les retards des 7 octobre 2009 et 20 janvier 2010, imputables, selon la formule consacrée « à des évènements indépendants de notre volonté », les haut-parleurs médiatiques devraient bientôt cracher l’annonce du départ avec un son « décuplé ».

           Une nouvelle « Bataille du rail » va-t-elle pour autant s’engager ? Verrons-nous bientôt, avec les fleurs de pissenlits en mars,  la marée des supporters investir à nouveau nos campagnes en jaune-fluo ? Et courir sur le ballast, à la rencontre du lourd convoi remis sur les rails, prudemment allégé toutefois : plus de sleepings de rêve et plus de wagon-restaurant ! La PACIFIC 231 de la Compagnie l’Eclair de l’Est donnerait-elle, tout comme les motrices des TER, des signes de défaillance ?

          Et pourtant on s’impatiente…le bruit court qu’une pratique imprudente d’auscultation des rails à la cheyenne commencerait à se répandre parmi les supporters les plus acharnés, que d’aucuns en auraient déjà perdu la tête, et qu’en haut lieu on commencerait même à s’en inquiéter.

         « C’est l’piston, piston, piston, qui fait marcher la machine. C’est l’piston, piston, piston, qui fait marcher  les wagons ! »

          PACIFIC 231, puissante locomotive, ton sifflet en promotion résonne dans les campagnes, ton foyer fait monter la pression, tu surchauffes la concurrence sans oublier de condenser la monnaie. Tu pourrais bien envoyer au rencart plus d’un tortillard « archaïque » du centre-ville.

          « C’est l’piston, piston, piston, qui fait marcher la machine. C’est l’piston, piston, piston, qui fait marcher  les wagons ! »

           Mais, qui sait ? ?    PACIFIC 231, arrête  un peu de rouler les bielles,  tu pourrais bien encore une fois remballer ta fumée ! Les Auxonnais ne sont peut être pas tous nés pour regarder passer les trains !

 

                                                                             C. S. Rédacteur de Chantecler,

                                                                               à Auxonne le  31 janvier 2011

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Publié par C.S. - dans Figures libres
19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 00:00

Un an déjà – du 20 janvier 2011

                 

           

          Ce matin, 20 janvier 2011, intrigué et inquiété par une  masse  d’un jaune fluorescent  reposant sur l’accotement peu après le rond-point des Granges-Hautes, un automobiliste quittant Auxonne en direction de Dole s’est arrêté pour en avoir le cœur net.

            Quelle ne fut pas sa surprise et son soulagement de ne découvrir en fait qu’une gerbe… d’une nature un peu particulière, il est vrai . Les fleurs de saison sont rares en ces temps hivernaux et la gerbe révéla sa facture artificielle lorsqu’un faisceau de phares vint l’éclairer auquel elle répondit par une lueur suspecte d’un jaune vénéneux et fluorescent, de ce jaune de triste mémoire qui plastronnait en juin dernier à tous les carrefours.

            Elle était confectionnée de ces fleurs qui s’épanouissent en Haute-Saône sous les rouleaux des rotatives, qui fleurissent en tout temps et ne peuvent être confondues avec les jonquilles. Leurs  corolles en offset  révélaient par endroit  de larges plages noires et comme endeuillées. A voir leur foisonnement, on jugeait aussitôt que des petites mains expertes  en avaient pieusement frisotté les pétales au cours de longues soirées d’hiver. D’un vieux stock d’incollés, la dévotion et la patience avaient fait ce chef-d’œuvre floral. Sur un pistil dressé avec arrogance s’inscrivait en tout petits caractères une adresse qui n’était pas celle d’un fleuriste, bien qu’y résonnât le nom d’une fleur, et qui détenait sans doute la clef de l’énigme.

            Notre automobiliste, qu’attendait une journée de travail et qui n’avait rien d’un vieux retraité fouineur, renonça à creuser la question. Poussant du pied l’objet dans le fossé  hors de la vue de ses semblables afin de leur épargner un arrêt inutile, il remonta dans sa voiture et repartit.

Jusqu’à l’étang de Villers-Rotin, convaincu cependant du caractère commémoratif, votif, voire rituel de sa bizarre trouvaille, il passa en revue les faits divers qui avaient bien pu survenir un 20 janvier le long cette route familière qu’il empruntait chaque jour et ne trouva RIEN !

             

                Moralité : ne faites pas comme lui, pour y voir plus clair, lisez Chantecler !

 

         

           

 

                                                                                C. S. Rédacteur de Chantecler,

                                                                                  à Auxonne le 20 janvier 2011

 

           

           

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Figures libres