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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 00:00

 GOLIATH  ENCENSÉ – du 17 mars 2011

 

      Hier soir, dans une atmosphère oppressante et boulonnée se  déroulait la réunion  promotionnelle de François Sauvadet au profit de Raoul Langlois et surtout de François Sauvadet lui-même.

      Auto congratulations, autosatisfaction, auto acclamation, rien ne nous fut épargné. Une claque extra cantonale musclée était venue de Dijon en renfort, applaudissant à tout rompre. Parmi celle-ci, des éléments jeunes flashant la tribune avec leurs portables contrastaient avec les têtes chenues paisibles de l’assistance indigène.  Une rombière dijonnaise haineuse lorgnait d’un air de reproche mon peu d’empressement à applaudir J’ai dû m’esquiver à la fin sous l’invective et l’injure parce que je refusais clairement d’entonner une Marseillaise confisquée à des fins partisanes et aussi de trinquer.

      Je doute de l’utilité démocratique de telles réunions où une salle sans parole applaudit à une succession de bonimenteurs égrenant des discours de langue de bois et utilisant les ficelles les plus grossières.

      En fait, il fut assez peu question du canton d’Auxonne mais surtout du tram de Dijon, des socialistes et de leurs méfaits, on versa une larme pour le Japon en passant, tout en fustigeant les verts au passage. On prit sous son aile, geste à l’appui et des trémolos dans la voix, les bambins, les vieillards et les blessés de la vie.    

      On se congratula encore et on porta des toasts aux héros d’hier en partance et à ceux qui triompheraient  demain.

      On excusa en passant l’absence de Rémi Delatte pour une question de … psychiatrie et on réaffirma avec force le monisme  de la candidature UMP contre tout dualisme hérétique. Un produit et un seul est en tête de gondole. Un seul est labélisé.  J’en passe et des meilleures

       Au  moment opportun le président du comité de soutien local  de Raoul Langlois lut la biographie édifiante que nous avions évoquée dans un précédent article. Il n’appartient habituellement qu’aux gens sur le départ ou aux défunts de recevoir des louanges aussi appuyées. Satisfait pourtant, le bénéficiaire des louanges, physiologiquement bien vivant, n’y trouva cependant rien à redire.

        Les mots LECLERC et Charmoy ne furent jamais prononcés, mais diable ! L’encens ce soir-là était en promo !

       L’honnêteté intellectuelle répugne naturellement à l’auto congratulation facile, faiblesse humaine pourtant très répandue et dans toutes les castes.

      Dans la préface d’un ouvrage que nous avons récemment consulté nous avons noté un passage particulièrement dithyrambique qui nous a rappelé la lecture de certaine biographie autorisée :

« Les quelques 1500 pages de sa thèse, son dernier travail, montrent à quel point un homme simple d’origine modeste peut accéder à un niveau de savoir peu commun. Quand on parcourt ce travail de titan, on est véritablement impressionné »

« Avec beaucoup d’audace, de simplicité mais surtout avec une volonté farouche il s’est attaqué au difficile problème du changement ».

    Ces paroles s’adressaient toutefois à un défunt. Si nous les rapportons ici, c’est parce qu’elles ouvrent la première page de l’ouvrage collectif d’un groupe de formateurs de Centres de formation agricoles ou de Maisons Familiales rurales, au nombre desquels Raoul Langlois. Et aussi parce que l’homme évoqué, Hubert Coudrieau,  fut un maître de Raoul Langlois et sans doute aussi l’un de ses modèles.

    Voici la référence de l’ouvrage :

Paul Bachelard (sous la direction de), Les acteurs du développement local, Paris, L’Harmattan, 1993 (réédition décembre 2010)

     Et le titre de l’article de Raoul Langlois

« Les pouvoirs et les contre-pouvoirs du développement local à l’épreuve d’une réalité : les crues de la Saône » (c’était bien de la Saône et Pierre-Noël Denieuil a mal cité le titre)

     En une quinzaine de pages, l’article rédigé à la fin des années 80 traite des conflits ayant pris naissance à la fin de la décennie 70 à la suite du projet de construction d’un pont autoroutier en aval d’Auxonne, susceptible selon certains, de provoquer des crues. Parmi les « groupes » étudiés dans le jeu des pouvoirs et contre-pouvoirs, celui des agriculteurs reçoit une attention particulière de l’auteur. La lecture du texte ne manque pas d’intérêt et sa tenue dépasse très largement tout ce que nous avons pu entendre hier soir.

    Au détour d’un paragraphe, nous avons même découvert un passage d’un lyrisme inaccoutumé chez l’auteur. Parlant des premières réactions de rejet des agriculteurs, il s’exprime ainsi :

« Saute d’humeur sans lendemain ou amorce d’un long conflit ? Rien à ce moment ne permet de distinguer la suite que prendrait ce mouvement d’humeur. Par son insistance, le fleuve a donné la force nécessaire à David d’aller au-devant de Goliath pour tenter de le forcer à ployer le genou »

     Avouons que la tonalité de ce texte, à présent ancien, étonne de la part d’un homme aujourd’hui irrémédiablement passé du côté de Goliath et dont j’ai assisté hier soir à la promotion tapageuse par tous les apparatchiki du département, suivie de l’embaumement de son vivant par le président de son Comité de soutien.

     Aujourd’hui, le voilà clairement du côté des Goliaths de la politique et aussi de ceux de la grande distribution. Ainsi vieillissent les hommes, jusqu’à devenir les figures d’étiquettes cravatées et chenues des groupes de pouvoir et des lobbies, icônes dérisoires noircies par l’encens de la propagande et qu’on expose périodiquement à l’adulation de foules crédules.

    Mais tout l’encens du monde n’y fera rien, et pour reprendre les mots anciens écrits par notre auteur dans sa lointaine jeunesse, Goliath sera un jour forcé « à ployer le genou ».

 

C. S. Rédacteur de Chantecler,

à Auxonne le  17 mars 2011

 

 

 

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Publié par C.S. - dans Billets d'humeur