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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 07:20

RHÉTORIQUE D’EN BAS, RHÉTORIQUE D’EN HAUT (2) - du 10 février 2017 (J+2977 après le vote négatif fondateur)

La rhétorique est la meilleure et la pire des choses. Dans le meilleur des cas, c’est l’art de l’éloquence mais plus habituellement le mot désigne la matière des grands discours, de leurs enflures et de leurs emphases. L’éloquence pure d’un Bossuet pour le meilleur, et la com de nos tribuns du jour pour le pire.

Dans notre dernier article nous avions étudié le recours au verbe « décupler », fréquent dans les discours conquérants ou vengeurs. Il arrive cependant, même aux plus grands discours, de s’égarer dans les sentiers étroits de la revue de détail.

Et ce, quand des questions pressantes ou indiscrètes les y ont honteusement ou lâchement fourvoyés. Il ne s’agit plus alors de décupler, mais de décortiquer, de démêler, de débrouiller. En un mot, de faire le tri dans la boîte à outils, mon kiki ! Et le diable est dans les détails !

Ainsi, dans notre France profonde, pouvait-on lire dans le Procès-verbal du Conseil municipal du 7 novembre 2016 en page 23 cette réponse de Monsieur le Maire interrogé sur le rôle et les attributions de sa 2ème adjointe.

« Le rôle de la 2ème adjointe.

En résumé les objectifs vont être de penser « intergénérationnel » avec les partenaires locaux. Ce n’est pas nécessairement de faire soi-même. Il s’agit d’aider ceux qui ont besoin, faire participer, impliquer, améliorer la qualité de vie quotidienne de chacun et construire pour l’avenir un projet de ville solidaire. Ce que j’appelle « Auxonne Vie quotidienne » pour raccourcir le terme coordonnera avec des partenaires, des actions de sensibilisation, de prévention auprès des Auxonnais, notamment, quelques éléments, mais ce n’est pas limitatif, je passe tous les détails, l’alimentation, les vaccinations, les premiers secours – il y a des spécialistes, ça peut être la santé bucco-dentaire, ça peut être la santé la prévention des cancers, et c’est aussi l’interlocuteur privilégié auprès des personnes handicapées, dont on aura prochainement une commission sur le handicap. C’est aussi des informations pour améliorer la vie quotidienne des habitants. [N.D.L.R. : suit un inventaire d’une quinzaine de lignes, dont nous vous ferons grâce, concernant : les changements de fenêtres, les déménagements, les vide-maisons, la surveillance, les problèmes de voisinage, la fête des voisins, l’accueil des nouveaux habitants]. »

Visiblement, et quoi qu’on en pense, la France d’en haut, ne semble pas épargnée par cette nouvelle manie inquisitrice, mais comme dit la dernière raffarinade d’hier « il n’y a pas de bon président sans cicatrices ». On a l’œil à Chasseneuil ! Jean-Pierre plus le Futuroscope, voilà du vrai cinémascope !

Ces cicatrices sont sans doute celles laissées, non par une matraque télescopique, mais par un bien fastidieux exercice, celui de l’inventaire auquel devait se livrer contraint, lundi dernier, le leader de la campagne LR à propos des attributions de son épouse-collaboratrice :

« […] on qualifie cet emploi de fictif.

Je vois et j’entends aujourd’hui tous les prétendus experts décréter ce que doit ou ne doit pas faire un collaborateur parlementaire.

Tous les élus savent bien que ce métier recouvre les tâches les plus diverses. Ils savent qu’il ne s’est jamais limité, et qu’il ne peut pas s’arrêter, à l’élaboration des lois dans des bureaux à l’Assemblée Nationale, à Paris.

Surtout, ils savent que ce métier est fait de tout un tas d’actions modestes, souvent accomplies par le collaborateur parlementaire dans l’ombre, parfois seul, et qui peuvent paraître anodines à certains, mais qui sont indispensables à la démocratie locale.

Pendant toutes ces années, mon épouse a pris en charge des tâches simples mais essentielles.

C’est elle, avec ma secrétaire, [S.F.], qui a géré le courrier que l’on m’adressait.

C’est elle aussi qui a tenu mon agenda.

Pour les événements locaux, les inaugurations, les manifestations sportives et culturelles, les remises de décorations, c’est elle qui a travaillé sur mes interventions dans la Sarthe.

Elle m’a représenté dans des manifestations culturelles locales.

C’est encore elle qui a reçu et renvoyé vers les entreprises de la région les CV et les demandes d’emplois que les Sarthois m’adressaient.

C’est toujours elle qui a traité les réclamations de ces derniers lorsqu’ils rencontraient des difficultés administratives.

Et la liste de ce qu’elle a fait ne s’arrête pas là. »

Moralité, du haut en bas, dans notre beau pays, paradis chéri de la grande distribution, le métier d’élu se perd, gâché qu’il est par une épicerie de détail au petit pied !

Peut-on imaginer le Général de Gaulle sommé de se livrer à de tels inventaires ! Soumis à ces revues de détail, quand l’adjudant, soupçonneux, vient passer son index ganté de blanc sur le haut de l’armoire ! Et comme par hasard l’en retire tout noir !

Une dernière remarque pour terminer, certains élus de la France d’en bas peuvent se montrer à l’occasion, quant à leurs régales prérogatives, plus pointilleux qu’une France d’en haut se confondant volontiers en plates excuses en promo. À preuve, cette autre réponse de notre premier édile faisant suite à la précédente citée plus haut (Procès verbal du Conseil municipal du 7 novembre 2016, page 23) :

En ce qui concerne le bilan demandé [N.D.L.R. le bilan des actions de la deuxième adjointe pour les 6 derniers mois], il est clair que je ne répondrai pas à cette question, les adjoints délégués sont sous ma responsabilité, les adjoints n’ont de comptes à rendre qu’au Maire. Le Maire rend ensuite des comptes au Conseil Municipal, bien que ça se passe entre autres par le biais du vote du compte administratif, en mon absence, donc voilà ce que je pouvais répondre à cette troisième et dernière question ».

C’est clair ! (hum ! hum !) Vous avez bien compris ! « les adjoints n’ont de comptes à rendre qu’au Maire. Le Maire rend ensuite des comptes au Conseil Municipal, bien que ça se passe entre autres par le biais du vote du compte administratif, en mon absence » Ganz klar ! Alles in Ordnung ! Circulez, donc ! Y’a rien à voir !

Revues de détail

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C.S. Rédacteur de Chantecler,

Auxonne, le 10 février 2017 (J+2977 après le vote négatif fondateur)

Publié dans Figures libres

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Publié par Claude Speranza, Auxonnais - dans Analyses et réflexions