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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:08

BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (6) - du 25 septembre 2017 (J+3204 après le vote négatif fondateur)

      Les bonapartiens vont être contents, après notre chronique du « grand nettoyage de la nature » nous revenons aux choses sérieuses !

      Bonaparte devenu Napoléon avait coutume de dire que tout soldat avait son bâton  de maréchal dans sa giberne.

      De nos jours, les espoirs et les ambitions ont bien changé, et ce sont des kilos de mégots et de papiers gras (dûment pesés en fin de manoeuvre) qu’auront rapportés, hier, dans leurs sacs poubelles estampillés, nos jeunes ramasseurs, mobilisés pour le grand nettoyage. Autres temps, autres mœurs ! Un petit retour  musical sur cette pantalonnade avant de reprendre notre marche impériale !

CHARMOY-CITY : « NETTOYONS  LA NATURE », EN AVANT LA MUSIQUE ! - du 23 septembre 2017

        Après un épisode consacré à une approche documentée des préoccupations hygiéniques et médicales du jeune Bonaparte, nous revenons aujourd’hui au cœur de métier du lieutenant en second de la compagnie de bombardiers du Régiment de La Fère : l’Artillerie.

     Comme nous l’avons  déjà vu dans  deux précédents épisodes, la pratique du tir s’effectuait au polygone de Tillenay et comprenait un volet expérimental.

 BONAPARTE À AUXONNE ou le Promeneur Solitaire Corse (3)  - du 1er septembre 2017

     Cette pratique, absolument indispensable, nous avait montré un système d’armes, le système Gribeauval, rustique, maniable et adaptable aux circonstances. Ce système, à peu près inchangé, fera toutes les campagnes de l’Empire.

     Mais en cette fin de dix-huitième siècle, l’artillerie a déjà conquis son titre d’arme savante. L’officier d’artillerie doit connaître les mathématiques. Et Bonaparte, qui les a étudiées, reconnaît leur importance dans l’art de la guerre.

     Il est d’ailleurs à bonne école car, au cours du dix-huitième siècle « l’artillerie française qui institua la première les écoles d’artillerie, et qui apporta le plus grand soin à l’enseignement scientifique, devint le modèle de toute l’Europe ».

     Tel est du moins le point de vue du général artilleur prussien Scharnhorst, grand réorganisateur, après Iéna, de l’armée prussienne contre Napoléon, et tué à la bataille de Lützen en 1813, qui l’écrit dans son manuel pour les officiers (1er volume de la 1ère partie atillerie) : « Auch ward die französische Artillerie, welche zuerst die Artillerie-Schulen errichtete , und die meiste Mühe auf den wissenschaftlichen Unterricht wendete, die Lehrerin von ganz Europa » (Sharnhorst, Handbuch für Officiere, Erster Theil Artillerie, Ersten Theils erster Band, Hanovre, 1804,. p. 17 ) 

    Et dans son célèbre traité De la guerre, un autre général prussien, von Clausewitz, prête ces paroles à Bonaparte: « Maintes décisions qui incombent au chef de guerre pourraient proposer à un Newton ou un Euler des problèmes mathématiques dont ils ne seraient pas indignes » (Carl von Clausewitz, De la guerre, Paris, Éditions de Minuit, 1955, p. 101). Un consensus scientifique régnait donc dans les artilleries européennes.

     Sur un mode plus particulièrement appliqué à la pratique du tir de l’artillerie, Newton et Euler sont souvent cités dans le Traité du mouvement des projectiles appliqué au tir des bouches à feu (Dijon, Frantin, An V), de Jean-Louis Lombard, professeur de mathématiques de Bonaparte à l’École Royale d’Artillerie d’Auxonne.

     Depuis longtemps achevé, cet ouvrage issu de la matière des cours d’un praticien, devait être publié peu de temps après la mort de son auteur, survenue le 1er avril 1794.

    Selon l’avertissement rédigé en tête de l’ouvrage de Lombard,  par son fils et successeur, Jean-Antoine-Marie Lombard : «  Le Traité du mouvement des projectiles appliqué au tir des bouches à feu, est le fruit de longues méditations, de profondes connaissances dans la théorie de l’Artillerie et d’une expérience consommée dans la pratique de cet art […] un art dont les progrès ont fait l’objet de ses recherches et de ses méditations pendant tout le cours de sa laborieuse carrière ».

    Feuilletant les pages du Traité, de la simple parabole galiléenne du « mouvement des projectiles dans le vide » à la réalité plus complexe du « mouvement des projectiles dans l’air », entre  formules mathématiques et tables, le lecteur motivé peut se faire une idée précise de l’enseignement dispensé par Lombard, tant à l’école qu’à son domicile dans l’actuelle rue Vauban, à ses élèves, au nombre desquels Bonaparte.

      Les cinquante dernières pages de l’ouvrage sont consacrées au tir des mortiers et à l’établissement des tables de tir correspondantes.

     Ces tables, instruments pratiques de l’artilleur,  venaient compléter les Tables du tir des canons et des obusiers précédemment publiées par Lombard en 1787.

      Si l’élève devait connaître la gloire, le professeur lui-même conquit une certaine notoriété à travers les « tables » qu’il avait publiées.

     Le Dictionnaire de l’artillerie de l’Encyclopédie méthodique, rédigé par le Colonel H. Cotty, et publié en 1822,  cite encore les tables de Lombard aux articles « balistique », « tir » et « table ».

     Au-delà des guerres de la Révolution et de l’Empire, l’usage de ces tables et de leurs diverses adaptations, se prolongea en France et à l’étranger.

    En 1845, un demi-siècle donc après la mort de leur auteur, les tables de Lombard sont encore d’actualité et trouvent un défenseur en la personne de Rieffel, professeur à l’École royale d’artillerie de Vincennes lors d’une escarmouche franco-prussienne qui fait couler plus d’encre que de sang !

      Dans ses Tables balistiques générales pour le tir élevé [N.D.L.R. tir courbe des mortiers], J.C.F. Otto, Capitaine dans l’Artillerie de la Garde Royale de Prusse, avait noté une prétendue erreur de Lombard relativement au tir des mortiers.

     Dans sa traduction française de l’ouvrage (Paris, Corréard, 1845), Rieffel dément et conclut : « En dernière analyse, les calculs exécutés à l’aide des petites tables que Lombard a établies pour le cas du tir des mortiers doivent donc conduire aux mêmes résultats que l’on exécutera à l’aide des tables de M. Otto […] » (Op. cit. p. 80).

      Comme quoi, la guerre des mathématiques peut avoir des bons côtés !

      Claudi nous en donne une vision beaucoup moins austère !

      Avant de retourner encore aux équations dans le prochain épisode. Car nous n’en avons pas encore terminé avec le duo Lombard-Bonaparte !

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 6  Projectiles et Sections Coniques

Bonaparte à Auxonne, PSC n° 6 Projectiles et Sections Coniques

C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 25 septembre 2017 (J+3204 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Feuilleton 7

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Feuilleton 7