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  • Claude Speranza, Auxonnais
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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 09:24

CHARMOY-CITY : LES BOUTIQUES ÉPHÉMÈRES, UNE MANNE COMMERCIALE ? - du 23 Février 2020 (J+4085 après le vote négatif fondateur)

    On connaissait les « boutiques obscures » de la rue du même nom,  que Patrick Modiano a rendues célèbres.

    Quelques amateurs de la littérature de la Mitteleuropa connaissaient peut-être les « boutiques de cannelle », tout aussi obscures, de Bruno Schulz, espèce de Kafka polonais victime, comme le héros de Modiano, de la tourmente des années 1940.

    Plus  récemment le groupe « Une dynamique pour Auxonne » nous présentait la « boutique éphémère »en ces termes : « Pour attirer de nouveaux commerces, nous proposerons le commerce à l'essai et le principe de boutiques éphémères afin que chacun puisse se tester et vérifier la viabilité de son projet ».

     En gros, la boutique éphémère est un banc d’essai et un examen de passage. Une façon prudente et commode, en quelque sorte, de perdre son pucelage commercial  avant de se lancer dans le commerce pour de bon !

     En d’autres temps, le garçon de bonne famille  commençait à entretenir un commerce éphémère avec une dame légère en guise d’examen de passage vers des relations plus sages.

     Quittons ces voies scabreuses autant que scandaleuses qui firent jadis la gloire de quelques pages de notre meilleure littérature nationale, pour revenir à des choses sérieuses.

    Chacun(e) d’entre nous a connu de ces magasins fermés peu de temps après leur ouverture. Attention ! Ce n’était pas pour autant des boutiques éphémères !

       Bien au contraire ! Car la boutique éphémère l’est, non par un mauvais hasard, mais par vocation, et quand elle ferme, ce n’est pas par nécessité, mais bien en raison d’un concept.    

  Cette fermeture, prévue par une ingénierie étudiée, n’est donc surtout pas à confondre avec un banal dépôt de bilan !

    Voilà d’ailleurs ce que nous apprend Wikipédia de la boutique éphémère : « Le magasin éphémère, ou boutique éphémère (pop-up retail ou pop-up store en anglais), est une approche du marketing basée sur l’ouverture de points de vente pour de courtes durées. Une boutique éphémère est similaire à un point de vente classique, mais de manière temporaire. Le principe consiste à apparaître puis à disparaître (pop-up) au bout de quelques jours, quelques semaines ou quelques mois ».

     Incurable béotien en matière de commerce, votre serviteur avoue avoir ignoré l’existence du concept de « boutique éphémère »  jusqu’à cette réunion publique tenue le 20 juin 2017 dans le salon surchauffé des Halles, dans une ambiance tropicale, et consacrée à la revitalisation de notre centre-bourg !

    L’assemblée transpirait, les bésicles de notre maire, sur son nez glissaient, et la belle Caroline Ière, Madelon de la revitalisation, dispensait, gracieuse, le providentiel quart Vittel aux assoiffé(e)s transpirant de tous leurs pores

CHARMOY-CITY DES VILLAGES BRETONS POUR LES FANS DU VILLAGE GAULOIS - du 26 juin 2017

      Lors de cette réunion, circulation et stationnement  devaient se tailler la part du lion en raison de l’intérêt justifié du public présent pour ces questions. Néanmoins quelques aperçus relatifs à d’autres thèmes furent donnés.

      C’est ainsi dans le thème d’une remédiation aux difficultés du commerce de centre-ville, par le biais d’une création d’une « ingénierie de manager de centre-ville » que la boutique éphémère a fait une brève apparition.

      Une question se pose à présent, cette « ingénierie de manager de centre-ville », qui ne sera pas gratuite, se révélera-t-elle une manne providentielle dans la résolution des problèmes bien réels des petits commerçants ?

    Certes nous avons des petits commerçants battants et pour certain(e)s battant même pavillon « dynamique » qui vous vendent clé en main le « marché dominical », mais on connaît le caractère très « éphémère » que connut naguère la tentative de création d’un tel marché. Certes les créateurs étaient sans doute malhabiles !!

    Ils n’étaient pas servis par de talentueux vidéastes !

    À propos de vidéo, je vous en recommande une qui vaut son pesant de choucroute garnie et en promo !

   En octobre 2014 et en matière de management commercial de centre-ville, notre premier édile y exposait, pour attirer le chaland au centre-ville, une solution originale autant que radicale, pas un marché dominical (avant ou après la messe ?), mais  l’installation d’un hypermarché en périphérie…

   Ceci selon le principe :   

   « Notre pari est de dire : si nous avons une grande surface, cela va attirer du monde, si les gens viennent à la grande surface, ils peuvent en profiter pour faire d’autres courses, d’autres achats sur la ville. C’est effectivement le point de désaccord avec l’Union commerciale qui, elle, pense plutôt qu’il y aura évasion. »

   Retrouvez ces paroles visionnaires, en live, à la fin d’une vidéo mémorable :

https://www.youtube.com/watch?v=4PMrRymYg5s&feature=youtu.be

 

   Résumons notre propos : Notre maire sortant prétendait attirer le chaland au centre-ville en construisant des milliers de mètres carrés de grande(s) surface(s) à deux kilomètres de ce centre.

       L’un des postulant(e)s à son poste choisit maintenant de son côté,  d’attirer de nouveaux commerces.

    Attention ! En matière de commerce, les lois de l’attractivité sont plus capricieuses que les lois de la gravitation newtonienne qui tirent toujours vers le bas !

    Il est vrai qu’ATTRACTIVITÉ constitue le maître mot du projet de la liste « Une dynamique sur Auxonne » si l’on en croît les déclarations de son leader dans la presse (Hebdo 39 du 3 février dernier) :

    « Notre projet s’inscrit autour d’un mot : Attractivité.

 L’attractivité démographique, car si nous voulons une ville vivante, nous devons donner envie aux familles de venir s’installer durablement. Nous devons leur offrir les services, la qualité de vie et un cadre rénové pour leur donner envie de rester.

 L’attractivité économique, car sans commerce et sans emploi, une ville ne se développe pas. En concertation avec la communauté de communes, nous travaillerons à l’installation d’entités économiques et à la création d’emplois locaux et durables.

 L’attractivité sportive et culturelle, car toutes deux sont liées aux précédentes et permettent une attractivité touristique complémentaire, source de développement de notre économie locale et d’emplois non délocalisables. Le soutiens à nos associations est primordiale tant en communication qu’en infrastructures. »

   

    Chantecler ne serait pas Chantecler si sa rédaction ne se permettait pas de ces libres rapprochements tranchant sur le discours convenu ambiant.

    Encore une fois, pour le plaisir de nos lecteurs nous nous livrerons à l’exercice, en improvisant sur ces trois mots : « éphémère », attraction », et « manne » providentielle en prime !

     

     Une biologiste du siècle dernier, Marie-Louise Verrier, dans sa Biologie des Éphémères  (Paris, Armand Colin, 1956  p.56) évoque une espèce d’éphémère, « Polymitarcys virgo  responsable des chutes de manne sur la Saône ».

     Elle souligne l’importance du phénomène dont les vieux Auxonnais se souviennent : « De Verdun [-sur-le-Doubs] à Chalon[-sur-Saône], sur les bords de la Saône, on récoltait en moyenne, avant la guerre, 100 tonnes de manne fraîche par an ».

        Cette « manne » n’était pas le résultat d’une ingénierie mais le simple résultat d’un processus naturel, le vol de ponte des éphémères. Ce phénomène spectaculaire, diverses pollutions l’ont réduit aujourd’hui à presque rien.

     À la différence de certains politiques, les éphémères attirés par la lumière, sortaient de l’eau à la tombée de la nuit et montaient vers les lampadaires bordant la rivière.

    Il est vrai qu’au matin, le spectacle était moins divin, car les tonnes d’éphémères morts écrasés sur les chaussées des ponts et des halages, c’était glissant et ça finissait par puer ferme !

     Pourtant, des pêcheurs récoltaient la manne fraîche à la tombée de la nuit et à la pelle. J’en ai même vu, à la fin des années 50, allumer des feux de pneus sur le halage pour attirer les éphémères.

     Mêlant la manne à de l’argile, ils en faisaient des boulettes d’amorce, comme me l’a récemment précisé Georges Dubief, mon « conscrit », un célèbre broc dijonnais de la Place Grangier, qui a pratiqué ce sport à Seurre dont il est originaire. Des boulettes d’amorce pour les « gros » de fond (carpes) et pour des pêches miraculeuses éphémères. Car la manne, bien vite, « tuait la pêche ». Comme la grande surface tue le petit commerce !

    Claudi dédie son image en humble hommage à Pier Paolo Pasolini (1922-1975) qui concluait son célèbre article politique sur « la disparition des lucioles » du 1er février 1975, quelques mois avant son assassinat, par ces mots :

« Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne (si cela représente quelque intérêt pour le lecteur), soyons clair : moi, et même si c’est une multinationale, je donnerai toute la Montedison pour une luciole »

 https://histoireetsociete.wordpress.com/2017/09/02/pier-paolo-pasolini-le-vide-du-pouvoir-ou-larticle-des-lucioles/

  

 Bien rempli votre panier de ce marché dominical chez Chantecler ??? Un peu trop sans doute au goût de certain(e)s !

 

FLASH DERNIÈRE

    Ce matin la  page facebook Auxonne Info - Actus & Débats évoque des réunions sélectives…Que fait le vilain petit canard quand il n’est pas invité ? Il est toujours libre de cancaner !

    Autre cancan que nous prenons, celui-là, à notre compte : sauf don d’ubiquité, comment fera l’électeur lambda qui veut s’informer et faire son marché civique, au soir du 12 mars prochain pour être au Château Louis XI et aux Halles ???

    Des allers et retours motorisés du Château aux Halles ?

     Notre maire sortant et son premier adjoint pourraient y pourvoir en organisant à destination de leurs administré(e)s des covoiturages et pourquoi pas en affrétant pour l’occasion leur célèbre navette LECLERC !! Mais voilà ! Encore des heures sup et des indemnités à payer !

ACTUALITÉ DE COURTELINE, OU LE MINIBUS DE 9h47 - du 16 JUIN 2016

 

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Analyses et réflexions